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Sacristain

Sacristains

Le site qui sonne les cloches

Le pas sûr et paisible, le visage clair et pur…

Comme indiqué dans la Charte, nous aurons l’occasion d’accueillir des invités occasionnels. Dove ouvre la voie. Faites-lui bon accueil

Ha lala ! Pourtant je me l’étais bien promis, juré. Ca faisait longtemps que j’avais décidé de ne plus jouer à ça : la gueulante du catho. Positive mon petit, positive ! C’est vrai, ils sont énervants à la fin tous ces bigots en chemises à carreaux à nous expliquer que nous, catholiques de bonne foi, sommes les victimes d’un vaste complot et que la société nous veut du mal. Mais bon. En rangeant mes affaires, je suis tombé sur ma chemise à carreaux qui traînait dans le fond d’un de mes tiroirs… Elle me tendait la manche, avec son style délavé, ses poignées usées et son col déchiré ; la tentation était trop forte et l’occasion trop importante, je l’ai renfilée le temps d’un billet.

Permettez-moi d’abord une petite confidence : comme tout bon catho que semblent être certains lecteurs de ce site, j’ai une image qui me revient souvent en tête, qui me guide, qui m’a parlé un jour et qui ne me quitte plus. C’est celle d’une vieille femme qui descend paisiblement un escalier. Son pas est sûr, son visage clair et pur malgré ses nombreuses rides. En arrière plan, sur le mur, on y voit un Christ en croix grandeur nature, à côté duquel on peut lire ses paroles : « I thirst ». Image qui a d’ailleurs eu le mérite de me faire retenir une expression fort utile en période estivale en pays anglophone.

Trêve de plaisanterie. Image superbe du Christ abandonné de tous, qui hurle sa soif ; soif d’eau, mais soif de l’homme, soif de son amour, soif de son attention, soif de toi, soif de moi, soif de nous. Sur la photo, ce n’est pas l’apôtre qu’on connaît qui est au pied de la croix. C’est une autre apôtre, tout aussi fidèle : Mère Teresa. Etancher la soif du Christ, elle sait ce que ça veut dire. Bouleversante représentation de l’accomplissement du sacrifice, d’une rencontre entre une supplication d’amour et d’une vie offerte en réponse à ce cri. Au sang versé, elle a versé la sueur de sa vie passée auprès des plus pauvres. Tout prend son sens : « ceci est mon sang », sacrifice qui sauve l’humanité entière de toute sa pauvreté intérieure. Inoubliable instant qu’est ce cliché.

thirst« Thirst. Ceci est mon sang ». Voilà ce que vous pourrez lire à partir du mercredi 30 septembre sur toutes les (bonnes ou mauvaises) salles de cinéma. Pour la photo, il faudra vous contenter d’une jeune femme cette fois-ci, dont les mains étranglent le cou d’un jeune prêtre. L’histoire nous dit qu’à la suite d’un test manqué pour un vaccin, ce prêtre va subir une transformation génétique, et devenir un vampire. Au passage, il couchera avec la fille (sinon c’est pas vendeur), tout ça dans de jolies aspersions de sang (évidemment). Je ne me prononcerai pas sur la qualité cinématographique de ce film (que d’aucuns diraient potable puisqu’ayant reçu le prix du jury au festival de Cannes), mais juste : ça m’emmerde. Grave. En plus, j’aime pas être vulgaire, surtout quand c’est écrit, alors ça m’emmerde encore plus. Et je n’aime pas être sur le terrain de la défensive du catho, mais ça je l’ai déjà dit. Et pourtant, je ne peux pas laisser passer ça, j’y arrive pas.

Je ne tomberai pas dans des suppositions fumeuses qu’on aura bien le temps d’aborder dimanche prochain au déjeuner du genre « qu’aurait-on dit s’il s’agissait d’un rabbin ou d’un imam ? » (du coup je l’ai quand même fait… Je vous laisse développer). Non mais permettez-moi d’abord de naïvement rappeler que tout comme deux milliards de personnes sur cette terre, je considère le Christ comme mon père. Adoptif, certes, mais c’est mon père. Pardon d’étaler ma foi (on a le droit ici non ?), mais ces paroles elles m’ont touché un jour, et elles ont changé ma vie. Et elles continuent de résonner en moi, et de me donner une raison d’avancer, chaque jour. Comme pour ces deux milliards de chrétiens dans le monde, enfin je l’espère. Et à défaut de le saisir, on peut au moins le concevoir. Pardon aussi pour l’odeur d’eau de rose dans mon propos, c’est souvent le lot du témoignage; celui qui dit sa blessure immédiate à la lecture de cette affiche, et qui ne sait pas le dire autrement.

Certes, on pourra m’accuser de ne pas l’avoir vu ce film. Attention, je n’ai pas (encore) dénoncé le film en lui-même, mais pire : ce qu’on en montre au grand public, à celui qui n’a même pas payé pour voir. Ce qu’on nous impose de fait. De la violence doublement gratuite en quelque sorte ; en voulais-tu pas en voilà quand même.

Puis allons voir au-delà ; ce film et son affiche semblent symptomatiques d’une certaine culture artistique qui n’a plus de sens ni repères. Mais qui semble en chercher, malgré tout. Park Chan-wook le réalisateur vient récupérer des paroles dont il mesure certainement la portée. Banal presque. La dernière fois, on entremêlait une croix chrétienne avec une croix gammée. On récupère des symboles forts pour vendre sa came. La preuve que ça marche, j’en parle. Mais ça ne peut pas passer sans qu’on n’en dise mot. On ne peut pas sagement semer la confusion dans l’esprit des gens, en blesser d’autres, à une simple finalité mercantile. Mais les mots, je les cherche encore.

La violence qui accompagne ce film témoigne en tout état de cause de l’abominable vide qu’a laissé l’abandon du religieux. Mélange de crucifixions, vampires, violences sexuelles, coulées de sang, évocation du péché, alternés par les images d’une église vide où a lieu une consécration. Que dire ? Les mots me manquent encore, et lorsque les mots nous manquent, vient souvent la violence. Comme un irrémédiable écho à celle-ci. Mais on ne peut pas y céder. Poursuivons l’analyse.

