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Divorces et remariages (III)

communionLorsque ce monsieur m’a demandé de rendre visite à son épouse, en fin de vie et encore chez elle, j’avoue que je n’ai pas tout de suite réalisé qu’il s’agissait de la dame que je voyais le samedi soir, toujours dans les derniers rangs de l’église.

C’est bien elle. Souriante malgré la fatigue, elle m’accueille dans la chambre où on lui a installé un lit médicalisé. L’époux nous laisse avec discrétion : « Elle a, me dit-il, quelque chose d’important à vous demander ».

En effet, c’est important : mariée avec le même homme depuis quarante-cinq ans, elle ne communie plus, car son mari est divorcé. Ils ont l’un et l’autre dépassé leur huitième décennie, et sa vie s’est articulée autour de deux fidélités : fidélité à l’homme qu’elle aime, fidélité à l’Eglise qui lui demande de s’abstenir alors qu’elle est tous les dimanches à la messe. Avant de mourir – elle sait qu’elle vit ses dernières semaines – elle voudrait savoir si elle peut communier, et recevoir le sacrement des malades.

Elle n’est pas seule dans ce cas. A l’issue de la messe de rentrée du lycée Saint-Joseph (le tiers des enseignants était là, quand même), plusieurs sont venus me trouver pour me confier leur tristesse de ne pouvoir participer pleinement à l’eucharistie. Un bon nombre d’entre eux me disent qu’à cause de cela, ils ne fréquentent plus l’église, que cette situation atteint profondément leurs enfants, que beaucoup de leurs amis se sont également détournés de l’Eglise à cause de cela. J’en connais qui ont décidé d’aller vers les communautés protestantes, réputées plus accueillantes. J’en ai connus qui souhaitaient, malgré tout, se marier à l’église, car pourquoi celui qui n’a jamais été marié serait-il puni ? Pourquoi celle qui a été abandonnée par son conjoint devrait-elle ajouter à sa douleur celle de ne pas participer pleinement à la communion ? Il me faut alors expliquer que nous pouvons prier ensemble, dans la discrétion, un autre jour que celui du mariage civil. Que la mariée ne devra pas être en blanc. Que toute la famille ne sera pas invitée. Et j’en passe.

Vous l’avez compris : je fais ce que je peux, comme la plupart de mes confrères.

Renvoyer à la conscience de chacun ? Evidemment, je ne vérifie pas, au moment de donner la communion, la manière dont vivent ceux qui s’approchent de l’autel. Evidemment, je ne renvoie personne : le scandale serait bien pire que celui que l’on provoque, paraît-il, en accueillant ceux qui sont dans cette situation. Mais, jeune prêtre, j’ai profondément choqué un couple âgé qui avait accepté de se conformer à la règle imposée : ils en souffraient, de cette situation, mais au fond ils avaient fini par s’y retrouver et n’ont pas compris le conseil que je leur donnais de revenir communier. Je n’ai plus jamais recommencé.

C’est qu’elle n’est pas idiote, cette discipline des catholiques. Car on ne peut pas, non plus, faire comme si de rien n’était. On ne peut pas avoir l’air de brader les exigences de l’amour : si tu te donnes, tu donnes toute ta vie. On ne peut pas non plus passer outre la souffrance, le désarroi, et dire tout simplement « allez va, Dieu t’aime et c’est l’essentiel ». Quelque part, demander de s’abstenir des sacrements, c’est prendre au sérieux cette souffrance, la complication de la situation. Les catholiques sont peut-être les derniers à dire « un divorce, ce n’est jamais bien », et à inscrire cette souffrance comme une blessure dans la vie de leurs communautés.

Alors ? Conseiller la reconnaissance de nullité ? Trop long, trop compliqué, trop aléatoire. Et compris souvent, bien à tort, comme la négation de tout ce qui a été vécu lors de la première union. Proposer de découvrir la vie de l’Eglise autrement, dans l’accueil et la partage de la Parole, le service des frères ? Certains prennent ce chemin et s’en trouvent bien, ils découvrent ainsi des tas de choses sur Dieu et continuent à avancer dans la foi ; mais je ne pense pas que cela puisse concerner la majorité.

Voici ce que disait Benoit XVI en 2005, lors d’une rencontre avec des prêtres du Val d’Aoste :

« Aucun de nous n’a de solution toute faite, notamment parce que les situations sont toujours différentes ».

Cette attention aux personnes était déjà ce que prônait Jean-Paul II dans Familiaris Consortio : le droit de l’Eglise n’est pas fait pour punir, il est fait pour aider. Les prêtres ne sont pas là pour juger, mais pour comprendre, écouter, accompagner, accueillir. Le prêtre que je suis pense, certes, que la discipline de l’Eglise catholique peut évoluer, et il sait que bien des évêques pensent comme lui. Mais il est solidaire de cette même Eglise, peut-être tout simplement parce qu’il l’aime. Alors, ce que je m’efforce de faire, c’est de mettre l’accent sur la miséricorde. Dans les textes du magistère, il y a, bien sûr, le rappel de la règle dans toute sa dureté ; mais il y a surtout la charité pastorale avec laquelle chacun doit être accueilli dans l’Eglise.





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64 Commentaires

  1. Merci pour ce beau billet, qui quitte le juridique et le dogmatique pour entrer dans la dimension de l’amour.. Je voudrais citer Jean-Paul II, qui disait dans Amour & Responsabilité : « La personne est un bien à l’égard duquel seul l’amour constitue l’attitude appropriée et valable ».

  2. Merci pour ce billet touchant parce qu’on le sent si juste. Et merci de façon plus générale aux Scristains pour cette belle trilogie sur cette délicate question à laquelle chaque catholique est tellement souvent confronté.

  3. Dans ce billet, de l’Amour, rien que de l’Amour, du véritable Amour… Tout est dit ! :-)

  4. « Alors ? Conseiller la reconnaissance de nullité ? Trop long, trop compliqué, trop aléatoire. »

    non, ce n’est pas vrai, c’est la seule vraie solution: il faut avoir confiance en l’Eglise et en Dieu!

    c’est fait avec sérieux, et ça permet de comprendre ce qui a été faux dans le premier mariage, ou au contraire ce qui a été juste et donc la réalité de la blessure! on gagne 10 ans de psychanalyse! ce n’est pas compliqué, c’est long, c’est profond, et si on le vit dans la prière (et ça tout le monde le peut), c’est une source de grâces incroyable. L’Eglise est sage, on gagne toujours à lui faire confiance. Il est normal de soumettre ce jugement de la validité du sacrement à l’Eglise, on ne peut pas juger soi-même, seul, mais on est associé entièrement à cette démarche, on cherche exactement ce qui a pu ne pas être une union chrétienne, on peut ensuite expliquer aux enfants qu’on a été marié civilement, mais pas religieusement, et on peut repartir dans la vérité, soit la vérité d’un nouveau mariage, soit la vérité d’une relation blessée; toutes les personnes qui le font (en recherchant sincèrement ce que Dieu leur dit par son Eglise) se mettent en vérité et sortent de la confusion. C’est très important!

    Et si on a la conviction intime, partagée par le prêtre accompagnant, qu’on n’était pas marié, mais que la preuve est impossible à fournir, on peut (et à mon avis on doit) suivre sa conscience et communier, mais dans ce cas là seulement. Et si on voit bien que le premier mariage était valide, il faut avoir confiance en Dieu: s’abstenir par obéissance, c’est lui rester uni. Et vivre dans la chasteté à cause d’un aléa de la vie, c »est un martyre, on peut le vivre: on n’est pas obligé, mais on peut, l’Eglise doit au moins, sinon le conseiller, du moins le proposer. Il y a des grâces d’état, on ne peut pas savoir ce que Dieu peut créer comme situations pour combler une personne qui veut lui prouver son amour par la fidélité à son Eglise. Vous n’imaginez pas à quel point Dieu peut donner bien plus qu’une satisfaction affective ou sexuelle! On peut vraiment vivre chacune de ces situations, si on est dans la vérité et dans la prière; ce qu’il ne faut pas entretenir, c’est la confusion, c’est elle qui amplifie la souffrance et la colère.

  5. Pour le coup je suis d’accord avec Do : la tonalité de ce troisième article flatte certes ma sensibilité, en revanche l’article d’Armagilus ( probable futur n°1 du Saint Office -puisse le Nonce ne pas lire cette prédiction) est plus logique avec lui-même. Tandis qu’en disant  » mais il y a surtout la charité pastorale avec laquelle chacun doit être accueilli dans l’Eglise » cela revient à dire : « on se débrouille dans le dialogue pastoral », on couvre d’un voile pudique les critères de la décision finale. C’est la porte ouverte à la course aux prêtres « compréhensifs ».

    Non, il faut réfléchir, je partage au moins le soucis d’exactitude d’Armagilus. En se rappelant que le droit canonique est une expression toujours provisoire et fragile de la foi et de la prudence de l’Eglise, mais jamais une source de la théologie. On a eu suffisamment à faire au Concile avec la théologie des deux sources, on va pas en forer une troisième !

    Et donc, la charité pastorale, oui, mais le courage de réfléchir et de réformer nos usages aussi ! Ecclesia sancta et semper reformanda !

    Boris

  6. Merci, mon Père, pour ce formidable billet !

  7. Bonjour à tous,

    quelqu’un peut-il prendre cinq petites minutes pour m’expliquer en quoi consiste ce recours possible à la « reconnaissance de nullité » ? Est-ce comparable à ce recours en nullité autorisé pour certains mariages princiers, unique comparaison que je trouve dans mes lointains souvenirs ?

    Plus largement, je remercie les sacristains de service pour cette série d’articles sur les divorcés-remariés et leur rapport à l’eucharistie bien que je me sente peu (?) concerné. Je suis divorcé depuis huit ans, pas pratiquant du tout, mais je chemine. :-)

    Je voudrais ajouter en lien cette page du journaliste Patrice de Plunkett, sur le même sujet : http://plunkett.hautetfort.com/archive/2009/09/19/catholiques-divorce-remariage-femmes-pretres-etc-du-sondage.html#comments

  8. @ omicron: il y a pas mal de détails sur les critères de validité dans les deux précédents articles de Sacristains sur le sujet: Divorcés-Remariés (II) et # Alors, les cathos, ça divorce ?! (I), mais en gros, oui, c’est comme pour les mariages princiers qui souvent avaient été arrangés pour des raisons politiques avec des époux très jeunes:c’est pas des privilèges (le simple péquin a même plus de chance, pour lui ça dure 2 ans au lieu de 10): en fait, un mariage est invalide si l’un des époux n’était pas libre (ex:mariages forcés: physiquement, socialement, psychologiquement, à cause de la famille, etc..), ou si l’un des critères suivants n’était pas présent: engagement sincère pour la fidélité, (ex: le fiancé trompait déjà sa fiancée la veille du mariage, ou avait gardé qques adresses sous le coude), engagement définitif (ex: on a tout préparé pour « le cas où » on divorcerait), accueil des enfants (on a signifié qu’on n’en voulait pas); si le prêtre s’en rend compte avant le mariage, il refusera de le célébrer, mais s’il ne s’en rend pas compte, le mariage qu’il célèbre sera non valide. Mais ça prendra environ 2 ans pour l’établir, avec des interrogatoires serrés des gens qui étaient présents à la période juste avant et après le mariage.

    En passant, c’est un super moyen de discerner pendant une préparation au mariage (et même après): est-ce qu’il obéit à sa conscience ou à Belle Maman? Est-ce qu’il est déjà en train de tourner autour de ma meilleure amie? Est-ce qu’elle me parle d’ enfants? Est-ce que je me dis que si ça ne va pas, on divorcera, et que ce n’est pas grave?

    Attention, il y a peut-être des gens mariés dont le mariage est nul et qui ne le savaient pas encore: pas de panique, on peut aussi le « restaurer » tant qu’il n’est pas trop tard, par exemple dire « non » un jour à Belle-maman qui ingère un peu trop dans le couple, ou accueillir un enfant, ou se rendre compte que la fidélité est plus importante que nos émotions d’un jour et faire une croix sur tous les fantasmes auxquels on s’accrochait….

  9. @ do: Merci pour ces précisions.

    J’ai besoin de temps pour « ingérer » ce procédé et toute la logique qui le sous-tend, basée sur la claire conscience, l’honnêteté et le discernement. Vaste programme !

    Aux webmestres : le passage à la ligne n’est pas pris en compte par le gestionnaire de commentaires. Seule, la création de nouveaux paragraphes permet d’articuler ses idées. C’est dommage.

  10. do a écrit:

    On peut vraiment vivre chacune de ces situations, si on est dans la vérité et dans la prière; ce qu’il ne faut pas entretenir, c’est la confusion, c’est elle qui amplifie la souffrance et la colère.

    omicron a écrit:

    quelqu’un peut-il prendre cinq petites minutes pour m’expliquer en quoi consiste ce recours possible à la « reconnaissance de nullité » ?

    Tout à fait d’accord avec toi, Do. et je regrette nombre de confusions constatées dans ce billet. T’inquiète omicron: j’arrive.

    Tout d’abord, quelle est la nature du mariage? C’est un LIBRE choix de passer sa vie avec quelqu’un et d’élever avec lui les enfants que Dieu nous donneras. Il y a duex types de mariages: religieux et civil, et canoniquement c’est pas la meme chose. Les deux sont valables, la différence est que dans le mariage religieux, il y a Dieu qui est présent explicitement. Le point important est la LIBERTE concernant la nullité. Elle implique capacité de recul, connaissance de la personne et maturité (ça ne dépent pas uniquement de l’age, mais plutot de l’expérience de la personne. Si cette expérience bn’est pas là, ou si la personne a une pression trop forte (qui peut par exemple etre une grande passion…) le mariage meme prononcé n’est pas valide « en vrai ». La nullité est simplement une reconnaissance de ce fait. Elle n’implique aucun péché, ne signifie pas le mariage ne vaut rien, mais simplement que la mariage n’a pas de valeur d’obligation définitive. Elle ne signifie pas non plus que l’amour ayant existé entre les époux n’a aucune valeur.

