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Divorcés-Remariés (II) : considérations respectueuses

alliancesLe sujet est douloureux. Je voudrais dire tout de suite que je ne me prends pas pour un Parfait. J’ai dépassé l’adolescence et j’ai une petite expérience de la confession. Je sais donc que la vie est parfois bien compliquée et douloureuse et je n’ai pas le goût de juger les personnes. Si votre vie vous rend ce sujet insupportable, mettez ce texte de côté, vous pourrez toujours le lire plus tard. Quoi qu’il en soit, je voudrais dire sans asséner et j’espère être plus utile que blessant.

Je connais un homme qui vient tous les jours à la messe sans communier et qui est un serviteur discret de sa paroisse. Je connais aussi des hommes et des femmes qui élèvent seuls leurs enfants, parfois depuis longtemps. Je ne connais pas toujours le détail de leur histoire mais, bien souvent, j’admire leur attitude. J’admire la fidélité chrétienne de ceux qui pourraient, à tort, se croire réprouvés. J’admire, bien sûr, la fidélité douloureuse à un époux ou une épouse qui est parti. Comme prêtre vivant joyeusement un célibat choisi, je mesure un peu l’épreuve quotidienne d’un célibat de fait.

Le dossier du dernier « Pèlerin » (n°6616, jeudi 17 septembre 2009) pose la question des « divorcés remariés » : « Les divorcés remariés interpellent l’Église ». Koz a déjà rendu compte, en particulier, du sondage, qui mérite une interprétation critique. Je ne reviendrai donc pas sur le détail. Toujours est-il qu’il est vrai que même chez les « pratiquants vachement réguliers », comme il dit si bien, la question se pose bien plus souvent aujourd’hui. Il suffit de vivre dans une paroisse pour s’en rendre compte. Je n’ai pas l’ambition de « traiter » en un billet tous les aspects de cette vaste question, juste de soulever quelques points.

Les couples cités dans l’article ont souvent l’air de se sentir punis, réprouvés par l’Église. Là où l’Église voit dans l’impossibilité de communier et d’exercer certaines responsabilités un fait et une conséquence (CEC n° 1650), ils voient une punition.   Peut-être y a-t-il parfois la volonté d’exercer ainsi une pression sur l’autorité de l’Église, de la pousser à changer la « discipline », sous peine de se voir accuser de dureté de coeur. Il y a aussi sûrement des maladresses de clercs ou de laïcs, des manières de parler un peu rapides ou des attitudes qui peuvent vraiment blesser. Alors, il faut le rappeler une fois de plus, les divorcés remariés ne sont pas excommuniés, ils ne sont pas soumis à une peine canonique et ils restent des paroissiens à part entière. Pour parler en mode vieux jeu, ils sont même toujours tenus au précepte de la messe dominicale. Il suffit parfois de peu de chose pour aider l’un ou l’autre à trouver justement sa place dans la vie de sa paroisse.

En revanche, je comprends très bien que c’est une épreuve pour un couple qui reste malgré tout fidèle à la messe du dimanche d’être les seuls de l’assemblée à ne pas aller communier. Il y a bien d’autres raisons, provisoires ou durables, de ne pas pouvoir communier. Il y a sans doute un décalage gênant lorsque des assemblées nombreuses communient en masse alors que la pratique régulière du sacrement de pénitence reste assez faible. La communion fréquente qui alimente la ferveur, l’union intime avec le Christ et la conversion, c’est très bien. La « communion automatique » qui risque de se transformer en acte social ou en signe d’appartenance, d’affadir le sens de l’Eucharistie et du péché, c’est plus problématique. Ceux qui restent fidèles à la messe du dimanche sans être en état de communier, que ce soit pour des raisons provisoires ou durables, rendent un témoignage silencieux mais éloquent du respect que nous devons au Christ présent dans l’Eucharistie. De même, ceux qui vivent dans un célibat de fait par fidélité à leur conjoint(e) témoignent de la dignité du mariage et de la charité vécue.

Certains recherchent une solution théologique à la question des divorcés remariés. Y a-t-il une évolution, un approfondissement de la doctrine qui permettrait de rendre leur situation moins douloureuse ? Je ne me permettrai pas de trancher cette question. Mais il faut quand même faire attention à ne pas donner de faux espoirs à ceux qui vivent déjà dans une situation compliquée. Certains pensent à un temps de pénitence de sept ans, un peu comme aux premiers siècles de l’Église, avant que la personne puisse à nouveau communier. L’idée est séduisante, mais il reste à préciser la situation concrète de la personne et sa situation matrimoniale au bout des sept ans. Son premier mariage sera-t-il dissous, cela semble impossible, contraire à l’Évangile. Ou bien sa situation de fait sera-t-elle entérinée sans être considérée comme un mariage sacramentel ? Enfin, il y aurait beaucoup de choses à préciser… Quant à se rapprocher de la pratique des orthodoxes et autoriser un deuxième mariage, j’ai bien peur que ce soit impensable. Cela supposerait un profond bouleversement de la théologie du mariage. Le P. Xavier Lacroix, dans l’interview du Pèlerin, a l’air de ne pas y croire du tout. Alors, est-ce qu’un jour, après un véritable approfondissement doctrinal, dans la continuité organique de la Tradition de l’Église, la situation des divorcés remariés va changer ? On ne peut pas l’exclure. Est-ce qu’il y aura un « bricolage théologique » pour résoudre une situation douloureuse ? Je suis sûr que non, les choses ne se passent pas ainsi. L’Église est  Épouse du Christ, elle sert la vérité, elle ne la décrète pas. En tout les cas, je serais vraiment irresponsable ou cynique de dire : ne vous inquiétez pas, dans vingt ans ce sera fait.

Je voudrais enfin revenir sur la question de la souffrance, de l’épreuve que représentent bien des situations matrimoniales. Il y a l’épreuve d’avoir été délaissé ou d’avoir été infidèle. Il y a l’épreuve de vivre dans une solitude qui n’était ni prévue ni choisie ou dans une situation dont on n’est pas bien sûr qu’elle soit juste. Il y a l’épreuve sociale d’affronter le regard des autres, l’épreuve spirituelle de ne pas communier, parfois pendant des décennies. Tout cela est douloureux, parfois terriblement. Nos conditions de vie, le confort auquel nous sommes habitués, le sentiment de disposer de tout, ne nous préparent pas à affronter des épreuves ni à surmonter des souffrances. Et pourtant, à des degrés divers, parfois brutalement et d’une manière qui peut sembler très injuste, nous y sommes tous confrontés. Il me semble que le grand service que nous pouvons rendre, c’est d’accompagner, de soutenir, de consoler parfois, pas de nier ni de chercher des échappatoires à tout prix.


Deuxième contribution, d’une trilogie. Demain, la contribution personnelle du P. Emmanuel Pic.





141 Commentaires

  1. je me permets un très court commentaire, au vu d’un courrier reçu ce matin, depuis les instances diocésaines. Armel précise bien les choses, notamment sur la question de « l’information » et les blessures occasionnées par une explication bien souvent sabrées. Emmanuel, par ailleurs et chez lui, rappelle aussi comment il a pu blesser tel couple pour avoir été trop rapidement « conciliant ». Tenir cette fidélité à la demande de l’Eglise en Eglise me semble nécessaire. J’entends par là qu’il faut que l’on essaie (et même plus que cela), sans oublier les questions de charité pastorale qui sont posées, de tenir sans l’affaiblir cette règle que nous demande l’Eglise. Mais il convient aussi que l’Eglise, et pas tout un chacun, au nom de son initiative propre, exerce cette charité pastorale.

    C’est pourquoi je me réjouis du courrier de ce matin: Il a pour thème « le pardon » et émane de la pastorale familiale du diocèse, en direction des séparés, divorcés, divorcés vivant en couple. « une halte pour un temps d’approfondissement, de ressourcement, de prière » autour d’enseignements de méditation, de célébration, de détente, d’écoute, de partage.

    C’est l’Eglise alors, dans la fidélité tant à sa doctrine qu’à sa charité qui donne à voir cette sollicitude, cet accompagnement pour permettre de faire vivre une discipline à laquelle elle ne renoncera pas, en tout cas pas par petits bouts locaux, mais peut être, comme le soulignent tous les billets, au prix d’une réflexion théologique et ecclésiale poussée.

    Ces initiatives diocésaines ne nous dédouanent pas de nos attentions personnelles. Mais elles sont un signe intéressant.

    Naturellement, aucun sondage ne saurait en rendre compte.

  2. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci pour cette analyse, j’ai fait l’expérience l’année dernière qu’il était très difficile de traiter cette question dans nos communautés chrétiennes… « Mais Jésus a accueilli Zachée, m’a-t-on dit… » J’avais simplement rappelé que, peut être, certaines personnes vivaient dans une situation les empêchant de communier… qu’il est difficile de peser ses mots et de parler d’une situation très, très douloureuse pour ceux qui la vivent…

  3. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je reviens sur le passage où Armel parle de cette automatisation de la Communion « sociale ».

    Dans nos paroisses, la quasi totalité des assemblées va communier parce que les gens ont le sentiment que s’ils ne communient pas, autant ne pas aller à la messe. On a l’impression que pour une majorité de personnes en effet, la messe ne vaut pas la peine d’y aller si on ne communie pas. Ce serait peut-être une idée que les prêtres effectuent un rappel régulier de l’importance de ce sacrement et du caractère non-obligatoire de la communion si l’on ne s’y est pas suffisemment préparé. A la fin de leur homélie, deux minutes sur le besoin essentiel de s’être préparé au fond de soi à communier au corps du Christ serait une bonne chose. Pas besoin d’en faire des tonnes, un rappel simple et régulier vaut mieux qu’un second sermon…

    En dehors de ça, je confirme qu’affronter le regard des autres est toujours une épreuve; épreuve renforcée par l’amalgame fait entre le fait de ne pas communier et une pseudo punition qu’ingligerait l’Eglise.

  4. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Très bon billet, mon Père.

  5. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci Armagilus. Demain c’est moi qui m’y colle… je pense qu’on ne sera pas très éloignés l’un de l’autre.

    Une petite chose si je puis me permettre : quelques expressions de ton billet peuvent laisser entendre que la discipline actuelle chez les catholiques est liée à notre théologie du mariage, et donc qu’il ne pourrait pas y avoir d’autres solution. Or, il s’agit de la discipline de l’Eglise, c’est-à-dire que cette discipline peut changer. Bien sûr, c’est absolument cohérent avec notre théologie du mariage, mais les Orthodoxes ont la même (enfin à peu-près), et en tirent des conclusions différentes : pour eux par exemple les veufs ne peuvent pas plus se « remarier » que les divorcés, puisqu’ils ont déjà reçu le sacrement. Je pense que la difficulté des catholiques est qu’ils ont tendance à s’enfermer dans un juridisme excessif, et qu’ils oublient que le droit est au service de la charité.

  6. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Juste une précision , Xavier Lacroix n’est pas prêtre, il est marié , père de trois enfants. Il est « juste  » doyen de la faculté de Théologie de Lyon de 1997 à 2003, philosophe, théologien,professeur d’éthique .

    Je ne suis plus trop, dans l’article, vous dites que les orthodoxes autorisent un deuxième mariage, et Si je comprends bien E. Pic, vous diriez que au contraire, même les veufs n’ont pas le droit à ce deuxième mariage…

  7. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    On pourrait peut-être inviter Xavier Lacroix à écrire un article qui développe son idée de sept ans de pénitence ainsi que son approche de la question des divorcés-remariés ?

  8. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    La question théologique est « parasitée » par des questions d’ordre juridique puisque il semble que le commandement sur l’indissolubilité du mariage appartienne au droit divin… Une meilleure compréhension de la doctrine nous permettrait sans doute de mieux saisir les enjeux de la question mais je doute qu’il puisse nous conduire à considérer la dissolution d’un mariage valide. Il faudrait aussi rechercher du conté de ce qui celle le mariage et le rend valide (actuellement c’est l’échange des consentements et la consommation du mariage)…

    Par contre, en réfléchissant au sens de la participation aux sacrements nous pourrions sans doute reposer le problème sous un autre angle. Une grande partie des chrétiens, des prêtres et des évêques renvoient à la conscience personnelle, invitant ceux et celles qui sont dans une situation douloureuse et difficile à prendre la mesure de leur condition de vie et à juger de ce à quoi Dieu les appelles. En effet, si quelqu’un a un ardent désir de communier, qu’il tâche de mener sa vie présente en conformité avec l’Evangile le plus possible, si l’Esprit Saint travail en lui pour le mener sur le chemin de la conversion, qui sommes-nous pour lui interdire publiquement l’accès à la communion sacramentelle. Je sais bien les limites de ce raisonnement et les réserves exprimés par les instances officielles de l’Eglise qui ne peuvent pas l’établir comme une règle générale… La difficulté supplémentaire est que nous resterons toujours sur des cas particuliers, chacun agissant selon sa propre conscience.

    On pourrait aussi considéré l’Eucharistie, nous plus simplement comme le sacrement qui établit et atteste de la perfection de vie dans la communauté mais au contraire aussi comme un sacrement de guérison qui nous rétablit dans l’Alliance du Christ. Le prêtre ne dit-il pas, au nom de la communauté, avant de communier cette phrase qui révèle un grand mystère: « Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, selon la volonté du Père et par la puissance de l’Esprit Saint, tu as donné par ta mort la vie au Monde. Que ton corps et ton sang me délivrent de mes péchés et de tout mal, fait que je demeure fidèle à tes commandements et que jamais je ne sois séparé de toi » ?

    Merci pour ce message Armel, continuons la discussion qui si elle ne permettra pas de dépasser le problème tout de suite, permettra à beaucoup de progresser personnellement et de faire grandir le souci pastoral de l’EGlise pour ses enfants qui souffrent et cherchent vivre selon l’Evangile du Christ

  9. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je voudrais témoigner, en deux temps, sur la non-participation à la communion :

    • mes beaux-parents sont divorcés, mon beau-père s’est remis en ménage, avec une femme elle-même divorcée. Ils sont catholiques, plutôt dans les « vachement pratiquants » de Koz, et ne communient pas. C’est pour eux une grande souffrance, j’ai eu l’occasion d’en discuter, et ce d’autant plus qu’ils ont eu la joie de communier au Corps du Christ avant leurs divorces respectifs. Simplement, ils m’ont dit : « on prend pleinement conscience de l’importance de l’adoration, justement parce qu’on est privés de ce sacrement, on peut ressentir d’autant mieux la présence du Christ lors de l’adoration, cela prend un nouveau sens pour nous. »

    • moi-même, pour une autre raison, n’ai jamais pu recevoir le Corps du Christ. J’en ai également beaucoup souffert, car ressentant de manière parfois très concrète la consécration des espèces, auxquelles je n’ai pas accès par la communion. Ce couple de divorcés m’a ouvert les yeux sur l’adoration, à laquelle je ne voyais pas d’intérêt auparavant : « Dieu, je peux le prier n’importe où, pas besoin d’être devant une hostie… ». Une amie m’a également parlé de la communion de désir, et ma faim de la communion s’est quelque peu apaisée. J’ai également beaucoup apprécié une messe où le prêtre a précisé que ceux qui ne pouvaient communier pouvaient s’avancer aussi, les bras croisés sur la poitrine : j’ai eu l’impression de m’approcher davantage du Christ, à défaut de pouvoir communier à son Corps… Sans parler, oui, de la dimension « sociale » de la communion : c’est pas évident d’être « la brebis égarée », même si la Bible nous dit que Jésus viendra nous chercher…

    Enfin, je tiens à dire que le fait de ne pas communier pour les divorcés en couple est une souffrance, mais aussi une volonté d’obéissance à l’Eglise, une conscience d’être en faute, de ne pas avoir la force de vivre pleinement les recommandations de l’Eglise (fidélité au conjoint, même et malgré le fait de subir le divorce), mais une volonté de repentir. De mon côté, même si la situation n’est pas la même, plusieurs fois des catholiques, laïcs ou prêtres, m’ont dit « si tu te présentes à la communion, aucun prêtre ne te la refusera, tu fais en ton âme et conscience ». Oui, mais même si je souffre de ne pas y accéder, ma conscience me dit que je n’ai pas les prérequis pour partager le Corps du Christ, ce serait mentir à Dieu que de communier, et cela, je ne m’y résous pas.

  10. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Peut-être que l’évangile de la Samaritaine pourrait nous aider dans notre réflexion ?

    Jean 4, 13 et suivants : Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau ; mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle. » La femme lui dit :  » Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif et ne vienne plus ici pour puiser. « Il lui dit :  » Va, appelle ton mari et reviens ici. » La femme lui répondit :  » Je n’ai pas de mari. » Jésus lui dit :  » Tu as bien fait de dire : « Je n’ai pas de mari, car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu dis vrai. »

    Comment ne pas faire le lien avec les chapitres suivants : le discours sur la chair du Fils de l’homme, source de vie éternelle ?

  11. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Nicolas a écrit:

    Peut-être que l’évangile de la Samaritaine pourrait nous aider dans notre réflexion ?

    En effet c’est souvent le texte auquel j’aime revenir…. Mais il est plein de Mystère… Et suivant la façon dont on le reçoit, il peut « soulager » les divorcés vivant à nouveau en couple (dont je suis)… ou au contraire renforcer une vision « intransigeante » du problème…

  12. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je trouve que l’approche d’Arnaud Dumouch développée et ici : http://publicain1.free.fr/ est intéressante.

  13. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Paradoxalement (parce que j’ai une opinion sur tout), je n’ai pas vraiment d’opinion sur les divorcés remariés.

    Si ce n’est pour dire une chose: lorsque j’étais petit, mes parents m’ont expliqué que l’eucharistie n’était pas une récompense, mais « un médicament ». L’eucharistie n’est pas un bon point que l’Eglise donne parce qu’on a été sage — c’est l’inverse, c’est un don que nous recevons précisément parce nous sommes pêcheurs et que sans lui nous ne pouvons pas être sauvés.

    Je comprends bien le raisonnement selon lequel un divorcé remarié bafoue le sacrement qu’il a reçu et ne peut donc recevoir d’autre sacrement. Et je comprends (ô combien, pour connaître le droit de la famille français!) l’importance de ne pas « brader » l’aspect indissoluble du mariage.

    Cela étant dit, j’ai du mal à réconcilier cette règle et cette vision de l’eucharistie qui est, selon moi, la bonne.

  14. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Nicolas: Oui, Nicolas, merci pour ce rapprochement que personnellement je n’avais jamais fait. Ah l’habitude débiter l’Ecriture en tranche de saucisson dans la liturgie… Ce n’est pas Jésus qui donne à boire à la Samaritaine, c’est elle qui va puiser de l’eau pour lui. Elle est une des innombrables personnes qui sont dans une situation parfaitement irrégulière, et dont la vie est transformée par la rencontre de Jésus. Je ne veux pas avoir l’air de porter de jugement sur les commentaires que je lis ici, mais où donc est la charité dans certains discours dont je ne sais trop s’ils sont juridiques ou casuistiques ?

  15. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Oh, en même temps, Emmanuel, Mon Père, sans porter de jugement, il n’est pas interdit d’avoir une opinion ni d’exercer une légère correction fraternelle. Nous devrions tous avoir à cœur de ne pas passer pour les Docteurs de la Loi, au cœur de pierre. Cela ne signifie aucunement qu’il faille brader la Loi, brader les sacrements. Mais ce n’est certainement pas en posant une sentence que l’on peut espérer (pour ceux qui auraient à le faire) faire comprendre la règle posée par l’Eglise. J’apprécie particulièrement le regard de pasteurs posés par David, Sylvain, Armagilus, et toi.

    Et, comme le souligne Armagilus, même si cela serait probablement de faible consolation pour les divorcés-remariés (ou en concubinage, au demeurant), il est vrai que cela met en lumière l’importance de la communion. Qui suis-je, moi, après tout, pour aller communier tous les dimanches, lorsque des personnes à la foi peut-être plus profonde que la mienne restent à leur place ? Cet été, dans le petit village du Jura où ma belle-famille passe ses vacances, le curé, vrai curé de campagne le rappelait avec force et simplicité : « à la communion fréquente doit répondre la confession fréquente« . J’aime pas du tout ça, moi, me confesser. Mais j’aime bien communier.

  16. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Emmanuel Pic a écrit:

    je pense que la difficulté des catholiques est qu’ils ont tendance à s’enfermer dans un juridisme excessif

    Je crois qu’il est intéressant de chercher les causes de ce juridisme dans notre propre nature pécheresse. Selon moi, le raisonnement implicite est le suivant :

    Si l’on ne condamne pas la personne qui divorce puis se remarie, alors qu’il est tentant pour moi de le faire et de ne pas vivre la fidélité à la propre alliance que j’ai scellée avec ma femme.

    Bref, la condamnation de l’autre dresse un rempart contre mon propre péché.. et en plus elle me classe dans la catégorie des « bons ». Toutes choses que notre ego apprécie fortement (toujours cette bonne vieille tentation de vouloir être le seul à vouloir être sauvé). En réalité, c’est faire porter à l’autre le poids de mon propre péché et ma propre convoitise. Et Jésus en a parlé très clairement en disant que celui qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère dans son propre coeur.

  17. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Cet article du P. d’Harcourt est intéressant mais, pardonnez-moi, ne fait pas preuve de beaucoup d’inventivité sinon dans la délicatesse qui est apportée dans la forme. Or la Tradition est inventive ou elle n’est plus traditionnelle. Je voudrais réagir, un peu longuement, pardonnez-moi :

    -La théologie orthodoxe est presque identique à celle des catholiques, dit le P.Emmanuel Pic. Je pense que non. Car si l’Eglise Orthodoxe permet le « mariage de miséricorde », c’est précisément parce que le ministre du mariage est le prêtre. Autrement dit le représentant de l’Eglise hiérarchique ». Or en théologie occidentale, si je m’abuse, ce sont les époux qui sont les ministres de leur propre mariage. La différence est dans le poids donné à l’échange des consentements. L’Eglise Catholique estime devoir respecter la Parole des époux qui se donnent l’un à l’autre devant Dieu. L’indissolubilité du sacrement repose sur la confiance faite à la paroles des époux. Voilà pourquoi la Théologie catholique ne se sent, à bon droit autorisée qu’à jugée de la liberté de cette parole, d’où les procès en nullité. C’est la seule voie possible en théologie catholique. Et d’ailleurs l’Eglise encourage à ce type de procès canonique. Mais là où il y aurait peut-être à être inventif, c’est dans l’approche anthropologique de ce procès. Un procès renvoie à une accusation. Et là je suis d’accord avec le P. Emmanuel qui parle de juridisme. Nombreux ceux mes amis divorcés qui ne veulent pas recourir à un procès, car il se savent pécheurs limités et se souviennent trop de leur propre consentement pour aller déprécier leur propre liberté. Il n’est pas facile de dire « je n’étais pas libre car je n’étais pas mûr ». Car qui est mûr ? Pourquoi je ne devrait pas assumer les actes que j’ai posé quand j’avais 13 ans ? Je les assume, et même si j’étais peut-être moins libre à 13 ans que maintenant, je ne vois pas pourquoi, du haut de mon grand âge, je viendrais déprécier ma liberté et mon histoire. Il y a une autre manière d’assumer son histoire, que de faire des procès pour remuer le passé. C’est précisément ce qu’on fait dans la pénitence. Et si l’Eglise se juge capable, au nom du Christ de donner des indulgences, pourquoi ne permettrait-elle pas, non pas de dissoudre des unions, ni même « d’autoriser » des « adultères », mais de désengager une personne humaine d’une parole passée, sans passer forcément par un procès qui déprécie le oui passé. Sinon qu’est ce qu’on fait ? on dit : il peut y avoir reconnaissance de nullité que si il y a des preuves d’un manques de maturité. 1erement, il est le plus souvent impossible de prouver un manque de maturité. On établit alors une injustice entre les immatures qui peuvent le prouver et les autres. 2èmement. Dans le cas où les juges sont conciliants, et les défenseurs du lien aussi, on fait une mascarade de procès. Dans le cas, où ils sont sévères, ils manquent d’humanité. Dans le cas où les époux connaissent la possibilité de tels procès ET sont en état psychologique de collaborer ET où les preuves peuvent être rassemblés, ET où le procès est vraiment équitable (quelle justice humaine peut le prétendre ?), alors là oui, justice aura été rendue…mais dans les autres cas ? on laisse les gens sur le carreau.

    Ne balayons pas de la main les 80% du sondage qui, sans savoir argumenter, ne sont pas apostats pour autant… Bref, ces sept ans de pénitence sont une ouverture intéressante. On en abusera, comme on abuse toujours de la miséricorde de Dieu, à commencer par la confession, mais n’y a til pas moyen de goûter à la Miséricorde de Dieu autrement que par des attitudes héroïques dont parlait le P. D’Harcourt en commençant sont article ?

    Dans le genre d’une petite voie ?

  18. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « à la communion fréquente doit répondre la confession fréquente ».

    Ces propos sont, il est vrai, d’une belle simplicité, mais je voudrais néanmoins rebondir brièvement sur les propos d’Alain lorsqu’il s’interroge avec justesse sur la question de savoir si quiconque peut interdire publiquement l’accès à la communion sacramentelle…

    Si je prenais le cas limite, mais à forte résonance évangélique, d’une prostituée inconnue des personnes présentes, qui s’avancerait vers l’autel ? Agirions-nous comme des pharisiens en lui jetant des insultes au visage, quelle devrait être l’attitude du prêtre ?

    J’avoue ne pas avoir de réponse toute prête sur ce qu’ici commande la charité chrétienne, mais j’aurais spontanément tendance à me demander: qui sommes nous pour sonder les cœurs, quand nos propres vertus sont pareilles à du linge souillé ?

    La question me semble, de prime abord, éminemment délicate…

  19. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Quelques précisions et réactions aux commentaires.

    @Boris:

    Boris a écrit:

    Car si l’Eglise Orthodoxe permet le « mariage de miséricorde », c’est précisément parce que le ministre du mariage est le prêtre. Autrement dit le représentant de l’Eglise hiérarchique ». Or en théologie occidentale, si je m’abuse, ce sont les époux qui sont les ministres de leur propre mariage. La différence est dans le poids donné à l’échange des consentements. L’Eglise Catholique estime devoir respecter la Parole des époux qui se donnent l’un à l’autre devant Dieu. L’indissolubilité du sacrement repose sur la confiance faite à la paroles des époux.

    Dans la théologie catholique ce n’est pas aussi simple. La question sur l’identité du ministre du mariage n’a pas encore été tranchée, et elle diffère légèrement d’une conception à l’autre. Est-ce le prêtre seul ? est-ce les époux seul ? est-ce les deux en même temps ? La question s’est posé lors de l’établissement de la dernière édition du rituel romain du mariage. La position la plus généralement retenue est que les ministres du sacrement sont les époux et que le prêtre tient le rôle de témoin privilégié… ce qui ne fait pas vraiment avancer le smilblik mais en théologie on sait pratiquer savamment la xilolalie. Mais il ne faut pas oublier le noeud juridique du problème: le mariage est par nature et de droit divin indissoluble car il se réfère à une révélation de la Parole de Dieu dans le livre de la Genèse et concerne tous les hommes y compris les non juifs et les non chrétiens… Pour le dire autrement, ce n’est pas la sentimentalité du mariage qui le rend indissoluble… je sais c’est un peu subtile mais pour réfléchir il faut être le plus clair possible sur les faits….

    Quand à la position orthodoxe, je suis moins à l’aise pour en parler mais il me semble qu’il ne reconnaissent pas au second mariage la même valeur qu’au premier… c’est une façon de répondre mais çà complique encore davantage la question….

    Et pour continuer à méditer sur la question communion /dignité j’aime bien cette apophtegme du Curé d’Ars, qui trouvant un jour une personne qui ne venais jamais communier lui demanda pourquoi. S’étant entendu répondre qu’elle n’en était pas digne il lui répliqua: « je sais bien que vous n’en êtes pas digne mais vous en avez tellement besoin… » Pas grand chose à voir avec le sujet… quoi que ?

  20. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @jjacquesb St Paul est formel : s’il y a le moindre risque de scandale, il faut s’abstenir même d’une action indifférente ou bonne. Evidemment st Paul n’étant pas un Gentleman de l’époque Victorienne, il ne s’agit pas du scandale au sens mondain, mais au sens grec de l’évangile, de ce qui fait chuter le petit. On ne refusera jamais publiquement la communion à quelqu’un sauf s’il est évident pour tout le monde qu’il y a provocation ou ignorance (par exemple un touriste étranger, auquel cas, on lui demande s’il est catholique et on lui dit un ou deux mots pour lui expliquer). C’est du moins la pratique dans les Eglises catholiques en Europe. BB

  21. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Boris:

    « On ne refusera jamais publiquement la communion à quelqu’un sauf s’il est évident pour tout le monde qu’il y a provocation ou ignorance (par exemple un touriste étranger, auquel cas, on lui demande s’il est catholique et on lui dit un ou deux mots pour lui expliquer). »

    C’est aussi ce qu’il me semblait… et désolé pour le léger hors-sujet !

  22. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Sylvain Brison

    J’aime bien votre conclusion. Il est vrai qu’en rigueur de terme, ce n’est pas la sacramentalité qui rend le mariage indissoluble. Mais le « droit paulin » amène à nuancer un peu l’affirmation, et surtout le flou dans lequel le mariage civil est aujourd’hui présenté, peut induire un doute certain quant à l’assimilation de notre mariage civil et du mariage de droit divin selon la Genèse…xilolalons de concert donc !

  23. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Sylvain Brison a écrit:

    la xilolalie

    C’est un genre d’instrument à percussion, c’est bien ça ?

  24. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Il y a beaucoup de commentaires, j’essaie de comprendre et de répondre comme je peux.

    @ david : oui, je suis bien d’accord. C’est mon côté vicaire de base, je vois en tout chrétien d’abord le paroissien. Mais bien sûr, c’est encore mieux lorsque la charité pastorale de toute l’Eglise se manifeste aussi.

    @ Sébastien Durand : oui, ces affaires sont souvent passionnelles, et cela se comprend. C’est difficile de dire et cela semble parfois presque impossible d’être compris. Il y aurait aussi à réfléchir sur la vraie compassion, la charité dans la vérité à l’image du Christ, etc.

    @ Pomerol qui porte si bien son nom ;-) : Oui, réduire la messe à la communion c’est une erreur. Il y a bien sûr l’importance de la liturgie de la Parole, mais aussi le fait de s’unir au Sacrifice du Christ, de donner sa vie en lui, quelque soit sa situation. Et aussi la participation pure et simple à la vie de l’Eglise. Je regrette un peu de n’avoir pas souligné que le fait de ne pouvoir communier, pour une raison ou pour une autre, ce n’est pas la fin de la vie spirituelle ni de la sanctification. Ca ne rend pas du tout vaine la messe. Oui, je fais souvent ce rappel lorsque je célèbre un mariage, des obsèques, que je sais que certains sont peut-être là sans avoir de vie sacramentelle habituelle. Mais il faudrait plus le faire dans les circonstances habituelles.

    @ Polydamas : merci.

    @ Emmanuel Pic : J’attends avec gourmandise. Sur le juridisme, je n’ai pas insisté sur la distinction des plans parce qu’il me semble que dans ce cas le lien est vraiment étroit et que le droit ne fait qu’énoncer ce qui découle de l’Evangile et de la théologie des sacrements. Je ne suis pas sûr que nous soyons simplement dans une affaire de discipline ecclésiastique, avec son aspect contingent et prudentiel. En tout cas, la marge d’appréciation est vraiment étroite. Si un canoniste veut venir mettre son grain de sel, il est bienvenu. Je ne suis pas du tout spécialiste de l’Orthodoxie. Il me semble qu’ils ont un sens de l’accommodation qui n’est pas le notre. Je ne suis pas certain que cela pose moins de problème.

    @ Vio : La boulette ! Mille excuses à Xavier Lacroix que j’ordonne de force. Sur le remariage des veufs et veuve, je ne sais pas. Après une séparation, je vous parle de mémoire, il me semble bien que sous certaines condition et après un certains temps, ils admettent un second mariage.

    Bon, je dois m’interrompre. Je continue à répondre dès que possible.

  25. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je suis complètement ignare en droit canonique… seulement, j’avoue que j’ai un peu de mal à concilier le remariage après 7 ans, et ce passage-là : « Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua : « C’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. Mais au commencement de la création, « Dieu les fit homme et femme. A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. » Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d’adultère. » (Mc 10, 1-12)

    Il me semble que le Seigneur insiste beaucoup, tout de même. Si cela était si « négociable », Il n’aurait pas enfoncé le clou en parlant d’adultère, alors même que ce qu’Il venait de dire choquait profondément les Disciples…

    Lorsqu’Il pardonne le péché, il s’agit bien des péchés passés. Ce n’est pas un ticket gratuit pour pécher à l’avenir. Le Seigneur sauve la vie de la femme adultère : en ne la laissant pas mourir, Il lui donne l’occasion de se racheter, et fait preuve ainsi de Sa grande Miséricorde. Mais Il conclut : « Va et ne pèche plus. » Pas : « Va et retrouve ton amant. » Il me semble que c’est le sens de la confession (et la condition sine qua non de l’absolution) : le Seigneur pardonne au pécheur repentant qui prend la ferme résolution de ne plus pécher. Prendre la ferme résolution de continuer dans le même péché, ça marche moyen, quand même…

    Je n’ai pas l’intention ici de condamner qui que ce soit. Après tout, dans ma famille comme beaucoup de familles catholiques, il y a des divorcés remariés, pour qui j’ai beaucoup d’affection. Seulement, si le rôle de l’Eglise depuis 2000 ans est de transmettre l’enseignement du Christ sans le déformer, il faut faire attention de ne pas dévier Sa Parole, sous prétexte d’une compassion… qui n’est plus vraiment de la Charité.