On assiste à une destruction des valeurs et symboles qui ont fondé notre civilisation, – et qui en sont toujours le ciment, quoiqu’on en dise -, et donc à une progressive destruction de notre civilisation elle-même. Ils en reviennent inlassablement à ces figures qui leur semblent dépassées et qui pourtant les obsèdent. En saisiraient-ils leur insupportable grandeur, si c’est pour autant les piétiner ? La violence et la peur semblent en tout cas devenues le refuge de ce vide de sens, parce qu’elles nous font au moins « sentir » quelque chose. Deux valeurs sûres pour bon nombre de nos « artistes » contemporains, dont on ne sait pas s’ils traduisent par là l’atmosphère sociétale ambiante ou s’obstinent à l’inspirer justement. Triste constat. Triste perspective.

meteresaJ’ai peur de ne pas trouver de fin à mon billet avant d’aller ranger ma chemise. Et pourtant, il y a ce pas sûr et paisible, ce visage pur et clair ; il me murmure de chercher encore. Heureusement, la réponse (une réponse) n’est pas loin: la lecture du dernier ouvrage de Maurice Bellet1 me permet d’effectuer une sortie en douceur. J’espère qu’elle vous conviendra (moi aussi j’ai dû la relire deux fois pour en saisir la profondeur) :

« Car ce que dit la violence est aussi bien ce qui commence à en délier, puisqu’elle ne tient que dans son obscur. Il n’y suffit pas de thèses, de discours, de savoirs. Il y faut l’homme, l’être humain de l’homme – homme ou femme, en vérité par-delà le sexe ou toute autre séparation. Il y faut le visage et la voix, un humain d’humanité neuve, même si pourtant elle est archaïque […]. Moyennant quoi ce sera sans espoir d’éliminer le virus. Seule possibilité : de toujours pouvoir le combattre. Et c’est pourquoi aucune simple pensée n’y suffit qui, à prétendre clore et vaincre définitivement est déjà prise dans la Violence. Il y faut l’humain lui-même, entièrement. Un éveil d’humanité. »2

J’aurais dû me taire alors. Il me faut me contenter d’être pleinement pour lutter contre cette violence. C’est peut-être le seul mérite qu’aura eu ce film, nous apprendre cela. « Je suis Celui qui est ». Et ça suffisait.



  1. éminent psychanalyste, par ailleurs prêtre et théologien []
  2. « Je ne suis pas venu apporter la paix… » Essai sur la violence absolue. Maurice Bellet. Editions Albin Michel, 2009 []




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30 Commentaires

  1. J’ai juste vu les images de la bande-annonce du film, avant d’aller voir un bon vieux Darroussin. Ces réflexions ne m’étaient pas forcément venues, mais j’y adhère. Ce qui est également significatif, c’est que ce film ait obtenu un prix à Cannes. Je ne l’ai pas vu, mais la bande-annonce, semblait évoquer un film assez étrange et violent. Un film qu’on n’a pas envie d’aller voir…

  2. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bravo pour cette (sainte) gueulante, et merci pour le message final ! Ça porte à la méditation tout ça, savoir que le témoignage et la lutte les plus efficaces sont ceux de l’exemple…

  3. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « Dieu écrit droit avec des lignes courbes », dit-on. Et si la violence de ce film (et même sans parler du film, de l’affiche !) pouvait faire se poser des questions à une certaine catégorie de personnes ? Peut-être que certains y trouveront un chemin vers le Christ ?

    Je ne veux pas forcément me faire l’avocat du diable. Bien sûr que cette affiche me choque et me révolte, à peu près autant que la croix latine-gammée m’avait faite poser des questions. Mais n’oublions pas qu’ici, on parle clairement d’une histoire fantastique. Evidemment, c’est de la provocation pure de choisir un homme de Dieu dévoyé comme héros déviant…

    Peut-être est-ce aussi une incompréhension face aux chrétiens, et plus particulièrement aux catholiques, qui disent boire le sang du Christ à chaque Eucharistie ? Essayez de percevoir ce fait avec des yeux totalement étrangers à la religion catholique… Je pense que face à une telle attaque, il faut inlassablement répéter le kérygme, expliquer toujours et encore que Jésus a donné sa vie par amour pour nous sur la croix, que c’est en souvenir de cet immense sacrifice que nous répétons ce qui constitue pour nous le plus grand des sacrements…

  4. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    By Dove euh… Jove ! Encore un film qui vient de donner des coups de boutoir contre les valeurs fondatrices.

    ça devient agaçant certes, ces Amen, Da Vinci Code et compagnie mais en même temps, c’est le signe que les gens ont encore conscience de la religion. Non pas comme une lointaine superstition, mais comme un ensemble organisé de valeurs qu’ont peut connaitre, aimer ou combattre.

    Le plus inquiétant sera sans doute quand plus personne n’en parlera que comme un vague souvenir. Et puis, c’est une bonne occasion de parler de notre foi non ?

    Alors hauts et les cœurs, et saisissons cette occasion de parler du Christ !

  5. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Tu as raison de ne pas donner dans le « et si c’était un rabbin, un imam ?« , par trop habituel. Mais, dans ce cas particulier, le réalisateur est coréen (cf sa biographie pour ceux qui penseraient qu’il a vécu ailleurs), alors pourquoi aller encore chercher un prêtre catholique (certes, Park a étudié dans une université jésuite) ? Que nos réalisateurs évoquent la religion majoritaire dans leur pays, cela nous agace, mais c’est compréhensible, mais fallait-il encore évoquer un prêtre ? N’y a-t-il pas de moines bouddhistes, en Corée ? Peut-être faut-il effectivement penser, comme tu le suggères, Dove, que la foi catholique a quelque chose de spécialement exigeant qui suscite ces récations.

    Autre point que tu introduis bien : de quoi avons-nous soif ? Oui, d’accord, il devient vampire et il n’y a peut-être là qu’une allusion de bas étage à la communion. Mais passer de l’évocation de la soif d’espérance de Mère Teresa à la soif de… ? Sang ? Sexe ? Violence ? que semblent suggérer cette affiche, ce n’est pas totalement anodin. Passer du sang versé pour le salut des hommes, des autres, au sang consommé pour sa propre perpétuation, c’est évocateur. Il faudrait peut-être voir le film pour voir s’il y a un sens positif caché à déceler. Comme le souligne Tigreek, « Dieu écrit droit avec des lignes courbes » (mais alors franchement à l’insu du réalisateur, apparemment membre d’un parti d’extrème-gauche).

  6. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Tigreek : Ta réflexion est très intéressante. Et s’il y avait là l’expression d’une incompréhension, qui peut-être chercherais à provoquer pour mieux comprendre ? La méthode ne me semble tout de même pas la meilleure, mais la réflexion mérite d’être poussée.

