A deux paires d’yeux dans le brouillard
« Comment ? Toi… ? Toi qui es si libre, toi, tu as un « père spi » ? Pouah, mais t’es obligée de suivre tout ce qu’il te dit alors ? En fait, t’es vraiment pas libre ! »
Raaaaaaaah, nan, je suis emprisonnée, ça se voit non ? Libérez-moi, libérez-moi !
Bon, oui, j’ai un accompagnateur spirituel, oui, c’est mon choix, non personne ne m’a forcée, non, non, et non je ne vis pas cela comme une obéissance forcée qui serait ridiculement étriquée. C’est bon, on peut arrêter et jouer au ni oui ni non maintenant ? C’est effectivement tout à fait librement que j’ai un jour entamé cette démarche et que j’ai choisi « la » personne (à moins que je ne l’ai reçue, mais c’est une autre question)… Pire, je crois fermement que Dieu nous invite à la plus belle des libertés et qu’il se sert de ce biais. Eh oui… Surprenant, non ?
On l’appelle par différents noms : accompagnateur spirituel, père spirituel, directeur de conscience… Il importe peu ici les diverses nuances que sous-tendent ces appellations, là, je vise le fond. Certains pensent que c’est un truc un peu vieillot : pas du tout ! En fait, avant tout, il y a une base à partir de laquelle partir, c’est que ce n’est pas une relation simplement à deux, mais à trois. Et que c’est la voix du troisième qu’on tente d’entendre, dans l’écoute de deux voix qui se répondent, puis dans le silence (ça permet à cette voix de mieux résonner et aux deux autres de raisonner). Un saint évêque des premiers siècles disait même tout cela super bien :
N’allez pas vous imaginer qu’un homme puisse en instruire un autre. Nous pouvons, par le son de notre voix, vous adresser des leçons : mais si Dieu n’est pas dans votre cœur pour vous instruire, c’est inutilement que nous nous faisons entendre. […] Le Sauveur a dit lui-même dans l’Évangile : « Gardez-vous d’appeler maître sur la terre aucun d’entre vous, car votre Maître, c’est le Christ. » (Mt 23, 8). […] Il y a donc, à l’intérieur, un maître qui instruit : c’est le Christ, c’est son inspiration. Là, où son inspiration et son onction font défaut, les paroles se font inutilement entendre à l’extérieur. […] Mieux vaut la voix de celui qui habite en votre âme, que celle qui retentit au dehors. Que lui-même vous montre la grâce de son humilité, lui qui a voulu habiter en vos cœurs1.
C’est cette voix là, la plus profonde, la plus intime, qu’on tente de dénicher toujours avec un accompagnateur spirituel, en déchiffrant et défrichant le plus quotidien de nos vies. Alors, qui a dit que c’était dépassé ?
Tout cela, ça ne peut se faire que dans la confiance. Alors, au début, c’est pas simple : on a beau le choisir le père spi, lui raconter ce qu’on est en profondeur, eh bien, je ne sais pas pour vous mais pour moi c’est difficile. On aime bien être ceci, être cela, donner une image plus ou moins glorieuse de soi alors qu’il s’agit là d’être soi et de se dire tel que l’on est. Oui, même la vilaine blessure là que tu tends à cacher, même ce coin plein de cambouis que tu n’as jamais osé regarder de trop près. Moi, dans tout mon être, parce que c’est là que Dieu se révèle.
Voilà, l’accompagnement spirituel, ça commence par ça, par une confiance qui mène à l’ouverture de cœur. Et, quoiqu’on en pense au début, cela ne nuit pas aux relations, au contraire… Il y a comme une magie dans la confiance qui s’instaure et, plus la vérité est grande, plus le dialogue est juste, profond et léger à la fois. L’accompagnateur spirituel n’est pas là pour juger, il est là pour aider à grandir ce qu’on est, soi, en profondeur, cette part « plus belle » de notre être où se trouve Dieu2, qui n’est pas idéalisation de notre être mais accueil profond de celui-ci.