    Certes, on voudrait que ces fidèles qui se sentent exclus trouvent une place et un accueil chaleureux. Mais, dans ce cas, qu’en est-il de ceux qui, par fidélité à leur engagement de baptisés, par amour indéfectible de Dieu, prennent chaque jour leur croix et se « contentent » (pas sûre que le verbe soit très approprié à une action si belle !) d’adorer au lieu de communier ?

    Le rôle de l’Eglise ne serait-il pas plutôt de rappeler la nécessité de la confession, le sacrilège de la communion indigne, et le sens réel de l’Eucharistie (qui est tout sauf un rite social !) ? Ainsi, la communion reprenant tout son sens, s’en abstenir ne serait plus vécu comme une exclusion, mais comme un acte d’amour, responsable et assumé, par fidélité au Seigneur. La véritable Charité n’est-elle pas de rappeler la Vérité et le sens du véritable Amour (absolument soumis à la Volonté du Père… même – surtout – quand on doit porter une croix dont on ne voulait pas), plutôt que de lâcher du lest sous la pression du monde… qui n’a que faire de la Vérité ? N’est-il pas là, notre rôle de chrétiens ?

    Le Seigneur nous a pourtant prévenus que la porte était étroite… On ne s’en rend compte, souvent, que quand on trébuche soi-même et qu’on se trouve face à une épreuve qui nous semble insurmontable. Mais justement, la porte est étroite, et nous aurons beau prier, souhaiter, supplier, espérer tout ce que nous voudrons, elle ne s’agrandira pas pour autant. Il me semble que l’on aiderait plus d’âmes à la franchir en rappelant les dimensions de la porte qu’en la présentant plus large qu’elle n’est en réalité…

  26. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Boris a écrit:

    on dit : il peut y avoir reconnaissance de nullité que si il y a des preuves d’un manques de maturité.

    non, les critères de validité sont plus précis que cela, la maturité n’est invoquée que pour mettre en lumière un manque de discernement des autres critères, ou le manque de liberté (ex: épouser une telle pour faire plaisir à Maman…).

    Quant aux cas où le premier mariage était bel et bien invalide mais que les preuves ne sont pas possibles, la personne doit en son âme et conscience, et si possible avec un conseiller spirituel, déterminer si elle peut communier, je crois que l’Eglise le permet, mais si elle ne le dit pas comme une solution miracle pour tous les divorcés remariés c’est pour éviter que les gens aillent communier en ne cherchant pas sérieusement la vérité au fond de leur conscience (pas seulement de leur envie). Et dans le doute, il vaut mieux s’abstenir… si ce que l’on cherche est de plaire à Dieu.

    Après ça, je connais quelqu’un qui est divorcé remarié, qui n’a rien à fiche de l’Eglise qu’il combat quand il peut, mais qui, parce qu’il est maire d’une commune, veut pouvoir communier devant tout le monde pour ne pas faire tâche lors des célébrations officielles. Le prêtre lui a déjà demandé de s’abstenir, il ne lui obéit pas, il communie, pas par souffrance, mais par arrogance: je ne voudrais pas être à sa place le jour où il rencontrera le Dieu crucifié qu’il a ainsi bafoué … Quel remord il aura sûrement quand il comprendra .

    Notre Dieu nous veut libres, mais le prix de la liberté c’est la responsabilité; après, il n’y a pas de réponse toute faite, mais il faut au moins être sincère, et essayer en plus d’être en vérité. je crois que ce n’est jamais charitable d’être complaisant avec le mal qui habite en nous ou dans nos amis; on peut être délicat, progressif, chercher ce qui peut être entendu et ne pas dire ce qui ne peut pas l’être, mais jamais on ne devrait conforter quelqu’un dans une situation qu’on sait mauvaise pour lui.

    J’ai connu une africaine, mariée à un divorcé, qui ne communiait pas, mais qui était d’une telle humilité par rapport à sa situation : elle savait que ce n’était pas la bonne situation, mais elle savait aussi qu’elle n’avait pas la force de vivre l’exigence de l’Evangile, alors elle allait prier avec une humilité toute enfantine, très confiante, très abandonnée, sans se poser de problèmes supplémentaires: elle m’a vraiment fait l’effet d’une sainte, et je ne crois pas exagérer. Je crois que la sainteté est possible dans toutes les situations, si on est humble; la sainteté n’est pas l’excellence.

  27. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Un livre vient de paraître aux éditions de l’Emmanuel sur le sujet « Fidèles jusqu’à l’audace », divorcés remariés : un chemin nouveau dans l’Eglise. Les pères Eric Jacquinet et Jacques Nourissat raconte leur expérience de prêtres accompagnateurs d’un groupe de fidèles divorcés remariés. Ils expliquent avec beaucoup de délicatesse leurs échecs à chaque fois qu’ils ont essayé de biaiser l’exigence du message de l’Eglise mais en même temps les chemins nouveaux qu’ils ont essayé de découvrir avec leurs frères et soeurs divorcés remariés, combien souvent ils ont été édifiés et émerveillés par eux… En effet, comme soulignés dans les messages précédents ils sont des témoins de la présence réelle dans l’Eucharistie et paradoxalement des hérauts du sacrement du mariage !

  28. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ AncillaDomini:

    Il ne s’agit pas de donner un sauf conduit pour demeurer dans le péché… Il s’agit de prendre en compte ce que les gens vivent et de leur annoncer le Christ Ressuscité, de leur permettre de grandir dans leur relation à Dieu etc…

    Il faut faire très attention en citant l’Ecriture car, toute citation se détache de l’ensemble de la Parole révélée. Certes Jésus met en garde ses disciples contre la répudiation (et par voie de conséquence aujourd’hui le divorce). Mais il faut tenir dans le même temps qu’il ne rejette personne et ouvre toujours une possibilité de vivre avec lui. Le pardon est toujours donné sans condition. Certes il renvoie la femme adultère en lui recommandant de ne pas péché mais il n’en fait jamais une condition au pardon qu’il donne. Jésus prend toujours en compte la vie des personnes dans leur complexité… peut-on aujourd’hui raisonnablement demandé à des familles recomposés de se séparer pour rester fidèle à leurs premiers conjoints, sans tenir comptes des enfants, de la sincérité de leur amour, de leur pratique de foi etc ? Je me contenterai de laisser la question posée car nous avons trop souvent la tentation de répondre trop vite, sans avoir réfléchit suffisamment.

    AncillaDomini a écrit:

    Le rôle de l’Eglise ne serait-il pas plutôt de rappeler la nécessité de la confession, le sacrilège de la communion indigne, et le sens réel de l’Eucharistie (qui est tout sauf un rite social !) ?

    je ne suis pas sûr que le rôle de l’Eglise est de rappeler… mais au contraire de proposer ses sacrements comme une voie de retour vers Dieu; le sacrement en soi ne présente aucun intérêt particulier. Je me permettrait juste deux remarques: 1) La complexité de la situation fait que les divorcés remariés ne peuvent même pas avoir recours au sacrement de la réconciliation. Le problème est que la voie de sortie est très étroite et qu’il faut, dans une sollicitude pastorale pouvoir accompagner ceux qui désirent vraiment (re)trouver une pratique essentielle à leur foi. Pouvons-nous pensez que Jésus resterai insensible à ces situations pour rester fidèle à une interprétation rigoriste de l’évangile selon saint Marc ? 2) le cœur sincère de celui qui s’approche de la communion « avec un esprit brisé » (Cf. Ps 50) avec au cœur l’ardent désir de revenir vers son Dieu commettrait-il véritablement un sacrilège puisque qu’il s’avance avec la disposition d’Esprit que le roi David exprime dans le psaume ?

    Il est évident que l’abstinence eucharistique met en valeur le vide qui est créé dans la vie des gens… mais doit-il durer éternellement ? Si nos Pères avaient été aussi dure avec les lapsi et autres adultères, renégats, idolâtres dans les premiers siècles, nous n’aurions jamais découvert la grâce du pardon et nos baptêmes auraient été bien vite enterrés au fonds des jardins de nos existences…. C’est un vrai défi pastorale, et une vrai crucifixion pour les pasteurs et les chrétiens concernés que d’obéir à la discipline de l’Eglise. Mais nous le faisons dans l’Espérance que l’Esprit, qui est le seul capable de nous faire entendre la juste compréhension de la Parole, nous inspire une juste solution à cet épineux problème…

    Que Diable, ayons au moins un peu d’espérance au coeur ! si vous me passez l’expression

  29. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Do Bien évidemment vous avez raison, j’ai écrit rapidement, il aurait fallu préciser les autres critères de nullité, mais j’ai choisi le manque de maturité car c’est un des plus courants. Je suis d’accord avec vous sur la nécessité d’un discernement personnalisé…mais je vous ferais remarquer qu’en faisant ainsi vous êtes tout de même parmi les plus audacieux…Et merci pour l’exemple de l’Africaine qui témoigne bien de l’humilité évangélique dans laquelle normalement le Code de droit canonique devrait être interprété.

    @ Sylvain Brison

    Tout à fait d’accord. Merci. Je vous suis totalement.

  30. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    En lisant certains commentaires, je me dis que beaucoup attendent des divorcés une attitude purement héroïque (notamment face aux nombreux témoignages ici de personnes trahies par leur conjoint(e)). Du coup, voici une petite provocation pour redonner de la matière à notre réflexion.. Vous ne savez peut-être pas qu’un prêtre ramené à l’état laïc (ie. qui a demandé à être relevé de ses voeux) peut se marier à l’église. Eh oui !

    De la même manière que des époux peuvent demander la nullité si certaines conditions n’étaient pas réunis au moment de leur engagement, les prêtres qui se sont lancés dans les ordres avec un discernement insuffisant peuvent demander leur retour à l’état laïc, sans préjudice.

    Nul ne nous demande de persévérer dans une vocation qui n’est pas la nôtre : le Christ nous veut pleinement nous-même. Mais vu le nombre d’années de séminaire par rapport à la durée moyenne des fiançailles, voilà qui interpelle…

  31. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Deux éléments me choquent particulièrement dans cette « affaire ».

    1 / La subtilité disant que les divorcés-remariés « ne sont pas excommuniés mais exclus de la communion » (sous-entendu pratiquement jamais entendu : « eucharistique »!). Qui, en dehors des initiés, est capable de comprendre la profondeur de cette nuance subtile ? Vous dites « ils ne sont pas soumis à une peine canonique ». Pensez-vous que tout le monde comprend cela ? Le juridisme catholique romain n’est pas, à mon avis, la voie directe qui mène les ouailles à Jésus (c’est un euphémisme).

    2 / Une différence est pour moi particulièrement objet de scandale (au sens fort du terme) : un prêtre qui quitte la prêtrise pour se marier n’est, à ma connaissance, pas privé de la communion eucharistique et a le droit de se marier à l’église (tout comme les concubins notoires et les divorcés qui se sont auparavant mariés civilement). Cela semble vouloir dire que le sacrement de l’Ordre, celui de nos prêtres appelés par le Christ à se mettre exclusivement à sa suite pour nous y conduire, est d’un ordre mineur (si j’ose dire !) par rapport au sacrement de mariage du commun des mortels laïcs. Car quitter la prêtrise, être « réduit à l’état laïc » (belle expression qui montre bien que dan l’esprit de la sainte Église catholique on diminue en redevenant laïc !), défroquer, me paraît tout aussi « grave » que de divorcer (par exemple parce qu’on est battue, trompée, humiliée par un conjoint). Mais les hommes célibataires qui nous dirigent pensent totalement autrement… et regardent leurs propres faiblesses d’un œil indulgent… Pour reprendre votre expression, cela « ne témoigne pas de la dignité de la prêtrise ».

  32. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Sylvain Brison :

    Eh bien, non, décidément, je ne partage toujours pas votre avis.

    Mais bon, on s’en fiche un peu, finalement, de mon avis : je ne suis qu’une laïque et – Dieu merci ! – l’Eglise n’est pas une démocratie. Ceux à qui a été confiée la tâche de la diriger sauront bien trouver la voie qui s’impose, par la grâce de Dieu et l’inspiration de son divin Esprit ! ;-)

  33. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Nicolas : Je ne peux pas décider cela mais c’est une bonne idée. Il pourrait être invité pour développer cette idée.

    @ Sylvain Brison : 1/ Oui, je suis d’accord. Je ne vois pas beaucoup d’autre direction réaliste pour réfléchir. 2/ Je sais bien que c’est un discours courant. Je ne peux pas cacher qu’il me met souvent un peu mal à l’aise. La conscience qui oblige, je sais bien. Mais renoncer trop vite à essayer d’éclairer la conscience, c’est un peu une manière de dire : « débrouillez-vous, pourvu que je n’en entende pas parler ». En revanche, refuser physiquement et publiquement la communion, je pense qu’il faut des raisons très forte et urgentes. Il y a d’autres manières de faire. Cela m’est arrivé une fois, un Jeudi saint en plus. Dans les mêmes circonstances je recommencerais, mais cela reste un très mauvais souvenir. 3/ Je crois qu’il faut tenir les deux : Sancta sancti, les choses saintes pour les saints, et en même temps le Christ qui guérit. C’est bien cela qui est compliqué. 4/ Merci, oui, continuons.

    @ Tigreek : Je ne sais pas quoi vous dire, si ce n’est que votre témoignage me touche et que je suis vraiment d’accord avec vous.

    @ Nicolas et Je préfère rester anonyme : Oui, passage plein de mystère. Je ne sais pas s’il vient au secours d’une « cause ». Je ne crois pas ce soit le problème. Heureusement que Jésus peut toucher celui ou celle dont la vie est en morceau, changer sa vie et le ou la conduire à lui.

    @ Marvel : Merci pour ce lien que je ne connaissais pas. Tenir en même temps la voie de l’amour et la voie de l’humilité, fuir l’aigreur.

    @ PEG : Oui, l’eucharistie est bien un « médicament », si vous voulez, en tout cas le Christ sauveur qui vient nous guérir. En même temps le don de sa présence corporelle en nous est un don immense, aucun d’entre nous n’a conscience du don qui nous est fait. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend, c’est Quelqu’un qu’on reçoit. C’est pour cela que je crois que ce n’est pas juste ne nous focaliser sur la question des divorcés remariés. On a tous très vite fait de faire du Saint Sacrement une chose et donc une idole.

    @ Emmanuel Pic et Koz : Discours juridique ou casuistique. J’ai l’impression qu’on essaie tous de ne pas s’enfermer là dedans même si parfois il faut employer des mots précis pour savoir de quoi on parle ensemble. Il ne faudrait pas que cette discussion finisse en « jus de crâne », ce serait en dessous de tout. Ne jamais oublier que nous parlons de personnes, de sacrements, de l’Eglise, du Christ. Faisons attention aussi à l’effet de loupe. Nous parlons d’une question précise, compliquée et douloureuse. Mais à nous focaliser dessus nous ne comprendrons plus rien.

    Je profite de cette intervention d’Emmanuel Pic pour présenter à tous mes excuses pour les réponses lapidaires. C’est vraiment difficile de répondre à tant de commentaires souvent très riches. J’essaie de comprendre chacun, je répond comme je peux. Je vous prie de n’y voir aucune sécheresse. Je ne sais pas si je pourrai répondre à tout.

  34. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Quelques observations sur le juridisme qui attriste un peu le juriste que je suis. Boris a écrit:

    Mais là où il y aurait peut-être à être inventif, c’est dans l’approche anthropologique de ce procès.

    On dit parfois que le procès permet une forme de purification. C’est peut-être un peu violent dans certains cas. Cependant, il est vrai qu’il peut avoir pour effet de régler défitivement la question plutôt que de laisser les personnes dans une sorte d’incertitude sur leur situation dans l’Eglise. Cela demande sans doute un accompagnement autant, voire plus, spirituel que juridique.

    armagilus a écrit:

    Sur le juridisme, je n’ai pas insisté sur la distinction des plans parce qu’il me semble que dans ce cas le lien est vraiment étroit et que le droit ne fait qu’énoncer ce qui découle de l’Evangile et de la théologie des sacrements. Je ne suis pas sûr que nous soyons simplement dans une affaire de discipline ecclésiastique, avec son aspect contingent et prudentiel. En tout cas, la marge d’appréciation est vraiment étroite.

    Merci de cette remarque. Pourquoi parler immédiatement de juridisme ? Le mariage est une institution juridique, un contrat, et un sacrement et comme quelqu’un l’a relevé ce n’est pas sa nature sacramentelle qui implique l’indissolubilité. Elle est de droit naturel ; elle est la vocation naturelle du mariage. Sans elle, l’accueil de la vie, l’éducaton des enfants, le soutien dans la vieillesse seraient difficiles à envisager alors que l’amour humain, conçu comme un simple sentiment, est faible. Le mariage chrétien tend encore plus à l’indissolubilité car Dieu joint sa promesse à la notre. Voilà ce qui est juste… àl’égard de Dieu et des hommes et des femmes. Est-ce du juridisme ? On pourrait développer encore sur ce thème mais j’avoue que les compétences me manquent (je vais travailler…).

    Il reste une question : pourquoi les catholiques ne résistent-ils pas mieux ? Je sais que la série de billet suscitée par l’article du Pélerin porte précisément sur les divorcés remariés mais la question se pose parce que des catholiques divorcent… Alors pourquoi ? Pourquoi ? et que faire ?

  35. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Paul : Oui, c’est une attitude qui existe. Ce n’est pas très éloigné de la paille et la poutre.

    @ Boris : Dans le cadre de ce billet au moins, je n’ai aucune prétention d’inventivité. Ce ne serait très traditionnel non plus de prétendre avoir trouvé une solution théologique au problème, surtout si je n’en ai pas. Au sujet de la différence entre Orient et Occident, je suis bien d’accord. Pour la solution que vous proposez, je doute que l’Eglise se juge libre de faire cela. Je ne pense pas que délier de la parole du consentement mette fin au sacrement du mariage. Mais cela n’interdit pas de réfléchir. Que les procès en nullité soient une solution marginale qui ne répond qu’à des cas particuliers, je le crois aussi. Oui, cette affaire des sept ans mérite qu’on réfléchisse. Je voudrais juste qu’on ne laisse pas trop vite penser qu’on a une solution, que la « discipline » de l’Eglise va inéluctablement changer, que ce n’est qu’une question de temps, etc. Simplement parce que je n’en suis pas sûr du tout.

    Bon, il est tard :-)

  36. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bonsoir,

    Je souscris totalement à l’intervention d’AncillaDomini, qui m’ôte les mots du clavier !

    Je vous prie de croire sincèrement que je ne juge pas les personnes, que je compatis au contraire pleinement à la souffrance des personnes qui cumulent la déchirure affective, conjugale, familiale qu’est le divorce, à ce sentiment d’exclusion de la communauté pastorale.

    Pour autant, je m’excuse d’avance auprès du Père Emmanuel Pic, mais je ne crois pas que la position de l’Eglise à l’égard des divorcés remariés soit une position qui prend sa source dans le droit et la termine dans le droit. Je suis retourné me rafraichir au catéchisme de l’Eglise Catholique et la théologie du mariage est claire : le mariage étant un sacrement indissoluble et établi jusqu’à la mort, toute union met le fidèle en état d’adultère.

    Après cela, même si je crois sincèrement à la grande foi et au grand amour de Dieu des personnes concernées, comme l’a dit AncillaDomini, quand on est en état de péché, on ne peut pas demander pardon tout en persistant volontairement dans son péché.

    Sylvain Brison a écrit:

    je ne suis pas sûr que le rôle de l’Eglise est de rappeler… mais au contraire de proposer ses sacrements comme une voie de retour vers Dieu; le sacrement en soi ne présente aucun intérêt particulier. Je me permettrait juste deux remarques: 1) La complexité de la situation fait que les divorcés remariés ne peuvent même pas avoir recours au sacrement de la réconciliation. Le problème est que la voie de sortie est très étroite et qu’il faut, dans une sollicitude pastorale pouvoir accompagner ceux qui désirent vraiment (re)trouver une pratique essentielle à leur foi. Pouvons-nous pensez que Jésus resterai insensible à ces situations pour rester fidèle à une interprétation rigoriste de l’évangile selon saint Marc ? 2) le cœur sincère de celui qui s’approche de la communion « avec un esprit brisé » (Cf. Ps 50) avec au cœur l’ardent désir de revenir vers son Dieu commettrait-il véritablement un sacrilège puisque qu’il s’avance avec la disposition d’Esprit que le roi David exprime dans le psaume ?

    Proposer le sacrement comme une voie de retour vers Dieu c’est ce que fait l’Eglise : proposer ! L’homme libre peut disposer. Et pour disposer d’un sacrement il faut être en état de le recevoir. L’Eglise ne donne pas la communion aux gens qui ne sont pas baptisés… pourquoi ? Songez ne serait-ce qu’à la renonciation au mal, à l’entrée dans la vie sacramentelle, …

    C’est extrêmement vicieux cette discussion, et ça me met très mal à l’aise, parce qu’en triturant la souffrance des gens, on a vite fait de faire passer pour insensible ceux qui, conformément à la parole de Dieu et à la tradition de l’Eglise, considèrent le remariage comme une preuve d’infidélité. Quoique cela soit douloureux et difficile, et même si ceux qui le disent passent alors pour des juges et censeurs, c’est pourtant le sens même du mariage qui est en cause ! Même si il y a grand amour, même si il y a une nouvelle famille formée, même si il y a beaucoup de foi et de dévotion, … je vais passer pour un monstre mais tant pis, en leur âme et conscience les personnes remariées ne peuvent pas nier qu’elles soient infidèles à leur sacrement de mariage, précisément si elles vivent dans la foi et dans l’amour de Dieu. Leur situation n’empêche pas les grâces par ailleurs, ni une relation très forte à Dieu, ni la communion en Eglise… Ce n’est qu’un péché parmi d’autres, si j’ose dire, mais on ne peut pas dire que ce n’est pas un péché, juste parce qu’on compatis à la souffrance de ces personnes !

    Il y a péché, et pour accéder à la communion, on doit y renoncer. Des autres fidèles ayant accès à la communion, on attend strictement la même chose : communier de préférence en ayant confessé ses péchés auparavant, ce qui suppose, et de toute façon dans tous les cas, de renoncer au mal. La personne remariée ne peut témoigner de ce renoncement qu’en renonçant à sa nouvelle union qui la met en état d’adultère. Tous le monde est logé à la même enseigne, en ce qui concerne l’accès à la communion. Ce qu’on refuse ici, par charité, à des personnes remariées, on le refuse tout autant, par exemple, à des fiancées qui ont des relations sexuelles (avant leur mariage donc) et n’entendent pas y renoncer quoiqu’elles se sachent en état de péché. Lorsqu’il n’y a pas renonciation au mal, en particulier au péché grave, la communion est nécessairement vicié et c’est alors grand manque de charité envers ces personnes, et même envers tous les fidèles, que de leur permettre d’accéder à la communion. C’est tout simplement leur mentir sur le sens de l’eucharistie.

    C’est pourquoi je suis un peu blessé par les propos de Sylvain Brison, et même ceux du Père Emmanuel Pic, rangeant au rang de simples rigoristes insensibles ceux qui se contentent de rappeler ce qu’est le sens du mariage ou de l’eucharistie. On accuse alors de juger les autres, de les regarder de haut. Mais prêter à une personne remariée l’ardent désir de revenir vers Dieu, n’est-ce pas juger hâtivement, même si c’est plus flatteur ? Car juger ce désir au regard d’une appréciation subjective, alors que le désir ardent de revenir vers Dieu ne peut que porter en lui la réalité objective et effective du renoncement au mal, n’est-ce pas se poser soi-même en juge ?

    Bon sang, la renonciation au mal, c’est vrai qu’aujourd’hui ça sonne ringard, ça ne plait pas au monde, et ça sent le pharisaïsme si on ne cherche pas à le mettre en lien avec la charité. Mais c’est justement par là qu’on entre dans la vie sacramentelle, et c’est un cheminement de chaque instant. En scellant une union adultère, les personnes remariées peuvent aimer Dieu de toutes leurs forces, elles gardent en eux un blocage volontaire vers le retour à la vie sacramentelle. La charité envers tous les fidèles impose à l’Eglise de ne pas faire croire aux personnes remariées et à tous les membres du corps du Christ qu’on peut vivre une vie sacramentelle sans renoncer au mal.

    Et c’est là par compte que je rejoins la dernière remarque de Sylvain Brison sur le défi pastoral et la crucifixion pour les pasteurs d’affronter cette exigence de charité dans la vérité ! C’est difficile, mais il faut absolument se demander ce qu’on enseigne aux fidèles en disant que des personnes remariées pourraient accéder à la communion : on pense faire oeuvre de charité, mais est-ce une charité dans la vérité ? Et quel enseignement donnerait-on alors aux fidèles sur le mariage, sur la chasteté, et sur la vie sacramentelle ? Il y a une souffrance, mais on ne l’efface pas en niant la réalité de sa cause. On accompagne la souffrance, on compatit. On ne descend pas le Christ de sa croix parce que sa souffrance est insupportable à contempler. Pierre a refusé à Jésus qu’il aille vers son supplice, et Jésus a été on ne peut plus clair : passe derrière moi Satan ! Aussi lourde que soit la responsabilité pastorale dans ce cas là, elle impose de ne pas balayer d’un revers de la main cette souffrance et d’accompagner au plus prêt les personnes dans ce cheminement, dans ce retour vers Dieu, par le renoncement au mal et l’engagement à la chasteté, ou par la communion de désir lorsqu’on se sent véritablement prisonnier de cette situation. On ne guérit pas du péché en le niant, mais par la miséricorde de Dieu et le renoncement au mal.

    Un dernier mot à propos des comparaisons avec le fait que les prêtres peuvent renoncer au sacerdoce pour se marier : cela a été déjà dit, mais j’en remets une couche. Le cas des prêtres changeant de vocation est parfaitement analogue, et tout aussi exceptionnel, que les cas de nullité de mariage. Il n’y a pas, là encore, deux poids deux mesures, et ce serait une erreur de tenter de le faire croire.

  37. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Pneumatis:

    Je vous suggère une étude de cas : un homme divorcé se remarie et a des enfants de cette union. Selon votre définition rigoriste et légaliste du péché, doit-il abandonner sa femme et ses enfants pour revenir à la communion ? ne serait-ce là pas un plus grand péché ?

    Rappelons-nous un instant que, si la concession du divorce a été faite par Dieu à Moïse « en raison de leur dureté de coeur », elle a été néanmoins faite, et Dieu n’a pas ainsi privé ces hommes de salut (d’ailleurs l’histoire du Salut passe par nombre d’adultères et prostituées cf. la généalogie du Christ). Le fait de se remarier ne marque pas tant une opposition de chaque instant à Dieu qu’une méconnaissance de Dieu au jour du premier mariage.

    C’est pourquoi je crois qu’il y a quelque chose de bon dans la proposition de – ou attribuée à – Xavier Lacroix : ces années de « pénitence » ne sont pas des années d’auto-flagellation, mais une réelle seconde préparation au mariage : en quelque sorte une rédemption du mariage.

    Rappelons-nous aussi que nous jetons facilement la culpabilité sur les divorcés (remariés ou non) mais que si l’église avait l’audace de proposer fortement une réelle préparation au mariage (ie. une « marriage preparation » et pas seulement une « wedding preparation »), elle serait sans doute plus fondée à demander la sainteté de ses membres.

  38. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Paul: Selon ma conception du péché, à propos de laquelle il faudra m’expliquer ce qu’elle a de particulièrement rigoriste et légaliste, je ne suis précisément pas à même de juger si tel péché est plus grand qu’un autre. C’est d’ailleurs pourquoi je ne m’estime pas moins pécheur qu’un autre. Et je ne peux assurer que je ferai les choix dont je parle si je me retrouvais moi-même dans cette difficile situation.

    Pour l’étude de cas que vous présentez, si le premier mariage est reconnu valide et ne peut donc être déclaré nul, comme je l’ai indiqué dans mon dernier message, lorsqu’on est prisonnier de cette situation, alors on ne peut, en son âme et conscience que s’abstenir d’accéder aux sacrements. Pas parce que c’est la loi, mais parce que cela correspond à une réalité spirituelle : l’accès à la communion étant vicié on se fait plus de mal que de bien, si j’ose parler ainsi – dixit Saint Paul, on mange et boit sa propre condamnation. S’abstenir d’accéder aux sacrements, cela ne veut pas dire qu’on est hors de l’Eglise, cela veut dire qu’on vit une relation à Dieu sous une forme différente que celle qu’on vivait auparavant. Il est alors bon d’être bien accompagné spirituellement, d’être particulièrement soutenu par ses frères, de se sentir particulièrement accueilli par sa communauté, pour vivre d’une vie de prière, de pénitence et d’adoration. Et si c’est possible sans faire particulièrement souffrir le nouveau cercle familial, on peut essayer de vivre dans l’amitié et l’abstinence avec son second conjoint. Peut-être dans ce cas, avec le désir sincère de vivre la chasteté, est-il possible d’accéder de nouveau à la communion. Je ne dis pas que c’est facile, et je ne prétends pas donner des leçons face à cette situation, mais je trouve bien dangereux cette façon de faire croire que « chacun fait comme il le sent, après tout le plus important c’est d’aimer ». La dernière encyclique du pape invite à méditer cette question. Elle ne parle pas d’amour seul, qui peut virer dans le sentimentalisme. Elle ne parle pas de vérité seule, qui peut virer dans le rigorisme. Elle montre l’enracinement de l’amour DANS la vérité.

    Enfin, je ne jette aucune culpabilité sur personnes : les personnes savent si elles sont en état de péché ou pas, et Dieu seul juge. Aider au discernement moral ce n’est pas juger les gens, sinon vous feriez de l’Eglise et de ses docteurs de simples rigoristes et légalistes également. Par contre mentir sur le péché, voilà qui me semble une affaire assez grave, et je ne m’y risquerai pas, même si c’est pétri de bonnes intentions.

    @ Emmanuel Pic: Je viens de lire votre article sur votre blog, et je me retrouve beaucoup mieux dans ce que vous y mettez, que dans le commentaire ici focalisant sur le légalisme. Vous voulez voir évoluer la discipline de l’Eglise, je suis évidemment pour si cela va toujours dans le sens ET de l’amour ET de la vérité. En cela, je pense que nous sommes d’accord. Ce en quoi, par contre, la théologie du mariage ne me laisse pas présager de revenir sur l’aspect peccamineux de l’infidélité au sacrement de mariage, pas plus que sur le nécessaire renoncement au mal dans la pratique de la vie sacramentelle. Mais il est possible qu’un approfondissement de la morale et de la conscience des engagements permette, avec le temps peut-être, de faciliter les déclarations de nullité de mariage, non pour les brader, mais pour les inscrire dans une véritable démarche d’accompagnement et d’approfondissement spirituel, si toutefois ce n’était pas déjà le cas.

    Car enfin, ceci se faisant un commentaire plus général, mais qui répond déjà un peu à une remarque de votre article, mon Père : lorsque des personnes se sont remariés et vivent une vie très pieuse, amoureuse, de foi, etc… N’est-il pas véritablement important de se poser la question de la validité du premier mariage ? N’est-ce pas vraiment primordial, et peut-être immensément libérateur, de faire toute la lumière sur la « situation sacramentelle » (quelle drôle d’expression !) de ces époux ? Je ne suis pas prêtre et je ne sais pas ce qu’il en coute d’aborder ce sujet, mais peut-être est-ce là vraiment une priorité à donner à la situation de ces couples, non ?

  39. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Paul: Pour reprendre votre exemple du divorcé-remarié qui a des enfants de son second mariage. Selon vous, il n’y aurait pas vraiment péché à continuer dans le second mariage car c’est le plus opportun. Vous oubliez quelque chose d’important. Le mariage c’est un sacrement. Et si le sacrement rend compte de quelque chose d’invisible, il rend bien compte de quelque chose de réel. Même si les époux ont rejeté leur mariage depuis des lustres, le sacrement est toujours effectif. Et si l’on nie l’intérêt d’un sacrement au prétexte que les réalités visibles le rendent inopportun, dans ce cas là la communion n’est plus qu’un bout de pain et une façon de participer à un groupe social. Je suis loin d’être un théologien chevronné mais il me semble que même si le pape permettait aux divorcés-remariés de communier, il n’est pas certain qu’elles en tireraient un grand profit.