    @JBB : si ça pouvait donner l’occasion d’évangéliser toujours et encore, yala ! Faut prendre, t’as raison. Mais malheureusement entre le Da Vinci Code, Amen, et maintenant Thirst, il y a des fautes graves mais bien diverses. Amen, c’est dans l’affiche, le film mène une réflexion intéressante. Da Vinci Code, c’est l’histoire qui sème le trouble. Heureusement, le film est mauvais. Et puis il y a Thirst (que je ne manquerai pas d’aller voir dès demain), l’affiche là encore est en jeu, et la B-A, puisqu’on n’a que ça. Même si on joue dans le fantastique comme a bien fait de la rappeler Tigreek. Cependant c’est bien le trouble semés par tous ces réalisateurs et auteurs qui ne va pas, qui détruit peu à peu le tissu de repères et valeurs qu’ont tant peiné à mettre en place nos anciens.

    @Koz : je soupçonne aussi ce film d’avoir effectivement un sens positif caché. J’attendrai demain pour le savoir. Et je ne manquerai pas de le faire savoir. En espérant que les lignes ne soient pas trop courbes pour mon pauvre regard peut-être trop catholique.

    Et promis, bientôt, je me fais un avatar. Pas digne d’un invité tout ça.

  7. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Vous débutez fort, Dove ! Excellent papier, fin, original (pas d’imam ni de rabbin à l’horizon ;-) ) et juste…

    Une petite anecdote m’est revenue avec cette phrase : « En saisiraient-ils leur insupportable grandeur, si c’est pour autant les piétiner ?  » Je me souviens d’une discussion sur un forum avec un lycéen athée. Au bout de quelques semaines de débat, soudain excédé (parce que ce que je lui disais de Dieu n’était pas ce qu’il voulait voir de Lui ?), il s’est répandu en blasphèmes et a hurlé son mépris de Dieu en grandes phrases. Le choc passé, j’ai alors réalisé… que je m’en fiche, moi, des faux dieux, et que je ne l’avais jamais remarqué jusqu’à ce moment-là.

    C’est vrai, et je suis sûre que vous aussi : les dieux grecs, romains, égyptiens, aztèques, etc., ils sont marrants ou passionnants, ils accomplissent des quantités de trucs dans des quantités de mythes, ils s’incrustent dans la vie de leurs adorateurs, ils sont partie intégrante de la vie publique et sociale antique (ça, c’est pour le côté sérieux)… Bref, tout cela est très divertissant, et on ne s’en lasse pas. C’est de l’histoire, de la mythologie, de la sociologie, de la littérature, c’est passionnant.

    Et c’est là que tout cela m’a frappée : n’adorant que le Dieu Unique, le seul Seigneur, un « Dieu jaloux » qui veut tout l’amour des hommes pour Lui et, en tant que chrétienne, n’appartenant qu’à Lui, je devrais les haïr, ces faux dieux. Et pourtant non. Pour une raison toute bête : ils n’existent pas. C’est une chimère, un mirage, une histoire qui fait un peu rêver, qui raconte des quantités de choses sur l’époque et sur les hommes, mais ce n’est rien de plus. A quoi bon haïr ce qui n’existe pas ?

    Et le contraste, du coup, avec ce jeune athée, m’a frappée aussi. Lui, il hait Dieu. Il dit qu’Il n’existe pas, il en met des tartines pour le démontrer et le re-prouver dix fois, au cas où la première n’aurait pas suffi. Il s’enivre de mots et de grandes phrases, comme si la réalité allait advenir à force d’être répétée. Et cela, c’est une démonstration époustouflante de ce qu’il sait et qu’il ne veut pas admettre : il sait que Dieu existe. Il ne peut pas faire comme s’Il n’existait pas, puisqu’il a besoin de hurler sur les toits qu’il Le hait.

    Intérieurement, il sait que Dieu existe, et ça le rend fou parce qu’Il ne comprend pas Dieu. Il ne comprend pas ce Dieu-là, que les chrétiens lui présentent, et qui est tellement l’antithèse de tout ce qu’on lui a appris sur Lui que tout son système de défense contre « les superstitions moyen-âgeuses », les « bigoteries pour esprits faibles et apeurés », les « dogmes obscurantistes de fanatiques haineux » s’écroule d’un coup. Il sait mais il ne veut pas le savoir. C’est un Dieu qui ne rentre pas dans sa logique : Il aime mais Il exige, Il commande mais Il Se donne, Il pardonne tout et Il veut tout. Inconcevable. Inacceptable. Toute sa raison s’arque-boute contre cet « OVNI » divin qui vient perturber tout ce qu’il croyait acquis.

    Et pour ne pas voir s’écrouler tout son système, tous ses repères, il se redresse, il hait, il hurle et il blasphème. C’était trop d’un coup. Mais il est peut-être déjà plus proche de Dieu que l’ignorant, parce que lui, même s’il refuse de savoir, il sait.

  8. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Dove : Effectivement, je ne nie pas ces fautes graves… et il faut lutter contre ce genre d’atteintes, mais je me dis aussi qu’il faut savoir saisir les occasions de parler et d’évangéliser pour expliquer sereinement pourquoi ce genre de productions nous blessent ;)

    @AncillaDomini : J’aime bien ton commentaire… je me disais qu’il pourrait bien servir pour une contribution sur CathoWeb… si cela te dit… (désolé d’utiliser les commentaires, mais tu ne laisse pas ton mail lorsque tu postes ton commentaire… coquine ;)

  9. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ AncillaDomini: intéressant et je m’en veux de poser une objection. Mais n’est-ce pas aussi parce que nous savons que personne ne croie à ces dieux romains ou égyptiens ? Cela étant, je sais que certains croient à Vishnou et ses copains, et ça ne m’inspire pas de la haine pour autant. Qu’en serait-il toutefois, à force, si je vivais en Inde ?

  10. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ AncillaDomini: Dans le même genre, il y a Claire Ly, une cambodgienne bouddhiste, qui a haït Dieu pendant longtemps, puis qui s’est convertie. Elle a écrit un livre « Revenue de l’enfer » où elle raconte son histoire.