    Pour le Moyen-Age, c’est la meme chose: chacun peut demander une annulation, qui est en théorie examiné par un tribunal neutre et indiférents aux pressions, préoccuppés uniquement de vérité. Dans la réalité, c’est autre chose: les membres de ces tribunaux sont à l’époque très sensibles aux questions d’argent et de pouvoir. Soit ils refusent une anulation pour faire une « punition » des gouvernants qui ne sont pas d’accord, soit ils la négocie. Ces jeux de pouvoirs provoquent bien évidemment des remous qui font le bonheur des historiens, et qui ont lieu surtout pour les familles royales, raison pour laquelle on croit à tort l’annulation réservée aux princes (ce qui dans la pratique n’est sans doute pas si loin de la vérité… je préfère ne pas me pencher sur la validité réelle de ces annulations entre le respect de la vérité de la valeur non nulle objectivement parlant de ces mariages et le pouvoir effectivement donné à l’Eglise de lier et délier.

    Ensuite penchons nous sur le cas de la communion. La communion est le sacrement qui permet au christ de en gros renforcer sa présence dans nos coeurs. En core faut-il que nous acceptions sa grace!! Et lorsque nous commettons un péché mortel, nous refusons cette grace, que Dieu nous ofre de « récupérer » dans le sacrement de pénitence. Un epersonne en état de péché mortel refuse donc Dieu, et si elle va alors en meme temps faire semblant de le demander dans la communion, il y a sacrilège.

    C’est pourquoi l’Eglise refuse de donner la communion aux personnes en état de péché mortel

    Question suivante: comment entre-t-on en état de péché mortel, ou quelles conditions sont nécéssaires pour que le péché commis soit un péché mortel?

    Première condition: la matière grave. C’est en fait la nature objective du péché. Il y a (entre autres et à vérifier): le vol, le meurtre, l’adultère (le cas des divorcés-remariés entre dans cette catégorie), la fornication et plein d’autre trucs encore mais je préfère ne pas les dire pour ne pas en dire de faux. Si ça vous intéresse, allez voir le Droit Canon. Précision quand meme: le divorce n’est pas en lui-meme un péché mortel, ne serait-ce que parce qu’un des conjoints peut imposer à l’autre cet état de fait (et on ne commet pas de péché sans le vouloir!!), ou encore parce que cette situation peut malheureusement etre dans certaines situations la seule issue possible (cas des femmes risquant d’etre battues à mort par leur mari par exemple).

    Deuxième cas: pleine conscience de ce péché et de sa gravité. Alors là on en élimine pas mal… Déjà, toutes les personnes non catéchisées sortent de ce cas, en général. Pour le cas des mariés uniquement civilement et qui se convertissent après, on considère que c’est aussi le cas, car elle n’ont pas eu cette connaissance, sauf éventuellement dans quelques cas très rares voire imaginaires de personnes qui savent etre en état de péché mortel qui se convertissent sans cesser de quitter cet état. Avouez que ça doit etre rare!! C’est aussi le cas pour les personnes mariées à l’église mais qui on n’a jamias expliqué ça.

    Et enfin il y a la troisième condition: propos délibéré, ou en language plus juridique absnce de circonstances atténuantes (cette dernière notion vient de ce cas de figure sur le péché mortel…). Et là aussi il peut y en avoir. Passion dévorante, incapacité de changer cet état de vie malgré le désir que l’on en a (je parle pour les divorcés remariés) et pas mal d’autre choses encore. Dans ces cas-là, la personne peut comunier, meme si on ne l’autorise pas pour tous: c’est du cas par cas, à voir généralement avec son confesseur.

    Je veux aussi tordre le cou à une absurdité lue sur un site catho: les divorcés-remariés n’ont pas le droit de se confesser.

    Le sacrement de confession c’est LE sacrement qu’on ne refuse jamais! C’est celui par lequel le pécheur revient à Dieu qui ne demande que ça!! Il va quand meme pas demander à son Eglise de l’interdire!!! Toute personne baptisée qui le désire peut accéder à ce sacrement (pour les non baptisés évidemment aussi mais c’est plutot compris dans le baptème… Et quant aux excommuniés il faut d’abord qu’ils souhaitent retourner dans l’Eglise qu’ils ont choisi de quitter.)

    Le seul cas où cela PEUT etre refusé est celui où la personne qui demande pardon ne veut pas etre pardonnée car elle ne regrette rien. Mais cela doit etre fait au cas par cas, car sinon je considérerais cela comme une dérive grave. Ce regret peut n’etre que: je regrette mais uniquement parce que l’Eglise me l’interdit, et pour cela je promets (réellement pas uniquement en parole) de faire tout ce que je peux pour ne plus me retrouver en situation de péché. Mais cela ne veut pas dire: quitte ta nouvelle femme ou tu ne seras pas pardonné. Certains le peuvent tout simplement pas (de leur point de vue et pour eux cette exigence serait désespérante.)

    Enfin je tiens à rappeler que l’impureté est le péché le plus facilement pardonné, cf le christ avec les femmes pécheresses repenties (c’est parce que c’est le péché auquel nous avons le plus de mal à résister), et aussi que les personnes adultères ou qui forniquent sont elles aussi en état de péché mortel objectif, et que la communion doit aussi leur etre refusée. (seulement quand vous ets prètres, allez donc savoir!! Vous etes obligées de faire confiance, sauf à retomber dans le jansénisme et les questions du type : « combien de fois? »)

    PS: j’espère que ces précisions seront données dans un billet et publiés sur ce site après vérifications de mes souvenirs de caté car je pense qu’il y en a grand besoin au vu des commentaires! Merci. (Evidemment, c’est à vous de choisir, c’est juste une suggestion. Je ne me permettrai pas vous imposer une ligne éditoriale…) ;)

  11. @ do:Oui Do, vous avez raison, je pense aussi que c’est une bonne solution, qui permet aussi sans doute le pardon, à soi-même et à l’autre, et beaucoup de choses encore. Ce que je veux dire, c’est que dans la plupart des cas (enfin d’après ce que je constate) c’est vraiment long, compliqué, et hors de portée de beaucoup. Sans parler de ceux et celles pour qui il n’y a pas de possibilité de ce type (le premier mariage étant valide !)

  12. @ panouf: A l’occasion, Mr Panouf, vous me direz de quelles confusions il s’agit…

    @ Boris: J’espère être un prêtre compréhensif, en effet ;)

  13. @ Emmanuel Pic: en tout cas, je compatis aussi à la souffrance du prêtre qui doit accompagner ces personnes: montrez leur de la bonté, devenez si c’est possible un ami pour eux, c’est de ça dont ils ont besoin et qui porte des fruits; en souffrant avec eux, comme Marie au pied de la Croix, vous les aidez invisiblement, mais c’est, du coup, presque aussi douloureux pour vous que pour eux, comme une mère au chevet de son, enfant malade, qui préfèrerait être malade à sa place.

    Ne fuyez pas cette souffrance vous non plus: c’est là qu’on est le plus sûrement unis à Dieu et qu’on porte la croix les uns des autres! ne prenons pas exemple sur le temps présent, qui préfère tuer que de souffrir ou de voir souffrir. La rédemption est à ce prix, ça ne nous arrange pas, mais c’est mystérieux, c’est comme ça, et on n’en comprend quelque chose que quand on le vit. Il y a une profondeur de coeur qu’on atteint dans la difficulté et qu’on atteindrait sans doute pas dans la facilité, une sorte de rupture nécessaire avec le superficiel, je crois, …chacun à son rythme cela dit.

  14. Do, vous avez peut-être (probablement) raison, mais sans répondre à la place d’Emmanuel, je ne serai pas de ceux qui expliquent aux divorcés-remariés que l’on se dépasse dans la difficulté, ou de ceux qui expliquent que la souffrance est un chemin de sainteté, en discourant de cela de façon toute théorique. Savoir qu’il y a une possibilité de progrès même dans la difficulté, même dans la douleur, ça, oui, en évoquer l’hypothèse, peut-être, mais il faut prendre garde à ce que l’on dit tant que l’on n’appréhende cette souffrance de façon théorique.

  15. @ Emmanuel Pic:

    Excusez moi pour ce terme. Il venait de la phrase: les divorcés ne peuvent pas communier, alors que ce sont les divorcés remariés qui ne le peuvent pas.

    Excusez moi du ton et du mot au pluriel. Je pensais à toutes les confusions portant sur les points que j’ai essayé d’expliquer dans mon précédent comm.

    Au fait, c’était clair ou pas?

  16. @Panouf Un certain nombre de fidèles serait heureux d’apprendre que l’absolution n’est pas refusée aux divorcées remariés… il semblerait que ce fait est loin d’être aussi évident que vous le dites dans la réalité. Car en effet : outre le fait de demander à un tel couple de vivre comme frères et soeurs, ce qu’un certain nombre non négligeable d’héroïques-en-Christ vivent dans le secret…, comment un prêtre peut-il donner l’absolution à quelqu’un qui « demeure dans un état objectif de rupture d’alliance » comme on dit… et bien, c’est pas si évident de trouver une réponse et j’aimerais bien savoir par exemple comment Armagilus répondrait à ça, et ancilladomini et d’autres…

    @Emmanuel Pic Pardon pour le ton parfois un peu acerbe de mon propos qui se voudrait toujours amical et profondément respectueux devant la recherche personnelle que vous menez pour l’attitude la plus miséricordieuse…mais c’est fou comme sous le feu de la rédaction, la délicatesse semble disparaître encore plus vite que les règles de grammaire, d’orthographe et de ponctuation ! Bravo à vous tous, donc

    Cependant, si ce site fonctionne tous les jours à ce rythme, je plains vos paroisses… et j’ai une question, est que sacristain.fr est une initiative personnelle de quelques blogueurs talentueux ou est ce que vos évêques sont de la partie ?

  17. @ Boris: je me base uniquement sur les quelques notions que de théologie que j’ai et qui me viennent de discussions avec les prètres. Je vais copier ici les articles du code de Droit Canon qui se rapporte à cette question pour que vous puissiez juger vous meme.

    Art 916 Qui a conscience d’être en état de péché grave ne célébrera pas la Messe ni ne communiera au Corps du Seigneur sans recourir auparavant à la confession sacramentelle, à moins d’un motif grave et qu’il ne soit dans l’impossibilité de se confesser; en ce cas, il n’oubliera pas qu’il est tenu par l’obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt.

    Art 960 La confession individuelle et intégrale avec l’absolution constitue l’unique mode ordinaire par lequel un fidèle conscient d’un péché grave est réconcilié avec Dieu et avec l’Église; seule une impossibilité physique ou morale excuse de cette confession, auquel cas la réconciliation peut être obtenue aussi selon d’autres modes.

    Art 976 En cas de danger de mort, tout prêtre, même dépourvu de la faculté d’entendre les confessions, absout validement et licitement de toutes censures et de tous péchés tout pénitent, même en présence d’un prêtre approuvé.

    Art 978 § 1. Que le prêtre se souvienne, en entendant les confessions, que son rôle est à la fois celui d’un juge et celui d’un médecin, et qu’il a été constitué par Dieu ministre à la fois de la justice et de la miséricorde divine, pour veiller à l’honneur de Dieu et au salut des âmes. § 2. En tant que ministre de l’Église, le confesseur, dans l’administration du sacrement, adhérera fidèlement à l’enseignement du Magistère et aux règles établies par l’autorité compétente.

    Art 988 § 1. Le fidèle est tenu par l’obligation de confesser, selon leur espèce et leur nombre, tous les péchés graves commis après le baptême, non encore directement remis par le pouvoir des clés de l’Église et non accusés en confession individuelle, dont il aura conscience après un sérieux examen de soi-même. § 2. Il est recommandé aux fidèles de confesser aussi les péchés véniels.

    Art 1387 Le prêtre qui, dans l’acte ou à l’occasion ou sous le prétexte de la confession, sollicite le pénitent au péché contre le sixième commandement du Décalogue sera puni, selon la gravité du délit, de suspense, d’interdictions, de privations, et dans les cas les plus graves, sera renvoyé de l’état clérical.

    Je n’ai pas réussi à trouver malheureusement les règles concernant les conditions pour lesquels un prètre peut ou doit refuser la confession.

  18. Autre articles: 977 En dehors du cas de danger de mort, l’absolution du complice d’un péché contre le sixième commandement du Décalogue est invalide.

    980 S’il n’y a pas de doute pour le confesseur sur les dispositions du pénitent, et que celui-ci demande l’absolution, cette dernière ne sera ni refusée, ni différée.

    Source: http://www.portstnicolas.org/spip.php?page=article&id_article=100&psn_f=gono&psn_id=959-997 Je n’ai pas été voir après l’article 997.

    Je constate que je n’ai pu trouver nulle part dans le droit Canon le fait que le prètre ait le dorit de refuser une confession, meme s’il est évident qu’il doit la refuser en cas de sacrilège à savoir si qqn demande la confession sans intention de se corriger. Je n’ai pas vu d’instrcuction sur le cas où qqn voudrait se corriger mais sans le pouvoir.

  19. Merci, Père Emmanuel, j’avais lu votre billet samedi mais j’ai du m’éloigner de toute civilisation pour rejoindre la peuplade sauvage de mes scouts.

    Effectivement, nous ne sommes pas bien éloignés. Vous mettez le doigt sur ce qui est vraiment difficile pour nous tous : être fidèle à la vérité, être fidèle à la discipline de l’Eglise qui n’est pas forcément « idiote » et en même temps exercer et manifester la charité pastorale. Ce ne sont pas des choses contraires, et même l’une sans l’autre est fausse. Mais c’est loin d’être simple de tout tenir dans certaines situations et on n’a jamais la garantie d’être compris. On ne pourra jamais remplacés les prêtres, même imparfaits, par des machines.

    @ Boris : merci pour cette idée de promotion, mais surtout, ne la donnez à personne :-) . Le P. Pic s’exprime différemment et il expose avec justesse les contradictions auxquelles tous les prêtres sont confrontés. Mais je ne vois rien dans son billet qui laisse penser qu’il accepte tout et n’importe quoi.

    @ Boris (bis) : Oui, pour l’absolution, vous avez raison. C’est le problème des états de vie installés. Il m’arrive, et ce n’est pas très rare, de recevoir en confession des personnes qui me disent : « je sais que je ne peux pas recevoir l’absolution, mais je souhaite me confesser ». Je trouve que cette démarche est très juste. Je prends un peu plus de temps avec eux, je peux les encourager, parfois donner un conseil et les bénir. L’acte de se confesser est un très grand bienfait, il nous met dans la vérité devant Dieu et il a une valeur médicinale évidente. Ensuite, il faut toujours se souvenir que Dieu n’est pas prisonnier des sacrements. Je ne doute pas qu’ils puissent recevoir de grandes grâces de paix et de force, même si leur situation reste embrouillée.