    Beaucoup se font forts d’être les miséricordieux face aux méchants juristes qui rejetteraient leurs frères divorcés pour des questions purement théoriques. Mais je crois que c’est par charité que Benoît XVI a rappelé à Lourdes il y a un an cette règle canonique. Si on dévalorise les sacrements en disant qu’après sept ans ils sont « périmés », alors en les proposant, on n’offre pas grand chose.

    Au contraire, si on rappelle la vérité des sacrements, mais qu’on essaye de faire en sorte que les personnes empêchées puissent en tirer des grâces autrement, on leur offre quelque chose de vrai. Cela me paraît plus charitable car plus authentique. (La charité dans la vérité comme qui dirait)

    Quelqu’un a dit que les couples non-mariés en concubinage peuvent communier. Je ne le crois pas. Beaucoup l’ignorent mais la situation est la même que pour les divorcés-remariés. (Est-ce qu’un expert peut confirmer mon avis d’amateur?)

    Enfin, heureusement, ce n’est pas moi qui dirige l’Eglise, c’est le Saint-Esprit par la voix de ses humbles pasteurs. Mais il est utile de rappeler des vérités parfois travesties.

  40. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    A la réflexion, je ne suis pas convaincu par la proposition qui en séduit certain d’une « pénitence » de sept ans… Je me demande si à certains égards ce n’est pas le comble du juridisme ! En effet, c’est une forme de prescription (cf d’ailleurs la référence à la tradition de remettre les dettes). Pour que cela fonctionne, encore faudrait-il que la faute ait cessé (mais alors pourquoi attendre sept ans?). Ou alors, il s’agirait d’une forme de mariage par les oeuvres (une prescription acquisitive) ? Je ne pense pas que cela puisse tenir. On ne peut pas consolider une situation qui fondamentalement, à son origine, n’est pas juste.

  41. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Juste une question de béotien : qui pense ici que Jésus a « confessé » ses apôtres avant de leur donner le pain de son corps et le vin de son sang au cours de la Cène ? Qui a lu dans les évangiles que l’on doit être « en état de grâce pour manger le corps et boire le sang du Christ » ? Qui n’a jamais entendu parler du « viatique », la nourriture pour la route de ceux qui sont dans l’épreuve ; attendriez-vous que le pauvre qui frappe à votre porte soit allé se laver pour lui donner à manger et à boire ?

    Et le parallèle entre les divorcés-remariés et les prêtres défroqués-mariés me paraît toujours pertinent, même s’il n’intéresse personne !

  42. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Jonas: Dans les Evangiles non, mais dans la Bible, Première Epître aux Corinthiens, chapitre 11 verset 23 et suivants. Cela a déjà été abordé hier, je ne reviens pas dessus.

  43. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Pneumatis : lorsque des personnes se sont remariés et vivent une vie très pieuse, amoureuse, de foi, etc… N’est-il pas véritablement important de se poser la question de la validité du premier mariage ?

    En somme vous proposez un divorce au mérite.

    Ce que j’évoquai c’est la possibilité effective de découvrir la nullité du premier mariage en redécouvrant son sens profond qui n’a souvent pas été évoqué lors de la préparation au mariage, si elle a même existé. En faisant cela dans la durée, 7 ans, on s’assure que le sens profond est bien muri, et que le second mariage (canoniquement, LE mariage) sera valide.

    Dans 1Co 11, il y a ensuite : « Que chacun donc s’éprouve soi-même« … Rappelons-nous une seconde de l’épisode du Publicain et du Pharisien. Je préfère un divorcé qui communie en disant « je ne suis pas digne de te recevoir » qu’un catho-bien-comme-il-faut qui communie, s’en jugeant digne. Mgr Barbarin a ce mot très bon : il dit qu’il faut approcher de la communion comme des mendiants.

  44. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @jonas Si c’est un parallèle fréquemment fait et qui est un peu tabou… En fait, théologiquement parlant il peut être fait. Un prêtre validement ordonné reste toujours prêtre comme un homme validement marié reste marié toute sa vie même s’il divorce d’elle.( En fait il y a une différence, car on parle de caractère pour l’ordination mais pas pour le mariage…mais c’est un peu technique). Le fait qu’un prêtre « retourné à l’état laïc » puisse se marier, c’est que l’état de mariage et l’ordination ne sont pas incompatibles théologiquement parlant, même si, dans le rite latin, la discipline demande de n’ordonner que des célibataires. Tandis que le principe même du mariage chrétien est qu’il est unitaire donc, un second mariage est incompatible l’engagement définitif fait au premier. Cela dit, là où vous avez raison, c’est que ces subtilités n’empêchent pas un certain scandale symbolique : l’Eglise semble être plus compréhensive pour ses clercs que pour les laïcs… en fait dans la réalité, ce n’est pas tout à fait vrai.

    Il y a d’autres scandales : que les princes de ce monde connaissent davantage les procédures de nullité que les humbles qui n’ont pas de relations, ou encore que les riches congrégations ont davantage les moyens de faire canoniser un des leurs que les chrétiens qui vivent chichement…mais lister ce genre de scandales serait malheureusement long et fastidieux, alors que l’Evangile nous invite à regarder de l’avant !

    @ Pneumatis, je dirais que l’analogie avec les procès de nullité n’est pas très juste. Ni en proportion de nombre, ni juridiquement, car il n’est pas besoin de démontrer le manque de liberté de l’ordinand au jour de son ordination comme il nécessaire pour le mariage.

  45. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci beaucoup pour tous ces commentaire, je m’attendais à une vive discussion, mais pas à tant de contenu riche et intéressant. Je n’ai pas eu le temps de m’y remettre ce matin et je dois aller m’occuper de mes scouts jusqu’à demain soir. Dimanche soir ou lundi, je répondrai à ce qui me paraitra le plus utile. Je crois que ça ne sert à rien que je réponde laconiquement à tout. Souvent les commentaires se répondent les uns aux autres. Et puis, je n’ai pas réponse à tout.

    Il est normal qu’il y ait des désaccords profonds sur ce genre de sujet. Il y a aussi des points de vue qui se complètent utilement.

    Sur le parallèle avec les prêtres qui quittent le ministère, j’ai bien entendu. Je ne défendrai pas une « caste » contre une autre, ça n’a pour moi aucun sens. La seule choses que je puisse dire c’est que les quelques cas récent que je connaissent proviennent, pour autant que je puisse le savoir, de « craquages » psychologiques.

  46. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je souscris complètement aux commentaires de Pneumatis !

    @ Jonas :

    Avant de vous inviter à relire les merveilleuses méditations du Saint Curé d’Ars sur l’Eucharistie, j’ai moi aussi une question pour vous… Que pensez-vous de ce passage : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suis pas n’est pas digne de moi. » (Mt 10, 34-38)

    Le Seigneur est tout Amour et toute tendresse, mais Son Amour est exigeant. Ce qui pourrait sembler paradoxal ne l’est pas du tout en réalité : il n’y a que de ceux qu’on méprise que l’on n’exige rien. La façon de vivre, d’adorer, d’agir, qui Lui plaît, Il n’a cessé de le répéter. Partout, les Evangiles ne font que se répéter, et les Epîtres en remettent une couche ! Une seule chose compte : Dieu premier servi, avec l’Amour au-dessus de tout.

    Evidemment, dans la vie courante, on aimerait bien que la Charité soit de faire passer l’homme avant Dieu ! On aimerait bien que Dieu accorde une dérogation pour les situations douloureuses, en particulier quand elles impliquent d’autres personnes que soi. Toute notre compassion fait son oeuvre, et cette fausse charité nous tire et nous pousse et nous éloigne de Dieu. Seulement voilà : c’est Dieu au-dessus de tout, et non pas l’inverse. La croix, alors, est infiniment lourde à porter ! Oui, c’est normal : une croix, c’est lourd et douloureux… c’est justement pour ça qu’on l’appelle ainsi.

    Je rejoins un commentateur précédent sur le fait qu’on a le tort de présenter le cas des divorcés remariés comme un cas particulier. C’est l’inverse : la plupart des gens qui communient ne sont pas en état de le faire. Je ne porte pas de jugement en particulier. Simplement, sachant à quel point la confession a mauvaise presse, il est évident que les gens qui ne se confessent jamais ne sont pas « en règle » : c’est une simple question de bon sens.

    Pour conclure, avec la communion indigne ( @ Jonas en particulier) : la communion, ce n’est pas qu’une abondance de grâces. Pensez au Seigneur d’abord ! On ne communie pas que pour soi, on communie d’abord pour adorer, rendre gloire et s’unir au Saint Sacrifice du Christ. Pour l’Eucharistie, comme pour tout Sacrement, c’est le Seigneur en premier ! On ne peut pas autoriser une communion indigne sous prétexte de Charité (faussée), en sachant pertinemment que la personne se damne en communiant ! Non seulement elle n’en retire pas les grâces qu’elle aurait pu avoir en s’abstenant, mais en plus il y a tromperie si elle croit en toute bonne foi faire son salut… parce qu’on le lui a laissé croire !

    Plutôt que de vouloir étendre les conditions de recevabilité du Sacrement, je pense (encore une fois, ça n’engage que moi) qu’il serait infiniment préférable de rappeler à tous – et non pas seulement aux divorcés – que la communion indigne les damne au lieu de les sauver. M’est avis que les divorcés se sentiraient déjà beaucoup moins seuls et beaucoup moins rejetés…

  47. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Jonas :

    « Qui n’a jamais entendu parler du « viatique », la nourriture pour la route de ceux qui sont dans l’épreuve ; attendriez-vous que le pauvre qui frappe à votre porte soit allé se laver pour lui donner à manger et à boire ? »

    L’analogie que vous faites ne se rapporte pas à la communion, mais à une simple bénédiction. Il ne s’agit pas ici « de manger et de boire » : l’Eucharistie, c’est le Seigneur Lui-même, le Christ « en chair et en os » (en chair et en sang, plutôt), Dieu qui vient Se donner physiquement, concrètement, par les mains du prêtre. C’est bien plus qu’un simple « pain pour la route » !

    Si vous parlez de « pain pour la route », c’est que vous assimilez l’Eucharistie à un pain où le Seigneur serait présent spirituellement. Mais non : l’Eucharistie, c’est encore plus fort que l’Arche d’Alliance ! :-) On ne porte pas la main dessus n’importe comment (pour l’allusion… 2 Samuel 6, 3-8 ;-) )

  48. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « la plupart des gens qui communient ne sont pas en état de le faire ».

    Ancilla Domini, faut-il modestement vous rappeler que vous n’en êtes pas juge ?

    Chacun d’entre nous a-t-il abandonné tous ses biens pour être « en règle » ? J’en doute. Chacun d’entre nous est-il venu en aide à tous ceux qui en avaient besoin ? J’en doute également. Chacun d’entre nous a-t-il prié ne serait-ce qu’une seule fois dans la pureté et la simplicité du cœur ?

    Les choses ne sont pas si simples et gardons à l’esprit cette grave affaire de la paille et de la poutre !

    Fraternellement.

  49. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ jjacquesb:

    Je crois que si vous relisez son commentaire, vous verrez qu’il ne parle pas en juge, mais comme quelqu’un qui reconnaît notre petitesse… et s’émerveille de ce qu’Il se « penche sur son humble servante ».

    Il me semble que sur un blog chrétien on est en droit d’attendre une bienveillance des commentateurs les uns pour les autres.

  50. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Paul a écrit:

    En somme vous proposez un divorce au mérite.

    Très éloigné de ce que j’ai dit, il me semble, et en tout cas de ce que j’ai tenté de dire. Je n’ai jamais parlé de divorce ni de mérite, je n’ai fait que rappeler pour la n-ième fois, qu’un mariage peut être déclaré nul. Et que si un discernement est nécessaire pour le savoir, une nouvelle vie dans l’amour et la fidélité à Dieu et à son conjoint peut être un critère de discernement. Du moins cela peut être la source d’interrogation nécessaire pour entamer une réflexion sur la nullité ou la validité du premier mariage. Ca n’a donc rien d’un droit qu’on aurait acquis par une pratique vertueuse. J’en appelais juste au bon sens, en réalité. Et je le redis, à aucun moment je n’ai parlé de divorce, et encore moins de mérite.

    Au regard de la bienveillance que vous sollicitez des autres pour les propos d’AncillaDomini, je sollicite également la votre pour bien voir que je ne me fais ni juge, ni censeur, ni légaliste, et que je recherche moi aussi pour mon prochain le plus parfait exercice de la charité, dans la mesure où elle reste enracinée dans la vérité.

    Paul a écrit:

    Ce que j’évoquai c’est la possibilité effective de découvrir la nullité du premier mariage en redécouvrant son sens profond qui n’a souvent pas été évoqué lors de la préparation au mariage, si elle a même existé

    Et pour qu’on soit sur de s’être bien compris, ce que vous dites ici est exactement ce que j’ai tenté de dire. Vous pouvez relire mon commentaire précédent pour vous en assurer. L’Eglise se montre à même de reconnaitre quand elle et les époux ont manqué de discernement en contractant un mariage, il me semble donc des plus opportuns de redécouvrir cela, particulièrement quand on a le sentiment profond lors d’un second mariage, de vivre sa véritable vocation.

  51. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pneumatis a écrit:

    C’est pourquoi je suis un peu blessé par les propos de Sylvain Brison, et même ceux du Père Emmanuel Pic, rangeant au rang de simples rigoristes insensibles ceux qui se contentent de rappeler ce qu’est le sens du mariage ou de l’eucharistie. On accuse alors de juger les autres, de les regarder de haut.

    Il ne s’agit pas de classer les gens dans des cases « rigoristes », « progressistes » ou autre. nous savons bien quel est la valeur du mariage et de l’eucharistie. il s’agit simplement de se laisser interpeller et questionner par des situations et des personnes qui révèlent une situation compliquée… Dieu continue de se sire au cœur de l’histoire du monde et de chacun, encore faut-il le voir

    Pneumatis a écrit:

    Il y a péché, et pour accéder à la communion, on doit y renoncer. Des autres fidèles ayant accès à la communion, on attend strictement la même chose : communier de préférence en ayant confessé ses péchés auparavant, ce qui suppose, et de toute façon dans tous les cas, de renoncer au mal. La personne remariée ne peut témoigner de ce renoncement qu’en renonçant à sa nouvelle union qui la met en état d’adultère. Tous le monde est logé à la même enseigne, en ce qui concerne l’accès à la communion. Ce qu’on refuse ici, par charité, à des personnes remariées, on le refuse tout autant, par exemple, à des fiancées qui ont des relations sexuelles (avant leur mariage donc) et n’entendent pas y renoncer quoiqu’elles se sachent en état de péché. Lorsqu’il n’y a pas renonciation au mal, en particulier au péché grave, la communion est nécessairement vicié et c’est alors grand manque de charité envers ces personnes, et même envers tous les fidèles, que de leur permettre d’accéder à la communion. C’est tout simplement leur mentir sur le sens de l’eucharistie.

    Ce que vous dite est juridiquement juste. vous me permettrez cependant d’ouvrir la question sur le champ de l’éthique et de l’éthique et de la pastorale. La notion de péché ne s’évalue pas que de manière formelle et objective, elle tient aussi compte des circonstances et des personnes, c’est pourquoi on ne peut parler de manière générale que jusqu’à une certaine limite. La discussion que nous avons engagée dans les commentaires ne consiste pas à faire admettre à l’Eglise qu’elle se trompe en demandant aux divorcés remariés de s’approcher de l’Eucharistie. Elle vise à réfléchir autour des critères qui fondent cette position en essayant de voir si, tout en restant fidèles à l’enseignement du Christ et de l’Eglise, une évolution de la discipline et de l’approche théologique est possible. Nous ne voulons pas rester dans une situation bloquée. Personne n’a dit, je crois, que l’accès à la communion des divorcés-remariés pouvait se faire de manière ordinaire et habituelle sans que cela pose de problèmes. Il y a une discipline de l’Église et ceux qui l’observent le font à juste raison. Il s’agit, dans des cas très particuliers et exceptionnels, de prendre en considération le bien spirituel des personnes. Par exemple mutatis mutandis quand, lors de rares rencontres oecuméniques qui revêtent une importance capitale, on autorise une hospitalité eucharistique alors que nous ne partageons pas la même fois dans la même Eglise (exemple de la communion de frère Roger de Taizé lors des obsèques de Jean-Paul II). Il s’agit aussi d’interroger nos pratiques pour vérifier si elles sont en conformité avec l’Evangile du Christ.

  52. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ jjacquesb :

    Moi même, je ne communie pas en ce moment. Pas très fan de la confession… et d’ailleurs, mon confesseur est en congé. Cela ne m’empêche pas de contempler l’Eucharistie et de m’émerveiller de la grâce sublime qu’offre le Seigneur à mes frères autour de moi, et de L’adorer, et de me consumer d’amour devant tant de grandeur !

    Au Seigneur qui Se donne en chair et en sang, il faut un écrin de soie et de velours, sans tache, qui ne risque pas de souiller ce merveilleux don surnaturel. On ne peut pas commettre l’outrage de Lui présenter une boîte en décomposition, rongée par le péché, et qui serait une insulte à Sa gloire. Bien sûr, le péché n’ôte rien à l’Amour infini qu’Il porte à tous Ses enfants, sans exception. Le Seigneur aime toujours ! Il frappe sans cesse à la porte de notre âme, Il attend sans Se lasser que le pécheur impénitent Lui ouvre enfin Son coeur pour Se laisser aimer par Lui. Mais l’Eucharistie, c’est recevoir Dieu Lui-même, physiquement et non plus spirituellement !

    Vous savez bien que dans la plupart des paroisses de France, il n’y a pas de confession : tout au plus une « célébration pénitentielle » qui ne la remplace pas. Aussi, quand je dis qu’il est évident que la plupart des paroissiens qui se présentent à la communion ne sont pas en état de le faire, il ne s’agit pas d’une condamnation mais d’un constat objectif : gardez bien à l’esprit que je distingue les actes et la personne ! (à la mode chrétienne, il paraît ;-) )

    Si « le Juste lui-même pèche sept fois par jour », vous vous doutez bien qu’en ne se confessant pas pendant dix ans ou plus, on n’est pas beau à voir à l’intérieur. Personne n’est jamais digne de communier : qui sur terre est digne du Seigneur ? Seulement, il y a une différence entre quelques péchés véniels inévitables et des péchés mortels connus (voire revendiqués) ou une accumulation de péchés véniels pendant des années.

    Vouloir communier sans jamais faire pénitence, c’est vouloir recevoir sans jamais rien donner. C’est prendre ce que le Seigneur donne de plus précieux, et ne pas consentir au moindre sacrifice en retour, pourtant si petit devant l’immensité de Son Sacrifice à Lui ! L’Eucharistie et la Pénitence sont deux Sacrements jumeaux, ils vont ensemble. Leur signification est merveilleusement liée, et vous ne pouvez pas prendre l’un (prendre ! car si l’on ne donne rien en retour, on prend au lieu de recevoir) sans recevoir l’autre.

    C’est pour cette raison que j’insiste sur la nécessité de rappeler la grandeur de l’Eucharistie et son lien indissoluble avec la Pénitence, non pas aux divorcés mais à tout le monde. Il ne s’agit pas d’un jugement : la Charité passe par l’exhortation mutuelle et la correction fraternelle (en douceur, of course… quoique parfois, un bon réveil ne fait pas de mal). La Charité tire chacun vers le haut ; elle ne laisse pas la Vérité s’effilocher pour mieux correspondre à nos faibles aspirations humaines. L’Amour divin, c’est un absolu ! Il n’est pas du tout démocratique, l’Amour du Seigneur…

  53. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Sylvain Brison: Quelle belle conclusion!!! Il était une fois un jeune homme de 20 ans qui se maria à l’Église.2 ans + tard, séparation puis divorce pour des raisons qui faisaient que sa vie pouvait être menacée.Pas d’enfant, il laisse tout à sa femme, déménage à 300km et essaye de se reconstruire. Une belle dépression + tard, il va mieux. A 27 ans, il fait la connaissance d’une jeune femme qui, elle, n’a jamais été mariée. Ils tombent amoureux et se marient 1 ans + tard, tout en ayant réussi à organiser une veillée de prières avant. 21 ans + tard: cet homme et cette femme sont toujours mariés, ont eu 4 enfants baptisés et catéchisés. La femme participe activement à la pastorale de l’école de ses enfants, la famille va tous les Dimanche à la messe.Le problème est que l’on a une femme qui vit avec un homme marié à une autre, dont les enfants sont quelque part illégitimes (livret de famille catholique refusé au baptême de l’ainé!!!), à qui on explique qu’ils ont toute leur place dans l’Église!!!Si par malheur ce couple venait à divorcer, la femme pourrait se marier à l’Église, puisqu’elle n’a jamais été mariée….Et puis, il faudrait aussi peut-être dire aux enfants que papa et maman ne peuvent pas communier parce que papa est marié à quelqu’un d’autre….Ceci est une histoire vraie, racontée, je l’avoue, de façon quelque peu provocatrice. Pourquoi ne pas reconnaitre que certains couples, bien que n’ayant pas reçu le sacrement de mariage,peuvent avoir accès aux sacrements malgré un 1er mariage qui, de fait, n’existe plus.Cet homme n’a-t-il pas prouvé qu’après avoir trébuché, il avait su regarder devant lui et construire quelque chose de beau? Les divorcés remariés qui ‘transgressent’ la loi seront-ils punis au moment du passage? Communion de désir, s’avancer les bras croisés (chapeau à ceux qui osent le faire!!)….Rien ne peut remplacer l’eucharistie, le ‘médicament’ Jésus qui nous remplit d’amour….Les divorcés remariés sont souvent dans l’acceptation d’une faute qui ne peut pas être réparée. Leurs conjoints, eux, ressentent souvent de la colère. Je suppose que l’on va encore resservir à ce couple que l’Eglise ne les rejette pas…

  54. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    St Paul dit de l’Eglise qu’elle est l’épouse du Christ et que notre lien avec lui est « sponsal »:

    que penseriez-vous d’une épouse qui aurait trahi son mari (trompé, critiqué, délaissé, …), et qui viendrait ensuite « prétendre à » avoir une relation sexuelle avec lui, pour sa seule satisfaction à elle? S’il l’aime, il dira peut-être oui, mais elle, sera-t-elle dans l’amour?

    Pourquoi serait-il plus choquant que quand on n’a pas fait ce que l’Eglise nous demande, il y ait une distance entre elle et nous?

    C’est un peu chosifier Dieu que de vouloir décider sans l’Eglise de ce qu’il doit faire pour nous, et en le chosifiant, en l’instrumentalisant, on en fait un Dieu mort, un objet, une idole, et on se coupe du vrai Dieu à coup sûr! ce qui est grave. Il vaut mieux un Dieu vivant avec lequel on n’est pas en pleine union, qu’un faux Dieu avec lequel on est uni… enfin, au plan humain, j’aime mieux me brouiller pour un temps avec quelqu’un en disant la vérité, même si je ne suis pas fière de de que j’ai fait, que de mentir pour rester en bons termes.

  55. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Paul a écrit:

    Il me semble que sur un blog chrétien on est en droit d’attendre une bienveillance des commentateurs les uns pour les autres.

    Mon propos était d’autant moins malveillant (et je m’excuse d’avoir pu laisser penser le contraire) que je partage très largement le point de vue qu’exprime Ancilla Domini, avec d’autres, notamment lorsqu’elle souligne que

    « Le rôle de l’Eglise ne serait-il pas plutôt de rappeler la nécessité de la confession, le sacrilège de la communion indigne, et le sens réel de l’Eucharistie (qui est tout sauf un rite social !) »

    Mais il me paraît non moins essentiel de souligner que la question de la participation aux sacrements renvoie à la conscience personnelle de chacun et qu’il paraît toujours hasardeux de tracer en la matière une limite, objectivée dans une règle ou dans notre comportement à l’égard d’autrui, sur le fondement d’une distinction entre actes licites et illicites. Paul nous rappelle en effet que nous devons privilégier la distinction entre ce qui est profitable et ce qui ne l’est point.

    Il est charitable d’interpeller les consciences sur ce qui est profitable ou nuisible. C’est le sens de toute correction fraternelle, et c’est bien ainsi que je reçois vos propos, chère Ancilla Domini, mais il me semble toujours dangereux de tenter d’une quelconque manière d’enjoindre à autrui de se conformer à des règles de comportement strictes. J’y vois en effet deux objections:

    1/ Le risque de faire chuter la personne qui va se luxer à la Loi. 2/ La caractère « insubstituable » de la morale chrétienne: les commandements Me sont adressés dans l’écoute de la Parole, mais je ne peux opérer facilement de translation sur autrui ou du moins dois-je m’interroger sur les modalités de cette translation (d’où la encore la force de la distinction opérée par Paul entre le licite et le profitable), et la distinction entre acte et personne n’y répond qu’imparfaitement (puisqu’elle intéresse centralement la question de l’imputabilité)

    Mais peut-être sommes-nous tous d’accord sur ce point et ces réflexions, trop rapides et confuses, bien superfétatoires..

  56. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    do a écrit:

    Pourquoi serait-il plus choquant que quand on n’a pas fait ce que l’Eglise nous demande, il y ait une distance entre elle et nous?

    D’accord avec vous. Cependant, certaines personnes ne sont pas spécialement en cause directement, comme dans l’exemple de Dorothée. Enfin, leur révolte ne m’étonne pas, je ne la vois pas comme une « revendication » d’un droit qu’on leur refuserait. Elles n’ont pas choisi tel ou tel état de vie pour désobéir à l’Eglise et au Christ, mais les circonstances de la vie ont fait qu’elles vivent ainsi. Je suis d’accord pour dire qu’effectivement, leur situation ne permet pas qu’elles accèdent aux sacrements. Mais je considère leur révolte comme bien compréhensible. Je ne suis pas d’accord avec le discours « de fait, ils sont dans le péché, donc il ne faut pas qu’ils s’étonnent, c’est logique, il n’ont pas à se plaindre, etc. » (enfin, c’est l’attitude que je n’aime pas ; mais je ne vous vise pas ! ) Je crois surtout qu’il faut leur montrer beaucoup d’Amour, dans le sens du billet du P. Pic.

    Dorothée a écrit:

    Je suppose que l’on va encore resservir à ce couple que l’Eglise ne les rejette pas…

    Tout dépend de la façon dont on leur explique… et dont on les intègre effectivement dans la communauté… Parce que ce ne sont pas des mots, c’est une attitude à avoir envers elles.

    AncillaDomini a écrit:

    Vous savez bien que dans la plupart des paroisses de France, il n’y a pas de confession

    Ah, je ne suis pas d’accord ! Enfin, tout dépend de l’endroit… Dans mon coin, les prêtres ont tendance à faire pas mal de « pub », à afficher les permanences, à en parler pendant les homélies, et à mettre les jeunes dans le collimateur ! Cela ne veut pas dire que les permanences soient toujours pleines, mais elles existent, et le discours est là.

  57. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    armagilus a écrit:

    Sur le parallèle avec les prêtres qui quittent le ministère, j’ai bien entendu. Je ne défendrai pas une « caste » contre une autre, ça n’a pour moi aucun sens. La seule choses que je puisse dire c’est que les quelques cas récent que je connaissent proviennent, pour autant que je puisse le savoir, de « craquages » psychologiques.

    Il ne s’agit pas de défendre une caste contre une autre mais de réaliser enfin que les « lois » de l’Église sont depuis très longtemps (saint Paul compris) faites par des hommes célibataires, y compris celles qui les concernent eux-mêmes. Quoi d’étonnant au fait qu’ils soient plus indulgents pour un prêtre qui casse son sacrement de l’Ordre pour se marier que pour un laïc qui casse son sacrement de mariage et se marie aussi ? Dévalorisant ainsi l’Ordre dont la rupture est moins « grave » que celle du Mariage. D’autre part, l’explication des ruptures de l’Ordre à cause de « craquages » psychologiques me semble bien courte (mais rassurante pour les autres prêtres) ! J’ai connu bien d’anciens prêtres mariés très équilibrés et excellents pères de famille et chrétiens ; une grande parte pour l’Église. Ils n’avaient qu’un défaut : être dans l’Église romaine « d’occident ».

    AncillaDomini

    Votre très long message (ou sermon, plus exactement) est très intéressant, mais il ne dit pas si Jésus a confessé les pêcheurs qu’étaient tous ses apôtres avant de leur donner son corps et son sang à la Cène. Et quand je parle de viatique, je pense à la communion que j’ai reçue tous les jours pendants mes 13 mois de chômage, sans laquelle j’aurais plongé complètement. Je l’ai sans doute reçue sans en être digne, mais je considère qu’Elle m’a sauvé. Ai-je tort de le penser, d’après vous ?

  58. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Laurence :

    Ben… je vais couper les cheveux en quatre, mais une paroisse (bon, quelques unes de plus, en réalité) ne fait pas la France ! ;-)

    @ Jonas :

    Posez-vous la question de ce que signifie le Sacrement de Pénitence, et vous pourrez examiner vous-même si votre question sur la confession des Apôtres a une quelconque pertinence…

  59. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Jonas :

    Vous pourrez aussi vous demander ce qu’est un caractère, à ce propos, et ce que cela implique…

    Le Sacrement de l’Ordre, c’est comme le Baptême et la Confession : ça ne se « casse » pas. C’est comme une « marque » imprimée sur l’âme, qui définit ce que nous sommes vis-à-vis de Dieu et quel pouvoir nous avons. Le Sacrement de l’Ordre donne le pouvoir de conférer les Sacrements, ce sont les voeux qui engagent au célibat. Le mariage/célibat des prêtres a varié au cours de l’histoire sans que cela change quoi que ce soit aux pouvoirs conférés par leur ordination.

    Le Sacrement de Mariage, lui, ne donne aucun pouvoir. Il réalise l’union d’un homme et d’une femme, par Dieu, pour Dieu et avec Dieu. Il engage de lui même à ne pas se séparer : ce n’est pas un voeu supplémentaire, c’est inhérent au Sacrement du Mariage.

    Vouilà vouilà. Pas de malice là-dedans ! N’allez pas tomber dans la théorie du complot des hommes d’Eglise, quand même… ;-)

  60. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Tiens on n’a beaucoup parlé de discipline de l’Eglise, et aussi un peu de théologie.. A quel point les deux sont-elles liées ? Qu’est ce qui les sépare ? C’est intéressant si l’on voit ça dans la perspective du dialogue avec la FFSPX..

  61. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    AncillaDomini a écrit:

    Je souscris complètement aux commentaires de Pneumatis !

    moi aussi

    je rajouterais qu’il y a un usage fallacieux de la compassion qui nous a déjà ouvert la voie à l’avortement, qui est en train de nous ouvrir la voie à l’eugénisme, et qui ne manquera pas de continuer avec l’euthanasie: chaque fois, l’argument est le même : « regardez comme ils souffrent!’

    Je ne dis pas que si j’étais dans le cas des gens qui souffrent je ne dirais pas moi aussi « regardez comment je souffre, tuez-moi », mais ce n’est pas à la société, ET ENCORE MOINS à l’EGLISE, de dire qu’on a le droit d’avorter, de tuer, … ou d’être infidèle! Ce ne sont peut-être pas les commandements de la République, mais ce sont toujours les commandements de l’Eglise. Il a été dit, et ça fait un moment, « tu ne tueras pas, tu ne commettras pas l’adultère,  » et aussi, « tu aimeras Dieu de toutes tes forces », et Jésus a rajouté « celui qui ne m’aime pas plus que sa femme n’est pas digne de moi »: ce n’est pas possible que l’Eglise dise autre chose.

    Ensuite, on sait, on ne fait pas TOUT ce que demande l’Eglise dès le premier jour. des enfants mettent 11 ans avant d’arrêter de mentir pour se disculper, des adolescents mettent 5 ans pour sortir de l’impureté, des jeunes adultes passent par 13 partenaires avant de se décider pour la fidélité, des hommes mettent 15 ans avant de renoncer à toute aventure extra-conjugale, ok, on est pécheurs, on a des blessures diverses, on est faibles. On peut vivre avec ça, on peut supporter de savoir qu’on est pas parfaits, qu’on a pas tout, on n’est pas si friables que ça! Mais on n’a pas le droit de désespérer qu’une personne sorte d’un péché. Les jeunes qui se suicident aujourd’hui le font parce qu’ils n’ont plus de repères, parce que leurs parents ne leur ont jamais dit qu’il fallait renoncer à des choses pour faire des choix, qu’il fallait choisir parfois quelque chose d’exigeant pour obtenir ce que l’on désirait, et ils sont perdus, parce que la facilité dans laquelle on les a confits ne les a menés nulle part et qu’ils ne savent plus où aller.