  11. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Koz : Pour information, la religion dominante – pas moyen de vérifier sur Wiki, mais normalement je ne me trompe pas – en Corée, c’est le protestantisme. Après, il y a sans doute, comme aux États-Unis, des tas de variantes : calvinistes, baptistes, luthériens et compagnie. Mais le catholicisme n’est pas majoritaire, loin de là. Quant aux bouddhistes, il y a eu un film rappelant Thirst à propos d’un moine bouddhiste qui « craquait » et vivait « une relation intense et passionnée » (râh là là ce qu’il faut pas entendre) avec une femme. Je n’ai que de vagues souvenirs de l’affiche, n’ayant pas été voir le film, il me semble qu’il était asiatique. Les catholiques ne sont donc pas les seuls à faire les frais de l’imagination débridée des cinéastes.

    Re@Koz et AncillaDomini : Je crois que notre attitude vis-à-vis des faux dieux nous vient surtout de ce que nous en savons. Pas du fait que certains y croient ou pas, mais de notre connaissance illuminée par la foi catholique. Les dieux des religions animistes qui existent encore dans le monde ne sont pas nécessairement mauvais, cela viendra surtout de la façon dont on leur rendra un culte… Je ne les aime, ni ne les déteste. Ils me dérangent parce que ceux qui croient en eux sont détournés du vrai Dieu, mais vu qu’ils n’existent pas, j’aurais du mal à les détester : « c’est pas de leur faute ! » En revanche, ce que je déteste car ma religion m’a appris à le faire, c’est la course effrénée vers les dieux modernes : pouvoir, argent, plaisir, vaine gloire… érigés comme seuls biens valables. Sans être doloriste ni ascète, j’ai appris à placer mon bonheur en Dieu seul et à lui remettre tout le reste. Si, par sa grâce, je gagne l’argent qui me fait vivre, trouve du plaisir dans certaines choses, reçois une dose de pouvoir suffisante pour exercer les charges qu’on me confie, tant mieux. Mais oublier le vrai Dieu pour ses dons, voilà une attitude détestable.

  12. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je râle, je m’énerve, mais je suis en train de devenir accro à Sacristains… Ah, le blasphème (car c’est plus ou moins de cela qu’il est question), n’a pas fini de travailler nos sensibilités catholiques. Le cinéma n’en est pas avare, pas plus que de meurtres, de viols, de tortures… Je ne saurais dire, face à une affiche, si une utilisation douteuse de la croix me scandalise plus qu’un cadavre, un membre sanguinolent ou un corps torturés. Pour un catholique la croix a une valeur, le corps humain également. Va-t-on pourtant systématiquement s’indigner à chaque mare de sang imprimée et exposée à nos yeux… Ce serait fastidieux. Reste le sens de ces images. L’image de l’adolescente pendue dans les Damnés de Visconti dépasse la seule provocation. Elle est insoutenable et pourtant elle résume à elle seule le nihilisme d’une époque et l’horreur à venir, dépasse de très loin le simple esthétisme revendiqué par tous les Tarantino d’hier et d’aujourd’hui. Il me semble qu’il en va de même pour l’utilisation des symboles religieux. L’affiche de Costa Gavra avait-elle un sens ? Elle y prétendait et c’est justement ce qui a fait débat. L’affiche évoquée ici a-t-elle un sens ? A priori non. Elle s’en va donc rejoindre au plus vite les poubelles de notre caverne de Platon contemporaine, dont les tenants sont naïvement convaincus que les prouesses technologique pallient l’absence totale de sens… Ces petits feux follets jaillissent mille fois par jour sous nos pas et nous laissent indifférents. Ils voudraient nous fourguer des slips, des télés plus grandes que la précédente, des yoghourts… Des films aussi, parfois…

  13. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Nitt :

    « Je ne les aime, ni ne les déteste. Ils me dérangent parce que ceux qui croient en eux sont détournés du vrai Dieu, mais vu qu’ils n’existent pas, j’aurais du mal à les détester : « c’est pas de leur faute ! » »

    C’est justement là que je voulais en venir ! ;-)

    @ Koz :

    Au sujet de l’association sang-violence-sexe/christianisme… Je ne sais pas si c’est la même chose en Corée, mais le Japon a l’air fasciné par l’expression de la souffrance dans le christianisme. Dans les mangas et les animes, c’est très courant de voir des personnages mis en croix et torturés, des tortionnaires sadiques affublés de croix romaines, de chapelets ou de tenues qui rappellent fortement la soutane, des scènes de massacres sur fond de chant grégorien (ou quelque chose qui tente de l’immiter, plutôt)… En fait, les symboles chrétiens, associés aux couleurs blanc-rouge-noir, c’est l’annonce presque à coup sûr d’un épisode de barbarie ou de perversion sado-masochiste (pas forcément sexuelle, curieusement… contrairement aux représentations européennes). [Ne me prêtez pas des travers bizarres, SVP : y en a plein les dessins animés japonais... c'est drôle d'ailleurs, parce qu'il n'y a aucun équivalent en France, maintenant que j'y pense...]

    Nous sommes habitués à voir le Christ souffrant sur la Croix, les saints décapités sur les vitraux et tenant leur tête dans leurs mains, toute la représentation du Sacrifice dans l’Eucharistie (eh ! pour un non-catho, c’est une allégorie de sacrifice humain !)… Ajoutez à cela les mortifications (ah ! le cilice…) et l’association des souffrances terrestres à la Passion du Christ… Ca défie le sens commun ! L’extase, la mortification ou la souffrance offerte, c’est une aberration pour les gens « normaux » (je me souviens d’une amie agnostique qui ne supportait pas la vu du Christ en Croix). La plupart des catholiques eux-mêmes rejettent cet aspect-là du christianisme. Pour qui n’y voit pas la grâce ou le don de soi par amour, le seul sens qui reste accessible, semble-t-il, c’est le sens humain de perversion sado-masochiste.

    @ Jean-Baptiste Balleyguier :

    Mais faites donc, je vous en prie ! Si vous voulez tailler dedans, reformuler, couper, déplacer, remanier… ne vous gênez pas : il n’y a pas de droit d’auteur ! ;-)

  14. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    le chafouin a écrit:

    Ce qui est également significatif, c’est que ce film ait obtenu un prix à Cannes.

    Ce qui est aussi significatif, c’est le prix d’interprétation féminine, au même festival de la même année, donnée à Charlotte Gainsbourg pour son rôle dans le film… « Antichrist ». J’dis ça, j’dis rien… mais la bande-annonce est pour le moins aussi étonnante. Pourquoi mettre le Christ (même en anti) en jeu ?

    Je ne suis pas sûr qu’il y ait une réponse définitive, mais ça pose question tout de même, et la poser n’est pas inutile.