  20. @ Koz: tout à fait! et merci de le souligner! l’accompagnement dans l’amitié, parfois le silence, sont plus appropriés que les paroles théoriques, j’écris ça pour la réflexion seulement; de même qu’on ne peut pas vivre une épreuve sans la grâce qui l’accompagne, on peut encore moins donner des conseils péremptoires à quelqu’un car on ne vit pas ce qu’il vit. Mais il faut garder l’espérance sur les personnes, ne pas les croire incapables de traverser ce qui est sur leur route, …qu’elles passent les obstacles en passant par dessus ou ou en passant par dessous ! Et surtout, rester, ne pas fuir, par pitié, ne pas fuir, malgré tout l’inconfort que ça représente ! Car la principale réponse qu’on donne à la souffrance d’autrui, c’est souvent la fuite.

    armagilus a écrit:

    on n’a jamais la garantie d’être compris.

    vous avez même la garantie d’être incompris! Jésus n’a pas été compris, mais il a ouvert le chemin vers le mystère, dont je me demande si, finalement, ce n’est pas plutôt lui qui nous comprend…

    Et puis, n’oublions pas que Jésus était « écartelé », sur la Croix: je crois que ce que vous ressentez face à ces situations de péché (pas seulement celle dont il est question ici) que les hommes ne sont « pas encore prêts » à lâcher pour aimer Dieu plus que tout, alors qu’il détient dans Son Coeur tout le bonheur dont ils rêvent: c’est ce que Dieu ressent pour nous aussi.

    Je m’inquiète aussi pour ce que Jean-Paul II appelait des « structures de péché », je crois que le remariage en est un archétype, mais que bien d’autres structures politiques ou idéologiques sont en train de se construire, qui obligeront les chrétiens à des choix radicaux pour rester fidèles à Dieu, et que beaucoup se retrouveront piégés et comme exclus des sacrements à cause de pressions extérieures à eux: c’est le cas en Inde, où ils sont pourchassés ou convertis à l’hindouisme, en Corée du Nord, où le simple fait d’avoir transmis une Bible a coûté non seulement la vie à une jeune mère de famille, mais le camp de concentration pour son mari et ses trois enfants en bas âge: comment faire le choix de suivre le Christ dans ces conditions? Et à mon avis, le travail du dimanche va poser des cas de conscience à beaucoup, entre foi et travail, comme entre famille et travail. (n’oublions pas que ces gens travaillent aussi le samedi, et les soirs en semaine jusqu’à 19h voire 21h, et qu’ils ont des enfants en bas âge, puis pensionnaires, ou étudiants dans une autre ville). Je connais un couple qui a fait le choix courageux de démissionner de leur travail (une usine de fabrication d’armes!) après leur conversion; ils sont restés au chômage longtemps, l’un seulement a retrouvé un travail, ils achètent les vêtements de leurs 4 enfants dans des braderies, mais ils n’ont jamais regretté. Nous pouvons partager ces exemples, qui nous élèvent; la Bible en est pleine, elle n’est pas encore véritablement terminée…

  21. Deux jours loin du Web, et il y a de quoi réagir, j’espère qu’il n’est pas trop tard et que les rédacteurs de commentaires ne sont pas déjà passés à autre chose…

    Tout d’abord, pour reprendre en peu de mots ce qui a déjà été largement dit par d’autres : pour qu’un mariage soit considéré comme valide, il faut que les époux soient libres de s’engager, qu’ils aient l’intention de vivre fidèlement toute leur vie, et désirent accueillir des enfants. Si l’une de ces trois dimensions vient à manquer, on considère que le sacrement n’a pas vraiment été reçu, et il y a donc possibilité d’engager une action en reconnaissance de nullité (qui n’est pas une annulation : on considère en effet qu’il n’y a jamais eu mariage religieux). Le problème qui se pose le plus fréquemment est celui de la liberté : par exemple, on mettra en doute la maturité des conjoints, ou la naissance d’un enfant vient bousculer leurs projets et les pousse à se marier… La déclaration de nullité est la seule possibilité, chez les catholiques, pour se marier à l’église après un divorce (bon, il y a d’autres recours mais ils sont vraiment très spécifiques et je voudrais simplifier).

    Cette manière de voir les choses découle de notre théologie du mariage. Elle n’est pas la seule imaginable, et les propositions ne manquent pas pour faire évoluer la règle. Mais c’est la discipline de l’Eglise catholique aujourd’hui. Ce qui pose problème est son juridisme (pardon pour les juristes) : car si on se limite à appliquer la règle, on risque évidemment d’oublier la complexité des situations personnelles. De ce que je vois, il est extrêmement difficile, même pour des gens profondément croyants et engagés dans l’Eglise, de se résoudre à cette démarche. Les raisons qui sont invoquées sont multiples : refus de « recommencer un nouveau divorce », complexité d’une procédure dont le résultat est d’ailleurs aléatoire, sentiment que déclarer un mariage nul c’est nier tout ce qui a été vécu et construit pendant toutes ces années, questions par rapport aux enfants (ce sont donc des enfants naturels ?), etc. Je déplore cet état de fait, mais c’est comme ça.

    Un prêtre n’est pas là pour appliquer une règle de droit. Il est là pour accompagner, orienter, aider à discerner sans jamais juger. D’où le malaise de beaucoup d’entre nous, lorsqu’il faut appliquer une sanction à l’encontre de quelqu’un : en l’occurrence, refuser les sacrements. Car il ne s’agit pas seulement de l’eucharistie : on peut bien sûr entendre un divorcé remarié en confidence, mais pas à strictement parler en confession, car il ne saurait être question de lui donner l’absolution. En même temps, le droit ne doit pas être ignoré, car il rappelle que, quelle que soit la situation des personnes, un divorce est toujours un événement grave. Je vous renvoie au très beau dialogue entre Benoît XVI et les prêtres d’Aoste que j’ai cité dans mon billet et que vous trouverez aisément sur le site du Vatican, mais aussi aux textes de Jean-Paul II qui recommande toujours la plus grande attention aux situations particulières.

    Je n’ignore pas les recherches de Jacques Nourissat auxquelles fait allusion un commentaire ; Jacques est un prêtre de mon diocèse et il fait un travail formidable avec son équipe. Mais je suis obligé de constater que cette démarche de fidélité intelligente à la règle édictée par le magistère ne concerne qu’un tout petit nombre de personnes, et que, pendant ce temps, un grand nombre s’éloigne de l’Eglise à cause de cette même règle ; je pense surtout, à nouveau, aux enfants des divorcés remariés qui, ne voyant pas leurs parents communier, s’en abstiennent également et plus que cela encore. Il y a là un vrai motif d’inquiétude, sinon de scandale.

    Enfin, je voudrais en toute amitié réagir à certains textes, qui accordent une large place au péché et à la supposée indignité de ceux qui ne peuvent communier. Le péché est une réalité qui nous concerne tous. Personne n’est digne de communier, mais tout le monde le fait quand même. Je ne puis être juge de ce qui se passe dans la conscience de quelqu’un qui s’approche de l’autel pour recevoir le Corps du Christ. Il faut, bien sûr, prendre conscience du péché : à la fois de la situation pécheresse dans laquelle nous nous trouvons tous, et des péchés que nous commettons. Mais il faut se garder d’avoir là-dessus un langage trop juridique (encore !). Ce que dit le droit de l’Eglise là-dessus ne peut se comprendre qu’à partir de l’attitude du Christ, qui n’est jamais de condamnation ni de jugement des personnes.

  22. Merci à tous pour vos contributions qui ne peuvent qu’amener à réfléchir. J’aimerais m’exprimer par rapport « au terrain » et revenir sur 2 points déjà évoqués : la confusion et la prévention. D’abord, la confusion : Je pense que pour certains prêtres il est très difficile de ne pas se laisser attendrir par certaines situations et de ne pas céder au climat émotionnel qui peut être intense voire aux demandes expresses formulées par les divorcés-remariés surtout s’il s’agit d’amis ! Pour se faire aimer ou apprécier par TOUS (alors que ce n’est pas ce qui leur est demandé), ils peuvent être amenés à mettre en pratique des choses très regrettables entraînant de grandes confusions dans les esprits. 2 exemples Lors d’une messe dominicale, notre curé a appelé à l’autel des personnes divorcées-remariées ou vivant en concubinage après un divorce. Il leur a donné le Corps et le Sang du Christ et les a invités à distribuer la communion aux fidèles présents… Je précise que la situation de ces personnes était connue par tout le monde puisqu’elles faisaient partie d’un groupe d’accompagnement ! Un monsieur divorcé souhaitait une bénédiction pour lui et sa compagne car ils envisageaient de se marier. Le curé les reçoit et pose quelques conditions. Arrive le jour « j » avec la jeune femme en robe blanche, un bouquet à la main, son mari en costume, la voiture toute décorée et les amis endimanchés… Notre curé s’est senti « piégé » car les conditions posées n’avaient pas été respectées. Que pouvait-il faire, sinon les accueillir ? Mais dans l’esprit des personnes les ayant vus, il n’y avait plus de doute permis : le remariage était possible à l’église ! Quelles confusions, quelles incompréhensions et quelles souffrances pour ceux et celles qui comprennent, acceptent et vivent ce que l’Eglise leur demande, pour ceux et celles qui s’efforcent d’accompagner avec douceur mais dans la Vérité. Pour ceux et celles qui savent que le véritable trésor de l’Eglise catholique c’est l’eucharistie ! Prions pour que nos prêtres, à l’image du saint curé d’Ars soient des pasteurs selon le cœur de Dieu et non selon le cœur de leurs paroissiens…

    La prévention maintenant : Depuis 14 ans, je fais partie d’une équipe de « préparation au mariage ». Nous accueillons des couples toute une journée, puis une soirée, enfin ils rencontrent le prêtre qui célébrera leur mariage 1 à 3 fois en entretien individuel. D’année en année nous nous sommes aperçus de la dramatique mais réelle absence de transmission de la foi. Ces jeunes viennent demander à l’Eglise un « quelquechose » non identifié qui se trouve à des années-lumière du sacrement que l’Eglise leur propose ! Et ce n’est pas en quelques heures que nous pouvons les évangéliser et les ouvrir à la grâce d’un tel sacrement. Que faire alors ? Un parcours sur 7 ou 8 après-midi a été initié dans quelques paroisses ; il permet une « catéchèse » pour adultes, un cheminement en couple et surtout la possibilité, à mi-parcours, de leur poser une question primordiale : êtes-vous prêts à vous engager dans le sacrement du mariage ou préférez-vous le différer, prendre le temps de réfléchir encore aux 4 piliers (liberté, fécondité, indissolubilité et fidélité) qui doivent être acceptés pleinement pour que le mariage soit valide ? Très peu de couples (mais ils existent) ont eu l’audace, le courage, de reporter leur mariage religieux. Parcours trop exigeant ? Mais le sacrement de mariage vécu au quotidien ne l’est-il pas beaucoup plus ? Un chemin de conversion, de sainteté est possible pour tous. Prions et soutenons-nous mutuellement pour trouver la force de rester fidèles à l’enseignement de l’Eglise tout en accompagnant avec douceur et en prenant le temps ceux qui frappent à notre porte.

  23. @ Père Pic :

    J’ai l’impression d’être visée par le dernier paragraphe… C’est possible, après tout, ce n’est pas faux. Ce n’est pas la première fois que cette remarque apparaît. Le problème vient de la discussion elle-même : s’articulant principalement autour de la notion de péché et de ce qu’il faut en faire, on en revient nécessairement au même sujet…

    Nous sommes plusieurs à parler sans arrêt de péché sur ces 3 articles, et à rappeler sans cesse : « la loi dit que… » « les textes disent que… » « le Seigneur dit que… » Dans la vie courante, nous (je crois que je peux inclure sans problème Do, Panouf et Pneumatis) ne faisons pas une fixation permanente sur le péché d’autrui, inquisiteurs laïcs et redresseurs de torts auto-proclamés.

    Simplement, disputant en chrétiens, il est évident pour tous, je crois, que l’Amour est la condition sine qua non de la relation à Dieu et à nos frères, et le centre de tout. Si nos propos peuvent sembler parfois dépourvus de charité, c’est que, étant déjà tous convaincus que l’Amour est premier, il ne reste à disputer que sur ce qui reste : les textes. Forcément, quand on ne rappelle pas sans cesse que l’Amour prime, ça fait très sec… mais bon, c’est un peu ce qui caractérise une disputation. Après tout, c’est de la dissection juridique que nous sommes en train de faire !

  24. @ AncillaDomini:

    il faut dire aux divorcés remariés que jésus les aime tellement que meme s’il ne peuvent pas communier, il peuvent l’adore dans le st sacrement. soyons miséricordieux

  25. @ armagilus:

    Merci pour votre précision, mais qu’en est-il de ceux qui souhaiteraient arréter cet état de vie et n’en ont pas la force ou le courage?

    @ do:

    Merci pour le rappel sur les structures de péché! c’est le truc que j’avais oublié de prendre en compte dans mes commentaires précédents!! Et merci pour le rappel que le choix de suivre le christ est toujours possible.

    AncillaDomini a écrit:

    Après tout, c’est de la dissection juridique que nous sommes en train de faire !

    Sans compter qu’en plus on peut préciser et expliquer certaines choses. Par exemple que l’impossibilité de communier n’est pas une « sanction » spécifique aux divorcés-remariés! Et je suis aussi d’accord avec cette histoire de cession de préparation au mariage augmentées: je crois que c’est absolument nécéssaire pour éviter que le mariage religieux ne soit qu’un rite social (d’ailleurs ce serait bien qu’il y ait aussi une sorte de préparation au mariage ou de cérémonie officielle à la mairie qui ne se limite pas à sonner des papiers! Mais comme au nom de la spontanéité on a supprimmé tous les rites, rien ne vaut plus un rite, meme ce qui en nécéssite! C’est pourquoi les gens se marient à l’Eglise, meme s’ils se foutent du message de l’Eglise sur cette question (cf une certain vidéo de préparation au mariage…)

    mich a écrit:

    il peuvent l’adore dans le st sacrement. soyons miséricordieux

    Ca c’est évident, et ça devrait meme etre une lapalissade étant donné que dans le st sacrement c’est Jésus présent alors que dans l’eucharistie c’est Jésus offrant. Et il tout à fait recommandé au divorcés remariés d’offrir leur soufrance à dieu: ça s’appelle la croix…

  26. Merci à Panouf et au P. Emmanuel pour toutes ces précisions, tant sur le sacrement de réconciliation que sur les clauses de nullité d’un mariage.