    On a besoin d’un vrai chemin, d’une vraie vérité, de la vraie vie, pas de fantasmes. Tant pis si on doit perdre un bras, un oeil, une jambe, même des amis; il s’agit quand même de notre âme, au bout: je ne parle pas du « je veux gagner mon paradis en faisant des sacrifices », mais quand je parle de notre âme, c’est ce qu’il y a de plus intime en nous, qui va nous permettre d’être en vérité devant Dieu, devant les autres et vis à vis de nous-mêmes, c’est ce qui est au coeur de toutes nos relations, c’est ce qui nous restera quand notre corps nous aura lâché, et il ne faut pas négliger ça comme si ça n’existait pas: ça existe! Il n’y a sûrement jamais eu autant de maladies psychologiques qu’à notre époque, c’est une souffrance infernale, c’est à hurler, et ça provient quasiment toujours de la confusion entretenue par des générations (secrets de familles, mensonges, drames cachés…), ou par la société.

    Je ne dis pas que c’est facile, et peut-être que les prêtres sont trop seuls face aux divorcés remariés, peut-être qu’il faudrait plus de laïcs pour accompagner humainement ces gens, par une amitié concrète qui les aiderait plus que des discours, pas à pas, à trouver leur place, à désirer retrouver le chemin de la volonté de Dieu, ou à reconnaître humblement leur incapacité à désirer s’y conformer, Dieu n’attend pas autre chose du pécheur que l’aveu de sa faiblesse et le désir d’en sortir. Il n’attend pas des prouesses caricaturales. Mais Il est la Vérité, Il ne peut pas se nier.

    Il existe une communauté, Myriam Solitude, qui est formée de divorcés, de divorcés remariés qui essayent de revivre la chasteté tout en restant mariés civilement (car ils ont souvent des enfants), de célibataires, de veufs, et Jésus a montré à ces personnes qu’il accueillait leur vie comme une vie de consacrés, pendant la durée où ils se trouvent dans cette situation de solitude. Il y a de beaux témoignages à puiser, et une réelle compétence. Je ne dis pas que ce soit à proposer comme ça, évidemment, c’est très douloureux de se sentir acculé à vivre la solitude, il faut y être prêt, mais ça doit être suggéré quand une porte s’ouvre, quand une personne veut faire un pas de plus; accompagner les personnes comme elles sont, sans les brusquer, mais sans perdre de vue ce qui serait un mieux pour elles. On peut évoluer, mais on ne doit pas être conduit vers une impasse sous prétexte que ça grimpe moins. Ce n’est pas économique au final. C’est juste un gain de souffrance pour celui qui accompagne: il ne verra pas la souffrance des personnes qu’il aura égarées, elles l’auront même chaleureusement remercié en entrant dans l’impasse, mais tôt ou tard, il leur faudra rebrousser chemin. j’ai une amie qui s’est mariée avec un homme divorcé, elle a fait « bénir » leur mariage, elle était croyante, mais elle a fait ce choix; elle a eu un enfant au bout de 5 ans, et son mari l’a quittée juste après; elle a fait une grosse dépression, elle a failli perdre son travail, ça a été très dur, je crois qu’il aurait été préférable qu’elle soit guidée vers un autre choix. Elle serait peut-être heureuse. je suis dure, je sais, mais aujourd’hui, on passe 40 ans dans des impasses avant de trouver quelqu’un qui nous montre enfin la vraie route, celle qui est étroite.

    Et pour éviter ces drames il faut aussi chercher la fuite et la boucher, il ne suffit pas d’écoper. La fuite, c’est principalement la vie maritale, qui vient de la contraception, de la croyance qu’on, peut dissocier les relations sexuelles de la vie affective et du don de soi dans le mariage, que le sexe (ou même l’émotion amoureuse) est un instrument externe à nous, un jeu auquel « on a droit », car dès que l’on se « prête » à n’importe qui, hors mariage, sans rechercher la durée et en fuyant ses responsabilités, on perd l’aptitude à s’inscrire dans la durée et dans la responsabilité et à fonder une famille. En acceptant de marier des jeunes qui cohabitent sans les inviter à une période d’abstinence pour revoir leur situation en toute liberté, on en a marié sans s’assurer de la validité de leur mariage. Je crois que la procédure de nullité n’est pas un luxe, il y a aujourd’hui beaucoup de mariages qui se sont célébrés sans que les deux époux soient libres l’un envers l’autre, car avoir des relations sexuelles crée un lien, voire une dépendance, trop importants pour discerner véritablement. La préparation au mariage devrait comporter au moins un ou deux mois de retraite l’un sans l’autre, pour se recentrer, dans la prière, et se rechoisir. Même s’il y a des enfants.

  62. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    AncillaDomini a écrit:

    @ Jonas : Vous pourrez aussi vous demander ce qu’est un caractère, à ce propos, et ce que cela implique… Le Sacrement de l’Ordre, c’est comme le Baptême et la Confession : ça ne se « casse » pas. C’est comme une « marque » imprimée sur l’âme, qui définit ce que nous sommes vis-à-vis de Dieu et quel pouvoir nous avons. Le Sacrement de l’Ordre donne le pouvoir de conférer les Sacrements, ce sont les vœux qui engagent au célibat. Le mariage/célibat des prêtres a varié au cours de l’histoire sans que cela change quoi que ce soit aux pouvoirs conférés par leur ordination. Le Sacrement de Mariage, lui, ne donne aucun pouvoir. Il réalise l’union d’un homme et d’une femme, par Dieu, pour Dieu et avec Dieu. Il engage de lui même à ne pas se séparer : ce n’est pas un vœu supplémentaire, c’est inhérent au Sacrement du Mariage. Vouilà vouilà. Pas de malice là-dedans ! N’allez pas tomber dans la théorie du complot des hommes d’Eglise, quand même…

    Bien sûr ! Tour cela est d’un juridisme parfait ! Et le « vouilà » extrêmement méprisant, style « va jouer au square » ! Cela dit, vous qui vous prenez, vu votre pseudo, pour Marie Vierge et Immaculée, pensez-vous que tout ce que vous dites a un poids au regard des engagements pris et de la vie qui suit. Je sais, pour en avoir rencontré, qu’il y a des prêtres qui précisent (en souriant ou sans sourire) qu’ils ont fait « VŒU DE CÉLIBAT ET PAS DE CHASTETÉ »… Que voulez-vous dire par « la confession (je suppose que vous parlez du sacrement de la Réconciliation, et non de l’acte de confesser ses péchés) ça ne se casse pas » ? Mais, même s’il ne se casse pas, il est répétitif. Si l’obligation du célibat pour les prêtres n’a pas « changé quoi que ce soit aux pouvoirs conférés », pourquoi ne pas admettre que le statut marié ou célibataire sont tous deux légitimes pour être ordonné ? Le sacrement de mariage, à mon avis, donne le pouvoir de procréer sans être dans le péché, puisque le fait de le faire sans être marié en est un, de péché ! mais bien sûr cela est tout à fait secondaire et indigne d’intérêt… Vous dites que l’Ordre est  » comme une « marque » imprimée sur l’âme « . Bien ! Mais ne pensez-vous pas que ce sacrement, pour reprendre vos mots,  » engage de lui même à ne pas [le rompre], ce [qui] n’est pas un vœu supplémentaire, c’est inhérent au Sacrement  » ? Or, et c’est le problème que je soulève, le fait de le rompre n’a aucune conséquence, à ma connaissance, sur la vie sacramentelle du prêtre défroqué et ne lui retire pas le droit de se marier religieusement, contrairement aux divorcés, qui ont rompu, tout comme le défroqué, un sacrement lié à un « état de vie » (marié pour l’un, ministre du Christ pour l’autre). Voilà le fond du problème, auquel vous n’avez (évidemment !) pas répondu.

  63. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Jonas :

    Je vous demande pardon si je vous ai blessé : ce n’était pas le but du tout. « Vouila vouila », je le dis tout le temps, ça n’a rien de méprisant…

    Quant à la « Confession », c’est un laspus : il s’agit de la Confirmation, bien sûr…

  64. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ AncillaDomini:

    Cela est oublié, et sans importance au regard du fossé entre la vie des divorcés-remariés et des défroqués-remariés… sur laquelle vous êtes bien muette.

  65. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Jonas :

    Mais si, je vous ai répondu.

    Le Baptême est un caractère, imprimé sur notre âme. Par ce Sacrement, nous devenons enfants de Dieu, et cela ne s’efface pas. Nous pouvons quitter l’Eglise, la renier, revenir, repartir, ça ne changera rien : nous sommes enfants de Dieu et nous le restons, que nous le voulions ou non. Ce caractère confère un pouvoir au baptisé : celui d’associer son tout petit sacrifice au Saint Sacrifice du Christ (vous savez… la petite goutte d’eau versée dans le calice…).

    La Confirmation est le 2ème caractère. Ce Sacrement s’imprime sur notre âme et fait de nous des soldats du Christ : la Parole pour glaive, la prière pour bouclier, l’humilité comme cuirasse. Ce caractère donne au confirmé un pouvoir supplémentaire : celui d’annoncer la Bonne Nouvelle et de la faire rayonner autour de lui. Quoi qu’il arrive, ce caractère ne peut vous être enlevé : ce pouvoir reste le vôtre pour toujours, vous restez « soldat du Christ » que vous le vouliez ou non.

    Le Sacrement de l’Ordre est le caractère spécifique qui donne le pouvoir de conférer les Sacrements. Quoi qu’il arrive, ce pouvoir ne peut être enlevé. Il n’est pas lié nécessairement au célibat : c’est « juste » un pouvoir. C’est la discipline de l’Eglise qui impose le célibat, pour plusieurs raisons, mais ce n’est qu’un ajout : cela ne change rien au pouvoir lui-même !

    Baptême, Confirmation et Ordination sont des Sacrements particuliers. Ils impriment sur l’âme un caractère qui ne pourra pas lui être enlevé et donnent le pouvoir correspondant.

    Au contraire, le Sacrement de Mariage ne donne aucun pouvoir : c’est une union d’un homme, du femme, et de leur couple avec Dieu. L’Eucharstie, la Pénitence et l’Extrême-Onction non plus ne donnent pas de pouvoir : ces grâces sont accordées en sus. Elles sanctifient le chrétien, et soutiennent sa vocation de serviteur de Dieu.

    Le Mariage et le Sacrement de l’Ordre n’ont pas la même fonction. Vouloir régir l’un selon les règles de l’autre n’a aucun sens.

  66. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Jonas:

    je suis d’accord avec AncillaDomini: le sacrement de l’ordre n’est pas un mariage humain, il n’a donc pas d’incidence sur un remariage humain. On demande aux prêtres d’être célibataires chez les catholiques, mais seulement depuis environ un millénaire, et pas chez les orthodoxes, donc un prêtre pourrait être marié. Le choix de l’Eglise catholique repose sur d’autres raisons. Du coup, il n’y a pas d’obstacle essentiel à ce qu’un prêtre se marie. Mais si on lui demande de ne pas le faire et qu’il s’y engage, lorsqu’il veut se marier, il renonce à exercer son ministère. Il est donc infidèle à sa charge de ministre. ce qui n’est pas un adultère, c’est un abandon de poste. Mais il reste prêtre. comme un chrétien baptisé reste un chrétien même s’il ne vit plus son baptême.

    Par contre, l’homme qui a juré fidélité à une femme et a eu des relations sexuelles avec elle, s’il va vers une autre femme, il est adultère avec la première. Ce n’est pas que ce péché soit plus grave du point de vue de la malignité de celui qui le commet, c’est même très difficile de ne pas commettre l’adultère, car il y a des fragilités affectives qui nous en rendent parfois incapables si l’on s’est mis imprudemment dans une situation ambigüe: parfois le péché était juste une imprudence.

    Mais le mariage est la base du couple, de la famille, de l’éducation des enfants, au plan humain, et donc de toute la société humaine, et au plan divin, c’est un chemin d’éducation de notre intimité, de notre amour, qui peut nous élever jusqu’à être capable de l’amour de Dieu: c’est pour cela que l’Eglise protège ce sacrement comme la prunelle de son oeil, car si on commence à accepter n’importe quoi, tout le monde va s’y engouffrer, et entre les blessures des couples et les blessures des enfants, l’amour disparaitra de la surface de la terre. C’est une matière très grave. Le sacerdoce est important, mais laisser un prêtre se marier ne porte pas atteinte au ministère s’il n’exerce plus: ceux qui veulent exercer savent qu’ils doivent rester célibataires, et ça reste équilibré.

    Le mariage avec un être humain et le sacerdoce sont dans des registres différents. Ce n’est pas pareil pour les religieux: quand ils ont prononcé leurs voeux définitifs, ils sont comme « mariés » avec Dieu, et là, ils ne peuvent plus contracter un mariage religieux avec un être humain et ils demandent à l’Eglise d’en être le témoin et le garant. Mais à partir de là, c’est de la mystique, c’est une histoire d’amour entre des hommes ou des femmes et leur Dieu, on n’a pas le droit d’émettre une opinion là dessus: ils se promettent ce qu’ils veulent, c’est leur intimité, ce serait déplacé de discuter là dessus.

    Cela dit, ne jugeons pas à la place de Dieu de ce qui est plus ou moins grave, car nous ne savons pas ce que vivront les prêtres qui se sont mariés quand ils rencontreront Jésus: peut-être que ce jour là, nous les plaindrons plus que les divorcés remariés!

  67. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    do a écrit:

    @ Jonas: je suis d’accord avec AncillaDomini: le sacrement de l’ordre n’est pas un mariage humain, il n’a donc pas d’incidence sur un remariage humain. On demande aux prêtres d’être célibataires chez les catholiques, mais seulement depuis environ un millénaire, et pas chez les orthodoxes, donc un prêtre pourrait être marié. Le choix de l’Eglise catholique repose sur d’autres raisons. Du coup, il n’y a pas d’obstacle essentiel à ce qu’un prêtre se marie. Mais si on lui demande de ne pas le faire et qu’il s’y engage, lorsqu’il veut se marier, il renonce à exercer son ministère. Il est donc infidèle à sa charge de ministre. ce qui n’est pas un adultère, c’est un abandon de poste. Mais il reste prêtre. comme un chrétien baptisé reste un chrétien même s’il ne vit plus son baptême

    Si je vous suis bien, le « métier » de prêtre est régi par une espèce de contrat de travail, pour lequel certaines astreintes (comme le célibat) sont obligatoires. Donc : 1 / le célibat n’étant pas forcément la chasteté, un prêtre peut sans violer son contrat avoir des relations sexuelles passagères et même vivre en concubinage (ce qui pose quand même un problème avec un Commandement de Dieu, sauf erreur) 2 / cela étant acquis, s’il décide de se marier, il peut le faire religieusement puisqu’il ne l’est pas (la violation du Commandement de Dieu en toute connaissance de cause et de façon répétitive n’étant évidemment pas un obstacle à l’administration de ce sacrement…). La seule contrainte qui est la sienne est de ne pas continuer à confesser les autres pécheurs, et à exercer les autres activités sacramentelles. Mais il peut, évidemment, continuer à communier car tout cela, évidemment, ne l’a pas coupé de la communion.

    Par contre, l’homme qui a juré fidélité à une femme et a eu des relations sexuelles avec elle, s’il va vers une autre femme, il est adultère avec la première. Ce n’est pas que ce péché soit plus grave du point de vue de la malignité de celui qui le commet, c’est même très difficile de ne pas commettre l’adultère, car il y a des fragilités affectives qui nous en rendent parfois incapables si l’on s’est mis imprudemment dans une situation ambigüe: parfois le péché était juste une imprudence. Mais le mariage est la base du couple, de la famille, de l’éducation des enfants, au plan humain, et donc de toute la société humaine, et au plan divin, c’est un chemin d’éducation de notre intimité, de notre amour, qui peut nous élever jusqu’à être capable de l’amour de Dieu: c’est pour cela que l’Eglise protège ce sacrement comme la prunelle de son oeil, car si on commence à accepter n’importe quoi, tout le monde va s’y engouffrer, et entre les blessures des couples et les blessures des enfants, l’amour disparaitra de la surface de la terre. C’est une matière très grave. Le sacerdoce est important, mais laisser un prêtre se marier ne porte pas atteinte au ministère s’il n’exerce plus: ceux qui veulent exercer savent qu’ils doivent rester célibataires, et ça reste équilibré.

    Si je vous suis bien, le prêtre n’a rien « juré » du tout, contrairement au laïc qui se marie (personnellement je ne me rappelle pas avoir utilisé le verbe « jurer » quand je me suis marié ! Mais c’était il y a 40 ans… et bien que n’ayant pas juré je le suis pourtant toujours, avec la même épouse, je vous rassure). Vous justifiez ce « serment » par des raisons que vous ne m’empêcherez pas de considérer comme purement « sociologiques » au « plan humain » et stupéfiantes « au plan divin » : si le mariage est « un chemin d’éducation de notre intimité, de notre amour, qui peut nous ÉLEVER JUSQU’À ÊTRE CAPABLE DE L’AMOUR DE DIEU » (excusez du peu !!) n’est-il pas pour le moins incompréhensible, voire scandaleux, qu’on interdise aux prêtres de faire ce chemin ??? Moyennant quoi il n’est pas exclu qu’on puisse trouver ici ou là : 1 / des prêtres qui vivent maritalement et qui ont des enfants auxquels on refuse toute existence officielle (mais cela risque de changer bientôt, semble-t-il) 2 / des laïcs divorcés et remariés qui baladent leur « clochettes de lépreux » en assistant sans communier à la messe dite par les prêtres du « numéro 1″ ci-dessus… qui de toute façon refuseraient de leur donner la communion, car l’Église veille sur le mariage (faute de veiller sur eux) comme sur la prunelle de ses yeux… sans empêcher pour autant « les blessures de ces couples (en les aggravant, même) et celles de leurs enfants » Alléluia !

  68. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Tss tss…

    « le célibat n’étant pas forcément la chasteté, un prêtre peut sans violer son contrat avoir des relations sexuelles passagères et même vivre en concubinage (ce qui pose quand même un problème avec un Commandement de Dieu, sauf erreur) »

    Vous venez d’apporter vous-même la contradiction de votre propre argument.

    Il me semble, à chacun de vos commentaires sur ce sujet, que vous mélangez Commandements, doctrine, discipline, et que vous placez tout au même niveau comme si tout cela se valait… Il faut distinguer ce qui est capital, immuable, non négociable (vous avez pratiquement tout dans Mt 5), et les règles que l’Eglise a ajoutées (« ajoutées » et non pas « mises à la place des Commandements ») pour s’assurer que ces Commandements étaient bien respectés et que les Sacrements étaient dispensés et reçus dans les conditions adéquates.

  69. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Inutile de faire la mouche ! Quelle contradiction apporté-je ?

    Vous ne connaissez pas de prêtres dans cette situation ? Vous ne connaissez pas de prêtres qui se sont mariés à l’église en quittant le sacerdoce après avoir vécu cela ? Les cas (sans doute un peu extrêmes) que je cite sont-ils impossibles ? Pouvez-vous dire qu’aucun évêque ne ferme les yeux sur des situations « problématiques » et que quelquefois, à travers eux, l’Église ne « s’assure » de rien du tout ? Et je ne trouve rien sur le célibat des prêtres en Mt 5… En revanche j’y trouve : « Heureux les miséricordieux… si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux… Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis dans son cœur l’adultère avec elle… Puis au chapitre 6 : Dans vos prières ne rabâchez pas comme les païens… si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements… Ne vous amassez pas de trésors sur la terre… ne jugez pas afin de n’être pas jugé… Etc. etc.

  70. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Vous n’avez pas le sentiment de vous éloigner furieusement du sujet ? Il me semble que la question de l’accueil – ou du traitement, si accueil parait indument charitable à certains – des divorcés-remariés est suffisamment complexe pour ne pas embrayer sur des considérations que je trouve un peu aléatoires sur le mariage de prêtres réduits à l’état laïc. Au passage, et ça vaut ce que ça vaut, mais c’est un témoignage personnel, non, je ne connais aucun ancien prêtre qui se serait marié par la suite. Et si je vois bien où est le lien, je le trouve excessivement distendu.

  71. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    do a écrit:

    je rajouterais qu’il y a un usage fallacieux de la compassion qui nous a déjà ouvert la voie à l’avortement, qui est en train de nous ouvrir la voie à l’eugénisme, et qui ne manquera pas de continuer avec l’euthanasie: chaque fois, l’argument est le même : « regardez comme ils souffrent!’

    Mais, do, ce n’est pas parce que l’on brandit parfois trop facilement la souffrance dans notre société qu’il faut refuser de la voir lorsqu’elle existe. Je suis tout à fait d’accord avec vous pour dire qu’il ne suffit pas de considérer que les divorcés-remariés souffrent pour réduire à néant l’indissolubilité du mariage religieux et abandonner tout ce à quoi l’on croit. Mais il faut aussi prendre garde à ce que les principes n’étouffent pas notre cœur. Le réflexe est trop rapide de renvoyer directement à la règle. Nous devons marcher « sur nos deux jambes ».

    Tiens, à titre d’image, ça me fait penser à un truc : le Christ nous a donné un « commandement nouveau« , une règle, une loi, donc. Mais cette règle, c’est la charité, « aimez-vous les uns les autres« . On voit à quel point la loi et la charité sont totalement imbriqués.

  72. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Koz a écrit:

    Vous n’avez pas le sentiment de vous éloigner furieusement du sujet ? Il me semble que la question de l’accueil – ou du traitement, si accueil parait indument charitable à certains – des divorcés-remariés est suffisamment complexe pour ne pas embrayer sur des considérations que je trouve un peu aléatoires sur le mariage de prêtres réduits à l’état laïc

    Je suis bien d’accord avec Koz… surtout que vous mélangez tous les plans…

    Koz a écrit:

    Tiens, à titre d’image, ça me fait penser à un truc : le Christ nous a donné un « commandement nouveau« , une règle, une loi, donc. Mais cette règle, c’est la charité, « aimez-vous les uns les autres« . On voit à quel point la loi et la charité sont totalement imbriqués.

    On peut même citer le commandement en entier: Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est l’amour que le Christ a eu pour nous qui est le critère de l’amour que nous devons porter à nos frère: rien de moins que ça…. C’est un grand problème et une véritable conversion de passer de l’amour de la Loi à la loi de l’Amour

  73. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Tout à fait d’accord !

  74. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Koz:

    Si je puis me permettre Koz, je ne suis pas sûr que la problématique soit si éloignée que ça. Il est vrai que la réduction à l’état laïc des prêtres est quelque chose de peu courant, mais il y a une vague après Vatican II. La librairie « la Procure » par exemple est réputée pour avoir été fondée par des prêtres réduits à l’état laïc.

    On dit bien que le célibat est complémentaire du mariage en ce sens qu’il est signe de l’union entre Dieu et l’homme, non en manifestant l’union elle-même comme le mariage, mais le déjà là du Royaume où Dieu peut directement combler un être. N’y a-t-il pas une forme d’infidélité, au moins à la parole donnée, de manière permanente, pour qui est démis de ses voeux religieux ou de son engagement au célibat ? L’Eglise semble moins intransigeante pour ces cas que pour le cas des divorcés… encore une histoire de zizi panpan ?

  75. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Qu’en termes élégants ces choses là sont dites ! J’y adhère complètement et suis heureux de me sentir moins seul en face de la masse qui récite imperturbablement son catéchisme sans, si j’ose dire, d’état d’âme !

  76. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Nicolas:

    Bon pour faire bref, et mettre un peu d’objectivité dans cette question voici une info fondamentale en 3 points:

    1) Je le dis et le répète, ce qui fondent l’indissolubilité du mariage c’est le droit divin qui se fonde lui-même dans l’Ecriture. Jésus, confirmant la parole de la Genèse: « l’homme quittera son Père et sa mère et s’attachera à sa femme et tous deux ne ferons plus qu’un. Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas. ». (SVP je ne fais que dire le droit, ne venez pas me reprendre avec des considérations théologiques ou pastorale, ce n’est pas le lieu).

    2) La discipline du célibat ecclésiastique est régit par le droit de l’Eglise et non le droit divin. Jésus parle certes de ceux qui sont eunuques pour le Royaume mais l’Eglise n’y a jamais vu l’allusion directe et explicite aux prêtres car le contexte ne s’y prête pas. Comme tout droit humain, le droit de l’Eglise peut être réformé et adapté (et non le droit divin par définition). L’engagement au célibat peut donc être remis, c’est ce qui se passe lors du retrour à l’état laïc… On reste prêtre mais l’obligation de célibat est levé (c’est d’ailleurs une autre procédure similaire).

    3) La subtilité proviens que les deux cas sont régit par le même code de droit canon mais proviennent chacun d’un registre de droit différents.

    Quoi qu’il en soit, il me semble très difficile de mettre les deux situations sur un pied d’égalité (je viens de le montrer pour le droit mais il me semble que c’est pareil pour l’aspect pastoral). La question des prêtres qui quittent le ministère est une question à part entière. La traité ici ne permet pas de faire droit à tous les aspects du problème

  77. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Sylvain Brison:

    Vu Sylvain, il y a une différence que je ne conteste pas. D’ailleurs, c’est pour la raison que vous précisez que Saint Thomas d’Aquin n’a sans doute pas jugé bon de définir la vie religieuse comme un sacrement, alors que le mariage l’est.

    Il y a aussi une piste de réflexion à partir du point 1) dont vous parlez : « l’homme quittera son Père et sa mère et s’attachera à sa femme et tous deux ne ferons plus qu’un. Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas. »

    Pourquoi est-ce que cette phrase ne s’appliquerait QUE au « sacrement » de mariage en bonne et du forme ? On pourrait l’interpréter comme suit : à partir du moment où un homme s’attache à une femme, donc dès qu’il y a union, dans la mesure où celle-ci est libre (quitter ses parents), cette union est indissoluble. On pourrait dire que « et seront une seule chair » (je reprends les termes exacts de l’hébreu) signifie qu’un enfant nait de leur union, comme en témoigne l’interprétation juive traditionnelle. Ce qui signifierait, que c’est seulement dans la mesure où un enfant au moins est né de leur union qu’il y a inséparabilité. On pourrait avoir beaucoup d’exégèses différentes de ce verset. Et personnellement, j’ai tendance à considérer qu’un homme et une femme qui s’unissent, libres, forment une entité inséparable et indissoluble, car c’est la chair qui veut cela. Le sacrement n’est d’ailleurs pas autre chose que la dimension sacrée de cette union, qui est certes complètement banalisée dans ce bas-monde païen. Ce n’est pas la goutte d’eau bénite sur les alliances qui consacre l’union et l’échange des consentements n’est que l’expression verbale de ce qui est acté dans l’union sexuelle entre deux personnes libres. A ce titre, il est intéressant de constater que dans le code mosaïque, une homme qui viole une femme vierge est tenu de l’épouser et n’a pas le droit de divorcer (Ex 24 et suivants si mes souvenirs sont bons). C’est évidemment choquant pour une mentalité moderne d’entendre une telle chose, car il n’y a pas de liberté pour la femme dans ce cas, mais est-ce que, dans un langage archaïque, la Bible ne nous dit-elle pas quelque chose du caractère sacré et irrévocable de l’union d’un homme et d’une femme ?

    Bon, tout ça, c’est des pistes de réflexion…

  78. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Jonas a écrit:

    Tout à fait d’accord !

    Jonas a écrit:

    J’y adhère complètement

    Vous avez de ces pleines adhésions successives, vous…

  79. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Jonas Mon cher Jonas, vous n’êtes pas seul, je vous ai déjà soutenu quelques commentaires plus haut. Je suis d’accord avec la réponse précise de Sylvain Brison. Cependant, là où Jonas a raison, c’est qu’on manifeste toujours les différences entre les deux cas mais pas les similitudes, or il y en a. Comme je le disais plus haut il y a dans cette affaire un scandale symbolique. Et les arguments juridiques et historiques n’arrivent pas à le dissiper. Pour reprendre ma thèse plus haut, je pense que, si la reconnaissance de nullité est la seule voie possible pour respecter la parole du Christ, sa mise en évidence actuelle est inadaptée, elle engendre des injustices et des incompréhensions graves, qui relève du scandale dont parle st Paul. Je pèse mes mots. Mais voilà la difficulté. Si le Christ manifeste l’immense grandeur du oui nuptial, comment l’Eglise peut-elle aider l’homme à poser un oui nuptial libre, par les préparations au mariage souvent réduites à peau de chagrin par manque de prêtre ? Et comment peut-elle l’aider à se libérer de ses faux oui en limitant au mieux la casse, comme l’Eglise le fait pour les prêtres qui quittent le ministère, restant sauves les distinctions faites par Sylvain ?

    Comment l’Eglise permet elle à l’homme en difficulté de dire « je me suis trompé », voire « j’ai péché par précipitation, par desespoir de rester célibataire » ou je ne sais, autrement que par une procédure qui ne touche qu’une infime partie de la population concernée ? Comment peut-elle aider un couple, qui précisément n’était pas en état de réfléchir lors de la rupture (à cause des passions et des colères), à vivre une deuxième union ? Doit on ne donner le sacrement de mariage qu’à des personnes-béton ? Et si les personnes sont pas bétons, on leur dit de rester sagement célibataire dans une continence parfaite ?

    On se retrouve à l’époque de st Augustin où l’on ne se faisait baptiser qu’à la veille de la mort, de craindre de salir sa robe baptismale et d’être damné éternellement…et bien aujourd’hui nous sommes dans une impasse similaire…

    Autrement dit, le critère de non-liberté, avec l’impossibilité souvent de le prouver, ne peut-il pas être complété par d’autre types de considérations ? Comment éviter que toutes les familles recomposées finissent par quitter toute pratique ?

    Les théologiens sont champions pour lister les problèmes, et laissent les fidèles sans instruction le loisir de trouver un moyen de se situer vis -à-vis de l’Eglise. Est ce que ce ne ne devrait pas plutôt être le contraire ? n’est ce pas le devoir du théologien de percevoir les difficultés des gens pour essayer de tirer les enseignements du neuf et de l’ancien ? N’allez pas y voir une « adaptation éhontée de la foi au monde »…bordel

    Armagilus dit que l’orient a un droit accomodatiste, n’oublions pas que la première Eglise était orientale ! Et sans fascination exotique, nous avons le droit de nous demander si notre logique occidentale est l’unique moyen de sonder les desseins de Dieu !

    Je pense qu’il faut chercher du côté du sacrement de pénitence…comment ce sacrement de guérison peut-il être efficace pour les familles recomposées. Comment, peut-être, tout en reconnaissant l’indissolubilité du mariage, reconnaître qu’un oui humain n’est somme toute pas aussi infaillible que le oui de Dieu ? je n’ai pas de réponse précise mais le débat est ouvert !

    PS : (au passage, ne dites pas comme on l’entend souvent : les prêtres sont engagés au célibat mais pas à la chasteté, c’est archi-faux et ca insinue que le prêtre se permet de faire n’importe quoi AU NOM de son célibat ; C’est très blessant pour les prêtres, même s’ils ne font pas voeu de chasteté juridiquement parlant, la chasteté fait partie de leur vie comme de celle de tout chrétien qui se respecte)

  80. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bon, je reviens et je vois que beaucoup de choses ont été écrites depuis hier, parfois en s’enfermant un peu dans des cercles sans fin. Quelques remarques que je tire de tout cela.

    Pour la question du rapport entre divorcés remariés et prêtres ayant quitté le ministère, il me semble que tout a été dit, sur le plan du droit, dans la dernière intervention, très précise et utile, de Sylvain Brison. Je n’ai rien à ajouter sur ce plan là. Il me paraît vraiment compliqué de faire des analogies entre ces situations, sauf peut-être sur le plan moral.

    Il y a le plan théologique, le plan moral, le plan juridique, la charité pastorale.

    Face à une situation et à des personnes concrètes, ce qui est compliqué, c’est de tenir tous les plans ensemble, chacun à leur place. Le critère ultime est celui de la charité pastorale, mais la charité vraie. Tant qu’on oppose les plans les uns aux autres, on a peu de chance d’aider vraiment.

    Je crois aussi qu’il faut faire un peu attention à ne pas trop croire que nous avons une réponse « technique » à toutes les situations humaines. Parfois, la seule réponse, c’est la compassion, la présence fraternelle, la prière. Et ce n’est pas rien…

    Il ne faudrait pas croire non plus que parce qu’une personne se trouve ou s’est placée dans une situation problématique tout est terminé. Il y a toujours un chemin possible, ce qui ne veux pas dire facile. Il faut aussi tenir compte du temps de la vie humaine.

    Sur la question d’une éventuelle évolution de la discipline, je ne vois rien de très clair. Il me semble qu’on arrive vite sur des contradictions fortes. La question la plus immédiatement utile, est sans doute celle de l’accompagnement concret dans l’état actuel des choses. Cela n’interdit pas de réfléchir. Il y a aussi la question de la « prévention », qui a été soulevée. Les préparations au mariage ont pourtant fait d’énormes progrès. On est souvent confronté à des fiancés qui vivent ensemble, qui ont quelques vagues souvenir de catéchisme, et encore…, et qui voudraient se marier vite. Le décalage entre le mariage chrétien, le mariage civil, les mentalités est devenu énorme. Je crains que nous n’ayons pas fini de parler de tout cela.