  15. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Koz :

    Ce serait intéressant, effectivement, de savoir quelle serait notre réaction si nous vivions entourés d’idoles…

    A l’Ile de la Réunion, les chrétiens côtoient les hindous, et ça n’a pas l’air de poser de problème. Quand j’étais petite, on entendait les chants du temple au bout de la rue, on voyait les gens marcher sur la braise aux infos de 20h, on allait en famille regarder les processions de Divapali ou les danses sacrées à la TV… C’était beau, on était curieux de cette religion bizarre, et ça faisait vraiment partie du paysage habituel (je ne sais pas ce que ça donne maintenant, ça fait plus de 10 ans). Pas de tension particulière.

    C’est vrai que la situation n’aurait peut-être pas été la même si les cathos avaient été ultra minoritaires, voire soumis à des pressions de la part d’un hindouisme majoritaire. Ce sont peut-être les relations de personne à personne qui influencent la perception que l’on a de la religion des autres, plus que cette religion elle-même ?

  16. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    cela dit, la foi chrétienne a commencé avec une crucifixion, hors les murs de Jérusalem, ce qui n’était pas spécialement exempt de violence, d’impudicité (je passe les détails, mais les disciples n’ont pas eu ce choix), de blasphème, de manipulation de la foule, de fausses images de Dieu, d’accusations de débauche vis à vis du Christ (« Le fils de l’Homme mange et boit, et vous dites « c’est un débauché et un ivrogne » « ), de « pétage de plombs » quand Il a dit qu’il fallait boire son sang et manger sa chair, …et pourtant, 10 jours après tout ça, l’Esprit Saint était accueilli par des foules.

    Dans la méditation sur la Passion (ch de X, 3è st, dans Ephata) de Fr. Ephraïm , il y a un passage que je trouve très beau: « La voilà ma sagesse, la voilà la folie de l’amour qui baise la poussière dont j’ai tiré les hommes. La voilà ma faiblesse, et la puissance de mon humilité: vous n’avez pas voulu revenir à moi et votre Dieu s’est converti à votre humanité, mais désormais c’est dans la poussière que nous avons rendez-vous« : Nous avons couramment rendez-vous avec Dieu dans ce qui nous fait le plus horreur en nous, et Je crois que pour l’humanité, c’est un peu pareil.

    Néanmoins, quand je vois combien j’ai du mal avec de simples mots de l’Evangile qui ont été déviés de leur sens premier dans l’usage courant, je me demande comment ces gens, qui auront soit réalisé soit regardé ce genre de films, pourront gérer ces images qui reviendront polluer leur relation avec le Christ, quand ils le rencontreront. Espérons qu’il y aura un sens caché, qui donnera un prix à cette expérience quand même. Je suis par exemple frappée de la coexistence, dans les films d’Hayao Miyazaki, d’une image centrale [que je trouve] plutôt christique, et d’une religiosité complètement moniste. C’est très courant aujourd’hui. L’Esprit Saint inspire probablement partiellement tous les courants, jusqu’au plus occulte, tout en préservant la liberté de chaque homme, ensuite, de lui donner une réponse positive ou négative: je ne crois pas que Dieu soit effrayé par ce qui macère en nous. (Par contre, personnellement, connaissant mes fragilités, je préfère me protéger d’images -au sens figuré aussi- qui pourraient me tirer vers plus de laideur ou de confusion, car on n’en sort pas toujours indemne)

    @ Jean-Baptiste Balleyguier: quelques réflexions de Bertrand Vergely sur l’étrange « foi » des athées: (dans « le silence de Dieu », tj)

    « . (p72) Il est courant d’être athée à cause du mal régnant sur terre. Ce qui est singulier. Si Dieu n’existe pas, pourquoi lui en vouloir du mal sur terre ? Et si on lui en veut, pourquoi ne pas reconnaître qu’il existe ? Il faut choisir. On ne choisit pas. On aspire à pouvoir en vouloir à Dieu tout en lui déniant toute existence. Mieux, on aspire à lui refuser toute existence au nom de son attitude jugée scandaleuse. »

    « . (p73) Jusqu’à peu, on ne croyait pas en Dieu pour des raisons rationnelles, logiques, scientifiques. Il était impossible de prouver l’existence de Dieu, donc on n’y croyait pas. Maintenant, les choses ont changé. Dieu n’existe pas parce qu’il ne mérite pas d’exister. Les critères de son existence sont devenus moraux et non plus scientifiques. On veut un Dieu politiquement correct, démocratiquement acceptable, humanitairement irréprochable. Celui-ci étant nettement défaillant, on le chasse, on l’exclut, on l’éjecte. (…) Il est humainement infréquentable. Il est coupable de non assistance à humanité en danger, de silence complice devant la souffrance, d’absence inadmissible alors qu’on avait besoin de lui, de démission irresponsable devant sa propre création. On devrait normalement rire face à un tel réquisitoire.(…) Concrètement parlant, cela donne lieu à des procès stupéfiants. Ainsi, aux Etats-Unis, une jeune femme affligée d’un bec-de-lièvre a décidé de faire un procès à Dieu. « 

    « . (p78) Il existe aujourd’hui des révoltés institutionnels. »

    @ Dove: +1 pour la conclusion : « J’aurais dû me taire alors. Il me faut me contenter d’être pleinement pour lutter contre cette violence. C’est peut-être le seul mérite qu’aura eu ce film, nous apprendre cela. « Je suis Celui qui est ». Et ça suffisait. »

    « . (p114) Le silence de Dieu est l’expression de la grande patience de Dieu. »

    « . (p115) Qui est violent contre la violence pour faire cesser celle-ci se contredit. Il utilise comme remède le poison qu’il condamne. »

    « . (p 188) Au cœur de la vie, [Dieu] ne cesse de retourner le mal, en le terrassant par la vie et non par le mal. »

  17. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ AncillaDomini : merci pour ce témoignage qui en dit long sur la forte du message évangélique, sur la perspective vertigineuse que celle du simple et infini amour de Dieu, souvent trop puissant pour qu’il puisse être simplement accueilli dans l’étroitesse de nos cœurs. Sincèrement merci.