    Et merci à Ancilla Domini pour cette précision essentielle : oui, nous sommes tous d’accord, -enfin je crois… ceux qui sont pas d’accord, levez la main svp !- dans ces situations, il faut faire preuve d’une très grande charité et d’un maximum de délicatesse.

    Ce qui n’empêche pas par ailleurs de dire avec franchise la vérité de la Loi de l’Église, tout en gardant à l’esprit que cette Loi est faites pour faire grandir l’Homme vers Dieu, non pour le rabaisser et le rejeter. Ah ben oui, c’est une réalité difficilement acceptable par nos contemporains : une sanction, c’est fait pour faire grandir !

    A travers ces billets et ces commentaires, je crois que nous pouvons bien sentir la difficulté que représente ce problème complexe pour les ministres de l’Église. Bon courage à vous tous, nos pasteurs !

  27. @ Tous :

    Je viens de tomber sur cet article du Salon Beige, où le Saint Père donne lui-même son avis sur le divorce et le remariage : http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/09/le-divorce-et-le-concubinage-favorisent-le-d%C3%A9sordre-social.html

    Dans le fond, ce qu’il dit n’est pas différent de ce qui a été diversement exprimé ici…

  28. Je reviens, bien tard j’en conviens, sur cette discussion passionnante et les trois billets qui y ont été consacrés.

    Beaucoup de choses justes ont été dites sur la charité avec laquelle accueillir nos frères qui sont dans cette situation. Mais il me semble tout de même qu’il y a un point sur lequel beaucoup ont « pudiquement » glissé. Le seul cas qui pose réellement problème est celui de la personne abandonnée par son conjoint, vivant seule dans la fidèlité à son mariage quotidiennement bafoué, et qui pourrait vouloir construire de nouveau, ou de fait pour la première fois car il faut être deux pour cela, un mariage chrétien. Pour ces personnes il me semble que la solution proposée par l’Eglise, la reconnaissance de la nulité de la première union, est dans l’immense majorité des cas la bonne.

    Ceux qui n’ont pas attendu pour re-vivre en couple, ceux qui ont divorcé de leur fait ou d’un commun accord et se sont « remarié » sont dans une toute autre situation, qui m’interpelle singulièrement, en ma qualité de jeune marié. Ils ont choisi, librement, de violer encore et toujours une parole donnée pour la vie, et qui en attendant la preuve du contraire avait valeur sacramentelle. Ils trompent leur mari/femme avec un nouveau compagnon, et ils le trompent tant qu’ils ne l’appellent plus leur mari ou leur femme, mais leur ex et qu’ils donnent le nom de mari/femme à leur amant/maitresse. Sauf si leur préparation au mariage a été plus que défaillante et leurs prêtres muets ou trop préoccupés à pronner l’amitié entre les peuples pour leur parler de ce qui est la Foi et la doctrine de l’Eglise, ils savent que ce qu’ils font n’est pas bon, même si cela leur est agréable. Ils savent, au moment de se lancer dans cette « nouvelle union », qu’elle est pécamineuse… Il ne s’agit pas en effet juste de tomber et dans un moment d’errement de tromper son conjoint, mais de mettre en place une vraie « structure de péché ».

    On peut comprendre que certains le fasse, jugeant l’Eglise innepte, pensant que seule leur foi intérieure a de l’importance ou que sais-je d’autre. Ils se tromperaient alors, mais resteraient logiques. Ce qui me surprend, c’est qu’ils le fasse, mais réclament en même temps une place reconnue dans l’Eglise, le « droit de » communier et d’accèder aux autres sacrements, sans pour autant quitter cette union qui les mets en permanence et automatiquement en état de péché mortel… Je ne sais pas, mais il me semble que si l’on aime assez le Christ et son Eglise pour vouloir communier régulièrement et vivre des sacrements au sein de la communanté des Chrétiens, on devrait détester assez le péché et tout ce qui éloigne de Dieu pour ne pas se mettre de façon permanente et structurelle dans le péché. Que dirait-on à un tueur à gage qui viendrait revendiquer l’accès aux sacrements. « Quitte ton ‘métier’, repend-toi, change de vie et vient nous t’attendons ». Ou pour reprendre les mots du Seigneur « Va, et ne péche plus ».

    Plus que de l’accueil, plus que de la charité (qui ne peut être de la Charité, sans la Verité, qui nous vient du Christ par son Eglise) envers les personnes dans ces situations, dans le sens d’accomodements divers, le problème tient sans doute dans l’enseignement qui a lieu dans nos églises. A trop parler du monde -pour le juger- et de l’amour, on oublie trop souvent l’Amour et ses exigences. Nos prêtres se mettent trop souvent à l’abri des paroles de vérité derrière un « Aime et fait ce que voudra » interprété un peu vite, sans dire que ce que Saint Augustin entendait par Aimer est exigeant, terriblement exigeant, et recouvre tout l’enseignement du Magistère.

    D’aucuns me penseront intransigeant. Mais n’est-ce point une autre intransigeance que de se mettre volontairement dans le péché et de ne pas vouloir en accepter les conséquences. La liberté et la responsabilité qui va avec sont les plus grandes marques de l’Amour de Dieu pour l’Homme, ne pas en vouloir n’est-ce pas, finalement un « péché contre l’Esprit », réputé le plus grave de tous ?

    Plutôt que de s’interroger et de parler des « divorcés-remariés », ne devrions nous pas mettre en valeur et en avant dans nos communautés ces divorcés non remariés héroiques qui vivent dans la solitude un pardon véritable et la fidélité à leur époux volages ?

  29. @ Franz:

    +100 000

  30. Après un long silence, je vois que l’on N’est pas + avancés!!!! @ Franz: Je suis la ‘maitresse’ d’un homme divorcé: nous allons fêter nos 21 ans de mariage, oups pardon, de relation adultère! Nos 4 enfants ( 19, 17, 14 et 11 ans) sont baptisés, catéchisés et, pour les 3 aînés, confirmés.Mon amant s’est marié à 21 ans et, après 2 ans d’enfer (je maintiens ce mot, il n’est pas trop fort), il a trouvé la force de partir pour se sauver lui même. Le traumatisme a été tel qu’il refuse d’entamer une procédure en reconnaissance de nullité, de peur qu’on ne le retrouve… Nous allons à la messe tous les Dimanches, mais hier (relisez les textes), nous n’y sommes pas allés car, à chaque fois, le chagrin et la colère que je ressens me « décalquent » toute la semaine suivante. Une maitresse fidèle au même amant depuis + de 20 ans, qui communie et ne veux la pitié de personne: Jésus nous aime tant que je ne peux croire qu’il juge ceux qui viennent se nourrir de son corps pour y puiser sa force.;..

  31. @Dorothé…

    Votre témoignage est intéressant, touchant certes… Mais révoltant. Vous avez décidé, contre l’enseignement de l’Eglise, à travers 2 millénaires, que vous saviez ce que veut le Christ mieux que ses ministres et que vous avez raison. Je suis sûr qu’il vous sera (comme à nous tous) pardonné beaucoup. Si, comme cela semble être le cas votre compagnon n’a jamais été réellement marié, et que c’est véritablement votre certitude que le mariage en question est nul, très bien… Votré péché n’est alors probablement « que » de désobéissance à l’Eglise. Et fornication en dehors des liens sacrés du mariage.

    Mais de grâce, ne reprochez pas à d’autres ce que vous n’avez pas le courage de faire. Si la reconnaissance de nullité est trop dure à chercher, par crainte de x ou y (s’il y a réelle menace physique, ne doutez pas que l’enquête peut être très discrète) et bien assumez de ne pas l’avoir en vivant désormais en « frère et soeur ». Si vous jugez votre « confort » plus important que la communion, c’est votre choix… Si vous jugez la communion comme part de votre confort… moins. Mais beaucoup de chrétiens sont morts pour avoir tenu plus au Christ qu’à leur vie… Ils forment l’Eglise et c’est vers eux aussi que se tourne votre colère…

    Quant à 20 ans de « fidélité » à l’adultère, s’en prévaloir me semble limite, même si ce n’est pas à moi de juger. Je suis désolé si mes mots vous blessent. Mais la Vérité rend libre, pas la compassion fausse que semble aprécier l’époque et favoriser le net. Si un jour je me trouve dans une position similaire j’espère que quelqu’un aura le courage de me parler durement, voire de me mettre un coup de pied au cul, pour me remettre dans le bon chemin, à plusieur et en public s’il le faut. (cf. Matthieu 18:15-20).

  32. @ Franz: - Où ai je reproché quoi que ce soit à qui que ce soit? -Les ministres du Christ sont souvent extrêmement compréhensifs et sont d’1 grand soutien. Sachez que je pourrais aussi communier sans prévenir quiconque, ce que je me suis toujours refusé de faire. - Ce terme de fornication est à la limite de l’insulte: faites attention, ce site se veut respectueux de tous -Vivre en frères et sœurs alors que nous avons 4 enfants: sans commentaire, il n’y a pas plus hypocrite comme position! -De quel droit pouvez vous dire que je communie pour mon confort? J’ai dit que je venais puiser de la force dans son corps! N’est ce pas ce que vous faites en communiant? L’Église n’est pas formée que de gens qui sont morts pour le Christ, elle est composée de TOUS LES BAPTISES -J’espère qu’avec le temps, vous apprendrez à ressentir ce qu’est la miséricorde de Dieu…Avant d’aller à la messe Dimanche prochain, essayez de relire la réponse que vous m’avez faite

  33. Dorothée… Je suis désolé de vous avoir « blessée », mais pas désolé de vous avoir dit la vérité. J’aurais commis un péché si je ne vous avais pas fait la réponse précédente.

    Vivre en frère et soeur dans la chasteté, maintenant… Mais oui, c’est dur mais c’est possible, et en rien hypocrite quand on le vit en accord avec son conjoint, dans le Christ, cela ne nie aucune autre réalité telle que l’existence de vos enfants et l’amour que vous leur portez chaque jour. Vous êtes libre !

    En mangeant le corps de Christ vous devenez son tabernacle, et ce tabernacle est souillé de façon systémique de par votre état de vie. Certes aucun de nous n’est jamais digne… mais là on parle d’une structure de péché. Comme précisé dans d’autres discussions ici sur le sujet, en allant communier ainsi, quoi que vous puissiez prétendre, vous commettez un sacrilège. Certes vous n’êtes pas la seule, les gens vivant en concubinage ou avec tel ou tel autre péché grave sont aussi dans cette situation. Plein de gens communient quand ils ne le devraient pas… est-ce un raison pour le faire ? Vous voulez la force du Christ, acceptez donc aussi Sa Loi.

    Et si Dieu est miséricordieux, Il est aussi juste. Et il l’a dit : quiconque quitte sa femme pour aller avec une autre commet l’adultère. C’est Lui qui le dit, pas moi, pas ses ministre parfois égarés. Et le Magistère, sur 20 siècles l’a confirmé. Après, vous venez là drappée dans votre sainteté juger et rejetter ce pourquoi tous ces gens ont vécu et sont morts. Certes l’Eglise est composée de tous les baptisés d’aujourd’hui, mais elle est AUSSI composée de ces martyres de la pureté, de la chasteté. Que leur dites vous ?

    Je ne vous juge pas, je ne le peux pas, pécheur que je suis, mais je vous en conjure, regardez en face votre situation, ayez le courage de vous conformer à la loi divine, ou de dire que vous n’avez que faire de cette loi et que VOUS la jugez innepte… Vous êtes libre et responsable de votre vie. Si je ne peux vous juger, je peux juger le péché, c’est même mon devoir.

  34. @ Franz: Je crois que c’est très délicat de manier ce type de discours, comme ça, dans un forum. Non que ce le fond soit faux, mais c’est la manière d’être, et de dire les choses, qui différencie, je crois, un pasteur dont c’est la mission d’accompagner dans leur chemin avec le Christ des fidèles dans ce type de situation, et une personne qui veut bien faire, bien dire, mais qui ne fait sans doute qu’ajouter un peu plus à la souffrance / écœurement / révolte de la personne, en l’occurrence de Dorothée…

  35. Bonjour à tous,

    merci pour vos témoignages édifiants, ça fait du bien de lire parfois les choses en face d’un point de vue extérieur car rien ne nous dit qu’on n’y sera pas confrontés un jour directement ou via notre famille/amis…

    Je souhaite juste ajouter qu’une écharde gardée pendant plusieurs années est toujours douloureuse et fait plus de mal quand on la retire brutalement lmais après, quel soulagement!), mais le sentiment de révolte avec lequel on reçoit l’enseignement du Christ et de l’Eglise est somme toute humain, si vous applatissez un faux pli vous vous échinerez à le faire disparaître, est-ce pour autant qu’on veut fusiller sa chemise?

    Comme dit franz on peut surmonter un péché, donc la douleur profonde qui en découle et que parfois on veut cacher, si on le prend à bras le corps et si on requiert l’aide de son entourage…. facile à dire mais tellement vrai.

  36. @ Franz: je suis d’accord avec Laurence, et trouve malvenu ce type d’intervention. Crois-tu vraiment que Dorothée ne sait pas tout ce que tu viens de dire ? Crois-tu lui avoir appris quelque chose ? Ton précédent commentaire n’était-il pas suffisamment explicite, dans sa généralité, fallait-il l’appliquer nommément ?

    Tu aurais commis un péché, dis-tu, si tu n’avais pas tenu ce langage ? Mais, Franz, si tu veux que l’on aille sur cette voie, allons-y et posons-nous toutes les questions : qu’est-ce qui te soucie, alors, la position de Dorothée ou l’idée que tu puisses avoir commis un péché ? C’est ton prochain, ou toi-même, qui te soucie le plus, là ?

    Après tout, le Christ n’est pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs. Peut-être est-il davantage venu pour Dorothée (si elle veut bien m’excuser ce qualificatif, pour les besoins du raisonnement) que pour toi, alors ?

    Bref, je suis très mal à l’aise avec cette façon de s’envoyer le « juste comportement » au visage.