  81. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bonsoir,

    Et bien je vois que le débat avance sous bien des approches ! Les approches, justement, j’y reviens rapidement au sujet de ce que j’ai évoqué dans mon dernier message…

    Sylvain Brison a écrit:

    La discussion que nous avons engagée dans les commentaires ne consiste pas à faire admettre à l’Eglise qu’elle se trompe en demandant aux divorcés remariés de s’approcher de l’Eucharistie. Elle vise à réfléchir autour des critères qui fondent cette position en essayant de voir si, tout en restant fidèles à l’enseignement du Christ et de l’Eglise, une évolution de la discipline et de l’approche théologique est possible.

    Soit, je vous prie donc de bien vouloir me pardonner mon excessive prudence qui refusait de voir relativiser les préceptes nous tenant lieu de Vérité. Ceci dit, souffrez monsieur que face à votre zèle à rappeler à vos interlocuteurs soucieux de Vérité le risque qu’ils courent de s’éloigner de l’Amour, on témoigne du même zèle à vous rappeler que votre soucis de l’Amour ne vous préserve pas de vous éloigner de la Vérité. Ainsi quand vous dites :

    Sylvain Brison a écrit:

    C’est un grand problème et une véritable conversion de passer de l’amour de la Loi à la loi de l’Amour

    Pourquoi donc les opposer ? C’est tellement d’actualité que pour dépasser cette opposition entre Amour et Vérité, on ne peut que rappeler l’introduction de la dernière encyclique de Benoit XVI, Caritas in Veritate :

    Défendre la vérité, la proposer avec humilité et conviction et en témoigner dans la vie sont par conséquent des formes exigeantes et irremplaçables de la charité. [...] La vérité doit être cherchée, découverte et exprimée dans l’ « économie » de l’amour, mais l’amour à son tour doit être compris, vérifié et pratiqué à la lumière de la vérité. Nous aurons ainsi non seulement rendu service à l’amour, illuminé par la vérité, mais nous aurons aussi contribué à rendre crédible la vérité en en montrant le pouvoir d’authentification et de persuasion dans le concret de la vie sociale. Ce qui, aujourd’hui, n’est pas rien compte tenu du contexte social et culturel présent qui relativise la vérité, s’en désintéresse souvent ou s’y montre réticent.

    J’attire votre attention sur le fait qu’en ces jours qui sont les nôtres, la prudence de l’Eglise porte moins sur les risques de pharisaïsme aigüe, que sur ceux de relativisme. Ceci pour rappeler que vos interlocuteurs semblent des chrétiens un minimum avertis, et qu’à moins de n’avoir rien compris à l’évangile, nous sommes tous d’accord pour placer l’amour comme raison d’être de notre vocation chrétienne. Il m’apparait juste alors assez constructif de ne pas réintroduire des considérations du genre « attention à ne pas manquer d’amour » chaque fois qu’on ouvre un point de réflexion strictement théologique, voire même si il est strictement légal. Je fais référence ici à la remarque de Koz que vous prolongez.

    D’ailleurs, pourquoi diable, cher Koz, ce besoin d’alerter l’interlocuteur exprimant son soucis d’une compassion purifiée, sur le risque qu’il mette l’amour au second plan ? Je suppose que vous ne vous êtes pas fait la même remarque en lisant la dernière encyclique. Vous n’avez pas ici le pape comme interlocuteur, cependant vous n’avez pas non plus des personnes que vous pouvez soupçonner a priori d’ignorer à ce point l’importance de l’Amour. Vous semble-t-il si froid le coeur du chrétien soucieux d’une charité véritable, qu’on lui rappelle ainsi comme si c’était son premier jour de catéchisme qu’il est ordonné à l’amour ?

    Voilà, ne voyez dans tout cela aucune susceptibilité mal placée : je souhaite juste que la donne soit claire. Si il déplait à certains qu’on récite le catéchisme, il ne faut toutefois pas l’évacuer du débat, comme il faut se rappeler à chaque instant la finalité d’amour qui motive nos recherches. Nous partageons tous, je crois, le même avis sur ces choses essentielles que sont l’Amour et la Vérité. Donc pour assainir le débat, si il doit se poursuivre, je propose qu’on abandonne les remarques réductrices sur les interventions d’autrui, reconnaissant qu’on ne peut pas aborder le problème sous tous les angles à la fois ; puis que lorsqu’on est particulièrement soucieux de la Vérité, on mette ce soucis au service d’une plus grande charité, et que lorsqu’on est plus soucieux de charité, on mette ce soucis au service d’une plus grande vérité. Le tout en respectant le fait que si l’autre aborde le problème sous un autre angle, il ne relativise pas pour autant ce qui nous parait essentiel.

    Ce commentaire s’adresse aussi à moi-même, comme vous l’aurez compris.

    Voilà donc pour reprendre les problématiques pouvant conduire à plus de charité, qui sera forcément une charité plus authentique, j’en vois assez peu, comme je l’ai déjà dit, mais cela n’en diminue pas l’importance :

    1/ la validité du premier mariage et la possibilité de son annulation : j’ai du mal à voir comment on peut améliorer ce que l’Eglise propose déjà, sinon en déployant un effort accru pour accompagner les couples remariés dans cette démarche d’anamnèse et de « discernement rétroactif ».

    2/ sur la question du péché d’adultère… voir si il est possible ou non de déterminer par exemple qu’une personne remariée et ayant fondé une nouvelle famille, qui confesse et regrette sincèrement son infidélité à son premier mariage, mais se refuse à commettre ce qu’on pourrait estimer un mal plus grand qui serait de détruire sa nouvelle famille, déterminer si cette personne persiste ou non volontairement dans le péché grave. On pourrait, je pense, dans le cadre évidemment d’un discernement au cas par cas (tout ceci est trop théorique, bien sur), rencontrer des situations où on reconnait que la personne renonce sincèrement au mal, mais est comme prisonnière des conséquences de son péché passé. Pour autant, je vois mal comment ne pas attendre de ces personnes qu’elles fassent alors le voeux d’abstinence (qui devra alors être confessé si il est transgressé), à moins là encore qu’elle ne soit pas libre de se refuser à l’union charnelle, ou qu’elle mette ainsi en danger sa famille. Mais il me semble que cela réduit encore les cas possibles. Bref, c’est vraiment du cas par cas, mais le discernement doit s’opérer, je pense, au regard d’une cohérence profonde entre le désir exprimé de retour vers Dieu (et donc de renoncement au mal) et l’exercice de la liberté dans les actes.

    Pour la forme, je précise que ces réflexions théoriques ne mettent pas au second plan toutes les problématiques d’ordre pastorale, et l’importance en règle général d’accompagner avec beaucoup de patience et de douceur les fidèles dans ces situations très difficiles.

    EDIT : grillé par Armagilus ! Désolé si il y a des redites

  82. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Koz:

    Koz, toujours tu m’intéresses ! Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’adhérer successivement à deux interventions ? On passe son temps ici à me reprocher de tout remettre en question et quand je suis d’accord avec quelqu’un on me le reproche aussi. Dois-je retourner dans mon poisson et vous laisser ronronner entre vous ?

  83. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    armagilus a écrit:

    On est souvent confronté à des fiancés qui vivent ensemble, qui ont quelques vagues souvenir de catéchisme, et encore…, et qui voudraient se marier vite.

    Eh, oui ! Combien de prêtres ont le courage de refuser de marier des « fiancés » qui manifestement se « marient à l’église » pour faire plaisir à leurs parents ou « par tradition » ou pour « rentabiliser » la robe (évidemment blanche… couleur que, soit dit en passant et si j’ai bien compris, on refuse à la nouvelle épouse divorcée qu’on bénit en catimini, comme c’était dit dans un post antérieur) ? Mais, par « charité » ou par peur de s’opposer ou pour d’autres raisons bien moins « nobles », beaucoup de prêtres se taisent. N’est-ce pas complètement anormal ? Bien sûr, mais quand on en arrive au divorce dans ces conditions, la privation de communion est sans objet, puisque de toute façon ces couples ne mettent jamais les pieds dans une église. Ce n’est donc pas grave…

    Je ne veux pas lancer un nouveau sujet mais juste rappeler que le problème ne se limite pas au mariage : hier, en sortant de la messe (avec les enfants du catéchisme, donc « festive ») j’ai vu (comme à peu près tous les dimanches) sur le parvis de l’église trois groupes de gens très bien habillés et très joyeux qui attendaient en fumant leur cigarette. Eh oui, il y avait trois baptêmes après la messe ! Et personne, je dis bien personne, parmi cette cinquantaine de personne n’avait cru utile, ou simplement intéressant, d’entrer pour voir ce qui se passait dans l’église dont les portes étaient restées grandes ouvertes et d’où sortaient des chants joyeux… Et qui se sont engagés, évidemment, à élever leurs enfants dans la foi catholique… Vous trouvez ça normal, vous qui trouvez normal que les divorcés soient mis au ban de la communauté chrétienne ?

  84. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Jonas a écrit:

    Vous trouvez ça normal, vous qui trouvez normal que les divorcés soient mis au ban de la communauté chrétienne ?

    Il me semble que les divorcés-remariés, si vous avez bien lu la série d’articles, ne sont pas mis au ban de la communauté chrétienne, et qu’il serait donc tout à fait stupide de trouver cela normal, du point de vue chrétien. La réflexion serait faciliter si il n’y avait pas cet amalgame permanent.

    A titre d’exemple inversé, mon catéchuménat a commencé seulement 2 ans après le début de ma conversion, et il a duré encore 3 ans. Pendant 5 ans, j’ai donc ardemment désiré la communion, mais de ne pouvoir y accéder ne m’a pour autant pas exclu de la communauté, ni de la relation à Dieu. Bien au contraire d’ailleurs, j’y ai toujours été très bien accueilli. Je sais que c’est totalement différent, entre quelqu’un qui « ne peut pas encore » et quelqu’un qui « ne peut plus », cependant il a été suffisamment précisé dans les débats que de réduire l’absence de communion à une exclusion de la communauté c’est réduire l’eucharistie à un simple rituel social. Autrement dit cela mérite un peu plus d’attention.

    Maintenant pour répondre à votre question, non je ne trouve pas normal que les fiancés soient si peu préparés au mariage. Maintenant je sais aussi que, comme il a été invoqué pour le cas de l’eucharistie-médicament, beaucoup de prêtres considèrent que de bénir un mariage d’un couple dont il sait qu’ils ne mettent jamais les pieds à l’Eglise rapproche un peu ce couple de l’Eglise, et de bénir une alliance de toute façon naturelle. Ce n’est donc pas aussi simple que de « refuser un sacrilège ». Mais c’est vrai que la préparation manque, tout comme elle manque cruellement dans le cadre des baptêmes de jeunes enfants.

  85. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pneumatis a écrit:

    Je sais que c’est totalement différent, entre quelqu’un qui « ne peut pas encore » et quelqu’un qui « ne peut plus », cependant il a été suffisamment précisé dans les débats que de réduire l’absence de communion à une exclusion de la communauté c’est réduire l’eucharistie à un simple rituel social. Autrement dit cela mérite un peu plus d’attention.

    Image mauvaise, mais image : je fais partie d’une équipe de foot et on me dit, pour une raison juridique quelconque, que je peux jouer, mais uniquement à cloche-pied… Je ne suis pas exclus, Dieu garde (si j’ose dire !) ! Simplement bien moins égal que tous les autres qui sont tout à fait égaux entre eux… Pour être plus sérieux, je pense comme beaucoup qu’on n’est pas chrétien tout seul. Pour moi, être exclu d’un élément aussi important, qui fait vivre tous les membres de cette communauté, c’est être exclu de facto de la « vraie vie » de cette communauté. Toutes les subtilités juridiques (pour parodier 1Rois 19 je dirai : « Dieu est-il dans ce juridisme ? ») n’y feront rien.

  86. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Jonas a écrit:

    je fais partie d’une équipe de foot et on me dit, pour une raison juridique quelconque, que je peux jouer, mais uniquement à cloche-pied…

    Votre exemple est très intéressant ! Reprenez exactement la même parabole, mais en l’adaptant à la réalité du problème de la communion et du remariage : et si c’était votre médecin qui vous disait que vous ne devez jouer qu’à cloche-pied parce qu’il a constaté que vous vous étiez blessé gravement au pied et qu’il serait extrêmement dangereux pour vous de jouer sur vos deux pieds… Je crois qu’en prenant le problème sous cet angle, ça fait peut-être un peu réfléchir. Car je le redis, ce n’est pas une décision juridique quelconque : cela a du sens et cela correspond bien à une réalité de l’état du fidèle qui le rend incapable de communier. Cela n’a rien d’une punition !

  87. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Pneumatis: Ce qui me fait rire, c’est que depuis plusieurs jours, on s’évertue à nous dire que cette exclusion des sacrements est quelque chose qui ne peut pas changer, mais qu’il faut accueillir les divorcés remariés avec miséricorde, etc….Pourrait on un peu retomber sur terre? Ceux qui ne sont pas concernés peuvent-ils se mettre 1 seule seconde à la place de ces gens? Que dire aux enfants? « papa et/ou maman commettent un tel pêché qu’ils ne pourront jamais communier » Si ce péché n’avait pas été commis, ces enfants ne seraient pas nés, puisqu’ils sont le fruit de ce péché….La fameuse blessure de Pneumatis ne peux se soigner qu’en coupant le pied, c’est à dire en brisant cette famille. Bravo Jonas: j’ai le sentiment que vous comprenez un peu ce que vivent les divorcés remariés! Si ils étaient si heureux que cela, Pèlerin magasine n’aurait peut-être pas écrit cet article….Voilà, je vais arrêter d’écrire des commentaires, et essayer de ne plus lire les autres car cela ne fait finalement que remuer le couteau dans la plaie…

  88. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bonjour Dorothée,

    Je suis navré si j’ai paru laisser entendre que c’était facile. Effectivement, comme vous dites, si c’était si simple, Pèlerin magasine n’aurait peut-être pas écrit cet article. Voilà, je ne sais pas ce qu’il faut dire aux enfants, je ne sais pas à quel point cela peut être difficile à vivre, et la souffrance que cela peut être. Je ne sais rien de tout ça et je ne peux que compatir de tout mon coeur. Juste que ce n’est pas parce qu’il n’y a pas, comme ça, de solution miracle qu’on peut se permettre d’en inventer une. Pardon si mes propos sont maladroits et s’ils vous blessent, et pardon de n’avoir rien de mieux à vous offrir que cela.

    J’ai justement proposé des axes de réflexions hier soir qui ne relèvent pas, me semble-t-il, de l’amputation. Mais il semble que mon message soit bloqué par un effet d’édition donnant lieu à modération… Dans le doute je le remets ici :

    le 21/09/2009 à 01:51,

    Bonsoir,

    Et bien je vois que le débat avance sous bien des approches ! Les approches, justement, j’y reviens rapidement au sujet de ce que j’ai évoqué dans mon dernier message…

    Sylvain Brison a écrit:

    La discussion que nous avons engagée dans les commentaires ne consiste pas à faire admettre à l’Eglise qu’elle se trompe en demandant aux divorcés remariés de s’approcher de l’Eucharistie. Elle vise à réfléchir autour des critères qui fondent cette position en essayant de voir si, tout en restant fidèles à l’enseignement du Christ et de l’Eglise, une évolution de la discipline et de l’approche théologique est possible.

    Soit, je vous prie donc de bien vouloir me pardonner mon excessive prudence qui refusait de voir relativiser les préceptes nous tenant lieu de Vérité. Ceci dit, souffrez monsieur que face à votre zèle à rappeler à vos interlocuteurs soucieux de Vérité le risque qu’ils courent de s’éloigner de l’Amour, on témoigne du même zèle à vous rappeler que votre soucis de l’Amour ne vous préserve pas de vous éloigner de la Vérité. Ainsi quand vous dites :

    Sylvain Brison a écrit:

    C’est un grand problème et une véritable conversion de passer de l’amour de la Loi à la loi de l’Amour

    Pourquoi donc les opposer ? C’est tellement d’actualité que pour dépasser cette opposition entre Amour et Vérité, on ne peut que rappeler l’introduction de la dernière encyclique de Benoit XVI, Caritas in Veritate :

    Défendre la vérité, la proposer avec humilité et conviction et en témoigner dans la vie sont par conséquent des formes exigeantes et irremplaçables de la charité. [...] La vérité doit être cherchée, découverte et exprimée dans l’ « économie » de l’amour, mais l’amour à son tour doit être compris, vérifié et pratiqué à la lumière de la vérité. Nous aurons ainsi non seulement rendu service à l’amour, illuminé par la vérité, mais nous aurons aussi contribué à rendre crédible la vérité en en montrant le pouvoir d’authentification et de persuasion dans le concret de la vie sociale. Ce qui, aujourd’hui, n’est pas rien compte tenu du contexte social et culturel présent qui relativise la vérité, s’en désintéresse souvent ou s’y montre réticent.

    J’attire votre attention sur le fait qu’en ces jours qui sont les nôtres, la prudence de l’Eglise porte moins sur les risques de pharisaïsme aigüe, que sur ceux de relativisme. Ceci pour rappeler que vos interlocuteurs semblent des chrétiens un minimum avertis, et qu’à moins de n’avoir rien compris à l’évangile, nous sommes tous d’accord pour placer l’amour comme raison d’être de notre vocation chrétienne. Il m’apparait juste alors assez constructif de ne pas réintroduire des considérations du genre « attention à ne pas manquer d’amour » chaque fois qu’on ouvre un point de réflexion strictement théologique, voire même si il est strictement légal. Je fais référence ici à la remarque de Koz que vous prolongez.

    D’ailleurs, pourquoi diable, cher Koz, ce besoin d’alerter l’interlocuteur exprimant son soucis d’une compassion purifiée, sur le risque qu’il mette l’amour au second plan ? Je suppose que vous ne vous êtes pas fait la même remarque en lisant la dernière encyclique. Vous n’avez pas ici le pape comme interlocuteur, cependant vous n’avez pas non plus des personnes que vous pouvez soupçonner a priori d’ignorer à ce point l’importance de l’Amour. Vous semble-t-il si froid le coeur du chrétien soucieux d’une charité véritable, qu’on lui rappelle ainsi comme si c’était son premier jour de catéchisme qu’il est ordonné à l’amour ?

    Voilà, ne voyez dans tout cela aucune susceptibilité mal placée : je souhaite juste que la donne soit claire. Si il déplait à certains qu’on récite le catéchisme, il ne faut toutefois pas l’évacuer du débat, comme il faut se rappeler à chaque instant la finalité d’amour qui motive nos recherches. Nous partageons tous, je crois, le même avis sur ces choses essentielles que sont l’Amour et la Vérité. Donc pour assainir le débat, si il doit se poursuivre, je propose qu’on abandonne les remarques réductrices sur les interventions d’autrui, reconnaissant qu’on ne peut pas aborder le problème sous tous les angles à la fois ; puis que lorsqu’on est particulièrement soucieux de la Vérité, on mette ce soucis au service d’une plus grande charité, et que lorsqu’on est plus soucieux de charité, on mette ce soucis au service d’une plus grande vérité. Le tout en respectant le fait que si l’autre aborde le problème sous un autre angle, il ne relativise pas pour autant ce qui nous parait essentiel.

    Ce commentaire s’adresse aussi à moi-même, comme vous l’aurez compris.

    Voilà donc pour reprendre les problématiques pouvant conduire à plus de charité, qui sera forcément une charité plus authentique, j’en vois assez peu, comme je l’ai déjà dit, mais cela n’en diminue pas l’importance :

    1/ la validité du premier mariage et la possibilité de son annulation : j’ai du mal à voir comment on peut améliorer ce que l’Eglise propose déjà, sinon en déployant un effort accru pour accompagner les couples remariés dans cette démarche d’anamnèse et de « discernement rétroactif ».

    2/ sur la question du péché d’adultère… voir si il est possible ou non de déterminer par exemple qu’une personne remariée et ayant fondé une nouvelle famille, qui confesse et regrette sincèrement son infidélité à son premier mariage, mais se refuse à commettre ce qu’on pourrait estimer un mal plus grand qui serait de détruire sa nouvelle famille, déterminer si cette personne persiste ou non volontairement dans le péché grave. On pourrait, je pense, dans le cadre évidemment d’un discernement au cas par cas (tout ceci est trop théorique, bien sur), rencontrer des situations où on reconnait que la personne renonce sincèrement au mal, mais est comme prisonnière des conséquences de son péché passé. Pour autant, je vois mal comment ne pas attendre de ces personnes qu’elles fassent alors le voeux d’abstinence (qui devra alors être confessé si il est transgressé), à moins là encore qu’elle ne soit pas libre de se refuser à l’union charnelle, ou qu’elle mette ainsi en danger sa famille. Mais il me semble que cela réduit encore les cas possibles. Bref, c’est vraiment du cas par cas, mais le discernement doit s’opérer, je pense, au regard d’une cohérence profonde entre le désir exprimé de retour vers Dieu (et donc de renoncement au mal) et l’exercice de la liberté dans les actes.

    Pour la forme, je précise que ces réflexions théoriques ne mettent pas au second plan toutes les problématiques d’ordre pastorale, et l’importance en règle général d’accompagner avec beaucoup de patience et de douceur les fidèles dans ces situations très difficiles.

    EDIT : grillé par Armagilus ! Désolé si il y a des redites

  89. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Dorothée, deux petites réflexions par rapport à ce que vous avez dit:

    • Vous dites : « Si ce péché n’avait pas été commis, ces enfants ne seraient pas nés, puisqu’ils sont le fruit de ce péché…  »

    La grandeur de la dignité et la beauté de l’existence d’un enfant sont-elles dépendantes de l’amour qu’éprouvaient leurs parents au moment de la conception ou même de la situation de leur couple ? Non, bien sûr que non. Prenons un exemple extrême pour illustrer cela : Doit-on réduire les enfants nés d’un viol à l’état de « fruits du péché » ? Sûrement pas, même s’il est incontestable que l’acte en soi est un péché. Je crois qu’il ne faut pas oublier que l’amour n’est JAMAIS un péché. C’est le manque d’amour qui en est un. Le péché ne se situe pas dans l’amour du couple remarié, mais dans l’infidélité à la première union. L’amour que ressentent des divorcés remariés est sans doute très profond, fécond, et source sans doute de sanctification. Il n’est pas question de nier cela. Mais cela reste un amour blessé. Le fait de ne pas aller communier ne devrait pas être vécu (et là, le noeud du pb est dans l’accompagnement et l’accueil de ces couples) comme une sanction, mais comme la volonté de la personne d’assumer cette blessure jusque dans son intimité au Christ.

    • Vous dites: « Que dire aux enfants? « papa et/ou maman commettent un tel pêché qu’ils ne pourront jamais communier » « 

    Le fait qu’ils ne peuvent pas communier n’est pas lié à la gravité de leur péché, mais au fait qu’ils restent en état de péché. Je m’explique avec un exemple : un meurtrier peut, après avoir fait acte de repentance (pas par-dessus la jambe bien sûr, hein) et reçu l’absolution, communier à nouveau. Est-ce que cela signifie qu’un meurtre est moins grave que le fait de se remarier après avoir divorcé ? Bien sûr que non !! Je pense que, vis à vis des enfants, il est essentiel de rappeler que l’amour (je ne parle pas de l’acte sexuel seul dénué d’amour profond, mais de l’amour spirituel et charnel qui unit un couple) n’est jamais un péché. Et ensuite, leur expliquer que si papa et maman ne vont pas communier, c’est également par amour, par amour du Christ.

  90. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pneumatis a écrit:

    i il déplait à certains qu’on récite le catéchisme, il ne faut toutefois pas l’évacuer du débat, comme il faut se rappeler à chaque instant la finalité d’amour qui motive nos recherches. Nous partageons tous, je crois, le même avis sur ces choses essentielles que sont l’Amour et la Vérité.

    C’est moi qui ai parlé de ceux qui récitent le catéchisme. Je précise donc : qui récitent le catéchisme pour se dispenser de penser, de compatir, de comprendre les autres. Pour eux le Catéchisme avec un grand « C » c’est Dieu, c’est la Loi de Dieu (ce qui ne l’empêche pas d’évoluer) ! Donc, circulez, il n’y rien à voir et vivez comme vous pouvez puisque vous êtes pécheur. C’était tellement mieux à l’époque où les catholiques, bourgeois et fabriciens, car riches et généreux avec les œuvres de leur paroisse, géraient la contraception de leur couple avec la bonne ou ailleurs… Ils jetaient la bonne quand elle était enceinte mais surtout, surtout, ne divorçaient jamais et communiaient dans les premiers à la grand-messe en tant que bienfaiteurs ! Beaucoup connaissaient leur catéchisme par cœur et avaient droit aux courbettes du curé quand ils arrivaient à l’église. Je sais qu’on va me dire que je caricature ; peut-être… mais à peine ! Cela dit, je n’évacue pas du tout le catéchisme du débat.

    J’ai été, il y a 26 ans et 8 mois, retourné par la parole du psaume 85,11 : « amour et vérité se rencontrent », qui a changé ma vie et celle de mon couple ; mais je pense profondément que comme dit la suite de ce psaume : « justice et paix s’embrassent ». Malheureusement bien des gens divorcés qui vivent cette situation n’y trouvent aucune paix ; on peut se demander si elle est juste.

  91. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Pneumatis:

    Pneumatis a écrit:

    Il m’apparait juste alors assez constructif de ne pas réintroduire des considérations du genre « attention à ne pas manquer d’amour » chaque fois qu’on ouvre un point de réflexion strictement théologique, voire même si il est strictement légal.

    Alors pour info, Jésus n’a pas dit : « c’est à la façon dont vous assénez la Vérité aux autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples », mais « c’est à la façon dont vous vous aimez les uns les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples » ou encore : « vous êtes mes disciples si vous faites ce que je vous commande, et mon commandement le voici : vous aimer les uns les autres COMME je vous ai aimé ».

    Jésus n’a pas dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps, mais attention vous n’êtes pas tous purs, et donc ceux-là n’y a pas droit », mais il a donné la bouchée à Judas qui le livrait.

    Le chemin, la vérité, la vie : il y a une progression : la foi est un chemin ordonné à la vérité elle-même ordonnée à la vie. Dans les premiers temps de l’Eglise (cf. actes des apôtres), on ne disait pas « la foi » ou « le christianisme », mais « la voie », c’est à dire, le chemin. Un chemin suppose la prise en compte de l’existence de la dimension temps. Le temps est ce qui permet la conversion, la marche vers Dieu.

    Or, dans l’indissolubilité du mariage, il y a précisément cette contradiction qui fait qu’elle ne souffre pas d’une repentance. C’est comme quelque chose qui est figé dans le temps. Donc par définition, c’est insoluble. Le fait d’ériger un caractère indissoluble fait que toute faute de divorce prend un caractère définitif, sans possibilité de repentance et de miséricorde. Est-ce bien ce que Jésus a voulu dire lorsqu’il avertit : ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ? Se place-t-il d’un point de vue légal ? Ou bien ne veut-il pas avertir de la blessure gravissime que provoque le divorce ?

    Si j’ai le temps, j’écrirai (d’ici quelques semaines car cela prend du temps) un article sur le background juif dans lequel se situe cette discussion de Jésus et les pharisiens à propos du divorce.

  92. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Nicolas a écrit:

    Jésus n’a pas dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps, mais attention vous n’êtes pas tous purs, et donc ceux-là n’y a pas droit », mais il a donné la bouchée à Judas qui le livrait.

    Et c’est seulement ensuite que Satan est entré en Judas…

    Nicolas a écrit:

    Le fait d’ériger un caractère indissoluble fait que toute faute de divorce prend un caractère définitif, sans possibilité de repentance et de miséricorde.

    Non ! Ce que vous dites est faux ! Il n’y a pas de divorce qui prenne un caractère définitif et pour cause le divorce n’est pas reconnu par l’Eglise. Il n’y a, dans les cas que nous évoquons, que le constat d’une réitération permanente d’un adultère consommé par exemple dans le cadre d’un nouveau mariage qui pousse l’Eglise à interdire l’accès à la communion. Divorcé, quand c’est volontaire, est un péché, mais comme tout péché on doit le confesser et Dieu nous le pardonne. C’est justement parce que, comme vous dites, l’Eglise considère la vie de foi comme un chemin, qu’elle appelle les fidèles, quel que soit l’instant de leur vie, à la repentance. Rien n’empêche des personnes divorcées, et même remariées, à faire un acte de repentance et à témoigner dans leurs actes qu’ils s’en remettent à la divine miséricorde.

    Aucune blessure, aussi gravissime soit-elle, pour reprendre vos termes, ne nous exclu de la miséricorde de Dieu. Mais nous pouvons nous-même nous en exclure en refusant sa miséricorde, en refusant simplement de renoncer au péché. Nous ne nous coupons donc jamais définitivement de Dieu, comme vous le laisser entendre, à moins de le vouloir ainsi. Et si une situation nous maintient dans le péché, malgré notre volonté libre, il y a, je crois, matière à redéfinir notre situation morale et peut-être ne plus y voir un péché. C’est du moins une des possibilités que j’envisageais dans mon dernier message. Il faut dire, dans la prière du Notre Père, et avec la plus grande sincérité : Délivre-nous du mal !

  93. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pneumatis a écrit:

    Divorcé, quand c’est volontaire, est un péché,

    Vous avez voulu écrire, je pense « divorcer, quand c’est volontaire ». Mais là n’est pas le problème. Vous semblez vouloir dire que divorcer de manière « involontaire » n’est pas un péché. Il y a là un net progrès ! Une personne battue, humiliée, trompée peut-elle être qualifiée de « divorcée involontaire », état qui ne serait pas un état de péché ? Cette personne pourrait donc se marier religieusement ? On est là sur une bonne piste… si vous avez compétence pour que cette position soit prise en compte par la sainte Église Romaine Catholique et Universelle, si j’ose ce pléonasme… Comme disait l’autre : « Faisons un rêve ! »

  94. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Jonas a écrit:

  95. Pneumatis a écrit: « Divorcé, quand c’est volontaire, est un péché, Vous avez voulu écrire, je pense « divorcer, quand c’est volontaire ». Mais là n’est pas le problème. Vous semblez vouloir dire que divorcer de manière « involontaire » n’est pas un péché. Il y a là un net progrès ! Une personne battue, humiliée, trompée peut-elle être qualifiée de « divorcée involontaire », état qui ne serait pas un état de péché ? Cette personne pourrait donc se marier religieusement ? On est là sur une bonne piste… si vous avez compétence pour que cette position soit prise en compte par la sainte Église Romaine Catholique et Universelle, si j’ose ce pléonasme… Comme disait l’autre : « Faisons un rêve ! »
  96. Il y a plusieurs situations dans ce que vous évoquez. Il y a le cas de la personne victime du divorce (qui ne l’a pas voulu) et la personne victime de son époux ou de son épouse (battu(e), humilié(e), trompé(e), etc.) Dans ces deux cas, le catéchisme de l’Eglise catholique (Romaine, Universelle et tout et tout) précise bien qu’il n’y a pas faute morale :

    • 2386 Il se peut que l’un des conjoints soit la victime innocente du divorce prononcé par la loi civile ; il ne contrevient pas alors au précepte moral. Il existe une différence considérable entre le conjoint qui s’est efforcé avec sincérité d’être fidèle au sacrement du mariage et se voit injustement abandonné, et celui qui, par une faute grave de sa part, détruit un mariage canoniquement valide (cf. FC 84).

    • 2383 La séparation des époux avec maintien du lien matrimonial peut être légitime en certains cas prévus par le Droit canonique. Si le divorce civil reste la seule manière possible d’assurer certains droits légitimes, le soin des enfants ou la défense du patrimoine, il peut être toléré sans constituer une faute morale.

    Cette personne peut tout à fait communier sans avoir à confesser son divorce puisqu’elle l’a subit ou y a été forcé. Dans un second temps, il y a la question de la possibilité de se remarier religieusement ou non et si, dans le cas où la personne se remet en ménage, si elle peut communier ou non. Or, il reste impossible de recevoir un second sacrement du mariage s’il est avéré que le premier était valide (cf les cas de nullité décrits dans les posts précédents).

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    Jonas a écrit:

    Vous avez voulu écrire, je pense « divorcer, quand c’est volontaire ».

    Tout a fait, pardonnez-moi je ne me suis pas relu.

    Vous semblez vouloir dire que divorcer de manière « involontaire » n’est pas un péché. Il y a là un net progrès !

    Je ne faisais que réciter le catéchisme ;)

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    @ Louve:

    Louve a écrit:

    Jonas a écrit: Cette personne peut tout à fait communier sans avoir à confesser son divorce puisqu’elle l’a subit ou y a été forcé. Dans un second temps, il y a la question de la possibilité de se remarier religieusement ou non et si, dans le cas où la personne se remet en ménage, si elle peut communier ou non. Or, il reste impossible de recevoir un second sacrement du mariage s’il est avéré que le premier était valide (cf les cas de nullité décrits dans les posts précédents).