    @ Lagavulin : « Va-t-on pourtant systématiquement s’indigner à chaque mare de sang imprimée et exposée à nos yeux… Ce serait fastidieux. » Certes. Pourtant, je ne crois pas qu’ils puissent nous laisser « indifférents ». Malgré tout c’est une blessure qui est provoquée. Envers qui ? Bonne question. Parfois de l’auteur à l’auteur lui-même. La solution n’est pas de crier au loup systématiquement. Et pourtant il y a là dans tous ces affronts une brèche qui s’est creusée, brèche dans laquelle on pourra y apercevoir ce que notre petit environnement parfois protégé nous empêche de percevoir : reproches virulents et excessif face aux Eglises, volonté d’anéantir la religion, mais peut-être simples incompréhensions vis-à-vis de la religion comme l’a très bien supposé Tigreek, ou encore difficulté à en recevoir la toute puissance du message. Tout cela cache des souffrances qui ne peuvent nous laisser indifférents, et en parler nous conduits au moins à mener une réflexion qui pourra peut-être nous porter à toujours plus nous tourner vers l’autre, qui nous semble si lointain, et qui pourtant ne se trouve peut-être qu’au seuil. Leur cri est peut-être un appel.

    Re @ AncillaDomini : « La plupart des catholiques eux-mêmes rejettent cet aspect-là du christianisme. » C’est clair. Rappelons-nous le scandale qu’a provoqué la sortie du film de Mel Gibson. Ce film est parfois insoutenable, et nous rappelle la violence de la Passion du Christ. Sans l’amour, ce ne sont que des effusions de sang gratuites. C’est pour ça qu’il me tarde d’aller voir ce film, qui pourrait bien faire réfléchir sur le sens du sacrifice, du sang, et peut-être même du don. Mais ne lui prêtons pas trop vite de si bonne intentions.

    @ Koz : Merci pour la confiance prêtée en Une ! Belle expérience, en tout cas. Je tiens à préciser à tous que les auteurs du site n’ont pas changé un iota du texte que je leur ai soumis, malgré la forme et peut-être même le fond parfois à revoir. Belle réalisation d’une promesse « communautaire » vue dans la charte, et soigneusement respectée.

  18. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @do : merci pour ces citations. Cela me rappelle une phrase que j’avait entendu je ne sais où, dans un témoignage sans doute, qui est que « On ne peut pas haïr quelqu’un qui n’existe pas ». C’est un peu comme l’Amour qui suppose une personne à aimer. On peut désirer ou désirer aimer quelque chose ou quelqu’un qui n’existe pas, mais pas l’aimer. Cela est identique pour la haine : elle se tourne toujours vers quelqu’un. Sinon on serait indifférent, à la limite moqueur envers ceux qui aiment, mais pas haineux envers Dieu.

    Sur le silence de Dieu, son manque d’intervention, le fait que c’est pour respecter notre liberté… bien souvent, les incroyants ne comprennent pas. J’aime à leur dire que, si Dieu intervenait pour empêcher le mal qu’ils savent reconnaître (la guerre, la maladie etc…), pourquoi n’interviendrait-il pas pour corriger le mal qu’ils ne savent pas reconnaître : débauche morale, violences économiques, mauvais usages de la liberté politique etc… ?

  19. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pour le rabbin, c’est déjà fait, en pire si j’ose dire : « tu n’aimeras point », un film israélien qui évoque les amours interdites d’un rabbin et de son étudiant. Cela n’a pas ému la communauté juive.

  20. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bof, effectivement, la chemise à carreaux aurait pu rester dans son tiroir ! Après tout, quel intérêt de réagir claniquement face à la sortie d’un nouveau film qui brode, une fois de plus, sur le « Scandale de la Croix » en qq sorte ? Si ce n’est effectivement de saisir cette opportunité pour évangéliser…

    Jésus n’est pas notre Père, Il est notre frère et par sa passion, Il nous rend cohéritiers avec Lui de son Père…

    Et quant à la phrase de Bellet sur la réponse à apporter à la violence, outre son côté totalement crypté sur la forme, il faut bien reconnaître qu’elle est totalement fausse sur le fond ! Ce n’est pas l’humain qui peut apporter une réponse, depuis le péché originel la violence vient de l’humain… C’est le Christ qui donne la Paix, qui donne SA Paix…

    Alors nous devrions être persuadés que si des films comme celui-là sortent, c’est de notre faute en qq sorte : parce que nous ne prions pas assez, nous ne témoignons pas assez, nous n’honorons pas assez Dieu… Et puis, nous devrions être persuadés que « là où le péché abonde, la grâce surabonde »…

  21. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ dove: non cela ne nous laisse pas indifférent, bien sûr. Je n’arrive cependant pas à le percevoir comme une agression. Au pire comme de la charlatanerie, comme une facette contemporaine du mensonge, un péché qui, vous en conviendrez, ne date pas d’hier. D’où cette quête de sens, jamais évidente, qui, elle, interpelle en permanence notre foi, notre culture, notre éducation, notre vision de la liberté, et nous permet d’échanger, avec plus ou moins de bonheur, avec ceux qui nous entourent. Concernant le détournement des symboles chrétiens, signalons tout de même qu’il ne date pas d’hier non plus (ce qui ne l’excuse pas systématiquement). Les « bases » de notre culture fantastique contemporaine (vampire, diablerie en tout genre, messes noires, morts vivants) sont apparues avec le romantisme et l’avènement du roman gothique (qui était allé puiser tout ça dans les légendes, les allégories de la Renaissance etc etc). Nous n’en avons retenu que le meilleurs, ce qui faisait sens, justement, mais, en fouillant les bibliothèques, vous vous rendrez facilement compte que le kitch et le douteux ne manquaient pas non plus! Certains catholiques, à l’époque, ont aussi eu recours à ce bric à brac pour attaquer leurs ennemis allant jusqu’à les accuser de sacrifices humains et d’autres fredaines à faire frissonner la bigote, qui l’air de rien, en redemandait! Quant au cauchemardesque sur fond de monastères, de prêtres, de pensionnats, de bonnes soeurs, il ne sort pas de nul part: nos grands parents ne gardent pas toujours le meilleurs souvenir de leur jeunesse de pensionnaire. en France, le filon s’épuise, mais il y a fort à parié qu’en Irlande (par exemple), où les Frères n’y sont pas allés de main morte jusqu’aux années 80, il a encore un bel avenir. Et que ceux qui n’ont pas connu cette charmante époque « squattent » l’imaginaire de leurs aînés, quoi de plus naturel. Plagiez vous les uns les autres, les scénarios n’ont pas d’odeur!