    Dorothée, je comprends parfaitement que vous ayez du mal à assister à cette messe. J’avais en face de moi un garçon qui est en procédure de divorce, sa femme l’ayant quitté, et je pesais le poids de chaque mot de la lecture, comme du sermon. Au demeurant, peut-être ne vous aurait-il pas trop déplu, car si le prêtre a rappelé comme il se doit l’exigence qui est celle de l’Eglise dans le mariage – expliquant qu’on ne quitte pas le bateau au premier coup de vent et rappelant, il faut bien le dire, que l’Eglise demande aux personnes remariées de s’abstenir de la communion – il a aussi eu à cœur de rappeler que nous devons accueillir fraternellement les divorcés-remariés, et ne pas « fermer le port » à ceux qui ont été en difficulté.

  37. Koz a écrit:

    @ Franz: je suis d’accord avec Laurence, et trouve malvenu ce type d’intervention. Crois-tu vraiment que Dorothée ne sait pas tout ce que tu viens de dire ? Crois-tu lui avoir appris quelque chose ? Ton précédent commentaire n’était-il pas suffisamment explicite, dans sa généralité, fallait-il l’appliquer nommément ?

    Il me semble que ce n’est pas moi qui ait choisi la personnalisation, de quitter la généralité. Certes, j’étais et je suis toujours mal à l’aise à faire un reproche direct à une personne. Mais l’exigence de vérité appelait ce genre de réponse, sans doute aussi difficile pour celui qui la formule que pour celui qui la reçoit.

    Koz a écrit:

    @ Tu aurais commis un péché, dis-tu, si tu n’avais pas tenu ce langage ? Mais, Franz, si tu veux que l’on aille sur cette voie, allons-y et posons-nous toutes les questions : qu’est-ce qui te soucie, alors, la position de Dorothée ou l’idée que tu puisses avoir commis un péché ? C’est ton prochain, ou toi-même, qui te soucie le plus, là ?

    Les deux sont intimement liés… Ce serait un péché pour moi, ce dont il serait hypocrite de dire que je me fiche, puisque son péché l’éloigne de Dieu, blesse Dieu et l’Eglise. Je suis sûrement autant pécheur que quiconque. la « petite » différence est que je ne me glorifie pas de mon péché tout en me prétendant catholique, que je ne cherche pas à le justifier « c’est pas ma faute, c’est l’autre y fait rien que m’embêter… ». De plus ma réponse, comme tout écrit sur le net ne visait évidemment pas que Dorothée, mais quiconque passe et lit… C’est avant tout pour ce lecteur que je devais écrire.

    Koz a écrit:

    @ Après tout, le Christ n’est pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs. Peut-être est-il davantage venu pour Dorothée (si elle veut bien m’excuser ce qualificatif, pour les besoins du raisonnement) que pour toi, alors ?

    Peut-être. Encore faudrait-il voir si je suis réellement moins pécheur qu’elle… Rien n’est moins sûr. Je suis notamment visiblement peu charitable, brutal, légaliste, inhumain… ;) Blague à part personne à part Dieu ne peut juger qui est juste et qui est pécheur.

    Koz a écrit:

    @ Bref, je suis très mal à l’aise avec cette façon de s’envoyer le « juste comportement » au visage. Dorothée, je comprends parfaitement que vous ayez du mal à assister à cette messe. J’avais en face de moi un garçon qui est en procédure de divorce, sa femme l’ayant quitté, et je pesais le poids de chaque mot de la lecture, comme du sermon. Au demeurant, peut-être ne vous aurait-il pas trop déplu, car si le prêtre a rappelé comme il se doit l’exigence qui est celle de l’Eglise dans le mariage – expliquant qu’on ne quitte pas le bateau au premier coup de vent et rappelant, il faut bien le dire, que l’Eglise demande aux personnes remariées de s’abstenir de la communion – il a aussi eu à cœur de rappeler que nous devons accueillir fraternellement les divorcés-remariés, et ne pas « fermer le port » à ceux qui ont été en difficulté.

    Certes. Mais si tu comprends que certain(es) aient du mal à assister à cette messe particulière, peut-être peut tu comprendre que d’autres aient du mal avec ce qui ressemble fort à une revendication du péché et du « droit au sacrilège », avec une déclaration qui simultanément réclament une place dans l’Eglise et rejette l’enseignement de son Magistère.

    Alors OK, je suis celui qui dit les choses « dures »… Qui s’en prend à une autre « personne ». Mais comprends que qui s’en prend plus ou moins directement à ma mère (l’Eglise) fait la même chose… A moins que j’ai totalement mal compris et mal interprété les messages de Dorothée, notamment la dernière phrase du com’ 29, dans ce cas je lui présente mes excuses les plus plates pour la rudesse injuste de mes commentaires. De toutes façon, je vais prier pour elle, beaucoup.

  38. Franz a écrit:

    peut-être peut tu comprendre que d’autres aient du mal avec ce qui ressemble fort à une revendication du péché et du « droit au sacrilège »

    Franz, il est compréhensible que vous soyez choqué par cette « revendication », elle heurte vos manière de vivre la foi et vous estimez que vous devez absolument le dire à Dorothée (ou à la personne pareillement concernée qui vous lit). C’est bien pour vous de le dire, c’est conforme à votre façon de faire, mais à elle, ça ne lui rend absolument aucun service. Un pasteur ne rappelle pas la vérité à tout bout de champ, : il tâche d’aider la personne à grandir, en partant de là où elle en est. Avant tout en témoignant de l’amitié, quelquefois en parlant, quelquefois en se taisant, mais jamais sans discernement.

    Franchement, quand on est face à une personne qui souffre, il n’est pas indiqué de partir de soi, de fixer à la personne la barre de moralité / fidélité que l’on se fixe à soi-même (chacun son rythme – loi de gradualité). Dorothée en est là : à la révolte et à la souffrance. Si vous voulez l’aider, partez de là. Ne lui dites pas qu’elle a tort de penser ce qu’elle pense, et d’être en colère, etc. Si vous pensez ne pas pouvoir lui dire autre chose, alors limitez-vous à prier pour elle… Un simple message peut faire des dégâts.

  39. Franz a écrit:

    Je suis notamment visiblement peu charitable, brutal, légaliste, inhumain…

    Mais manifestement pas dépourvu d’un certain sens du discernement, voyons le bon côté des choses. ;-)

    Vous le relevez, c’est une chose, mais je trouve extrêmement violent de dire à une personne pratiquante, qui s’efforce de mener une vie de foi, qui en outre a une expérience de la vie et de ses difficultés un peu supérieure à la vôtre (à la nôtre), qu’elle souille le Christ (en gros) en communiant. Et je ne pense pas que la forme d’un propos soit accessoire.

    Pour le reste, il ne me semble pas nécessaire que j’ajoute quoi que ce soit au commentaire de Laurence, auquel je souscris pleinement.

  40. @Laurence Vous avez très certainement raison… Mais je me pose régulièrement des questions sur cette approche. Certes, la mienne, isolée, est souvent porteuse dans l’instant de rejet plus qu’autre chose. Mais plus généralisée ne peut-elle pas être un garde fou. Si plus souvent les prêtres dans leurs homélies rappelaient la Loi, difficile mais juste, que le Christ et l’Église à sa suite nous proposent, il n’y aurait sans doute pas aussi souvent besoin de faire preuve de douceur et d’écoute pour amener les fidèles dans le Chemin du Seigneur.

    Mais ce qui est fait est fait, et je devrais faire sur le net preuve de l’écoute et la compassion que parfois je regrette de pratiquer un peu trop « en vrai »… la distance de l’écran et qu’apporte la lecture/écriture permet de faire passer un message plus dur, plus difficile puisqu’il isole en partie le message de l’affect.

    Je tenterais donc désormais de mettre plus d’attentions dans mes messages !

  41. @ Franz: Personnellement, je pense comme le pape que la vérité n’est rien sans la charité. Et donc, que ce n’est pas parce qu’on est sur Internet qu’on peut parler de cette manière à quelqu’un. Jésus a, certes, prononcé sur ceux qui se remarient des phrases sans équivoque (encore que sujettes à bien des interprétations, mais je ne veux pas m’étendre ici sur ce sujet). Mais il a également longuement parlé à la Samaritaine sans jamais une parole sur son péché ou quoique ce soit de ce genre. Il a également accusé les Pharisiens de faire porter aux autres, par leur incessant rappel de la loi, des fardeaux qu’eux-mêmes étaient incapables de porter. Nous devons bien nous garder de ce péché-là.

    Sur le fond de ce que vous dites (votre dernière réponse à Laurence) : « Si plus souvent les prêtres dans leurs homélies rappelaient la Loi, difficile mais juste, que le Christ et l’Église à sa suite nous proposent, il n’y aurait sans doute pas aussi souvent besoin de faire preuve de douceur et d’écoute pour amener les fidèles dans le Chemin du Seigneur ». Je vous signale tout d’abord que la Loi dont parle le Christ est la loi du Royaume, et que ce Royaume n’est pas de ce monde. Mais cela n’enlève rien de l’exigence évangélique. Pour ce que les prêtres s’efforcent de dire là-dessus, je distinguerais deux cas. Il y a des cas où les prêtres peuvent porter cette Parole (je préfère ce terme à celui de Loi, car le Nouveau Testament prend très nettement ses distances avec la tradition antérieure sur l’usage de ce mot) au plus grand nombre, c’est lors de la préparation et de la célébration des mariages. Je regrette d’être assez pessimiste sur ce point, mais ce qui est dit alors, et même très clairement en ce qui me concerne, n’est absolument pas entendu pour ce qu’il est. L’autre cas est celui du petit cercle qui fréquente régulièrement l’Église. Je peux en effet témoigner que lorsqu’on rappelle à un couple de chrétiens en difficulté qu’ils se sont un jour engagé devant Dieu, ce rappel les fait réfléchir. Mais pas toujours.

    Il se trouve que dimanche, c’était le sujet de mon homélie (puisque c’était celui de l’Évangile). Sans dénoncer le péché d’adultère des uns ou des autres, j’ai essayé de montrer en quoi la discipline de l’Église était fondée. Ma politique est toujours de dire : « l’Eglise nous aide à ne pas faire semblant qu’on peut tout faire comme on veut, et nous rappelle qu’un divorce est toujours un drame, pour les conjoints et pour leur entourage ». tout en parlant, je me disais que j’allais me faire copieusement engueuler en sortant de l’église. Au contraire. Une paroissienne, qui est en train de vivre un divorce douloureux (comme tous les divorces) m’a chaleureusement remercié à la fin. Comme quoi…

    Donc pour me résumer : ici, on reste gentil et poli. Mais sur le fond on n’est pas si éloignés.

  42. @Franz , qui a écrit:

    Il me semble que ce n’est pas moi qui ait choisi la personnalisation, de quitter la généralité.

    Cette phrase me semble symptomatique : nous faisons facilement des généralités (d’autant plus facilement qu’elles ne condamneraient pas) et fuyons la personnalisation. Cette démarche me semble perverse. Déjà, parce que les généralités condamnent, durement car elles ne tiennent pas compte des circonstances atténuantes et réduisent la personne à son acte.

    La Vérité n’est pas un concept, dont l’application s’abbat sur nous comme un couperet, mais une Personne, le Christ.

  43. @ Emmanuel Pic: Dans la même ligne, voici ce que m’ont suggéré les lectures de dimanche dernier. Il est plus que temps de balancer l’image d’un dieu justicier et d’une église calquée sur cette image-là, et de redécouvrir le vrai Dieu, le « tout compatissant ». Merci pour ce partage, non d’idées, mais de vécu …

    27e dimanche B – 4 octobre 2009 (Gn 2, 18-24 ; He 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16)

    Cet évangile est rude et beau (donc rudement beau !) car il nous amène à aborder un sujet extrêmement sensible, qui éveille en nous autant d’émerveillement devant la beauté de l’alliance que de souffrance face aux blessures d’alliance. Si on veut vivre et réfléchir ce mystère dans la vérité, il faut voir les deux aspects. Une médaille a son avers et son revers.

    Deuxième remarque : il y a deux façons d’entendre cette parole de Jésus. Soit en fonction de la loi, soit en fonction de l’amour. Or, vous savez très bien que beaucoup de chrétiens ne voient dans l’institution Eglise qu’un organisme impersonnel qui édicterait des lois et prononcerait des interdits au lieu d’annoncer une Bonne Nouvelle. Nous n’allons évidemment pas tomber dans ce piège. Il suffit de voir, au début de notre passage d’Evangile, comment Jésus cloue le bec aux pharisiens qui, précisément, se situent dans une perspective légaliste. Dès qu’ils lui fourrent une objection dans les pattes en termes de permis et de défendu, que fait Jésus ? Il leur répond en termes d’alliance. A sa suite nous allons donc faire comme lui.

    D’ailleurs, le projet de l’évangéliste Marc est très clair : il annonce une Bonne Nouvelle. « Tout au long du récit de la vie publique de Jésus, Marc se propose de prendre le lecteur par la main et de le guider vers une compréhension grandissante du contenu de la Bonne Nouvelle. » [L. Dingemans, ‘’Jésus face au divorce’’ pg 57]. Dans sa réponse, Jésus ne dit pas qu’il faut appliquer une règle : il nous invite à viser un idéal. Ce n’est pas pareil ! Nous voilà au cœur de l’éternel conflit entre la loi et la vie. Ce que Marc veut nous montrer dans son évangile, c’est « l’opposition entre la Bonne Nouvelle de la miséricorde de Dieu et la dureté du cœur humain » [id. pg 76].

    Dans sa réponse aux pharisiens, Jésus rappelle deux choses :

    1° Nous sommes sur terre pour être heureux. Tel est le projet de Dieu. 2° Il n’y a pas de bonheur vrai, pas d’harmonie, pas de vie, s’il n’y a pas d’alliance. Il suffit de regarder aujourd’hui l’herbe de nos jardins : tant que la pluie ne fait pas alliance avec la terre, la sécheresse persiste.

    Il nous dit aussi que, si on contemplait un peu plus souvent le projet d’amour et d’alliance que Dieu a sur l’humanité et sur chacun d’entre nous, ça irait mieux dans le monde. Ce n’est pas par hasard si, au début de la messe, nous avons chanté le « psaume de la création ». Dieu vit que cela était bon et il persiste à voir que, dans le cœur de tout être, il y a quelque chose de très bon. En effet, si son regard était dès les origines celui de l’émerveillement, on ne voit pas pourquoi il mettrait des lunettes noires en cours de route.