    On a bien compris que ce n’est pas la divorce le problème, mais l’adultère permanent que constitue le mariage civil. Voilà donc quelqu’un de condamner à vivre le célibat sans aucune faute de sa part. Toute personne qui se marie devrait le savoir et être prête à s’y engager.

    Bon, il y a tout de même une solution que l’on n’a pas évoquée : un divorcé-remarié peut aller se confesser d’avoir fait l’amour, communier, puis recommencer… il craque que voulez-vous, il a pourtant le désir de vivre en frère et soeur… mais il commet le péché… de toute façon que celui qui n’a jamais « désiré une femme » (et de ce fait commis dans son coeur l’adultère) lui jette la première pierre !

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    Nicolas a écrit:

    de toute façon que celui qui n’a jamais « désiré une femme » (et de ce fait commis dans son coeur l’adultère) lui jette la première pierre !

    Mais qui parle de jeter des pierres ! Je comprends bien ce que vous voulez dire par là : « qui sommes-nous pour juger ? ». Bien sûr qu’aucun de nous n’est digne de juger !! Le but de cet article et de ces commentaires n’est certainement pas de juger nos frères et soeurs, mais d’essayer de comprendre ensemble ce que l’Eglise nous propose comme chemin de conversion. Nous avons tous à nous convertir, c’est évident !

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    Louve a écrit:

    Nicolas a écrit: de toute façon que celui qui n’a jamais « désiré une femme » (et de ce fait commis dans son coeur l’adultère) lui jette la première pierre ! Mais qui parle de jeter des pierres ! Je comprends bien ce que vous voulez dire par là : « qui sommes-nous pour juger ? ».

    Ben, le parallèle avec Jean 8 est pourtant évident ! Selon la loi, cette femme doit être lapidée : prise en flag d’adultère !! et toi, que dis-tu ? Jésus ne répond rien, il trace des traits sur le sol. Il sait très bien que d’un point de vue JURIDIQUE, du point de vue du droit canon si vous voulez, il est coincé !!! Mais voilà, il donne justement une réponse qui ne se situe pas sur le plan du droit canon, mais renvoie à la CONSCIENCE individuelle. Ce n’est que mon pauvre avis, mais je considère que lorsque l’Eglise, au nom du droit canon, se permet de dire « tu n’as pas le droit de communier », c’est exactement comme ceux qui voulaient lapider la femme adultère : ils appliquent une sentence, une loi, de droit divin !!! Mais la miséricorde de Dieu est au-dessus de la loi divine.

    Et pour paraphraser l’évangile de dimanche prochain : il vaut mieux pour toi d’entrer dans la vie manchot que d’être jeté tout entier dans la Géhenne, eh bien, en conscience, il vaut mieux communier étant divorcé-remarié plutôt que de s’éloigner de la vie éternelle !

    Et Deutéronome 30 : « Ce commandement que je te prescris aujourd’hui n’est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée. Il n’est pas dans le ciel, pour que tu dises: Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique? Il n’est pas de l’autre côté de la mer, pour que tu dises: Qui passera pour nous de l’autre côté de la mer et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique? C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, afin que tu la mettes en pratique. »

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    Louve a écrit:

    essayer de comprendre ensemble ce que l’Eglise nous propose comme chemin de conversion

    Je trouve un peu « gonflé  » d’utiliser le mot « propose » pour parler d’une STRICTE OBLIGATION, ce qu’est la privation de communion pour un divorcé involontaire qui s’est remarié. Chemin idéal pour se convertir (d’ailleurs dans ce cas, ce serait quoi « se convertir » ?). Car, HÉLAS, TROIS FOIS HÉLAS ! j’avais mal compris (d’ailleurs j’avais un GROS doute) : la personne qui divorce contre son gré peut communier à condition de rester éternellement dans l’abstinence ! Quelle admirable compréhension de la douleur ! Hosanna (« sauve, de grâce ») ! Jésus, reviens, ils sont devenus fous !

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    Jonas a écrit:

    Jésus, reviens, ils sont devenus fous !

    Que celui qui n’a jamais regardé une femme en la désirant lui interdise de communier !

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    @ Nicolas.

    J’avais bien compris votre parallèle. Mais je pense que vous faites erreur quand vous comparez l’Eglise à ceux qui souhaitaient lapider la femme adultère. Au contraire, l’Eglise essaie de se faire au plus proche de ce que le Christ nous enseigne dans ce passage de l’évangile.

    En effet, la loi qui prescrivait de lapider la femme adultère réduisait la personne à son péché. Or, le Christ (et l’Eglise à sa suite) nous enseigne que cette femme est bien plus que son péché, que sa vie vaut infiniment plus que cela. D’où la nécessité d’accueillir le pécheur et non pas de le rejeter. C’est la beauté du sacrement de réconciliation (nous sommes bien loin de la condamnation à mort sans autre forme de procès). Ensuite, ce que le Christ nous dit dans ce texte, c’est qu’il faut tous nous reconnaître pécheurs. Enfin, le Christ dit à la femme « va et ne pèche plus ». Il nous dit par là : oui, la miséricorde de Dieu est infinie, elle se suffit à elle seule pour nous sauver, mais Dieu souhaite aussi que l’homme participe activement à son salut.

    Lorsque le Christ dit « ne pèche plus », ça n’est pas une sanction (et pourtant on pourrait le prendre comme tel, si ça se trouve elle avait des sentiments profonds pour son amant…), c’est un chemin de conversion. C’est comme la dizaine de « je vous salue marie » que nous donne à réciter notre confesseur : depuis quand prier serait une sanction ? Non, il nous donne par là le moyen de nous rapprocher du Christ par le biais de la vierge Marie. Si on considère cette prière comme des lignes à copier 100 fois, c’est clair qu’on passe carrément à côté ! (en terme de sanction, ça pourrait d’ailleurs paraître ridiculeusement faible et court). C’est ce point là qui est essentiel. Tant que les divorcés remariés vivent leur impossibilité de communier comme une sanction, c’est clair qu’ils ne peuvent que mal le vivre, c’est même carrément compréhensible!…

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    Mais bien sûr que si, l’Eglise propose. Que peut-elle faire d’autre puisque personne ne va aller vérifier que votre petit coeur ait bien fait pénitence avant d’aller communier ? Je n’entends pas « proposer » dans le sens « vous avez le choix entre ça et ça » mais dans le sens « ce n’est qu’en faisant usage de votre libre-arbitre que cela prend tout son sens ».

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    @Louve

    mais je vous entends très bien chère Louve, le Christ dit à la femme adultère de ne plus pécher, il ne dit pas de remettre le passé en ordre. Quelqu’un qui est divorcé-remarié pourrait très bien se faire pardonner sa faute, et après, dans la miséricorde de Dieu, celle-ci serait oubliée. Oui, il a pêché contre le mariage, mais il ne peut pas revenir comme avant. Pourtant, il peut se faire pardonner et « repartir à zéro », ne pensez-vous pas ? Vous voyez à quel point on pousse le légalisme : on ne veut pas que la personne « recommence à zéro », pourquoi ? La conversion du coeur, c’est pourtant ça, assumer son passé sans être prisonnier de ces fautes. Encore une comparaison : pour se marier, il faut normalement être vierge, ne pas s’être donné à quelqu’un avant. Mais parce qu’aucun engagement n’a été pris dans les relations antérieures à celles du mariage, l’Eglise les considère comme pardonnée. Pourtant, la différence n’est que juridique : finalement, c’est la parole donnée par l’engagement public du mariage qui est bafouée, mais par contre, le contenu humo-divin de l’union entre deux personnes est bafouée de la même manière. Lorsque Jésus annonce l’indissolubilité du mariage, il n’est pas dans un contexte où il y a possibilité de confession ni même de communion. Il veut à mon avis simplement interdire les divorces « de confort » qui ne sont d’ailleurs que des répudiations : sa femme ne cuisine pas comme il veut ou bien il en a trouvé une plus belle. En effet, si on lit le Talmud, on constate que ces deux interprétation de la Loi de Moïse sont respectivement celles de Hillel (antérieur à Jésus) et Rabbi Akiba (vers 135 ap. JC). Jésus se range en fait à l’opinion de Shammaï, opposant de Hillel, pour qui la répudiation n’est autorisée à un juif qu’en cas d’adultère. Lorsqu’il parle des païens (le seul passage conservé par Marc), il invoque l’indissolubilité par le verset de la genèse selon lequel ils ne font qu’une seule chair. Il adopte une des trois opinions en vogue chez les rabbins (et que l’on retrouve dans les écrits rabbiniques) selon laquelle le divorce est interdit chez les païens. Qu’il s’agisse du divorce des païens ou de celui des juifs, Jésus adopte dans les deux cas la position de la loi juive la plus stricte. Maintenant, toute la question est de savoir si nous devons suivre l’applicabilité de la loi pour les juifs ou pour les païens : en effet, nous sommes des non-juifs (païens), mais tout de même continuateurs du peuple juif dont nous assumons l’héritage, bien que ce soit par l’interprétation que Jésus en donne. En effet dans le judaïsme, il y a (au moins au temps de Jésus) plusieurs opinions sur le divorce. Jésus donne LA vraie interprétation entre toutes, celle du Fils de Dieu. Alors, si nous nous considérons comme non-juifs soumis à la loi des origines selon laquelle ils ne font qu’une seule chair, nous optons pour la vision catholique exprimée aussi dans le droit canon. Si en revanche, nous nous considérons comme les héritiers des juifs (le « verus israel » ?), alors nous nous reconnaissons plutôt dans la deuxième phrase de Jésus qui comporte « sauf en cas d’adultère (porneia) ».

    Je ne suis pas sûr que ce que j’ai écrit soit très compréhensible car c’est extrêmement synthétique et complexe, mais c’est un exégèse possible. En tous cas, au point où nous en sommes, il n’est pas inintéressant de se pencher sur les questions d’exégèse et notamment du rapport que l’Evangile entretient avec les interprétations juives traditionnelles. Je ne suis pas sûr que l’on puisse échapper au contexte de composition. En tous cas, orthodoxes, catholiques et protestants comprennent les choses assez différemment, ce qui montre que se référer à l’écriture comme du droit divin est assez malvenu.

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    Louve a écrit:

    En effet, la loi qui prescrivait de lapider la femme adultère réduisait la personne à son péché. Or, le Christ (et l’Eglise à sa suite) nous enseigne que cette femme est bien plus que son péché, que sa vie vaut infiniment plus que cela. D’où la nécessité d’accueillir le pécheur et non pas de le rejeter. C’est la beauté du sacrement de réconciliation (nous sommes bien loin de la condamnation à mort sans autre forme de procès).

    Ce texte n’est manifestement pas de saint Jean mais de saint Luc et devrait se trouver après le verset Luc 21,38. Ce qui, dans la symétrie (expliquée par maints exégètes) de cet évangile autour du verset 9,51 (où Jésus prend le chemin de Jérusalem) le met en miroir des Tentations au désert du chapitre 4. C’est le « moment favorable » que le diable attendait comme il est dit à la fin des tentations. C’est donc une tentation de Jésus, avant d’être le récit d’une femme adultère (qui n’est qu’un prétexte, le texte le dit bien). Jésus est donc mis en demeure de résister à une tentation d’hommes de chair et d’os, contrairement à celles du chapitre 4 où il était en présence du diable « lui-même ». Ces hommes n’étant pas des anges (!) il ne répond pas en citant la Bible (certains pensent pourtant qu’il écrivait des versets de la Bible sur la terre) mais en leur parlant de leur vie d’hommes. Ce n’est qu’après qu’il s’adresse à la femme, qui est toujours « au milieu », comme l’arbre du jardin d’Éden, car on est dans une tentation de l’homme Jésus (ce que la Traduction liturgique n’a pas voulu comprendre, en traduisant d’abord que les hommes la « font avancer » puis qu’elle reste « en face » de lui, bien qu’elle soit deux fois réputée être « au milieu », même quand tout le monde est parti !). Alors, il l’appelle Femme, car elle est LA Femme, objet de la tentation à laquelle il devait succomber, et non UNE femme.

    Je ne vois pas où le Christ nous enseigne « qu’elle est bien plus que son péché et que sa vie vaut infiniment plus que cela ». La femme est là comme un objet, que Jésus ne regarde même pas (pour éviter de succomber à la tentation, même du regard ?) et ne se met à exister (et encore, pas vraiment) qu’après le départ des hommes, seuls interlocuteurs de Jésus…qui d’ailleurs lui laisse croire qu’ils ne l’ont pas condamnée, alors qu’ils ont simplement renoncé à l’exécution de la sentence alors qu’ils l’avaient clairement condamnée. Jésus leur fait le cadeau de ne pas les accabler auprès de la femme.

    Ce texte ne devrait pas donc s’appeler « la femme adultère », mais « La quatrième tentation du Christ »…

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    Nicolas a écrit:

    Quelqu’un qui est divorcé-remarié pourrait très bien se faire pardonner sa faute, et après, dans la miséricorde de Dieu, celle-ci serait oubliée. Oui, il a pêché contre le mariage, mais il ne peut pas revenir comme avant. Pourtant, il peut se faire pardonner et « repartir à zéro », ne pensez-vous pas ?

    Non, car le repentir du péché quant au divorce ne dissout pas le premier mariage pour autant. Le premier mariage restant valide, en vivre un autre en même temps est de fait défini comme un adultère. C’est là tout le noeud du problème.

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    Jonas a écrit:

    ui d’ailleurs lui laisse croire qu’ils ne l’ont pas condamnée, alors qu’ils ont simplement renoncé à l’exécution de la sentence alors qu’ils l’avaient clairement condamnée.

    Je rajouterai que Jésus ne dit pas à la femme qu’il lui pardonne, mais : « moi non plus ne la condamne pas » ! « Moi non plus ! » Toujours « solidaire » des hommes…

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    « repartir à zéro » c’est précisément ce que propose la confession. S’il est possible de repartir à zéro après s’être repenti d’une foultitude de péché (y compris ce qui a de plus scandaleux comme le meurtre ou le viol), pourquoi les divorcés remariés feraient exception ? Pourquoi l’Eglise serait-elle plus chatouilleuse en ce qui les concerne ? C’est bien parce qu’il ne s’agit pas dans ce cas-là de « repartir à zéro », mais de se maintenir dans une situation adultère. Il n’y a pas de repentance, puisque la situation est assumée. Ils reconnaissent avoir « péché contre le mariage » comme vous dites, mais ne le regrettent pas, donc il ne peut y avoir absolution. Vous dites que la conversion du coeur c’est « assumer son passé sans être prisonnier de ces fautes », je ne vois pas le regret dans votre définition, pourtant primordial….

    Vous dites : « Encore une comparaison : pour se marier, il faut normalement être vierge, ne pas s’être donné à quelqu’un avant. Mais parce qu’aucun engagement n’a été pris dans les relations antérieures à celles du mariage, l’Eglise les considère comme pardonnée. Pourtant, la différence n’est que juridique : finalement, c’est la parole donnée par l’engagement public du mariage qui est bafouée, mais par contre, le contenu humo-divin de l’union entre deux personnes est bafouée de la même manière.  » Comment pouvez-vous dire que la différence n’est que juridique ! La différence : présence ou absence du sacrement ! Vous avez parfaitement raison de dire que l’union entre deux personnes, même hors mariage, est un engagement en soi et n’est pas sans conséquence et que tout amour, même entre deux athées, dit quelque chose de Dieu (puisque Dieu est amour). Mais dans le sacrement du mariage, Dieu S’ENGAGE aux côtés des époux. C’est donc bien plus qu’une différence juridique ! Sinon, mariage civil et mariage religieux représenteraient strictement la même chose.

    Merci pour le contexte historique, c’est très intéressant ! Je me pose une question : Jésus autorise-t-il explicitement la répudiation en cas d’adultère ?

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    Nicolas a écrit:

    Selon la loi, cette femme doit être lapidée : prise en flag d’adultère !! et toi, que dis-tu ? Jésus ne répond rien, il trace des traits sur le sol. Il sait très bien que d’un point de vue JURIDIQUE, du point de vue du droit canon si vous voulez, il est coincé !!! Mais voilà, il donne justement une réponse qui ne se situe pas sur le plan du droit canon, mais renvoie à la CONSCIENCE individuelle. Ce n’est que mon pauvre avis, mais je considère que lorsque l’Eglise, au nom du droit canon, se permet de dire « tu n’as pas le droit de communier », c’est exactement comme ceux qui voulaient lapider la femme adultère : ils appliquent une sentence, une loi, de droit divin !!!

    En fait l’erreur vient de là : ce n’est pas au nom du droit canon, pour la nième fois, que l’Eglise interdit la communion. Quantà Jésus il n’est pas coincé. La Loi mosaïque n’a rien de révolue en Jésus, ni de désuet. Jésus est venu accomplir cette loi.

    Mais la miséricorde de Dieu est au-dessus de la loi divine.

    Non c’est absurde, puisqu’il est la source des deux ! Miséricorde et loi divine ne s’opposent pas, à condition du moins qu’on ne cherche pas à les mettre en opposition. Enfin quoi, pensez-vous qu’un jour Dieu a donné une loi, mais qu’il s’est dit ensuite « zut, j’ai été un peu dur, donc là je vais être moins intransigeant ». Dieu est éminemment rationnel et cohérent. On nous dit qu’il permis aux fils d’Israël de répudier leurs femmes en raison de leur dureté de coeur. Jésus vient bâtir une haie autour de la Torah, comme le faisait les sages d’Israel, non pour contredire la Torah, mais pour mieux la mettre en valeur. C’est tout le sens de la nouvelle Torah exprimée dans la malpanoutha « Il vous été dit… et moi je vous dit… ». Ce n’est pas une contradiction de la Torah, mais un accomplissement en remettant la Torah dans son axe.

    Ce que vous suggérer n’a rien d’une remise dans l’axe : ce serait une contradiction interne à Dieu. Comme l’a expliqué Jonas, Jésus trace des signes sur le sol : il marque le monde sensible du signe, ainsi que la Torah fut gravée dans la pierre du doigt de Dieu, et ainsi que le verbe divin marqua la chair de l’homme en s’y incarnant. Il enseigne quelque chose d’extrêmement important à ses auditeurs : le discernement à la base du jugement. Jeter une pierre, au-delà d’être le mode opératoire de la lapidation, est signifiant du fait d’asséner des vérités. Il demande à des pécheurs de ne pas condamner une pécheresse. L’Eglise ne condamne pas non plus la personne, l’Eglise ne donne pas la mort, elle est instituée par le Christ pour montrer la voie du salut. Les deux situations n’ont donc strictement rien à voir. En outre, l’Eglise est le corps du Christ, donc opposer l’Eglise et le Christ est une absurdité. L’Eglise est justement quelque chose de ces signes que Jésus a tracé dans le sol.

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    Jonas a écrit:

    Je ne vois pas où le Christ nous enseigne « qu’elle est bien plus que son péché et que sa vie vaut infiniment plus que cela ».

    Le Christ lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. » Donc, c’est qu’il estime qu’elle a péché. Malgré cela, il ne la condamne pas, càd, il ne la condamne pas à mort. Il estime donc que sa vie vaut plus que son péché, donc qu’elle n’est pas assimilable à son péché. Cependant, péché il y a.

    Je ne partage pas du tout à votre vision de la femme comme « objet » au regard du Christ. Au contraire, il est le seul à lui reconnaître une dignité qui dépasse ses limites de femme pécheresse.

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    Louve a écrit:

    Comment pouvez-vous dire que la différence n’est que juridique ! La différence : présence ou absence du sacrement ! Vous avez parfaitement raison de dire que l’union entre deux personnes, même hors mariage, est un engagement en soi et n’est pas sans conséquence et que tout amour, même entre deux athées, dit quelque chose de Dieu (puisque Dieu est amour). Mais dans le sacrement du mariage, Dieu S’ENGAGE aux côtés des époux. C’est donc bien plus qu’une différence juridique ! Sinon, mariage civil et mariage religieux représenteraient strictement la même chose.

    Je vais peut-être être très hérétique sur ce coup-là, mais pour moi, il n’y a significativement rien de différent entre le mariage civil ou religieux. Parlons crument : l’acte sexuel est mariage. Il engage les deux époux, il engage Dieu. Le sacrement n’est pas un « PLUS », il n’est qu’un cadre juridique dans lequel on s’assure que tous les éléments sont réunis pour que ça marche. La marche normale c’est cela dans l’Eglise : pas de relation sexuelle avant le mariage puisque c’est ça le mariage l’union d’un homme et d’une femme. Le sacrement ce n’est pas la cérémonie à l’Eglise, ce n’est ni la goutte d’eau sur les alliances, ni la bénédiction, ni rien de tout ça ! Au point que l’on peut parler de son conjoint en disant : « tu es mon sacrement ! » Comme dit Paul « ce mystère est grand, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Eglise ». Ceux qui ne sont pas chrétiens ne comprennent pas la valeur divine de l’union de l’homme et de la femme et toutes les exigences qui y sont associée pour qu’elle tende à représenter l’union du Christ et de l’Eglise. Mais ne nous trompons pas non plus, l’union de référence, c’est celle du Christ et de l’Eglise, pas celle des époux. Il ne faut pas inverser les rôles et ne nous croyons pas supérieurs parce que nous respectons telle disposition telle que l’indissolubilité. L’indissolubilité est une des piliers, mais il y en a d’autres. Personnellement, je considère que l’on peut très bien se remarier, même non canoniquement, et vivre partiellement le sacrement de mariage tel que Saint Paul le décrit, à savoir dans l’imitation du comportement du Christ envers son Eglise. Qui peut prétendre vivrement parfaitement ce sacrement de mariage ? Personne… songez à toutes les atteintes au pilier « fécondité » que l’on peut rencontrer chez des catholiques (contraception par exemple… va-t-on priver de la communion des femmes qui se sont faite retirer les ovaires ? C’est pourtant définitif, même quand on a demandé pardon, on ne peut pas revenir en arrière…)

    Merci pour le contexte historique, c’est très intéressant ! Je me pose une question : Jésus autorise-t-il explicitement la répudiation en cas d’adultère ?

    Relisez Matthieu 19, en particulier le verset 9 : « Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. »

    Le « sauf pour infidélité » (en grec porneia) intrigue beaucoup les exégètes, d’autant plus qu’il n’est pas présent chez Marc (ch. 10). Mon avis est que Matthieu présente la question du divorce en référence à des opinions de rabbins antérieurs à Jésus (Hillel et Shammaï) parce qu’il écrit pour un public juif, notamment en présentant des références à des traditions orales qui concernent d’abord 1) le divorce chez les non-juifs 2) le divorce chez les juifs. Parce que le judaïsme distingue les deux cas. En revanche, Marc qui s’adresse à des grecs ne donne que la version du divorce chez les non-juifs. Donc à la question « Jésus autorise-t-il explicitement la répudiation en cas d’adultère ? », on pourrait répondre : pour des juifs oui, pour des non-juifs (païens) non, mais on peut aussi penser que c’est Matthieu qui formule les choses de cette manière pour ses interlocuteurs… je n’ai pas de réponse absolue, j’essaie de comprendre moi aussi !

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    Louve a écrit:

    Le Christ lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. » Donc, c’est qu’il estime qu’elle a péché. Malgré cela, il ne la condamne pas, càd, il ne la condamne pas à mort. Il estime donc que sa vie vaut plus que son péché, donc qu’elle n’est pas assimilable à son péché. Cependant, péché il y a.

    Il est sûr que cela ferait un peu désordre que Jésus la condamne alors qu’il lui dit que les scribes et les pharisiens ne l’ont pas fait ! Mais il ne lui pardonne pas ses péchés, pour la raison que j’évoquais ci-dessus. Que vous le vouliez ou non, Jésus fait tout pour ne pas accabler les hommes de cet épisode, allant jusqu’à ne pas pardonner explicitement la femme. Et je persiste à dire qu’il n’est pas dit qu’il pense qu’elle n’est pas assimilable à son péché.

    Je ne partage pas du tout à votre vision de la femme comme « objet » au regard du Christ. Au contraire, il est le seul à lui reconnaître une dignité qui dépasse ses limites de femme pécheresse.

    Je n’ai pas dit que la femme est objet au regard du Christ, mais qu’elle est utilisée comme objet de tentation de la part des scribes et des pharisiens, qui la mettent « au milieu », sous les yeux de Jésus (un vrai homme) comme Dieu a mis l’arbre de la connaissance du bien et du mal au milieu du jardin des Délices sous les yeux de l’homme et de la femme, en leur disant de ne pas le manger… Et je ne vois toujours pas où vous voyez explicitement que Jésus reconnaît une dignité à la femme ; je ne dis pas que ce n’est pas vrai, mais ce n’est pas dit ici.

    Ce texte ne devrait pas s’appeler « la femme adultère » mais « la 4e tentation du Christ » ; je persiste et je signe.

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    @ Jonas: Enfin quelqu’un qui semble comprendre: Merci Jonas!! Deux prêtres, à 2 occasions différentes, m’ont parlé du fort interne et du fort externe d’1 croyant.Fort externe= l’Église, rien à espérer de ce côté! Le fort interne, en résumant de façon très grossière, est le point où en est le chrétien (ou plutôt catholique) dans sa vie et dans l’église. Et en utilisant cette notion, je vous assure que bien peu de prêtres refusent la communion à quelqu’un. Quant à une éventuelle damnation, NON 3fois NON!!!! Oui Jonas, au secours Jésus!!!

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    @ Dorothée: Chère Dorothée, vous dont le prénom signifie don de Dieu, vous me mettez du baume au cœur ! C’est vraiment Dieu qui vous envoie pour me soutenir au cœur de ma solitude ! Comment peut-on faire du texte sublime de « la femme adultère » quelque chose de sulpicien, avec un Jésus blond aux yeux verts regardant avec une infinie bonté une femme vêtue des pieds à la tête et baissant les yeux en ajoutant des considérations de pure religiosité sentimentale ? Les scribes ont amené devant Jésus une femme pratiquement nue (« en flagrant délit ») qu’ils ont « posée » au milieu du cercle et ont posé à Jésus la question qui tue ! Qui n’aurait pas baissé les yeux à sa place ? S’il ne l’avait pas fait il n’aurait pas été homme car il n’aurait pas craint d’être tenté au-delà du raisonnable ! Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On s’occupe de ces hommes et on les aide à s’en sortir au mieux ! Voilà ce qu’a fait Jésus, jusqu’au bout, en affirmant à la femme qu’ils ne l’avaient pas condamnée. Puis après, seulement après, on s’occupe d’elle et on fait pareil que ce qu’on a dit qu’il avaient fait, parce qu’on est homme aussi : on ne la condamne pas ! On ne lui pardonne pas, non pas parce qu’elle a fait n’est pas pardonnable, mais pour préserver ces hommes, qui sont les plus malheureux des hommes, enfoncés qu’ils sont dans le marécage de leurs lois sans pitié.

    On comprend pourquoi cet épisode s’est « promené » longtemps d’un endroit à un autre de divers évangiles, quelquefois carrément après la fin du dernier chapitre ! On ne savait qu’en faire ! Sait-on aujourd’hui ?

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    @ Jonas: Comme je l’ai déjà écrit, si ce couple venait à divorcer, la femme pourrait alors se marier religieusement avec quelqu’un d’autre (non divorcé, évidemment!) et pourrait communier! Si on réfléchit bien, on peut se retrouver face à des situations ubuesques d’une hypocrisie terrible, où la conscience, la morale, viennent se heurter à la loi de l’Église. Les couples mariés où l’1 des 2 au moins est divorcé ne revendiquent que rarement le droit à 1 sacrement de mariage. Ils acceptent très bien le fait de ne pas y avoir accès.Mais Jésus ne sait-il pas que ces couples croyants, pratiquants, ont gravi tant de montagnes qu’ils sont même parfois un exemple pour certains autres couples ‘en règle’….Je vais beaucoup choquer certains: ou l’Église est celle que Jésus voulait pour annoncer la bonne nouvelle avec l’aide de l’esprit saint, ou elle n’est pas en accord avec cela et est asphyxiée par ses propres règles juridiques, canoniques ou tout ce que vous voulez.. Cela l’empêche d’avancer dans de vraies réflexions dans le but de changer la situation actuelle et je reste convaincue que c’est possible. Jésus ne voit-il pas ce couple marié depuis 21 ans, ayant eu 4 enfants, traversé les épreuves de la vie (dont 1 drame familial terrible) en ne tombant pas: quel bel exemple de revanche sur le 1er échec! Je ne peux pas croire que Jésus ne soit au contraire pas prêt à se donner en nourriture à ces couples… » Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dit seulement une parole et je serai guéri ». Un prêtre (exerçant de hautes fonctions dans le diocèse)leur a un jour dit: non seulement je vous autorise à recevoir la communion, mais je vous y encourage fortement! Et oui, même le clergé a des interprétations différentes….C’est pour cela que j’aime cette notion de conscience éclairée, de fort interne, car nous sommes libres et donc vraiment responsables de nos actes Finalement Jonas, je vais continuer à lire les commentaires: je ne peux pas vous laisser seul!

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    @ Jonas (en réponse à votre message de 13:37) :

    J’ai un scoop pour vous : je ne connais pas le catéchisme de l’Eglise catholique, ni avec un petit, ni avec un grand C. En revanche, je me réfère sans arrêt aux Evangiles et aux Epîtres (une affection particulière pour Saint Paul). L’Evangile est cohérent avec lui-même et, dans le fond, les auteurs des Epîtres ne font que répéter la même chose sur tous les tons… Comme les saints, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire. Si vous voyez dans mes propos une décalcomanie du Catéchisme de l’Eglise, c’est peut-être qu’il y a un lien entre les deux, non ? ;-)

    Je reviens sur une remarque que vous aviez faite plus haut, dans les commentaires, et qui ne m’avait pas frappée sur le coup… C’était à propos de Mc 10 et du passage : « Moïse a permis de renvoyer sa femme [...] C’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. » Vous avez ajouté que, par humanité devant un commandement si difficile à respecter, on pourrait peut-être faire comme Moïse…

    Ce raisonnement est celui de l’Ancienne Alliance. Par les Tables de la Loi, Dieu a donné aux hommes un certain nombre de lois à respecter (je parle du Décalogue… le reste de la Loi juive, c’est autre chose), et le seul fait de les respecter suffisait à être justifié. Le Salut était obtenu par l’obéissance à une liste de préceptes. On pouvait « faire un check-list » et voir d’un coup d’oeil si on était en règle avec Dieu ou non.

    Mais le Christ, Lui, par le Discours sur la Montagne mais également par l’ensemble de Sa prédication, définit les termes de la Nouvelle Alliance : un seul Commandement (« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ») concentre à lui seul toute la loi. Ce n’est plus une liste, c’est un absolu. Il n’abolit pas le Décalogue : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. » (Mt 5, 17-18) Il n’a pas besoin de l’abolir, puisqu’Il le dépasse infiniment : le Seigneur ne veut plus une liste, Il veut TOUT. Forcément, la liste est comprise dedans… mais se contenter de la liste, cela ne satisfait plus le Christ ! Vous pensez bien que ce qu’Il dit du divorce et le remariage 10 lignes plus loin est compris dedans…

    Pour le Christ, c’est Dieu d’abord, et ensuite, par Dieu, avec Dieu, en Dieu, le prochain. Parce qu’on n’aime vraiment que quand on aime d’un amour divin. L’Evangile n’est que la déclinaison incessante de la même chose. Tout au long du Sermon sur la montagne, Il reprend : « Vous avez appris qu’il a été dit… eh bien, moi je vous dis… » Ce qui était avant était déjà dur : le Seigneur demande encore plus. La Loi obligeait à ne rendre que coup pour coup : Il exige que l’on se laisse battre sans répliquer, et que l’on bénisse Ses ennemis. Le Seigneur n’a pas amolli la Loi par un amour à l’eau de rose : Il l’a durcie, parce que l’Amour dépasse tout, transcende tout, endure tout, et aime toujours. (cf. 1 Co 13)

    Le véritable Amour ne fait pas de concessions… et ce, dans l’intérêt d’autrui. La Charité, ce n’est pas de dire : « Mon frère se trompe mais il souffre, alors je ne vais pas lui en rajouter ». C’est de dire : « Mon frère souffre, mais il se trompe. Si je ne l’aide pas à reprendre le bon chemin, il va se damner. Ca ne va pas être facile, ni pour lui ni pour moi, mais l’enjeu est si grand que je ne peux pas le laisser comme ça. » Sachant que la correction fraternelle, c’est dans les deux sens : moi aussi, quand je me plante parce que c’est dur, il faut que mes frères n’hésitent pas à me remettre dans le droit chemin, même si ça ne va clairement pas se faire sans mal. Parce que mon Salut vaut infiniment plus que ma vie terrestre. « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d’instruire. » (2 TI 4, 2)

    Il est là, le problème de la compassion : ne pas se laisser entraîner à l’exercer à mauvais escient, par peur de « faire souffrir ». Parce que quand on « laisse couler » pour certaines personnes, alors qu’on ne devrait pas, il faut voir aussi que cela « fait jurisprudence » autour d’eux et entraîne les autres à la chute. Pour prendre un exemple concret, Mgr Cardoso Sobrinho a rendu un plus fier service à ses fidèles en annonçant publiquement l’excommunication latae sententiae des avorteurs qu’en se taisant pour éviter le scandale : il n’a sanctionné personne (ce sont leurs propres actes qui les ont coupés de Dieu, et le cardinal n’est pour rien là-dedans), mais le fait qu’il l’ait rappelé publiquement a réveillé des centaines de personnes, qui ont brusquement pris conscience du péché qu’ils n’avaient pas vu et où ils seraient tombé en toute bonne foi. En somme, si vous voulez éviter de faire souffrir, il faut proclamer haut et fort que tel acte répandu dans la société est un péché, pour que ceux qui auraient été près d’y tomber puissent se reprendre à temps, et que ceux qui y sont déjà aient une chance de s’en détacher.