  22. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Le Antoine: De savoir si nous sommes responsables de ces films parce que nous ne prions pas assez, nous n’en savons rien. On pourrait culpabiliser de tous les méfaits de Satan en se disant que nous avons fait quelque chose de mal sans lequel tout ça ne serait pas arrivé. Mais ça ne rime à rien.

    Aujourd’hui c’est la Saint Jérôme, grand amoureux des Ecritures, alors je vais citer ce que dit la Bible à propos du vain murmure des impies: « Celui qui est dans les cieux s’en amuse, LE SEIGNEUR les tourne en dérision. » Ps 2, 4.

    J’en déduit que face aux hurlements des forces de l’enfer qui se manifestent entre autres par ce film, c’est avant tout une attitude de foi que le Seigneur attend de nous. Le monde pourra traiter, aussi longtemps que Dieu le permettra, notre Mère l’Eglise de p… . Il n’en demeure pas moins que notre Mère est belle, victorieuse et que son coeur est brûlant d’amour. Et comme la beauté de Judith a eu raison d’Holophern et de ses troupes, la beauté de l’Eglise nous réjouit par sa victoire déjà acquise.

    Chers frères, évidemment c’est indignant de voir le Corps du Christ, son Sang mais encore pire, sa soif d’amour à ce point méprisés. Mais grâce à la foi, notre colère n’est pas renfrognée. Nous sommes dans la joie de la victoire du Christ.

    Partant de là, notre évangélisation n’est pas dépitée. Ce n’est pas la vexation qui nous met en marche, c’est notre espérance. Evidemment il faut faire en sorte que ces films n’existent plus, par des démarches juridiques s’il le faut, ou par la prière. Mais regardez dans la Bible, le blasphème engendre souvent (sinon toujours) un surcroît de force pour l’homme de Dieu, par exemple l’attitude de David contre Goliath ( 1 Sm 17, 44). Satan blasphème surtout quand Dieu montre sa force.

    Allez, j’arrête de me prendre au sérieux. UDP à tous.

  23. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Nitt a écrit:

    Pour information, la religion dominante – pas moyen de vérifier sur Wiki, mais normalement je ne me trompe pas – en Corée, c’est le protestantisme.

    Ce n’est pas tout à fait vrai : si l’on sépare les différentes confessions chrétiennes, le bouddhisme arrive en tête, suivi du protestantisme (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cor%C3%A9e_du_Sud ). Pour l’anecdote : pendant la semaine de l’unité des chrétiens, cette année, ce sont les pasteurs de Corée qui ont préparé les textes de réflexion proposés à la communauté protestante. La pratique des différentes confessions chrétiennes n’est pas forcément évidente là-bas, que ce soit protestantisme ou catholicisme…

    J’ai regardé le teaser pour avoir une idée (même vague) du contenu du film… Cela a confirmé mon impression : je n’irai pas le voir, même pour pouvoir le critiquer, c’est un peu « trop » pour moi, trop violent, trop de sang, trop exagéré… Il est référencé comme drame et film d’horreur, même pas fantastique, ce qui annonce la couleur !

    Si l’on suit le scénario, faisant abstraction des crimes tous plus abominables et imaginatifs dans l’horreur de la seconde partie, le héros est effectivement un prêtre, et l’accent est mis sur le sacrifice qu’il fait de sa personne. Quelque part, le prêtre est quand même vu comme quelqu’un qui vit sa vocation jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice ultime (péché d’orgueil à copier le Christ ?). Ensuite, il y a une torture mentale du personnage qui se retrouve « ressuscité » (mauvaise caricature de l’Evangile ?) bien malgré lui et qui subit une transformation, faisant de lui le contraire de ce qu’il avait choisi de devenir par sa vocation… Pour moi, ça n’est pas complètement immoral, même si c’est une énorme provocation.

    Mais surtout, comme je l’ai dit, si on se trouve à discuter de ce film avec des non-catholiques, profitons-en pour réaffirmer le kérygme… et pourquoi pas inviter à un repas « parcours Alpha » (j’y pense parce qu’on vient de relancer un parcours dans ma paroisse) ! Mais cela, Blabla l’a déjà dit mieux que moi ci-dessus ;)

  24. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Le Antoine : Ah, enfin ! Merci ! Ce n’est pas que les commentaires jusque là n’étaient pas intéressants, même très loin de là, mais j’aime la contradiction. Sur le Christ Père ou pas, je ne me lancerai pas dans le débat qui n’est pas celui d’aujourd’hui. Je rappelle juste que « qui m’a vu a vu le Père ». Mais les considérations sont nombreuses sur une seule personne et trois personnes à la fois, j’espère que tu m’accorderas de sortir mon joker sur ce coup.

    Quant à la phrase de Le Bellet, un peu complexe sur la forme je te l’accorde, (beaucoup me l’ont fait remarquer) elle apporte cependant une réponse qui me semble tout de même juste. Elle nous rappelle à nous, petits êtres du XXIè siècle, qu’il faut savoir « demeurer », être plus présent à nous-même et donc à Dieu. Notre Dieu est le Dieu du présent, Celui qui EST. Or nous avons tendances (moi le premier…) à être des agités, des perturbés, à toujours fuir en avant sans demeurer dans l’instant. Or c’est précisément dans cet instant présent que Dieu peut agir en nous. C’est pourquoi il nous faut être pleinement. Rappelle-toi la phrase de Jipitou : « si vous êtes ce que vous devez être, etc. » Je maintiens donc.

    Enfin, « là où le péché abonde, la grâce surabonde ». Attention à ne pas sortir la phrase du contexte, elle pourrait presque nous inviter à une passivité face au péché, tu ne crois pas ? Elle est très juste et puissante cette phrase, mais la grâce surabondera à condition que le pécheur accepte de se tourner vers celui qui distribue.

    @ tous : Merci pour vos commentaires très constructifs et instructifs.

    J’attends juste celui d’un athée convaincu qui aura vu le film avec un regard extérieur. Patience…

  25. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Dove : Je suis un athée convaincu mais désolé, je n’irai pas voir ce film :-) ! En tous cas le fait qu’il y soit fait appel à un prêtre me paraît un artifice scénaristique comme un autre, et je doute que j’y verrais le moindre rapport avec mes convictions !

    @AncillaDomini : J’ai beaucoup à dire sur votre commentaire de discussion avec un athée. Mais j’y ai répondu sur le CathoWeb avant de venir ici, et il n’est peut-être pas utile de dupliquer les commentaires dans la Sacristosphère.