    Ceci pour vous inviter à rendre grâces et à dire merci pour tous ceux et celles qui vivent dans la fidélité quotidienne à leur alliance dans le mariage tout en sachant que ce n’est pas toujours facile. Nous avons tous devant les yeux les visages de certains couples âgés qui nous rappellent que, si la vue de deux jeunes amoureux nous met en joie, la contemplation de deux vieux amoureux nous fait entrer dans une joie quasi parfaite. C’est beau parce que ça tient, parce que ça dure, et que c’est chaque jour aussi fragile et tendre qu’un bouton de rose au printemps. Ça donne envie ; et leur exemple nous dit qu’il est possible d’aimer ainsi, alors que nous sommes tous embarqués dans l’aventure d’un monde de plus en plus éclaté, où l’engagement semble ne plus signifier grand’chose et où, cependant, le rêve persistant de l’être humain est d’aimer et de se savoir aimé. Depuis toute éternité et pour toujours.

    A partir de là, en faisant de notre mieux pour coïncider avec le regard miséricordieux de Dieu, nous pouvons aborder la question, ô combien délicate, des ruptures et des blessures d’alliance ; le drame de la séparation et du divorce ; la question des divorcés remariés. D’emblée mettons les choses au point : est-ce que, oui ou non, nous allons prendre au sérieux cette parole de Jésus à Nicodème : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pour le condamner mais pour le sauver » ? Autrement dit : Jésus est venu, non pour régler leur compte à des coupables, mais pour rejoindre les gens blessés.

    L’être humain est un être de relation. La relation, c’est ce qui le fait vivre, avant le bien-être matériel : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » [Cfr 1ère lecture.] Existe-t-il une blessure plus profonde que le déchirement d’une alliance, l’échec d’une relation que l’on rêvait à l’image d’un Créateur qui n’en finit pas d’épouser son humanité et de se marier avec cette terre qu’il a mise sur l’orbite de sa joie ? Si ce Dieu-là est de toute éternité en manque d’amour à recevoir et à donner, si ce Dieu-là, amoureux fou de ses créatures, ne cesse d’être blessé par nos propres ruptures, comment, nous qui sommes créés à son image, ne serions-nous pas atteints par les blessures dont nous sommes causes et victimes ?

    Il nous faut prier ici à partir des êtres qui sont meurtris au cœur de leur alliance, car c’est là que nous rencontrerons la compassion de Dieu. C’est là que nous reconnaîtrons son identité en devinant l’amour et la tendresse avec lesquelles il regarde cet homme, cette femme, qui pleure son trésor perdu. En voyant quelle fut l’attitude de Jésus vis-à-vis de Pierre, de Marie-Madeleine, de Zachée, du bon larron, rappelons-nous que jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme.

    Un divorce, vous le savez bien, ouvre chaque fois un chemin de culpabilité plus ou moins déclaré. Et alors on cherche à expliquer le pourquoi et le comment, ou bien on attribue la faute à l’autre – s’il y a faute … La culpabilité, ça vous ronge l’intérieur et ça vous dévore. Or, jamais Dieu ne culpabilise, car il n’est ni un rongeur ni un carnivore : c’est un amoureux. Pour lui, une brèche qui déchire une alliance devient une porte qui s’ouvre, où il s’engouffre pour y faire sa demeure, si intense est son désir d’être avec nous en toute circonstance. Et si la blessure d’alliance n’était qu’une porte d’entrée comme une autre pour ce Fils, amoureux de l’humanité blessée ?

    Outre le nom d’ « Alliance », un des plus beaux noms qu’on puisse attribuer à Dieu, c’est : « Commencement ». Il dit : « Ton passé ? Il est derrière moi. Peut-être est-il arrivé que le péché ait jalonné ton existence comme les cailloux sur le chemin. Mais, si j’ai envoyé mon Fils auprès de toi, c’est pour te révéler que les cailloux, ça sert à construire le chemin : celui de ton avenir. Et si tu me laisses faire, tu verras que mon projet d’amour est un amour en projet. »

    Chaque dimanche (sauf le 11 & le 18 octobre), l’homélie sur le site : http://www.lapairelle.be mchodoire@lapairelle.be

  44. la charité ou la compassion est vécue de manière intime, mais Jésus ne voulait pas de compromission il me semble (« Va et ne pèche plus ») ce n’est pas pour autant qu’il faille s’arrêter à la forme dans le but d’éviter de choquer ou d’éloigner un coeur fragile, si le message proposé, la Parole donc, est bonne sur le fonds. Après c’est notre liberté qu’on met en jeu.

    ça m’intéresse cette citation de Dieu sur les cailloux du chemin, quelqu’un a la référence ? (dans quel contexte Il l’aurait dit?) car c’est aussi à double tranchant : le risque est grand de laisser la porte ouverte au péché, ce qui Lui déplaît, alors que dans le cas où des Saints ont tout laissé (comme St Paul ou Marie-Madeleine pour suivre le Christ, là on tombe d’accord avec Marc).

  45. Zut, vive les problèmes techniques… je n’arrive pas à quoter!

    « Il dit : « Ton passé ? Il est derrière moi. Peut-être est-il arrivé que le péché ait jalonné ton existence comme les cailloux sur le chemin. Mais, si j’ai envoyé mon Fils auprès de toi, c’est pour te révéler que les cailloux, ça sert à construire le chemin : celui de ton avenir. Et si tu me laisses faire, tu verras que mon projet d’amour est un amour en projet. » « 

    Oui, c’est vrai dans le cas de St Pierre, St Paul ou Ste Marie-Madeleine qui ont tout laissé pour suivre le Christ, et essayé de ne plus Le déplaire ; or, le risque est toujours là de faire dire à ce texte « ton passé est derrière, »" »ce n’est pas grave si tu pèches on sera là pour te consoler et on n’est pas là pour te corriger »" ». Qui dit que l’on bâtit un avenir solide sur nos travers? j’ai rarement vu ça… Par contre le surmonter pour ne plus que ça se reproduise ok.

    Après les tournures de forme sont à dépasser, il ne semblait pas que la loi divine ne découle pas de l’Idéal divin ou sont séparés…

  46. Bonjour,

    Je trouve assez désagréable les derniers échanges parce qu’ils montent des chrétiens les uns contre les autres, en s’accusant mutuellement de manque de charité ou de complaisance… Vraiment ce sujet peut faire du mal. Il me semble qu’il faut réussir à être juste : juste avec ceux qui souffrent de ne pouvoir suivre le chemin que leur rappelle l’Eglise, et juste aussi avec ceux qui réussissent (et en souffrent d’ailleurs aussi, mais d’une autre manière). Enfin il faut être juste aussi avec qui est blessé lorsqu’on exprime son droit au sacrilège en toute impunité.

    Les témoignages sont tous intéressants. Mais par exemple, pour faire avance Franz dans le dialogue avec les divorcés remariés, puisque dans les derniers échanges c’est en grande partie cet axe qui s’est dégagé des interventions, peut-être que le Père Emmanuel Pic devrait nous offrir un nouveau témoignage : celui d’une homélie semblable à celle qu’il a fait, mais où à la fin de la messe une paroissienne serait venue le voir en lui disant : « Et bien moi je suis mariée à un homme divorcé avec qui j’ai eu 4 enfants, et suis donc une maitresse fidèle au même amant depuis + de 20 ans, qui communie et ne veux la pitié de personne » (pour reprendre les mots de Dorothée). Personnellement, je suis d’accord avec le fait qu’il faut être extrêmement prudent dans ce genre de situation, ce qu’on ne fait jamais assez sur le web, j’avoue que je suis incapable de savoir comment j’aurai réagi. Je sais que la personne en face de moi aurait été probablement blessée par mes propos, ou peut-être simplement blessée tout court par la situation. Mais que dire dans ce cas ? Que faire ?

    Pour donner un autre exemple, un collègue non croyant avec qui je discutais me demanda un jour : tu crois tout ce que dis l’Eglise ? Je réponds que oui. Il me dit : tu n’es quand même pas contre l’avortement ? J’ai répondu que si. Devant son étonnement furieux, j’ajoutai que pour autant je ne jugeais évidemment pas les personnes qui avortaient, chacune ayant des raisons bien spécifiques, et que l’avortement était déjà en soi une souffrance assez grande pour qu’on ne rajoute pas en plus une culpabilisation mal venue. Simplement qu’il fallait distinguer l’acte des personnes et qu’un embryon était une personne humaine à part entière. On ne pouvait donc pas être « pour » cet acte, et dire que c’est bien. J’ai passé deux heures à expliquer cela, avec une tendresse et une douceur que je ne me connaissais pas, avec une patience qui ne pouvait même pas venir de moi, je vous en assure, jusqu’à l’exprimer par les larmes au fur et à mesure de notre échange. Pourtant, le seul fait de savoir que je considérais un embryon comme une personne humaine mettait cette personne (qui avait accompagné l’avortement de sa copine il y a longtemps – ils avaient 16 ans tous les deux et la grossesse était bien sur un « accident ») dans une colère à la hauteur de la culpabilité qu’impliquait cette position.

    Cette personne refuse encore aujourd’hui de me parler autrement que pour des échanges purement formels et nécessaires, et j’en suis profondément attristé. Parce que pour lui je le juge coupable de meurtre, alors que je ne l’ai jamais jugé, je n’ai pas parlé de péché, ni de meurtre, ni de culpabilité. J’ai tellement écouté et pesé tous mes mots que je ne savais même pas d’où ils provenaient. Mais rien n’a fait : la blessure était trop forte et la colère trop vive.

    Comment faire alors ? Se taire ? Mentir ? Aurais-je du dire : « Non je ne suis pas contre l’avortement ». Aurais-je du acquiescer quand cette personne m’a dit qu’un embryon n’était qu’une bouillie de sperme (j’en ai encore des larmes qui me viennent quand j’entends cette phrase raisonner dans ma tête, plus d’un an après) ? Aurais-je du juste dire « allez reprends un peu de vin, et n’en parlons plus » ?

    J’ajoute à propos de cette histoire que j’ai aussi beaucoup de colère envers cette personne, parce que ses paroles ont été très blessante, pas personnellement à mon encontre, mais envers la dignité humaine. Cette bouillie de sperme dont il a parlé, j’en ai des photos échographiques de mes enfants qui m’ont bouleversé d’émotion, comme elles bouleversent d’émotion la plupart des futurs parents qui passent une échographie, avant la limite légale d’IVG. Cette revendication du droit à donner la mort à ce qu’on ne considère que comme un organe, et la colère ou la haine contre ceux qui ont le malheur d’y reconnaitre une vie humaine à part entière m’a blessé moi aussi.

    C’est pourquoi, si je suis amplement d’accord pour ne pas « accuser » les personnes divorcées-remariées, je peux comprendre qu’on soit révolté par la première réponse de Dorothée à Franz. Car même si elle est profondément blessée ou en colère, ce qu’elle dit m’offense moi aussi. Ca ne veut pas dire que la solution à cette offense soit d’en remettre un couche, mais il ne faut pas non plus faire complètement basculer la balance de l’autre côté, si vous voyez ce que je veux dire. Je serai assez pour une égalité de traitement entre Franz et Dorothée en fait : soit qu’on juge qu’il faille remettre à sa place une personne, même blessée, dont les propos sont offensant, soit qu’on estime que c’est mal venu, et dans ce cas, le sermon que s’est mangé Franz n’était pas plus justifiée, dans ces termes, que les propos qu’on lui reproche. C’est juste que la réaction groupée m’a semblé un poil excessive, en particulier la réponse de Koz, pour dire les choses franchement, que j’ai trouvé assez dure. Mais peut-être l’écrit déforme-t-il trop le ton que met l’auteur dans son message.

    Voilà, désolé d’avoir fait si long, mais j’ai ressenti ce petit malaise à la lecture des échanges, et il me semblait bon de l’exprimer :) J’espère ne pas avoir semé la pagaille, cela va plutôt dans le sens d’une volonté de conciliation, et d’un nouveau questionnement. Si c’est mal venu, n’hésitez pas à me le dire. Pour autant mes interrogations, elles, sont sincères et demeurent.

  47. Je crois que je vais prendre la défense de Franz, pour deux raisons.

    La première est que ce n’est pas la forme de son propos qui était blessante, mais le fond. Il y a des choses qui blessent, peu importe la façon dont on s’y prend pour les dire, parce qu’elles réveillent un vieux fond de culpabilité, retournent un couteau dans une plaie encore ouverte, ou montrent en pleine lumière que l’on a passé des années à se tromper. C’est valable lorsqu’on parle du divorce, comme c’est le cas ici, mais aussi sur tout un tas d’autres sujets. Même avec toute la patience et toute la charité du monde, le propos blesse, parce qu’il met très précisément le doigt là où ça fait mal…

    La deuxième raison est que Franz explique lui-même qu’il s’agit là de la simple correction fraternelle, qui est un devoir de chrétien (et n’a rien d’un jugement : c’est un constat objectif, bienveillant, et animé par la volonté d’aider son frère)… et surtout, dont on attend une réciproque (le vieux prétexte « han… oui… la paille et la poutre, hein, alors tais-toi » n’a donc pas sa place ici). Que cela soit « en public sur un forum » rend certes la chose plus désagréable, mais non moins nécessaire.

    En ce qui me concerne (allez, un exemple perso, histoire de dire que non, ce n’est pas une généralisation désincarnée), cela m’est déjà arrivé de me faire reprendre sèchement par un prêtre (nan, vous ne le connaissez pas) sur un forum bien (voire plus) fréquenté aussi, et où j’étais un tout petit peu moins anonyme qu’ici. Il a vigoureusement appuyé là où ça fait mal… et il a eu raison ! J’ai peut-être mis trois jours à m’en remettre, mais je lui sais infiniment gré de cette immense acte de charité, qui lui a permis de prendre son courage à deux mains et de parler en chrétien et en père… faisant donc passer mon propre intérêt avant le sien (c’est marrant : c’est toujours celui qui corrige qui a le mauvais rôle, dans l’histoire).

    Alors, ici, je ne donne peut-être pas tort à Dorothée (le couteau dans la plaie, hein… ça fait rarement du bien par où ça passe), mais je donne pleinement raison à Franz ! La charité, malheureusement, ça implique souvent de se coltiner à tort le rôle du méchant-sans-coeur… Ce serait tellement facile s’il suffisait d’être gentil pour bien s’entendre avec tout le monde. Quand on dit que l’Evangile décoiffe, c’est pas forcément dans le sens du poil ! (plutôt l’inverse, hein)

  48. Marc a écrit:

    Nous sommes sur terre pour être heureux.

    Hmm… Tout le monde n’a pas la même interprétation de ce qui se cache derrière cette expression. J’ai l’impression que toute l’opposition entre les diverses versions de la « vraie charité » vient de cette différence d’interprétation-là…

  49. @ AncillaDomini: Je comprends.