    Le problème de cette question de divorce-remariage, c’est qu’elle met en balance l’homme et Dieu. Dans le fond, en obligeant à dire « c’est acceptable » ou « ça ne l’est pas », elle oblige à choisir entre l’homme d’abord ou Dieu d’abord. Le Christ, quant à Lui, martèle sans arrêt sur tous les tons que Dieu doit toujours venir en premier : c’est justement là que ce trouve la différence entre la Loi de l’Ancienne Alliance et celle de la Nouvelle. Dieu d’abord. Dieu premier servi. Dieu comme centre et mesure de toute chose. Le Seigneur exige tout.

    « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. » (Mt 6, 33) « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi [...]. Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie pour moi la gardera. » (Mt 10, 37-39) « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. » (Lc 9, 23) « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. » (LC 10, 41-42) « Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. » (Lc 12, 4-5) « De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. » (Lc 14, 33) « 

    On pourrait citer l’Evangile en intégral, en fait… C’est toujours la même chose : le Seigneur d’abord. Tout remettre entre Ses mains, ne rien attendre que de Lui, ne rien désirer que ce qu’Il désire. Laisser le Seigneur modeler son âme jusqu’à ce qu’elle épouse parfaitement Sa volonté. Le Seigneur d’abord, et par Lui, avec Lui et pour Lui, le prochain… pas l’inverse ! « Seingeur, non pas ma volonté mais la Tienne. » Le but de tout chrétien est la sainteté, pas un accommodement raisonnable de sa vie avec la Parole de Dieu. La sainteté ! Comment l’Eglise pourrait-elle tirer vers le haut, si elle abaisse la loi divine pour faire passer l’homme d’abord ?

    Cela ne vous fera pas plaisir… C’est pourtant la vérité. L’argument « ce que demande le Christ demande est trop dur, incompatible avec la vie humaine, on peut être heureux sans s’astreindre à un tel supplice permanent »… c’est le leitmotiv des lucifériens. Pas les satanistes qui adorent le diable dans sa version la plus violente et infâme. Les lucifériens, eux, ils suivent l’ange de lumière, celui qui prétend adoucir un peu cette dure vie terrestre, parce que, bon, les commandements, tout le monde sait bien que c’est trop dur. DIeu pardonnera bien, de toute façon. Dit comme ça, c’est cru, mais c’est justement le cas : faire passer l’homme avant Dieu. Croire que l’homme peut déterminer lui-même ce qui est bon, et que son jugement sera plus humain et raisonnable que ce qu’a demandé Dieu. Le péché originel dans toute sa splendeur.

    Evidemment, c’est tentant ! C’est la plus grande tentation de l’homme, il n’y en a aucune qui nous soit plus naturelle que celle-ci : elle est gravée dans notre nature. Le péché originel dans toute sa splendeur ! Si vous croyez que je n’ai pas envie, moi aussi, de dire : « Allez, on s’en fiche, c’est du passé. Revenez communier ! Le Seigneur comprendra bien. » Seulement voilà : cette tentation-là n’est pas bonne. Sous une apparence de charité, c’est encourager autrui à rester coupé de Dieu et à persister dans son erruer en lui donnant un atour de vertu. Le 2ème type de tentation de Saint Ignace, celui qui se déguise sous les meilleures intentions du monde. « Non pas ma volonté, mais la Tienne. » Quand Il a fait cette prière, le Christ aurait voulu ne pas souffrir Sa Passion. Il en souffrait terriblement, par avance, et pourtant cela faisait des mois qu’Il l’annonçait et la proclamait comme le signe de la rédemption. « Père, si tu le peux, détourne de moi cette coupe ! » Mais cette prière-là, le Père ne l’a pas exaucée… par Amour. Comprenez que le Seigneur, quand il refuse ce qui nous semblerait si juste, si mérité, ne le fait pas par dureté mais par Amour ! Dire « non, ce n’est pas possible » pour que les gens ne se damnent pas, ce n’est pas de la dureté, c’est de l’amour ! Mais pas de l’amour humain : de l’amour divin. La logique de Dieu n’est pas celle des hommes. Nous, nous ne voyons que ce qui a rapport à nous-mêmes, et encore ; Lui, Il embrasse toute Sa Création d’un seul regard, Il connaît tous les replis de l’âme de chacune des créatures tant aimées ; Il n’a pas d’autre désir que de nous attirer à Lui. La Vérité et l’Amour ne sont pas séparables : « Quand vous dites « oui », que ce soit un « oui », quand vous dites « non », que ce soit un « non ». Tout ce qui est en plus vient du Mauvais. » (Mt 5, 37)

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    @ Dorothée :

    Pourriez-vous détailler ceci, s’il vous plaît : « Fort externe= l’Église, rien à espérer de ce côté! » ? J’ai peur de comprendre…

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    @ AncillaDomini: Le fort externe représente notre position vue de l’extérieur@ AncillaDomini: Le fort externe est sa situation vue de l’extérieur, la communauté chrétienne et sa hiérarchie pour un catholique. Objectivement, vue sa situation, cette personne ne peut accéder aux sacrements. « Allez, on s’en fiche, c’est du passé….. »: mais on ne s »en fiche pas du tout », en tout cas pas ceux qui vivent cette situation!!!! A chaque eucharistie, on repense à cette situation de fait et on prie pour que Jésus nous éclaire et , désolée pour ceux qui croient tout savoir, qu’il aide également la communauté catholique à trouver une solution, mais une vraie! Et qu’on ne me parle pas de damnation, de Satan…Certains catholiques divorcés remariés se tournent vers d’autres Églises? Savez vous que c »est très tentant et que beaucoup ont été traversés par cette idée!!

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    Nicolas a écrit:

    Je vais peut-être être très hérétique sur ce coup-là, mais pour moi, il n’y a significativement rien de différent entre le mariage civil ou religieux. Parlons crument : l’acte sexuel est mariage. Il engage les deux époux, il engage Dieu. Le sacrement n’est pas un « PLUS », il n’est qu’un cadre juridique dans lequel on s’assure que tous les éléments sont réunis pour que ça marche. La marche normale c’est cela dans l’Eglise : pas de relation sexuelle avant le mariage puisque c’est ça le mariage l’union d’un homme et d’une femme.

    Pour nous aider tous les deux à y voir plus clair , voici les passages du CEC qui nous intéressent:

    1623 Selon la tradition latine, ce sont les époux qui, comme ministres de la grâce du Christ, se confèrent mutuellement le sacrement du Mariage en exprimant devant l’Église leur consentement. Dans la tradition des Eglises orientales, les prêtres ou évêques qui officient sont les témoins du consentement mutuel échangé par les époux (cf. CCEO, can. 817), mais leur bénédiction est nécessaire aussi à la validité du sacrement (cf. CCEO, can. 828).

    1624 Les diverses liturgies sont riches en prières de bénédiction et d’épiclèse demandant à Dieu sa grâce et la bénédiction sur le nouveau couple, spécialement sur l’épouse. Dans l’épiclèse de ce sacrement les époux reçoivent l’Esprit Saint comme Communion d’amour du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 32). C’est Lui le sceau de leur alliance, la source toujours offerte de leur amour, la force où se renouvellera leur fidélité.

    1627 Le consentement consiste en un  » acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement  » (GS 48, § 1 ; cf. ? CIC, can. 1057, § 2) :  » Je te prends comme ma femme  » –  » Je te prends comme mon mari  » (OcM 45). Ce consentement qui lie les époux entre eux, trouve son accomplissement en ce que les deux  » deviennent une seule chair  » (cf. Gn 2, 24 ; Mc 10, 8 ; Ep 5, 31).

    1639 Le consentement par lequel les époux se donnent et s’accueillent mutuellement, est scellé par Dieu lui-même (cf. Mc 10, 9). De leur alliance  » une institution, quela loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la société  » (GS 48, § 1). L’alliance des époux est intégrée dans l’alliance de Dieu avec les hommes :  » L’authentique amour conjugal est assumé dans l’amour divin  » (GS 48, § 2).

    1640 Le lien matrimonial est donc établi par Dieu lui-même, de sorte que le mariage conclu et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissout. Ce lien qui résulte de l’acte humain libre des époux et de la consommation du mariage, est une réalité désormais irrévocable et donne origine à une alliance garantie par la fidélité de Dieu. Il n’est pas au pouvoir de l’Église de se prononcer contre cette disposition de la sagesse divine (cf. ? CIC, can. 114

    Si l’acte sexuel vient valider le sacrement du mariage , il n’est pas mariage à lui seul. Si les époux sont les ministres de leur sacrement, c’est l’Esprit qui vient « sceller leur alliance » et leur apporte « la force où se renouvellera leur fidélité ». C’est, à mon sens, un peu plus que juridique…

    Maintenant, je veux bien croire que vous ayez une autre vision du mariage religieux, mais si ce n’est pas celle de l’Eglise catholique, alors il n’est pas bien étonnant que vous ne soyez pas non plus d’accord avec le dernier point (1640). En reprenant vos propres mots, il n’est pas du pouvoir de l’Eglise de dire : tu peux « repartir à zéro ». De là, découle l’impossibilité de recevoir l’absolution, de là découle l’impossibilité de recevoir la communion. Ce n’est pas l’Eglise qui dit : « vous là, pas de communion, vous êtes pas dignes ! », ça n’est pas l’Eglise qui condamne, c’est la situation où se trouve le fidèle qui l’empêche de communier, situation à laquelle l’Eglise ne peut rien puisque ce n’est « pas en son pouvoir ».

    Par contre, là où l’Eglise (et là, je ne parle pas seulement des prètres, des évêques ou du pape, mais de chacun de nous) peut agir et doit agir, c’est dans l’accueil et le changement de regard, à la fois sur les personnes qui ne communient pas et sur eux-mêmes (où en suis-je avec le sacrement de réconciliation ?) Et là, je rejoins ce que Dorothée a dit sur les couples divorcés-remariés qui sont parfois des piliers de leur paroisse et qui peuvent tout à fait être des exemples de sainteté pour les autres. Le fait de ne pas aller communier peut être, à mes yeux, un magnifique témoignage de ce qu’est l’eucharistie et de ce qu’est le mariage. Cela transcende, de cette façon, la situation douloureuse dans laquelle ils se trouvent et en fait un geste missionnaire. Mais il est évident que si la situation est vécue comme une sanction subie, cela ne fait qu’accroître la souffrance…

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    Bonjour,

    Je crois que le fond du problème dans cette discussion c’est qu’on veut prendre des cas particuliers pour en faire une règle générale. Il est justement là le piège. Et d’ailleurs Dorothée a mis le doigt dessus en distinguant le fort externe et le fort interne. Je suis très touché par les exemples qui nous ont été cités, comme je suis très touché par toutes ces personnes qui vivent ces épreuves. Mais cela reste des cas particuliers. Est-ce que cela veut dire que l’évêque dont nous a parlé Dorothée a enfreint la règle ? Bien sur que non ! Ce que nous enseigne l’Eglise, fidèle au commandement d’amour du Christ dont nous a si bien parlé AncillaDomini, c’est qu’on ne peut pas communier si on persiste volontairement dans l’adultère (ou dans un autre péché). Le couple dont a parlé Dorothée s’en est remis totalement à l’amour du Seigneur, si j’en crois la recommandation de leur évêque, et il a alors estimé qu’ils vivaient leur situation comme une épreuve, dans la fidélité à Dieu, et donc, dit en termes techniques, qu’ils ne persistaient pas volontairement dans l’adultère. Comment cela se fait-il ? Tout simplement parce que leur situation ne permettait plus de dire qu’ils étaient libres de mettre fin à cet adultère (au sens technique du terme), et donc que cet adultère n’en était plus un (au sens moral du terme cette fois).

    Ce qu’il faut bien voir, par les exemples particuliers que l’on cite c’est que :

  • – soit le premier mariage n’est pas valide, sur le plan sacramentel
  • – soit le nouveau mariage, bien qu’étant un péché, peut être confessé, et que la situation qui en découle, des années après, ne peut plus être considérée comme un choix volontaire de péché, mais au contraire comme une réponse à l’amour de Dieu. Dans ce cas, sans rentrer dans les détails techniques, on peut observer que la volonté libre du couple s’exprime sous une forme propre à non pas privilégier quotidiennement leur propre choix de vie, mais à répondre à l’appel de Dieu en assumant leurs nouvelles responsabilités familiales, bien que « hors mariage » (car dans ce cas, le second mariage n’est pas un sacrement).
  • Mais ceci n’est possible à discerner que face à l’épreuve, épreuve de l’obéissance filiale à l’Eglise et de fidélité aux commandements d’amour du Seigneur. Et c’est là qu’il faut faire toute confiance à nos pasteurs, car c’est par eux que s’exprime la volonté du Seigneur pour nous. Que ce passerait-il si l’Eglise changeait la règle, à supposer qu’elle le puisse (allant ainsi à l’encontre des profondes raisons théologiques qui justifient sa discipline) ? Il y aurait un mensonge sur la nature du péché, alors ces couples ne pourraient plus se tourner vers la miséricorde de Dieu. Voyez le livre de Job. Voyez la vie de Padre Pio et de tous les saints. Bien que ce soit extrêmement difficile à dire à des personnes dans la tourmente, c’est dans l’épreuve et dans la fidélité à son Eglise que nait en nous le véritable amour du Seigneur, et que nous sommes en marche vers la sainteté.

    Je suis convaincu, comme nous le dit Dorothée, que les personnes dont elle parle sont bien plus avancées dans ce chemin de sainteté que je ne le serai jamais. J’en suis réellement convaincu. Mais ils le sont précisément parce qu’ils se sont soumis à cette épreuve de confiance, de foi et d’obéissance et que le Seigneur les a entendu. Et par la sollicitude du pasteur qui les accompagne, il les a invité de nouveau à sa table. Ce n’est pas parce qu’on transgresse pour eux une règle morale instituée par Dieu, pas parce qu’ils auront décidé de n’en faire qu’à leur tête trouvant que la règle est trop dure. C’est parce que la Loi institué par Dieu a pour finalité l’Amour de Dieu, et qu’à travers la vie de ces personnes, c’est exactement à cette finalité qu’elle a abouti. La loi est donc parfaitement juste en cela !

    Un des symboles de la Torah (la Loi / l’Enseignement) dans les écritures, c’est l’eau ; l’eau vive, dont Jésus parle à la Samaritaine. C’est de la fontaine qu’est le Christ qu’on puise cette eau vive, cette eau qui jailli de son coeur avec le sang de son sacrifice sur la croix. Enlevez la Loi, enlevez cette eau, et il n’y a plus rien pour arroser la terre (nature humaine) et faire grandir l’arbre de vie. Il ne faut pas obéir aveuglément à la Loi, et ce n’est pas elle qui nous justifie comme nous le rappelle Saint Paul. Mais il faut obéir à la Loi dans la foi en l’amour et la miséricorde de Dieu. La Loi n’est pas une checklist qui, lorsque vous avez tout coché, vous donne le diplôme de sainteté, et qui si vous avez loupé des bouts vous damne à jamais. La Loi est l’ingrédient essentiel qui nourri votre coeur pour vous conduire à Dieu. Ce n’est pas votre respect de la Loi que juge Dieu, mais c’est l’Amour que vous avez pour Lui. Simplement, cet amour s’exprime entre autres choses, justement par notre obéissance filiale à la Loi.

    Si vous êtes parents vous devez savoir exactement de quoi je parle : ne dites-vous jamais à vos enfants « ne fais pas ça » sans qu’ils puissent saisir toute l’importance pour eux-même de ce que vous leur dites, et avoir conscience du malheur dont vous les protégez ? Si ils désobéissent, alors il leur arrive un malheur (à supposer que votre interdiction n’étaient pas simplement inutile). Mais si ils obéissent alors ils grandissent, prennent pour eux ce commandement que vous leur avez donné, et un jour ils atteignent l’âge d’être préservé du danger que vous vouliez prévenir par votre interdiction. Mais si vous n’aviez pas posé cette interdiction, il leur serait arrivé le malheur dont vous deviez les préserver, et alors jamais ils n’auraient eu l’occasion de grandir jusqu’à en être délivré.

    C’est ce dont parle AncillaDomini : mettre le Seigneur d’abord, avoir confiance dans le fait qu’en obéissant fidèlement à son Eglise, vous grandirez dans son amour, et qu’alors vous êtes en marche vers ce que vous désirez : le salut, la communion avec lui. Car j’imagine qu’on ne souhaite pas communier juste pour le gout du pain. C’est le salut en Dieu qu’on recherche. Et Dieu dit, par son Eglise, que ce salut en Dieu passe par l’obéissance à son Eglise. Tous les saints en témoignent. Et l’exemple particulier dont nous parle Dorothée, un exemple de sainteté j’en suis convaincu, en est l’illustration parfaite. C’est tout le contraire d’une raison pour changer la loi : c’est justement la démonstration que la Loi est totalement juste, puisqu’elle opère ce retour à Dieu que nous voulons tous pour les personnes qui ont chuté ou ont connu des épreuves terribles et qu’elles désirent ardemment.

    Maintenant pour d’autres cas qui ont été évoqués, comme les gens qui préfèrent renoncer à l’Eglise, se tourner vers d’autres religions, ou communier malgré l’interdiction qui leur est posée – ou encore les considérations comme celles de Nicolas qui réduisent le sacrement de mariage à un « rien du tout », nous avons l’exemple de personnes dont on ne peut vraisemblablement pas dire qu’elles désirent plus que tout le retour à Dieu. Nous avons justement l’exemple de personnes qui, dans l’adversité, se rebellent et décident de préférer leur propre volonté à la Volonté du Seigneur. Ils renoncent à leur foi. C’est tragique (et pas irréversible, Dieu merci) mais, si j’ose dire, ce n’est ni la faute de l’Eglise ni la faute de Dieu.

    Cela reste cependant un échec pour toute la communauté, et pas seulement pour ces personnes. Nous avons tous une grande responsabilité dans ce genre d’échec : comment avons-nous accompagné ces personnes ? ne les avons-nous pas jugé ? ne les avons-nous pas rejeté ? leur avons-nous témoigner suffisamment d’amour ? Mais ce qu’il y a à changer ce n’est pas la Loi, c’est notre disposition à nous y impliquer vraiment, tous autant que nous sommes.

    Dans nos chemins de vie, le Seigneur nous met face à des choix : que Ta Volonté soit Faite / Délivre-nous du mal. Peut-on sincèrement dire ces prières et puis derrière se dire : « L’Eglise dit n’importe quoi, moi je sais mieux ce qui est bon pour moi ! » C’est exactement, comme l’a dit AncillaDomini, la réplique du péché originel. L’interdiction de Dieu devant l’arbre de la connaissance du bon et du mauvais est justement ce choix devant lequel nous met le Seigneur chaque instant de notre vie.

    Si donc nous sommes ici pour évoquer des cas particuliers, ce n’est pas à nous de le faire (en tant qu’internautes dans ce débat), mais à nous en tant que proches et membres de la communauté de ces personnes qui vivent ces épreuves, et surtout aux pasteurs qui plongent avec elles dans leur fort interne (pour reprendre les mots de Dorothée), pour y déceler la graine que la Loi du Seigneur a fait germer dans leur coeur.

    Mais si nous sommes ici pour savoir si la discipline de l’Eglise doit changer (le fort externe dont parle Dorothée), je pense qu’il n’y a effectivement pas grand chose à en attendre. Cela ne pourra certainement pas se faire sous la forme d’une « révision de la Loi », mais uniquement, je crois, sur le plan des recommandations pastorales permettant de favoriser toujours plus l’accueil et l’accompagnement de ces personnes, dans toute leur singularité.

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    AncillaDomini a écrit:

    @ Jonas (en réponse à votre message de 13:37) : J’ai un scoop pour vous : je ne connais pas le catéchisme de l’Eglise catholique, ni avec un petit, ni avec un grand C. En revanche, je me réfère sans arrêt aux Evangiles et aux Epîtres (une affection particulière pour Saint Paul). L’Evangile est cohérent avec lui-même et, dans le fond, les auteurs des Epîtres ne font que répéter la même chose sur tous les tons…

    Parfait, vous pouvez donc, sans regarder votre catéchisme, dire clairement où un évangile ou une épître interdit aux divorcés de communier.

    Ce raisonnement est celui de l’Ancienne Alliance. Par les Tables de la Loi, Dieu a donné aux hommes un certain nombre de lois à respecter (je parle du Décalogue… le reste de la Loi juive, c’est autre chose)

    Vous dites, avec une dose de mépris évidente, que « la loi juive c’est autre chose »… Bien sûr, la liste des 613copmmandements est quelquefois surprenante (je suis sûr que vous l’avez consultée). Mais la loi catholique c’est quoi, sinon « autre chose » aussi ? Cf. ma question ci-dessus. Mais je ne veux pas ouvrir un débat sur toutes les « autres choses » que l’Eglise Catholique Romaine a ajoutées au fil des siècles (et, malheureusement j’ai peur que ce ne soit pas fini), en particulier pour faire de Marie la demi-déesse dont le peuple avait besoin et qu’on trouvait dans toutes les autres religions et qu’on est obligé de croire sous peine d’être anathème.

    « Vous avez appris qu’il a été dit… eh bien, moi je vous dis… »

    Jésus nous dit quoi sur le divorce (plutôt, certainement, sur la répudiation, ce qui n’est pas la même chose) ? De priver les « coupables » de sacrements (qui n’existaient pas au moment où il parlait !) ?

    Le véritable Amour ne fait pas de concessions… et ce, dans l’intérêt d’autrui. La Charité, ce n’est pas de dire : « Mon frère se trompe mais il souffre, alors je ne vais pas lui en rajouter ». C’est de dire : « Mon frère souffre, mais il se trompe. Si je ne l’aide pas à reprendre le bon chemin, il va se damner.

    Vous pensez que la privation d’eucharistie va faire ce que vous dites : que votre « frère » divorcé-remarié va reprendre le bon chemin grâce au fait de ne pas communier ? Mais quel serait dans son cas le bon chemin ? Divorcer une nouvelle fois pour redevenir « célibataire » ?!

    Parce que quand on « laisse couler » pour certaines personnes, alors qu’on ne devrait pas, il faut voir aussi que cela « fait jurisprudence » autour d’eux et entraîne les autres à la chute.

    Pourquoi, alors, l’Eglise a-t-elle « laissé couler » sur le problème des prêtres qui avaient des enfants avec des concubines ? Par compassion, comme vous dites ? Et comment va-t-elle résoudre ce problème immense, maintenant, en prenant le risque de conséquences financières énormes (ce qui est le principal obstacle, évidemment) ? Et, accessoirement, humaines.

    Cela ne vous fera pas plaisir… C’est pourtant la vérité. L’argument « ce que demande le Christ demande est trop dur, incompatible avec la vie humaine, on peut être heureux sans s’astreindre à un tel supplice permanent »… c’est le leitmotiv des lucifériens. Pas les satanistes qui adorent le diable dans sa version la plus violente et infâme. Les lucifériens, eux, ils suivent l’ange de lumière, celui qui prétend adoucir un peu cette dure vie terrestre, parce que, bon, les commandements, tout le monde sait bien que c’est trop dur. Dieu pardonnera bien, de toute façon.

    Ah bon ! Je ne savais pas que les lucifériens (brrrr !) disent que Dieu pardonnera bien ! Ca c’est une bonne nouvelle.

    Faire passer l’homme avant Dieu. Croire que l’homme peut déterminer lui-même ce qui est bon, et que son jugement sera plus humain et raisonnable que ce qu’a demandé Dieu. Le péché originel dans toute sa splendeur. Évidemment, c’est tentant ! C’est la plus grande tentation de l’homme, il n’y en a aucune qui nous soit plus naturelle que celle-ci : elle est gravée dans notre nature. Le péché originel dans toute sa splendeur ! Si vous croyez que je n’ai pas envie, moi aussi, de dire : « Allez, on s’en fiche, c’est du passé. Revenez communier ! Le Seigneur comprendra bien. » Seulement voilà : cette tentation-là n’est pas bonne. Sous une apparence de charité, c’est encourager autrui à rester coupé de Dieu et à persister dans son erruer en lui donnant un atour de vertu.

    Ne pensez-vous pas que le péché originel c’est aussi « charger les hommes de fardeaux » que Dieu n’a pas demandés ? C’est-à-dire de se mettre à la place de Dieu pour juger ses frères humains ? On revient à la question de fond : Dieu exige-t-il de refuser Sa Nourriture aux divorcés-remariés ? Ou est-ce une invention de l’Eglise Catholique Romaine, par l’entremise de tous les hommes célibataires qui la dirigent ? Dieu a bien nourri Élie qui venait de zigouiller de ses propres mains les 450 prophètes de Baal ! Mais, me direz-vous, c’était sur ordre de Dieu et, donc, pour leur bien…

    Le 2ème type de tentation de Saint Ignace, celui qui se déguise sous les meilleures intentions du monde. « Non pas ma volonté, mais la Tienne. » Quand Il a fait cette prière, le Christ aurait voulu ne pas souffrir Sa Passion. Il en souffrait terriblement, par avance, et pourtant cela faisait des mois qu’Il l’annonçait et la proclamait comme le signe de la rédemption. « Père, si tu le peux, détourne de moi cette coupe ! » Mais cette prière-là, le Père ne l’a pas exaucée… par Amour.

    Cela me laisse perplexe. La prière de Jésus à Gethsémani est magnifique, mais qui peut me jurer que les apôtres (qui dormaient !) l’ont entendue puis répétée aux évangélistes. Sinon, on ne peut que faire des supputations sur ce que Jésus a dit. Bien sûr, l’agonie de Jésus a été une vraie agonie, un vrai combat ; mais s’appuyer sur les mots précis pour argumenter est un peu hasardeux. Jésus savait qu’il était venu pour satisfaire le « dessein bien arrêté de Dieu » (Ac 2,23), ce qu’il a dit maintes fois au cours de sa vie publique.

    Comprenez que le Seigneur, quand il refuse ce qui nous semblerait si juste, si mérité, ne le fait pas par dureté mais par Amour !

    Reste à savoir si la règle de la privation de communion est un règle divine ou Vaticane. On en revient toujours au même problème.

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    @ Jonas: Vous mettez manifestement bien en lumière le fait que d’être privé d’un discernement en Eglise (instituée par Dieu pour paitre les brebis que nous sommes) on peut faire dire tout et son contraire à la Bible. C’est bien, ça permet de clore le chapitre sur les débats de versets contre versets.

    Pour répondre quand même à votre question, il a été cité plusieurs fois les mots de Saint Paul disant que quiconque mange le corps et bois le sang du Seigneur de manière indigne, mange et bois sa propre condamnation. Ensuite ont été cités les paroles de Jésus concernant l’adultère et les différentes références au mariage, présentant les mariages multiples comme des péchés. Enfin, il a été maintes fois évoqué la miséricorde de Dieu et le fait que Dieu pardonnait nos péchés, en nous demandant de ne plus pécher.

    Je sais que cela ne fait pas un seul verset. Cela dit, les Ecritures demandent aussi d’êtres comprises dans une approche globale cohérente. Ainsi si vous voulez savoir si c’est une règle instituée par Dieu ou par des hommes (sans inspiration, puisque c’est ce que vous sous-entendez, sinon cela reviendrait au même) je vous invite à définir pour vous ce qu’est un péché, un sacrement, et l’eucharistie (notamment dans sa finalité).

    Vous pensez que la privation d’eucharistie va faire ce que vous dites : que votre « frère » divorcé-remarié va reprendre le bon chemin grâce au fait de ne pas communier ?

    Non, c’est grâce à… la grâce justement (que vous semblez bizarrement évacuer de votre équation). La grâce c’est cette chose divine à laquelle il faut rendre son coeur disponible par la patience, l’humilité, la fidélité, l’obéissance, etc… Tout ça pour dire qu’on ne vient pas à Dieu tout seul, pas plus qu’on y revient après s’en être coupé : on se rend disponible et c’est Lui qui fait !

    Jonas a écrit:

    Ne pensez-vous pas que le péché originel c’est aussi « charger les hommes de fardeaux » que Dieu n’a pas demandés ?

    Si vous faites allusion aux propos de Jésus, accusant les « légistes » de charger les gens de pesant fardeaux impossible à porter, je vous invite à remettre ces propos dans leur contexte :

    En Mathieu 23 : Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt.

    Ou encore en Luc 11, 46 : A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d’un seul de vos doigts !

    Ainsi donc, Jésus ne reproche pas tant les fardeaux que le fait que ceux qui les définissent ne les portent pas. Mieux, il recommande même d’obéir en tous points à la Loi. Voilà à ce propos, sur un plan plus « pastoral », le conseille que donne alors Saint Paul, en Galates 6 : Frères, même dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien toi aussi être tenté. Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ.

    Quant à vous, par cette référence, vous semblez reprocher à une Eglise de célibataires d’édicter des lois iniques qu’ils ne porteraient pas eux-même. Pourtant nos prêtres (contrairement aux légistes à qui s’adresse Jésus) vivent eux-même l’abstinence à laquelle ils invitent leurs brebis qui ont connu la tragédie du divorce ; cette abstinence que dans un de vos précédents messages vous aviez l’air de trouver si absurde ! Et ils les aident à porter ce fardeau en accomplissant ainsi la Loi du Christ.

    J’ai l’impression que vous voyez Jésus un peu comme quelqu’un qui serait venu dire à tout le monde « faites ce que vous voulez, du moment que vous vous aimez » et sans jamais nous expliquer ce qu’est l’Amour. Vous ne croyez pas que ça fait beaucoup de pages, la Bible, pour dire juste ça ? Oui au commandement d’Amour, mais après c’est peut-être intelligent de se demander : au fait, c’est quoi l’Amour ?

    Maintenant juste un petit conseil en même temps qu’une digression : je suis bien conscient du fait que dans le protestantisme on a du mal à ne pas voir les évangélistes comme des gens isolés dans leur petit bureau, avec une étrange lumière au-dessus d’eux qui les met en écriture automatique pour rédiger les évangiles dans un grec aussi parfait qu’immuable. Quoiqu’on en pense, les évangélistes comme tous les disciples du Christ, font parti d’une Tradition, qui a d’ailleurs débuté oralement ; cette même Tradition qu’est l’Eglise aujourd’hui, le tout institué par Jésus ; divinement donc.

    Jésus n’a pas écrit un bouquin qu’il aurait laissé à ses disciples. En conséquence de quoi, ce ne sont pas les Ecritures qui statuent sur la Tradition, mais la tradition qui fixe les Ecritures. C’est pourquoi, il me semble que vous vous perdez à opposer l’un et l’autre. Personnellement, et le conseil est là, je ne me sers pas des Ecritures pour chercher ce qui cloche dans la Tradition, mais je me sers de la Tradition pour chercher ce qui cloche dans mon interprétation personnelle des Ecritures. ;)

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    @ Pneumatis: Eh, oui Pneumatis, il y a ici les « proches du Seigneur » : vous, qui êtes cousin de l’Esprit, vous êtes le Souffle (même si votre pseudo est un barbarisme en grec) ! Et AncillaDomini, qui se prend pour la Vierge Marie. Mon pseudo est celui du pauvre Jonas qui ne comprend rien, qui conteste ce que dit Dieu et qui râle tout le temps, la pauvre colombe (yionah) pas très douée à qui il faut tout expliquer… Mais qui y va quand même, finalement.

    Bien sûr vous pensez que je suis protestant, mais on peut protester sans l’être ! J’étudie la Bible depuis assez longtemps pour ne pas penser que les évangélistes étaient des êtres isolés (qu’on voit pourtant « non accompagnés » en statues et en tableaux dans nos églises, tels le cher Jérôme devant son crâne…) même si nos curés aiment à raconter qui ils étaient, eux, personnes physiques. Je sais très bien que l’évangéliste « Jean » n’est pas le disciple, par exemple ; je sais aussi que l’épistolier Paul réussit le tour de force d’inventer le Christianisme sans citer une seule parole ou un seul acte de Jésus (mis à part les mots de l’institution de l’Eucharistie).