  26. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Dove : oui, pour le Christ Fils ou Père : la mystique de chacun est la mystique de chacun, soutenue par la grande richesse de la théologie catholique !

    Pour la phrase de Bellet, ton explication me va bien mais ce n’est pas ce qu’il dit, pour autant que je le comprenne… ;-) En fait, sa phrase me fait un peu réagir car on y trouve cet espèce d’humanisme guimauve et moderniste qui donne l’impression d’oublier que l’humanité éveillée, c’est celle de l’homme racheté et uni au Christ… c’est cette dimension qui manque, je trouve…

    Sinon, pour la phrase de St Paul, effectivement, il ne faut pas tomber dans la passivité, mais je crois qu’elle doit être comprise dans plusieurs dimension : la grâce pour le pécheur, mais aussi la grâce dans le cadre de la communion des saints pour tous les autres, pour cette religieuse dans son couvent qui prie pour les pécheurs, etc… En fait, cela tient au caractère infini des mérites du Christ : si tous les hommes commettaient le mal dans des proportions vertigineuses, les mérites du Christ seraient toujours supérieurs car ils sont infinis… Bref, par le Christ, le rayonnement du bien dans ce monde sera toujours supérieur à l’ombre du mal, aussi grande soit-elle…

  27. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Tigreek : Merci pour la précision ! Je me coucherai moins bête ce soir ! (Ouf !)

  28. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Nitt a écrit:

    En revanche, ce que je déteste car ma religion m’a appris à le faire, c’est la course effrénée vers les dieux modernes : pouvoir, argent, plaisir, vaine gloire… érigés comme seuls biens valables

    En fait il serait temps de revenir aux fondamentaux: la prédication sur les fins dernières… Je me lance. Il existe 3 types de biens: les biens utiles, qui nous permettent d’obtenir un autre bien, les biens agréables qui nous donnent du plaisir et les biens honnètes qui sont recherchés pour eux meme. Un meme bien peut etre des trois types, et c’est génial qd c’est cela (par exemple l’amitié, l’amour, le travail…) Dans notre vie, nous recherchons sans cesse des biens (au sens philosophique), mais il y en a toujours un que nous recherchons avant tous les autres: c’est notre fin dernière. Comme le Mal consiste à préférer un bien d’ordre inférieur à un bien d’ordre supérieur, nous devons bien choisir ce bien : il est difficile d’en changer, car c’est une remise en cause de toute notre vie.

    Quel doit etre ce bien? Il faut déjà écarter les biens utiles: comme ils sont subordonnés à quelque chose, il ne peuvent etre le bien supérieur que nous recherchons. De plus, ces biens sont limités, alors que nous aspirons à l’infini (c’est pour cela que ceux qui recherchent l’argent, la séduction, le pouvoir ou la célébrité n’en ont jamais assez: leur recherche ne peut les combler.

    Pour cette meme raison, les biens agréables, qui ne sont pas infinis, ne nous conviennent pas (la recherche de ce type de bien à tout prix se nomme la débauche).

    Tous les biens honnètes ne sont pas infinis. Allez, il y en a combien qui sont infinis (vive les gros sabots). Un seul: Dieu. C’est pourquoi la morale, qui nous aide à trouver dieu est donc fondamentalement bonne et agréable puisqu’elle concourt à notre plus grand bien.

    Seulement il y a eu un hic: Kant fut révolté par le spectacle de chrétiens qui ne se comportaient moralement que pour aller au Paradis. Il ne vit pas que chez la plupart les deux étaient mélés et remplaça cette morale par le diktat de la raison pratique: « tu dois » sans justification. Au bout d’un temps assez long, excédé de n’avoir pas de réponse à la question « pourquoi est-ce que je dois? », une bonne partie de l’Occident partit en claquant la porte: ce fut Mai 68…

    Tant que nous n’expliquerons pas pourquoi nous ne pouvons pas faire certaines choses, nous n’avancerons pas.

    Blabla a écrit:

    De savoir si nous sommes responsables de ces films parce que nous ne prions pas assez, nous n’en savons rien. On pourrait culpabiliser de tous les méfaits de Satan en se disant que nous avons fait quelque chose de mal sans lequel tout ça ne serait pas arrivé. Mais ça ne rime à rien.

    +1

  29. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Le pire n’etant jamais certain, et les distributeurs francais ayant une penchant certain pour la provocation, je suis alle verifier la version originale de l’affiche de ce film. Eh bien, il s’agit de la version edulcoree de l’affiche initialement prevue (si!). L’initiale est visible sur http://www.chud.com/articles/articles/18606/1/PARK-CHAN-WOOK-IS-THIRST-Y-FOR-CONTROVERSY-IN-KOREA-UPDATED-WITH-CORRECT-POSTER/Page1.html Je suis sans aucun doute tordu, mais je vois dans cette version ‘originelle’, non seulement un parfum au gout implicite menstruel douteux, quand accolle a la phrase d’accroche « ceci est mon sang »; mais aussi le symbole de l’antechrist, quand on regarde les principaux axes dessines par les bras et jambes de l’affiche. Assurement, mon clavier est qwerty et le pire n’est jamais certain.

  30. J’avoue que je ne comprends jamais très bien cette indignation récurrente. Le fantastique s’est toujours emparé du phénomène religieux. Qu’un film coréen repose ainsi sur le christianisme, ce pourrait être considéré comme une preuve que le christianisme s’implante de plus en plus profondément en Asie. (je sais bien que le protestantisme y est aujourd’hui majoritaire, mais il y a une différence entre la religion dominante statistiquement et celle qui domine culturellement, par exemple en France la « religion » dominante culturellement est le catholicisme et non pas l’agnosticisme) Après,oui, c’est le catholicisme qui est représenté dans ce film. mais là encore, je ne suis pas certain qu’il faille absolument y voir un anticatholicisme primaire ou la volonté de détruire vos valeurs ce n’est pas tout à fait une nouveauté que le mythe du vampire reprenne la symbolique de l’eucharistie catholique. Après tout, la communion a très tôt été un scandale (peut-être encore plus que la croix) (cf. Jn 6, 34ss) et le catholicisme en a repris l’interprétation la plus littérale…

    Enfin bref, moi j’ai découvert Thirst au cours des bandes annonces pour Le ruban blanc. Je vous le recommande : c’est un très grand film et là aussi on parle (plus sérieusement et plus sévèrement, j’imagine) d’une religion monstrueuse, mais là, c’est le protestantisme, ça vous fera des vacances ;o)

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