    Je crois cependant qu’on ne s’improvise pas frère correcteur. Pour faire de la correction fraternelle vis à vis de quelqu’un, il me semble qu’il faut déjà être son frère (ou sa soeur). Je ne suis pas sûre qu’on le soit sur un forum, où la fraternité est quand même moins forte que dans le réel, on ne sait quasiment rien de l’autre. Jésus nous dit, quand on voit que quelqu’un commet un péché, d’aller le voir, seul à seul, et lui montrer sa faute. Dans un forum, on n’est pas seul à seul, et on ne se connaît pas. C’est donc très délicat.

    Ensuite, tout dépend de la personnalité de celui qu’on corrige ainsi. C’est bien si vous accueillez ce qu’on vous « balance » durement dans un forum, si vous le digérez et en tirez profit à terme. Mais toute personne n’a pas ce tempérament. Dans un forum, il n’y a pas de service après correction ! Vous pouvez laisser une personne désemparée. Elle peut claquer la porte définitivement. Or, quand on « tape là où ça fait mal », comme vous dites, on ne laisse pas la personne se dépatouiller toute seule avec la violence qui vient de lui être faite (pour vous c’est une « vérité dite par charité », pour elle ça s’appelle « violence ». En communication, il y a toujours un émetteur et un récepteur.). Si c’est une personne qui la connaît, un proche, ou un prêtre avec lequel elle est en relation confiante, des choses pourront se dire. Un prêtre saura à quel moment la personne sera capable d’entendre telle chose, et saura faire le suivi, reprendre avec elle plus tard, bref l’aider à cheminer. Mais il ne suffit pas que ce qu’on dit soit tiré de l’Evangile pour pouvoir le dire sans problème à n’importe qui, quel que soit le moment, le lieu, la manière…

  50. @AncillaDomini : je suis d’accord avec vous, même si en tant que catholiques sommes chargés de porter l’Evangile à nos frères on connaît aussi nos limites quant à notre discernement.

    En toute bonne foi on est vite tentés de prendre la loi des hommes pour la loi institutionnelle, officielle, magistrale, que sais-je encore… alors que je crois qu’il faut surtout y voir celle qui est conduite par la nature humaine, qui évolue avec la société dans laquelle on vit. La Loi du royaume, portée « à temps et à contre-temps », est parfois en contradiction avec notre mentalité actuelle (par exemple un certain relativisme par lequel tout le monde est beau et gentil).

    Somme toute je ne fais que confirmer par l’expérience de mon éloignement puis de mon rapprochement avec Dieu qu’avoir recours à la correction fraternelle s’apparente parfois à la cautérisation d’une plaie infectée. Je ne pense pas que ce soit la privation de sacrement qui est source de tristesse pour les conjoints de personnes divorcées, ou les divorcés-remariés, mais l’incompréhension face à cette situation et la recherche de réponse. parfois on a besoin d’être consolés par une réponse claire, et non d’être l’objet de l’apitoiement de notre entourage un peu embarrassé.

    Hors la communion, il en existe plusieurs, des sacrements par lesquels on peut se rapprocher de Dieu, « puiser Sa force » pour reprendre des propos antérieurs… Je me demande, Père Emmanuel Pic, si l’extrême-onction que vous évoquez dans votre article prend toute sa valeur si et seulement si elle est accompagnée de l’Eucharistie?

  51. @ Pneumatis : bien d’accord avec vous ! C’est dommage que des chrétiens arrivent à se batailler sur des histoires de Charité… Alors même que c’est à notre Charité mutuelle que nous devons nous faire reconnaître du Monde !

    Mais voilà, nous sommes tous humains, nous avons nos faiblesses, et de ce fait, nous avons toujours une fâcheuse tendance à nous diviser… (Cherchez à qui profite le crime… Comment on dit « le diviseur » en Grec déjà ? Diabolos, non ?)

    Et moi le premier, hein ! Je fais partie de cette catégorie de gens qui de temps à autre se prend à taper du point sur la table pour dénoncer tel comportement qui me semble choquant ou telle idée que j’estime être biaisée et dangereuse… Mais voilà, à la longue, j’ai du prendre conscience qu’une telle méthode ne peut être véritablement bonne -y compris au sens moral du terme- et porter du fruit que si elle est utilisée avec prudence et réserve, et animée par un véritable esprit de Charité. Je ne peux, moi, me prévaloir de posséder la Vérité pleine et entière. Le jugement que je porte sur telle ou telle situation ne peut jamais être parfait : Dieu seul peut juger une Personne en Vérité, càd aussi en tenant compte de toute la réalité de cette Personne, qui m’est essentiellement inaccessible. Par conséquent, a minima, je me dois de bien prendre conscience que je ne peux faire de mon jugement / opinion un jugement absolu, ni une condamnation ! Pour ma part, j’essaye autant qu’il m’est possible de juger l’idée, l’acte, mais pas la personne ! Et encore, en acceptant aussi que mon jugement peut toujours être fautif ! J’essaye aussi de prendre du recul par rapport aux propos de mes interlocuteurs -c’est plus facile, je trouve, par écrit : on est pas forcé de répondre dans l’instant, on peut relire pour tenter de mieux comprendre- afin de ne pas ‘polluer’ mon jugement par des éléments de réactions d’affectivité : quand je suis blessé par tel propos, ou au contraire enthousiasmé par telle proposition… Je sais que je ne suis pas dans la meilleure position pour porter un jugement. Parfois cependant, il faut oser remuer la fourmilière et dire tout haut les points qui posent problème ou blessent… Mais alors, c’est là qu’il faut vraiment prendre des pincettes vis-à-vis de la forme ! Et se faire guider dans le discernement avant est encore le meilleur atout qu’on puisse avoir dans son jeu, surtout si on veut que la critique posée soit une source de progression pour ses frères ! (En ce sens je suis d’accord avec Laurence…)

    Dans le même ordre d’idée, je crois qu’il nous faut être extrêmement prudent quand nous manions des notions comme le péché, ou telle catégorie de péché, ou tout autre point de la Loi… Déjà parce qu’aborder ces points sans avoir reçu une formation canonique suffisante peut conduire à des contre-sens ou des interprétations un peu faussées dont les conséquences peuvent être dramatiques : un exemple extrême peut être, dans le contexte qui nous occupe, un rejet de l’Église par certaines personnes qui croient que l’Église excommunie les divorcés ou les mères qui avortent… Ensuite parce que ces notions sont là, je crois, pour permettre un cadre fonctionnel de jugement à l’Église comme communauté des Pasteurs (et conséquemment des fidèles) : je veux dire par là que ces notions permettent une définition pratique, éthique, du Bien et du Mal dans la Pensée chrétienne. Cela permet ainsi à chaque fidèle d’avoir des critères généraux pour faire son introspection, et aux pasteurs de disposer de critères pour juger de l’état de vie et des difficultés spirituelles de chaque fidèle. Mais ces critères, il me semble, sont employés par les prêtres dans une logique de personnalisation : une confession, ce n’est pas seulement une liste de péchés que l’on établirait selon un ensemble de critères objectifs… La subjectivité de la personne, son histoire individuelle sont entièrement prise en compte. Certes, une personne qui se sent coupable mais n’est objectivement pas en état de péché ne peut recevoir à proprement parler le sacrement de réconciliation : les critères objectifs généraux qui donnent le cadre de la validité du sacrement ne sont pas réunis ! Ces critères permettent donc de donner un sens au sacrement, un sens qui doit être le plus universel et absolu possible, bien sûr ! D’où le caractère selon moi général des notions employées, les catégories de péchés etc. (Les prêtres du coin voudront bien me corriger si je raconte des bêtises…) Mais ils ne doivent être appliqués aux personnes, à chaque individu, qu’avec une prise en compte de toute l’histoire de la personne, de tout le contexte de ses actes… C’est là quelque chose qui me semble extrêmement complexe, et je crois que Dieu seul peut juger adéquatement et en toute vérité l’acte d’une personne. Mais nous ne pouvons attendre d’être face à Lui pour être pardonnés, et Il nous a déjà pardonné dans Son Fils : c’est pourquoi l’Église instituée par le Christ a en toute légitimité le pouvoir de nous remettre nos péchés et de nous donner Son pardon, en Son nom, et ce même si les ministres qui nous donnent ce pardon ne peuvent non plus -et ils le savent, d’après ce que me dit mon curé- juger parfaitement et adéquatement les actes du pénitent…

    Par ailleurs, et c’est là un point très important de ma pensée, que j’ai déjà écrit quelque part sur ce blog et que je répèterai certainement encore, la Loi n’a de sens qui si elle fait grandir ! La Loi de Dieu ne nous est pas donnée pour juger et condamner, mais pour libérer et faire vivre ! Aussi nous devons apprendre à nous corriger fraternellement, oui, mais avec douceur et humilité : la paille et la poutre, ça ne peut être un argument pour éviter les remarques de mes frères, mais cela doit être un élément de réflexion avant que de corriger mon frère ! Attention à ne pas juger non plus selon la lettre de la Loi, mais selon l’esprit qui l’anime, ou dit autrement : Non pas la Loi seule, mais l’amour de la Loi. (Attention à ne pas prendre ça pour un Légalisme rigide, ce serait tout à fait contraire au sens véritable de cette phrase !) Et comme le rappelle le P. Emmanuel, à la suite du Saint Père : la Vérité nait de la Charité ! Donc avant que de vouloir ramener son prochain au Vrai, ne pas oublier de se plier soi-même à l’exigence première du Chrétien : l’Amour véritable du prochain en question ! Avec l’aide de Notre Seigneur, ça va toujours mieux !

    Ce sont là des éléments de réflexion personnelle, pas des directives lancées aux autres commentateurs, je ne me permettrait pas une telle prétention !

  52. Je prends le temps de répondre rapidement car, moi aussi, j’ai été touchée par les propos de Franz mais ne voulais rajouter de l’huile sur le feu en répondant par trop de fougue. Je ne suis certes pas divorcée-remariée mais célibataire fille de divorcés s’étant remariés avec d’autres ultérieurement, et là, vos propos, me semble-t-il, démontrent surtout un cruel manque d’expérience « du terrain ».

    Au nom de la Vérité, puis-je, même pire, dois-je condamner mes parents ? Dois-je leur dire « vous êtes en situation d’adultère » et les regarder comme des pécheurs ? Dois-je me diviser entre « correction fraternelle » et « affection filiale », entre Amour et Vérité ? J’aime beaucoup le psaume 84 et particulièrement ce verset « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » et, à mon sens, c’est à ce point de rencontre que doit se situer le chrétien. Mes parents, comme Dorothée, connaissent (désormais, auparavant, ils se croyaient excommuniés : il a fallu expliquer, longuement, de quoi il en retournait…) la « loi » et ma simple présence de catholique engagée suffit parfois à douloureusement la leur rappeler.

    Comme beaucoup, je côtoie des divorcés-remariés tous les jours et, quand ils savent que je suis catholique, c’est souvent une chose que je me prends en plein dans la gu… . Ça, il importe peu car je sais pourquoi je crois, mais moi, ce qui m’intéresse là, ce n’est pas de m’enflammer, de condamner ces personnes qui sont le plus souvent en souffrance profonde de n’avoir su bâtir quelque chose de solide pour toute leur vie : c’est juste d’être là, à leur côtés, comme une simple présence affectueuse, les accueillant comme ils sont et tentant simplement de les pousser vers le haut. Je crois que c’est ma place en tant que chrétienne, je ne suis pas Dieu (heureusement ;-) ) et je sais juste qu’au soir, c’est sur l’Amour que nous serons jugés. Alors, j’fais c’que j’peux.

  53. Je tiens à repréciser que ce n’est pas moi qui suis divorcée, mais mon mari. Hier, 21 ans de mariage (d’adultère et fornication dirait Franz). Depuis que ces commentaires sont sur le Blog, je réalise que je vais de plus en plus mal, que je regarde mon époux d’un autre œil,bref ceux qui voulaient nous atteindre ont réussi!! A tous ceux qui disent que les divorcés remariés et leur conjoints comprennent qu’ils ne puissent plus accéder à l’eucharistie, je dis NON, 3 fois NON: c’est le point qui explique ma colère, ma tristesse, mon incompréhension totale. Arrêtez de tourner les lois, les textes, les mots….Jésus n’a-t-il pas à vos yeux compris combien mon mari a souffert il y a 27 ans, souffert des terribles épreuves qu’il a traversées et de l’échec de son union? Jésus n’a-t-il pas vu combien il était un époux et un père responsable et aimant? Je vais vous dire une chose qui va vous choquer: ou la réponse est oui ou je n’ai plus rien à faire à l’église! Alors oui je communie, oui notre prêtre le sait, oui l’aumônier de l’école le sait. J’ai fini: vous pouvez continuer à tirer vos skuds, ceci était mon dernier message.

  54. Laurence a écrit:

    Je crois cependant qu’on ne s’improvise pas frère correcteur. Pour faire de la correction fraternelle vis à vis de quelqu’un, il me semble qu’il faut déjà être son frère (ou sa soeur). Je ne suis pas sûre qu’on le soit sur un forum, où la fraternité est quand même moins forte que dans le réel, on ne sait quasiment rien de l’autre. Jésus nous dit, quand on voit que quelqu’un commet un péché, d’aller le voir, seul à seul, et lui montrer sa faute. Dans un forum, on n’est pas seul à seul, et on ne se connaît pas. C’est donc très délicat.

    Pour ne pas citer intégralement le commentaire de Laurence, je n’en citerai que ce passage et en partage l’ensemble. Et elle rappelle à très juste titre ce que dit le Christ.

    « 15i Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. 16 S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. 17 S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. »

    Et l’on notera que cela précède immédiatement ceci :

    « 18 Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. »

    Il est un peu facile de se cacher derrière la « correction fraternelle« , comme il serait un peu facile d’anticiper sur les étapes 2, 3 et 4.
    J’imagine que personne ne remettra en cause la sagesse de cet enseignement et le fait qu’une correction infligée sur Internet n’y correspond pas précisément. Ce n’est en tout cas pas de cette façon que je souhaite, personnellement, qu’évolue ce site, et je vais m’en ouvrir aux autres.