    Cela dit, je sais bien qu’il faut « se rendre disponible » et que « c’est Dieu qui fait ». J’en ai fait l’expérience et elle a changé ma vie. Mais, justement, quoi que Dieu fasse la règle ecclésiale envers les divorcée-remariés demeure. Combien l’Église a-t-elle dans son histoire exécuté de gens qui déviaient de « La Ligne » (voyez, je n’ai pas ajouté : du Parti !) en les faisant souffrir au maximum pour qu’il expient leurs péchés, (et gagnent au moins le Purgatoire !) sans avoir la preuve formelle (sinon par le jugement de Dieu, qui est une vraie honte : cela n’était-il pas tenter Dieu de façon scandaleuse ?) que ce qu’ils disaient était « condamnable » selon Dieu ? Galilée l’a échappé belle ! Combien ont été réhabilités ? Et qu’attend l’Église pour abolir l’excommunication de l’abbé Loisy, car combien d’exégètes auraient dû être aussi excommuniés si Elle n’avait pas mi la pédale douce ? Ce qu’il disait a fait des adeptes qui ont fait avancer l’exégète moderne (on a toujours tort d’avoir raison trop tôt) mais il reste au ban. J’espère de tout cœur qu’il est quand même au Paradis !

    Post-scriptum Pneumatis a écrit:

    J’ai l’impression que vous voyez Jésus un peu comme quelqu’un qui serait venu dire à tout le monde « faites ce que vous voulez, du moment que vous vous aimez »

    Je ne répond pas à cette ineptie !… Et je retourne dans mon poisson !

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    Jonas a écrit:

    Eh, oui Pneumatis, il y a ici les « proches du Seigneur » : vous, qui êtes cousin de l’Esprit, vous êtes le Souffle (même si votre pseudo est un barbarisme en grec) ! Et AncillaDomini, qui se prend pour la Vierge Marie.

    Je vous trouve plutôt injuste. Chacun ici défend ce qu’il pense bon et juste. Pourquoi le fait de partager la position de l’Eglise rendrait quelqu’un plus intransigeant, plus vaniteux (et sans doute béatement soumis) qu’un autre qui reste persuadé qu’il a raison en pensant que l’Eglise a tort ? (mmm… désolée, syntaxe complexe, mais bon c’est bien ce que je veux dire)

    Le fait d’avoir une opinion et d’y tenir ne signifie pas que l’on s’estime supérieur à ceux qui ne la partagent pas.

    Continuons donc de débattre de façon paisible !

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    Jonas a écrit:

    Eh, oui Pneumatis, il y a ici les « proches du Seigneur » : vous, qui êtes cousin de l’Esprit, vous êtes le Souffle (même si votre pseudo est un barbarisme en grec) !

    En fait c’est plutôt un mot latin, tiré du grec je vous l’accorde, mais latin tout de même. Quand à être une figure de l’Esprit, la colombe est bien de la partie, elle aussi ;)

    Bien sûr vous pensez que je suis protestant, mais on peut protester sans l’être !

    Ben ça, si c’est pas jouer sur les mots !

    Je sais très bien que l’évangéliste « Jean » n’est pas le disciple, par exemple ; je sais aussi que l’épistolier Paul réussit le tour de force d’inventer le Christianisme sans citer une seule parole ou un seul acte de Jésus (mis à part les mots de l’institution de l’Eucharistie).

    Vous en avez de la chance d’avoir si bien connu Jean et Paul ? Avez-vous donc accompagné Paul durant tous ses voyages, comme l’évangéliste Luc, son fidèle disciple a qui l’on doit d’en savoir tant sur Paul et qui pourtant nous en dit aussi tant sur Jésus ? Ah suis-je bête, le voyage dans le temps n’a pas encore été inventé ! Peut-être alors avez-vous juste pensé qu’en dehors d’écrire des lettres, Paul était resté dans un mutisme total ! Ou peut-être juste que cela ne vous est pas passé par la tête que Paul, comme tout juif qui se respecte (en particulier les disciples des grands rabbi comme Gamaliel), composait des enseignements oraux. Il en parle pourtant dans ses lettres, notamment en distinguant sciemment ce qui est « l’évangile » et ce qui est son « kerygme ».

    Pour ce qui est de Jean, vous pouvez faire l’expérience de croiser, en alternance de perles à perles, l’évangile de Marc et celui de Jean. Marc (qui s’appelait Jean aussi d’ailleurs, mais ça aurait été définitivement impossible à s’y retrouver) étant le disciple et traducteur de Pierre, vous verrez alors qu’on a dans le croisement de ces deux évangiles, le contenu parfait de la prédication à deux voix de Pierre et de Jean, si souvent envoyés ensemble par Jésus.

    Bref, digression pour digression, si cela vous intéresse, penchez-vous sur les travaux de Pierre Perrier et les 30 ans de recherches qu’il a fait sur la formation orale des évangiles et sur le judaïsme du temps de Jésus. Vous y apprendrez notamment comment on peut prouver par la structure même des textes que l’évangile de Luc est de composition paulinienne pour sa plus grande partie (hors l’évangile de l’enfance qu’on ne peut attribuer qu’à la Vierge Marie, en toute vraisemblance). Vous verrez, c’est parfaitement catholique, et ça vaut mieux que 200 ans d’exégèse protestante (à décortiquer des textes de manière totalement anachronique), je vous le promets ! http://pneumatis.over-blog.com/article-26791996.html ou encore http://www.rosaires.net/

    Combien l’Église a-t-elle dans son histoire exécuté de gens qui déviaient de « La Ligne » (voyez, je n’ai pas ajouté : du Parti !) en les faisant souffrir au maximum pour qu’il expient leurs péchés, (et gagnent au moins le Purgatoire !) sans avoir la preuve formelle (sinon par le jugement de Dieu, qui est une vraie honte : cela n’était-il pas tenter Dieu de façon scandaleuse ?) que ce qu’ils disaient était « condamnable » selon Dieu ?

    Oui c’est une bonne question ça : combien ? Si vous avez une réponse, même approximative, je suis preneur. Pour Galilée, j’ai ouïe dire que d’après les minutes de son procès il était assez loin de rentrer dans la catégorie que vous évoquez. Quant à vos informations sur l’Inquisition, puisqu’il me semble que c’est de l’Inquisition dont vous parlez (c’est pas comme si vous étiez le premier), je crois que vous devriez peut-être revoir son histoire et ses méthodes, avec un peu plus de détachement de ce prêt à penser qu’on nous livre sur la question. Et peut-être avant toute chose porter un jugement prudent, du moins autant que celui que vous portez sur d’autres situations ;)

    Mais, justement, quoi que Dieu fasse la règle ecclésiale envers les divorcée-remariés demeure.

    Et donc ? Ce seul constat permet d’en déduire que c’est inique ? Je ne vais pas remettre tout mon message précédent sur la nécessité de la Loi, mais je vous invite, si vous le voulez, à plutôt repartir de là pour avancer. Je n’ai pas particulièrement l’intention de camper sur mes positions, mais pour l’instant je ne vois ni nouvel argument, ni réfutation de ce que j’ai évoqué plus haut. Dites-moi simplement, qu’en pensez-vous ? Disputons, comme aiment à dire les Sacristains ! C’est juste que j’ai l’impression qu’on tourne un peu en boucle, les digressions en témoignent, et si on continuent ça va durer comme ça jusqu’à ce que l’un d’entre nous traite l’autre de nazi (loi de Godwin). Ca ne m’enchante guère.

    Je ne répond pas à cette ineptie !… Et je retourne dans mon poisson !

    Vous faites bien, c’était stupide de ma part cette supposition, et je m’en excuse.

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    La discussion entre Jonas et Pneumatis est un peu extrêmisée… si je puis me permettre, l’argument « Pierre Perrier » est assez dangereux. Je l’ai lu, ainsi que Jousse, dont il s’inspire largement, mais dont il reprend aussi les erreurs, notamment le « tout araméen » : ça date. Il y a eu des recherches depuis, et si les vieilles syriaques qui ont précédé la Peschitta étaient l’authentique évangile, ça se saurait et l’Eglise aurait abandonné l’Evangile qui nous a été transmis en grec. Certes, loin de moi de nier le substrat à la fois sémitique (hébreu ou araméen, bien malin qui pourrait trancher) et oral qui est à l’origine de nos textes grecs. Il est bien réel. Mais il est aussi péremptoire d’affirmer comme je lis sur le blog de Pneumatis reproduisant le commentaire de l’éditeur de Perrier, je cite « la véracité des Evangiles parvenus jusqu’à nous sans aucune altération. »

    Eh non, la Bible n’est pas le Coran, dicté à Muhammad par l’ange Gabriel ! La Bible passe par des intermédiaires humains : des récitatifs oraux certes souvent plus fidèles à l’original que n’importe quelle copie écrite, mais aussi par des compilations d’aide-mémoires, par des rédactions, par des ajouts, par des fautes de scribes, mais peut-être surtout par une intention du compilateur qui sélectionne le substrat oral ou les aides-mémoires manuscrits qui sont à sa disposition.

    Je crois qu’on est bien face à deux approches : celle de Jonas dans laquelle la « réception » de la Parole par l’humain compte autant que le texte brut et celle de Pneumatis qui considère l’Evangile dans sa forme écrite et le droit canon catholique qui en découle (je n’ose pas dire qui en dérive…) comme des êtres chimiquement purs dont l’applicabilité a un caractère objectif, universel et absolu. Deux attitudes chrétiennes très différentes, que j’ai un peu carricaturées certes, et que l’on pourrait appeler respectivement « moderniste » ou « humaniste » pour la première et « intégriste » ou encore « fondamentaliste » pour la seconde.

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    @ Nicolas: Je crois, cher Nicolas, que nous n’avez pas compris grand chose à ma conception des Ecritures. Peut-être ne m’avez-vous pas bien lu. Au contraire, je dénonce justement dans le protestantisme (cf. mes commentaires un peu plus faut) cette tendance à voir dans les Ecritures quelque chose de sorti ex-nihilo, tout droit descendu du ciel de la bouche même de Dieu. Quant à voir dans les écrits araméens la « source pur » mais la non plus, cher monsieur, vous n’avez pas du tout saisi, ni mon approche, ni celle de Pierre Perrier. La source pur, c’est la Tradition, née dans l’oralité, s’enrichissant et s’explicitant au fil du temps, se sélectionnant comme vous le dite dans la fixation d’un canon, et dans l’interprétation de celui-ci. C’est pourquoi entre autre je comprends mal toutes ces crispations sur un verset ou sur un autre, qu’on prétendrait mieux comprendre que l’Eglise instituée par le Christ pour être la matrice de cette Tradition. La Tradition est vivante, et ce que vous décrivez de mon approche est exactement ce que je dénonce au contraire. Ce doit être un simple malentendu, je crois. En tout cas, ceux qui me connaissent rigoleraient bien en me voyant affublé de l’épithète de fondamentaliste ou d’intégriste.

    Mais bon ce n’est pas le sujet. Vous allez voir qu’on va y arriver au point Godwin !

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    @ Pneumatis:

    L’aspect oral ou écrit n’est pas en cause dans ce que j’appelle le fondamentalisme. Je connais des fondamentalistes de tradition orale, ce n’est pas le problème. Mais n’allons pas plus loin dans ce débat qui nous éloigne. Je vais faire un commentaire sur votre blog.

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    @ Pneumatis : le paradoxe même du « point Godwin », c’est que à l’instant où toute rationalité renonce -et où je traite mon interlocuteur de Nazi-, eh bien… Dieu gagne littéralement la partie ! (God win !) ;)

    Excusez ce piètre commentaire, qui ne fait pas tellement avancer le débat… A dire vrai, après le commentaire n° 100 et quelques, j’ai un peu renoncé à suivre tout le fil de la discussion et je me suis contenté de « picorer » de ci de là…

    Quitte à me répéter, je crois que notre Saint Père nous a rappelé (indirectement) tout l’enjeu sur lequel est centré notre débat : la tension en le respect de la Vérité des sacrements et une ouverture aux personnes qui sont dans cette situation délicate et complexe avec une réelle volonté de compréhension. Autrement dit… « l’Amour dans la Vérité »… Deux valeurs qui sont essentiellement inséparable ! (Contrairement à ce que d’autres commentaires de ma part semblent avoir laissé croire ailleurs…)

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    @ C.S. Indhal : Moi aussi, j’ai eu un peu de mal à suivre :-) . Dans votre dernier paragraphe, vous résumez bien tout le débat.

    Par ailleurs j’attire l’attention de ceux qui passent sur l’article très intéressant de Thomas More mis en trackback, sur la question du « juridisme ». Il semble faire écho à notre discussion :

    http://thomasmore.wordpress.com/2009/10/01/le-juriste-est-il-damne/

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    armagilus a écrit:

    Par ailleurs j’attire l’attention de ceux qui passent sur l’article très intéressant de Thomas More mis en trackback, sur la question du « juridisme ». Il semble faire écho à notre discussion : http://thomasmore.wordpress.com/2009/10/01/le-juriste-est-il-damne/

    Merci pour ce lien, j’apprécie beaucoup. Notamment cette phrase claire et sans ambiguité :

    Le juge qui agit vraiment en juge, c’est-à-dire avec justice, ne se laisse conditionner ni par des sentiments de fausse compassion pour les personnes, ni par de faux modèles de pensée, même s’ils existent de façon diffuse alentour. Il sait que les sentences injustes ne constituent jamais une véritable solution pastorale, et que le jugement de Dieu sur sa propre action est ce qui compte pour l’éternité. (Jean-Paul II)
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    Je trouve que le pseudo-Thomas More, tout en disant des choses fort justes, auxquelles je souscris sans réserve, se débarrasse pourtant à bon compte de la critique de juridisme qui me paraît être parfois fondée. Refuser le droit canon dont la suprema lex est la charité, c’est idiot, j’en conviens. Encore faut-il utiliser en droit cette clause et pas uniquement dans le « dialogue pastoral ». Mais s’imaginer que la forme actuelle du droit canon, fondé sur une conception latine et parfois positiviste du droit, est une source inaltérable de sagesse pour l’Eglise, non. Une thèse de Doctorat a patiemment montré que le droit canon de 1983 trahissait quelques interprétation unilatérales de l’Ecclesiologie de Lumen Gentium. C’est un avis, j’en conviens, mais laissez un peu de marge à l’Eglise pour qu’elle ajuste son droit au cours des âges. Ne canonisez pas le droit canon, de grâce !

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    @ Boris: Thomas More est un simple patronage. Rien de plus (j’use autrement de mes initiales NM pour Nicolas Mathey, pauvre juriste catholique). Le grief de juridisme est souvent invoqué pour écarter tout argument simplement juridique y compris de droit naturel. Le droit canonique est évidemment aussi un droit positif parfois entrainé vers le positivisme. Je réagis simplement au mépris facile à l’égard du droit. Si vous savez beaucoup de choses sur le droit canonique et sa fonction pastorale et sur ces dérives, ce n’est pas le cas de tout le monde. Mon billet avait le seul soucis de rééquilibrer le débat en insistant sur le fait que droit (bien compris) et charité ne sont pas nécessairement incompatibles.

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    Sur la question du non-accès à la communion des personnes divorcée-remariées, avec Pneumatis (ou Louve ou AncillaDomini), je pense qu’il y a plus de fécondité pastorale et théologique à considérer la discipline de l’Eglise, le « catéchisme », le droit canonique etc… comme des données pour la réflexion, plutôt que comme des obstacles dont il faudrait s’affranchir. C’est un a priori peut-être excessivement catholique, mais cet a priori me semble à la fois plus exigeant et plus fécond, y compris pour répondre aux aspirations de Jonas ou Dorothée, à propos des situations qu’ils évoquent et qui obligent non pas seulement à rappeler la règle et ses fondements scripturaire ou traditionnel, mais à chercher à en creuser le sens pour nos contemporains.

    C’est dans ce sens que je vous livre quelques réflexions datant de mes années de séminaire – il y a plus de dix ans – et dont j’aimerais avoir votre avis : http://textala.over-blog.com/article-356206.html

    En voici la fin de l’article :

    Réflexions sur l’accès à la communion

    Le résumé précédent des réponses aux objections à la doctrine de l’Église concerne principalement le maintien du principe évangélique de l’indissolubilité du mariage, au cœur du débat. Pourtant, la contestation de ce principe ne s’affiche pas de manière aussi revendicatrice et aussi douloureuse que pour la question apparemment moins fondamentale de l’accès des fidèles divorcés remariés aux sacrements et en particulier à la communion. Cela peut s’expliquer, à une époque où, même en milieu non chrétien, le modèle du couple uni pour la vie apparaît encore comme un idéal, certes jugé inaccessible, irréaliste, mais idéal quand même. La relation durable apparaît comme une réussite plus désirable que le divorce – conçu comme échec – ou l’instabilité matrimoniale des familles recomposées. Que l’Église tienne à cette indissolubilité du mariage témoigne d’une exigence conforme à cette attente. Inversement, l’accès des fidèles divorcés remariés à la communion est un sujet plus polémique puisqu’il touche des personnes en situation concrète où le discours du Magistère de l’Église semble désavoué par les faits et les pratiques, en paraissant s’établir dans le registre juridique du « Tu n’as plus droit à ceci, puisque tu as fait cela ». Un tel discours peut être perçu comme enfermant la personne dans ses actes passés, dans une « situation objective », dont elle peut être davantage victime que responsable. De plus les invitations magistérielles récentes invitant les fidèles divorcés remariés à participer autrement et fructueusement à la vie ecclésiale, peuvent sembler déguiser par des pratiques accessoires ce qui est en fait une exclusion de l’essentiel, l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne.

    Pour esquisser une réponse à ces objections, voici quelques réflexions qui pourraient déborder le cadre des seuls fidèles divorcés remariés, et qui concernent ce qui se réalise dans le sacrement de l’Eucharistie, le rapport du fidèle au salut qui y est signifié, et les rôles liturgiques différentiés qu’y jouent les membres de l’assemblée.

    Pourquoi certaines catégories de fidèles n’ont-elles pas le droit de communier ?

    Le registre du droit n’est pas le plus approprié pour parler de ce qui relève d’un don gratuit, immérité, que personne ne peut revendiquer comme un dû, comme un droit. A proprement parler, personne n’y a droit ! De même pour le sacrement du baptême, où le long temps du catéchuménat entraîne le futur baptisé à se recevoir dès maintenant du Christ plutôt qu’à s’impatienter d’une demande qui tarde à être exaucée ; de même pour la confirmation, où c’est moins le fidèle qui confirme son baptême, que l’Esprit Saint qui vient le confirmer ; de même pour l’ordination, où l’initiative et l’antécédence de l’appel de l’Église (particulièrement manifeste pour l’appel au diaconat ou à l’épiscopat), entraînent l’ordinand à remettre son projet, son désir entre les mains du Christ via les médiations ecclésiales… Ce n’est pas moi qui ait droit à tel sacrement ; c’est le Christ qui appelle, qui convoque tel ou tel, à travers son Église en vue de signifier sacramentellement un don de salut fait pour tous. Que tous ne soient pas baptisés, mariés, ordonnés, confirmés, eucharistiés ne relève pas premièrement d’un droit accordé ou non à qui l’Église jugerait bon de l’accorder, mais d’un signe sacramentel donné par grâce à qui consent, en l’accueillant, à être lui-même pour les autres signe du salut offert à tous, selon une modalité d’expression convenant à la situation objective de chacun. Ainsi, par une analogie qui reste à vérifier, autant c’est une « convenance de signe » qui justifie que l’on appelle à l’ordination des hommes qui ont fait le choix de la chasteté dans le célibat, autant c’est une convenance de signe d’un autre ordre qui pourrait être le motif suffisant de distinguer parmi les fidèles participant à la messe, ceux qui sont appelés à recevoir la communion.

    Comment vivre en chrétien sans communier ?

    C’est la relation personnelle du baptisé à Jésus-Christ qui fait son être-chrétien : être disciple de Jésus, être son frère et son ami. Ce qui relève de l’intimité avec le Christ, la vie d’oraison, la dévotion privée, a certes besoin d’une régulation ecclésiale pour s’assurer d’une fidélité à la figure du Christ telle qu’elle s’est révélée ; mais cette régulation est au service de la relation personnelle du croyant au Christ. Elle lui est subordonnée. A l’inverse, et au risque d’exagérer, ce qui se produit dans la célébration de tout sacrement relève d’une autre logique : ce n’est pas premièrement le croyant qui vient s’alimenter lui-même à une source de grâce qui conforte sa relation personnelle au Christ ; ceci lui est certes donné de surcroît, mais c’est d’abord la gloire de Dieu et le salut du monde, que le fidèle vient servir liturgiquement, à cause de la dimension d’universalité, de « service public » (c’est le sens étymologique du mot liturgie) présente en tout sacrement, y compris dans les sacrements apparemment les plus « personnels » (cf. le sacrement de la réconciliation). En Église, le fidèle vient servir, célébrer, annoncer, signifier la gloire de Dieu et le salut du monde, comme membre signifiant du sacrement de salut qu’est l’Église. Tous convoqués à l’appel du Christ, nous signifions ensemble les deux aspects paradoxaux du salut déjà accompli en la mort et la résurrection de Jésus : un salut déjà là et pourtant encore attendu, désiré, espéré. Le sacrement anticipe la pleine communion au Christ mais il signifie aussi ce qui reste encore inachevé du Royaume à venir où le Christ sera tout en tous. D’une certaine manière, il pourrait ainsi apparaître qu’il appartient au sacrement de l’Eucharistie de s’achever autant en communion, signe du déjà-là, qu’en non-communion, signe de l’à-venir-pas-encore-là du Royaume. Ce qui reste spirituellement sensé de la pratique désuète de la communion rare ou tardive – St Louis allait quotidiennement à la messe et ne communiait que quelques fois dans l’année – ou encadrée par des obligations strictes notamment de jeûne et de pénitence, c’est la fécondité ecclésiale de la célébration eucharistique en elle-même, à laquelle tous participent, par delà la communion des uns et la non-communion des autres. Certains, qui communient, signifient davantage le don déjà fait à tous ; d’autres, qui ne communient pas, ou plutôt, qui communient spirituellement, signifient la disproportion entre ce don et l’incapacité présente – de tous – à l’accueillir, et que seul l’avènement définitif du Christ pourra pleinement résorber. La répartition de ces rôles liturgiques découle de considérations au for externe, puisqu’il s’agit d’être des signifiants à travers lesquels s’exerce la causalité de salut du sacrement. Cela se situe en deçà de la sainteté personnelle, de la qualité de la relation personnelle au Christ des fidèles. « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri » Chacun l’affirme, parce que tous sont concernés, mais c’est au nom de toute l’humanité et non pas seulement en son nom propre ou de par sa relation personnelle au Christ qu’on l’affirme ; ce n’est que dans l’éternité que les deux pans de cette affirmation pourront vraiment coïncider l’un avec l’autre. Notre statut temporel impose non seulement qu’ils soient énoncés comme des moments successifs (indignité, guérison) d’une phrase unique, mais encore, que pour signifier leur non coïncidence actuelle, certains signifient davantage l’humble attente de l’ultime (parmi ceux-là, les enfants qui n’ont pas encore reçu la communion, pas seulement les personnes divorcées remariées…), et d’autres ce qui est déjà accompli. Le rôle liturgique des uns et des autres, comme la place et les responsabilités ecclésiales des uns et des autres ne sont pas à hiérarchiser ; ils sont différents, nécessaires et complémentaires dans l’Église, et ils donnent bien à chaque chrétien sa pleine place de témoin d’un salut pour tous.

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    « Comment vivre en chrétien sans communier ? »

    si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, vous n’aurez pas la Vie en vous…

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    @Raphael Merci pour cette réflexion qui, à mon sens, approfondit vraiment le débat et le renouvelle.

    Mais… quand vous dites cela : « D’une certaine manière, il pourrait ainsi apparaître qu’il appartient au sacrement de l’Eucharistie de s’achever autant en communion, signe du déjà-là, qu’en non-communion, signe de l’à-venir-pas-encore-là du Royaume « 

    l’idée est belle, mais cela signifierait qu’une eucharistie où tout le monde communierait serait moins signifiante qu’une eucharistie où il y aurait aussi des non communiants ? alors que l’absence de communion de certain memebres devrait être ressentie comme une blessure dans l’Eucharistie et non comme une « plue-value » de sens.

    Et d’autre part, cela signifie que vous superposez la distinction traditionnelle religieux/laïc , sur communiant/ne communiant pas…ce qui pose quelques problèmes

    Par ailleurs l’objection de Nicolas, même si on y répond souvent rapidement reste tout de même difficile. Sans parler de l’absolution elle-même, refusée à ceux qui ne sont pas en etat objectif de la recevoir (ex : divorcés remariés). Comment peut-on refuser l’absolution (la communion a une autre symbolique) à quelqu’un qui recherche vraiment le Christ malgré un remariage passé ?

    Vous direz peut-être qu’il est toujours possible dans un remariage de vivre comme frère et soeur, mais cela veut dire qu’on limite toujours notre capacité à discerner un état objectif- »non-compatible » à l’activité sexuelle du couple…n’est-ce pas un peu réducteur ? Les questions sont vraiment complexe et notre argumentaire reste fragile, il faut bien le concéder.

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    Je ne suis pas d’accord quand certains écrivent que l’interdiction du remariage est de droit divin. On peut tirer les traductions dans tous les sens, le Christ, dans Matthieu énonce par deux fois une exception à l’interdiction du divorce, c’est celle de l’adultère. Et cela se comprend, la discipline qui précède celle du christianisme prévoit la mort pour l’adultère, en d’autres termes, la question de permettre ou non le remariage ne se posait alors même pas. Ce que manifestement le Christ récuse, c’est la possibilité d’un divorce-répudiation. Protestants et orthodoxes en tirent à peu près les mêmes conclusions et permettent le remariage dans ces cas. Seule l’Eglise catholique maintient cette discipline de plus en plus douloureuse (parce que le décalage entre théorie et pratique est de plus en plus fréquent) et qui paraît profondément injuste.

    Tout cela parce qu’on canonise des erreurs du passé sous le nom de Tradition. Jusqu’à nouvel ordre, la mesure de la Tradition, c’est la parole du Christ. Pourquoi ne pas y revenir, tout simplement pour éviter de traiter en coupables des gens qui sont victimes, et leur permettre, non pas de se mettre discrètement avec quelqu’un avec toute la mauvaise conscience que ça implique, et toute l’indulgence que demanderait la charité, mais de revivre un cheminement de fiançailles et de mariage? Tout le monde s’en fout parce que tout le monde est hypocrite devant cette question. Mais quand on s’est marié en respectant tout le cheminement demandé par l’église, qu’un conjoint vous trahit et que vous entendez: on ne vous en voudra pas si vous vous remettez avec quelqu’un mais vous serez en état de péché mortel, il y a de quoi être amer et perplexe. Parce que, si je comprends bien c’est cela que ça veut dire: si on ne communie pas, c’est bien parce qu’on est sensé être en état de péché mortel ou je n’y comprends rien… Personne ne le dit clairement maic c’est bien pour ça qu’on n’a pas le droit de communier… Mais qui croit à ça, vraiment??? Car dans ce cas à quoi bon rester pratiquant si, en tout état de cause on est voué à la perdition? Et si on ne pèche pas en vivant avec quelqu’un sans être marié, à quoi bon s’être marié? Notre attitude vis à vis des divorcés remariés détruit toute la pastorale du mariage. Tout cela pour respecter une norme qui ne serait qiue de droit positif… J’attends qu’on me montre où est mon erreur de raisonnement.

    Qu’on me permette un témoignage. Ma femme est partie, je suis resté seul avec mes enfants, elle vit en concubinage… Nous nous croisons à la messe, je communie, elle, non… Pour le reste, la paroisse la traite exactement comme moi… Saint Paul pourtant dit des choses assez claires sur la façon de traiter le chrétien qui vit dans l’adultère ou la fornication, mais la charité doit primer tout dit-on… Mes enfants sont assez choqués par cet état de fait. Je suis tombé amoureux, un amour resté platonique, et j’ai voulu prendre des distances pour respecter l’enseignement de l’église, j’ai ainsi blessé la jeune fille en question, protestante qui n’y a rien compris et je l’ai perdue… Depuis, j’ai réfléchi, relu les textes de la Bible, d’Augustin, des théologiens protestants: notre théologie ne tient pas la route. Le clou de la chose, c’est que mon mariage a toutes les chances d’être reconnu nul à la demande de ma femme… Et qu’alors: disons la chose à laquelle en définitive j’aspire: je serai libéré…

    Alors reprenons les choses: un catholique abandonné par un conjoint adultère ne peut se remarier… Sinon, il est pécheur comme celui ou celle qui l’a abandonné… Et donc, c’est logique il ne peut communier…

    Un catholique qui abandonne son conjoint et peut prouver que les bans n’ont pas été publiés dans les règles (ou autre chose encore plus subjective) pourra se remarier et communier…

    Voilà comment se pose le problème au-delà des arguties intellectualistes que j’ai parfois lues en commentaire: c’est celui du remariage, pas celui de la communion: Si le divorcé remarié est en état d’adultère, il ne doit pas communier, les arguments scripturaires sont évidents, mais le divorcé remarié est-il adultère, systématiquement? Même les plus fondamentalistes des protestants ne le pensent pas… Et l’immense majorité du peuple de Dieu, du clergé, de l’épiscopat ne le pense pas… On est bloqué par des considérations de droit positif, pas de théologie. Et il y a là un scandale, quelque chose qui fait tomber…

    Qui ne voit qu’il y a là un problème? Alors on dit qu’il ne faut pas céder à une fausse charité. Non, il ne s’agit pas de charité mais de justice.

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    Je n’ai pas réussi à lire tout les commentaires, depuis 2009 de l’eau a coulé ! J’aime beaucoup ce dernier commentaire de Pascal du 02/01/2011, appuyé par un témoignage concret et vivant et non sur de simples préceptes déconnectés de la vie réelle comme on le voit trop souvent dans les messages émanant des clercs catholiques.

    Une relecture de l’histoire comme le fait le P. Michel Legrain dans ses ouvrages et conférences permet de montrer que l’église a évolué progressivement sur le mariage et que tout n’était pas figé comme aujourd’hui au temps des premiers chrétiens. Certes avant le concile de Latran de 1214, bien que le mariage ne soit pas sacrement, l’idéal du mariage chrétien existait. Comment se situait la réalité des choses ? Et pas seulement pour les grands de ce monde, mais aussi pour les petits ?

    Je crois profondément que l’indissolubilité du mariage, l’alliance indéfectible jusqu’à ce que mort survienne est avant tout une loi humaine et non divine. C’est une interprétation de l’Évangile, reposant sur une parole d’un Évangéliste, appuyée par le texte de la Genèse. Comme tout texte l’Évangile, il est à lire et comprendre dans un contexte particulier et non à prendre au pied de la lettre. Il est à ressituer dans le contexte plus général de l’Évangile tout entier.

    Comment pouvons-nous aujourd’hui faire avancer l’Eglise, à la suite des propositions de Joseph Ratzinger dans ses réflexions théologiques de 1972 ? (voir http://divorces.remaries.fr.over-blog.com/article-benoit-xvi-ou-le-jeune-joseph-ratzinger-et-les-divorces-remaries-46954168.html).

    Je comprends que l’Eglise souhaite conserver un idéal du mariage chrétien avec des exigences fortes, ne serait-ce que pour le bien des enfants qui ont tout à gagner à avoir leurs 2 parents (avec un minimum d’entente cordiale entre eux !) auprès d’eux. Je partage ce souhait. Ce chemin de vie me convient, mais que faire pour ceux qui se sont égarés ? Je ne parle pas de ceux qui papillonnent d’un partenaire à un autre sans pouvoir se stabiliser, mais de ceux qui se sont trompés une fois, ont assumé leur échec, se sont engagés dans une nouvelle union et souhaitent maintenant la vivre pour l’éternité et chrétiennement. Ceux là ne sont-ils pas des lumières pour l’église ? pourquoi leur donner un cierge sans flamme, une place à l’église pour écouter et restez assis sagement pendant la communion ? Pourquoi ne pas définir des conditions permettant d’accéder de nouveau à la flamme pour briller de nouveau ?

    St Augustin dit « Aimes et fais ce que tu veux ». Mettons de l’Amour dans nos vies, dans notre relation avec l’église peuple de Dieu et l’église institution, mettons cet Amour en avant, en premier et affrontons la réalité de notre monde d’aujourd’hui.

  • Rafraichissez ma mémoire, Jésus a-t-il exclu Judas de la Cène ? Je crois bien que non, alors savait-il à ce moment que Judas allait le livrer à ses bourreaux ?

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    "Le coeur du sage rend sa bouche avisée et ses lèvres riches de savoir" Pr XVI, 23

    L'usage du commentaire est éminemment recommandé, mais le sacristain, un peu dur de la feuille, ne comprend ni les onomatopées, ni le langage sms (pour lui, lol c'est liturgie de l'office des laudes), et encore moins les propos qui n'ont rien à voir avec le sujet. Pour veiller à la propreté de la sacristie, on évitera d'y déposer des procès d'intention dans tous les coins. Merci.

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