  55. @ Dorothée: Bonjour, je fais partie de ces fidèles, infidèles… c’est à dire divorcé continuant sa vie avec une divorcée, fortement impliqué dans la paroisse. concernant la communion, pour être bref, je continue de communier pour deux raisons: d’abord, le ‘prenez et mangez en tous’ , le prêtre ne dit pas ‘sauf…’. Puis j’ai ma clause de conscience, je sais ce qui s’est passé, je suis en paix. Mais je ne communie pas toujours, préférant ‘jeûner’ en communion justement avec ceux qui ne veulent ou ne peuvent s’approcher pour de multiples raisons. j’espère chaque jour que notre Dieu d’amour et de miséricorde donnera idée aux évêques qu’il faut arrêter cette situation. Je me dis souvent qu’on ne pourra pas toujours nous enfermer dans notre échec, ce qui revient à une double peine. un grand article récent de Pèlerin a ouvert le dossier, en proposant des voies. Cette idée de mise à l’épreuve me semble intéressante… une espérance dans l’église: étant enfant, les suicidés ne pouvaient avoir d’obsèques catholiques; cela s’est amélioré… alors prions pour nos prêtres, évêques, théologiens et le pape, pour qu’ils prennent à bras le corps cette situation douloureuse pour les couples, leurs proches, l’église. Cela crée une grande destruction et est un frein à l’évangélisation.

  56. Sur la correction fraternelle, deux choses. 1° Tout chrétien, tout homme, est mon frère dans le Christ… Et donc il m’appartient, comme à tout autre chrétien de procéder parfois à la correction fraternelle.

    2° Internet et l’anonymat qu’il procure fait que la « correction sur le net » est du domaine du « seul à seul ». Je pourrais être le (ou la, d’ailleurs) collègue que vous croisez tous les jours, et vice versa. Une correction fraternelle dans ce contexte est donc bien seule à seule, je n’ai nul « poids social », le regard d’opprobre des autres ne pèse que sur un avatar numérique, un prénom, un dos… Rien. Le second et troisième degré de la correction sont effectivement « en public » dans le sens ou le jugement des autres m’accompagne durant ma journée, et que je peux à tout moment croiser un autre frère qui me dise « alors, ton péché, tu le combat ? ».

    Une autre petite remarque, d’ailleurs sur le sens de la charité et de la correction fraternelle. Il me semble, mais j’ai sûrement tort, vues les volées de bois vert que je me prend pour cela, que celui qui dit à l’un ou l’autre que sa conduite est un péché, une offense pour Dieu, est en général mal vu, perçu comme un agresseur, un fauteur de trouble, et victime à des degrés divers de forme d’ostracisme. Au contraire, le « charitable » qui refuse de juger le péché par peur de sembler juger le pécheur, ou qui se cache derrière des périphrases comme « la situation est compliquée, c’est terrible », « de toutes façon le Seigneur t’aime » (mais encore faut il que nous Le laissions nous aimer et que nous L’aimions en retour) est en général valorisé. Il passe alors pour le « juste » pour le « doux ». Il a donc deux fois gagné, il n’a pas souffert de l’affrontement, il se donne bonne conscience, et récupère le prestige social…

    Bref il me semble qu’il est souvent hypocrite de critiquer celui qui procède (maladroitement, souvent) à la correction fraternelle, qui rappelle la vérité… Parce que cela est deux fois plus dur. Il faut aller « à l’affrontement » ce qui n’est guère facile, et accepter par avance d’avoir le mauvais rôle.

    Deux autres petits détails. Tout d’abord il nous est demandé, comme le rappelle Alex38, d’annoncer l’Evangile « à temps et à contre temps ». Pas de se dire « oui, mais là tu vois ça risque de blesser l’autre…  » ou « oui, mais là c’est malvenu, le contexte ne s’y prête pas. » Certes, ce n’est pas toujours facile, et cela peut choquer les gens, s’opposer à ce que le monde juge « bienséant ». Mais oserais-je vous rappeler que si nous devons être « dans le monde » nous ne devons pas être « du monde » ?

    Ensuite on met en opposition la « loi et la charité ». Il me semblait pourtant que la charité, la « Loi d’Amour » telle que le Christ nous l’a donnée, telle que Saint Augustin la résume en « Aime et fait ce que voudras » est infiniment plus « dure » plus exigeante que la Loi. La Loi simple dit « Ne fais pas ci, ne fais pas ça, cela déplaît à Dieu ». la Charité dit « Fais cela car c’est ce qui plaît à Dieu ». Cela englobe la loi, et va bien plus loin. Évidemment que tout ce qui déplaît à Dieu ne fait pas partie de ce qui Lui plaît. Mais tout ce qui ne lui déplaît pas ne Lui plaît pas forcément….

    Ceci dit je comprends que les exigences de la Charité puissent ne pas être toujours compatibles avec la bonne tenue d’un site internet, et la bonne entente qu’on voudrait y voir régner. Surtout entre gens se déclarant du Christ. Je vais donc me limiter à des commentaires moins difficiles. Pour le plus grand confort de tout le monde, moi y compris. ;)

  57. Le « seul à seul » en public sur Internet me paraît une conception surprenante. Le moins que l’on puisse dire est que le public est vaste.

    Quant au fait de dire la vérité, il y a de multiples façons de le faire. On peut la dire, ou l’envoyer à la figure. Et, que je sache, dans les trois billets que Sacristains a publié, je n’ai pas décelé d’accommodements avec la vérité, quelles que soient d’ailleurs les positions personnelles de chacun. Il est possible de ne pas travestir le message de l’Eglise par une charité sans vérité, le transformant en un « réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale« .

    J’ai bien noté votre dernière phrase.

  58. koz a écrit:

    Le « seul à seul » en public sur Internet me paraît une conception surprenante. Le moins que l’on puisse dire est que le public est vaste. Quant au fait de dire la vérité, il y a de multiples façons de le faire. On peut la dire, ou l’envoyer à la figure. Et, que je sache, dans les trois billets que Sacristains a publié, je n’ai pas décelé d’accommodements avec la vérité, quelles que soient d’ailleurs les positions personnelles de chacun. Il est possible de ne pas travestir le message de l’Eglise par une charité sans vérité, le transformant en un « réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale« . J’ai bien noté votre dernière phrase.

    Merci cher Koz de m’envoyer votre vérité à la figure… De régler mon cas dans un seul à seul en public sur internet… :D Et d’au lieu de vous soucier d’être dur avec le péché et doux avec le pécheur, d’être dur avec le « pécheur » (le péché pour mon cas précis me semble loin d’être établi).

    Sur le reste, je suis d’accord. Je lui suis très souvent avec vous, même si je n’adhère pas toujours sur la forme… Dans notre anonymat mutel ;) .

    Quant à votre dernière phrase, je note également…

  59. @ Franz et Koz : Que vous soyez virils dans vos échanges ne me gêne pas : sans doute le sommes nous trop peu souvent par une peur excessive de perdre notre confort … mais de grâce, faites juste attention, comme le disait Pneumatis, que vos derniers échanges ne montrent des chrétiens se volant dans les plumes en s’accusant « mutuellement de manque de charité ou de complaisance…  » Or, à vous lire, à moins que vous ne soyez tous les deux faux-c…, vous essayez tous les deux de garder et la vérité et la charité, et réciproquement. Cela me donne l’impression de tourner, un peu, au procès d’intention…

    Quant à l’accompagnement des personnes « divorcées remariées », cela ne pourra jamais se faire sur un blog, même à la suite de trois billets intelligents humainement et spirituellement. (et à ce sujet merci aux auteurs) Le jugement sur des cas particuliers aura toujours l’air de manquer soit à la vérité soit à la charité, et sera donc source de blessures nouvelles, et pour les uns et pour les autres. Et les souffrances ne peuvent ni se comparer, ni servir de critère fondamental de discernement.

    Pour ma part, lorsque je suis confronté à ces situations (hier matin, encore), je fais comme Emmanuel et Armagillus, j’essaie d’aimer, de comprendre, puis de trouver le chemin de crête, parce que ce sera forcément un chemin de crête. Et je demande à Jésus, de m’aider à communier le moins mal possible – moi qui suis, extérieurement au moins, dans les ‘clous’ -, et d’être le plus fidèle possible aux sacrements reçus.

  60. @ Laurence(et à tous):

    Je comprends bien ce que vous voulez dire…. mais je crois surtout que tous les commentateurs de cet article n’ont pas exactement la même expérience du net, et en particulier du débat avec des non-cathos, ou même avec des cathos… quel que soit le sujet abordé, d’ailleurs (liturgie, doctrine, théologie, Charité, engagement chrétien…).

    Je vais vous raconter une petite histoire, vous allez tout de suite comprendre ce que je veux dire…

    Du mois de mars au mois de juin, alors que le Saint Père était lynché sur la toile, des groupes de cathos se sont constitués, et certains d’entre nous sommes allés discuter avec ses détracteurs sur des forums. Nous ne sommes pas arrivés en vociférant des anathèmes et en assénant l’Evangile à coups de matraques : simplement, on posait des questions, on reprenait tout point par point, on détaillait les réponses, on reformulait, réexpliquait, reprécisait, démontait les argumentations bidons, syllogismes creux et autres calomnies usuelles. Du Saint Père et du préservatif, les débats ont rapidement dérivé vers toutes sortes de sujets : homosexualité, mariage des prêtres, vie de Joseph Ratzinger, divorce et remariage, histoire de l’Eglise, avortement, prière, rôle de l’Eglise dans la vie publique… Nous étions des cathos d’un peu toutes les tendances : chachas, « lambda », tradis, tout mélangé, et même un prêtre diocésain. Pas d’ « intégriste militant » à l’horizon.

    Eh bien, le « gros » des arguments, en face, c’était : « c……. d’intégristes de m…. ! », « mais faut vraiment être un taré congénital pour vomir de telles c….ries ! », « mais regardez-moi ce blaireau », « vous valez pas mieux que votre nazipape, les puceaux ! », « allez crever, bande de sous-m….s ! », « vous pouvez pas arrêter de nous faire ch… avec vos c….ries d’obscurantistes de m…. ? », « je rêve : Hitler le retour ! vos g…. les nazis ! », « oh p…., réveil les mecs, on est au XXIème siècle ! » Allongez la liste de 10 lignes, multipliez chaque « argument » par 50 à 500 (y en a qui ont plus la cote que d’autres).

    Ne croyez pas que ces « polémistes de talent » étaient des imbéciles incultes : docteur en physique, théologien, grands maîtres en maçonnerie, professeur agrégée, pères/mères de famille, étudiants… et quelques lycéens sur la fin. Beaucoup d’athées, mais pas mal de cathos (pratiquants ou non)… et certains des « arguments » ci-dessus proviennent des interventions subtiles des premiers cités (gentil théologien ouvert-et-tolérant TM inclus). Je passe sur les campagnes ciblées de diffamation (du même théologien, c’est drôle, hein ?) et pressions diverses (ah, le journaliste qui vous balance un petit détail bien caché au fond de votre dossier d’officier et qui vous suggère de bien fermer votre g….).

    Je veux bien croire que les propos de Franz (ou de qui que ce soit parmi les commentateurs, moi y compris) n’aient pas plu à tout le monde. Parfois, on prend un commentaire de travers, ça égratigne l’amour-propre, ça remet en question des choses importantes ou ça fait mal parce que ça pointe justement là où c’était déjà sensible.

    Mais, franchement, soyons honnêtes : il n’y a jamais eu aucune « violence » parmi les commentaires publiés chez les sacristains. Bien sûr, tous les propos doivent rester courtois, ne pas mettre en accusation directement l’interlocuteur ni lancer d’attaque ad hominem en guise d’arguments, expliquer plutôt qu’asséner une vérité, etc… un vrai échange chrétien, en somme. Mais il serait bon de cesser de hurler à l’agression personnelle chaque fois que sort une position rigoureuse, sinon c’est la fin du débat avant même d’avoir commencé… Comment peut-on réfléchir sérieusement s’il faut s’auto-censurer à chaque ligne (surtout quand il s’agit d’arguments de fond !), des fois que peut-être éventuellement on ne sait jamais… ? Ou alors on pose un panneau en début de commentaire : « Avertissement : ce post risque de heurter les femmes enceintes/divorcés/skinheads/franciscains/tradinettes/collectionneurs d’allumettes (rayez la mention inutile ou ajoutez-en une autre), merci de passer directement au suivant » ?

    Dieu (et les sacristains ;-) ) merci, ce blog est un havre de paix, où on peut enfin discuter tranquille sans que tout cela tourne à l’empoignade gérérale… Mais j’invite les détracteurs de Franz à relire son post et à comparer la teneur de son discours avec ce que je viens de vous décrire : appelons un chat « chat » et non pas « tigre du Bengale ».

  61. Fornication n’est-il pas un mot violent utilisé de manière à faire mal???? J’avais dit que mon message précédent était le dernier, et bien non!!! Je n’arrive pas à ne pas lire les commentaires. 2 Dimanches sans messe: mon record depuis des années, mais depuis que j’ai lu certains commentaires, je n’arrive plus à y aller. Cela me manque terriblement, tout ce en quoi je croyais s’effrite (pas du côté de la foi, mais je ne pensais pas qu’autant de croyants trouvaient que le fait de communier malgré tout était si choquant). Je n’ose plus, j’ai le sentiment d’avoir un gyrophare sur la tête, je commence à en vouloir à mon mari: vous avez gagné!

  62. Dorothée Ne quittez pas le chemin de l’église pour quelques censeurs pharisiens qui peut-être sont cent fois plus pécheurs que vous. Votre péché construire un couple solide avec un homme qui a souffert ? .Dieu est Amour et miséricorde, et Il doit rester votre soutien et votre réconfort contre ces jugements humains. (avec le super joker : je ne vous juge pas, mais je juge votre péché et enfoncant le clou c’est mon devoir » je ne savais pas que Dieu en personne intervenait sur le net ) . J’abonde dans votre sens même si ce mot est dans le catéchisme, je suis persuadé que ce mot fornication a été utilisé avec la volonté de méchanceté et d’humiliation gratuite. Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre , si l’on applique scrupuleusement cet enseignement du Christ il n’y aura jamais de lapidation et mauvais jugements. Je pense que ce sont des personnes dans votre situation qui ont le plus besoin de la communion sacramentelle. Je connais des cas bien plus graves de communion sacramentelle par certains alors que leur péché me parait mille fois plus grand. (aucun rapport avec quelque intervenant de ce site). S’il n’y avait que les fidèles en état de grâces complet qui communiaient, les religieuses, fabriquant les hosties seraient au chômage. Courage en Udp

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