J’aime bien la dimension de « père » dans cette relation : accueil de l’enfant prodigue3 qui n’est ni rigidité ni laxisme mais accueil, tout court. Et c’est ainsi que, peu à peu, dans la confiance de l’ouverture du cœur, on en vient à l’amour de Dieu. Car, dans le fond, comme le dit très bien un auteur plus récent que sieur Augustin : « l’accompagnement spirituel cherchera simplement à ouvrir un chemin à l’amour de Dieu, en aidant le partenaire à accueillir le regard d’amour que Dieu porte sur lui et c’est bien plus difficile qu’il n’y paraît. »4 Ah ça, c’est clair…
De quoi on cause ? De tout mais pas de n’importe quoi… ce n’est pas antinomique ! On parle de toutes ces choses qui constituent la trame du quotidien, en y cherchant la trace de Dieu (« là, là, un pas ! ») puis comment s’y prendre pour mieux le faire resplendir ensuite. Cela ne semble pas grand-chose dit ainsi, et pourtant… Cela inclut tous nos projets, nos décisions, notre vie spirituelle, notre vie tout court. Et ce qu’il y a d’encore plus fabuleux, je trouve, c’est la fabuleuse part de l’accompagnement qui n’est pas dans le « dit » : chacun se sait porté par la prière de l’autre. Je n’ai pas pigé de suite ce point là, je voyais ça comme de belles paroles, avant de découvrir combien c’était bon.
Mais pourquoi l’accompagnement spirituel ? L’amour de Dieu, oui, mais what else5 ? Tu ne pourrais y arriver toute seule comme la grande fille que tu es ? Eh bien, non, je ne le crois pas, justement. La sacrée poutre dans mon œil, elle est parfois aussi dans mon cœur, alors, y voir clair, c’est pas facile : puis, en plus, quand y a du brouillard, c’est fichu d’avance ! Finalement, à deux paires d’yeux, avec les lunettes du troisième, je me suis rendue compte que, peu à peu, j’y voyais plus clair. Et qu’un chemin se dessinait, même dans la purée de pois et à travers tous les écueils.
Et ça, c’est l’immense réussite de l’accompagnement spirituel : pas quelque chose qui limite dans d’étroites bornes mais quelque chose qui ouvre, qui élargit le cœur. L’accompagnement spirituel ne doit jamais être une contrainte mais l’ouverture à une liberté toujours plus grande, celle à laquelle nous sommes appelés en tant que fils et filles de Dieu. C’est là sa force, sa raison d’être et c’est juste merveilleux.
- Saint Augustin, Tractatus in Evangelium Ioannis, III, 15. [↩]
- Et ça rend plus belle la vie, aussi. [↩]
- Là, c’est moi en l’occurrence. Mais ça peut être toi aussi, si, si. [↩]
- Dom André Louf, La Grâce peut davantage, Desclée de Brouwer, p. 56. [↩]
- Comme dirait une marque de café bien connue mais là, c’est meilleur que la caféine pour le cœur. [↩]
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Même Blaise Pascal, qui pourtant ne devait avoir besoin de personne pour réfléchir (mathématicien, physicien, philosophe… bref, un pur génie !), avait un Père Spi ! enfin, un directeur de conscience comme on disait alors, mais ça ne change rien au fait que quelqu’un l’accompagnait et tentait avec lui de découvrir de quelle manière réaliser au mieux la volonté du Père…
Alors comment nous, pauvres roseaux pensants, pourrions-nous nous passer de cette aide précieuse ?
C’est une démarche intéressante et attractive, et, comme vous m’avez donné envie d’en savoir plus, je me pose quelques questions.
Peut-on dire par analogie qu’il s’agit d’une sorte de coach « spécialisé » avec une approche « décalée » ? C’est une série de confessions en format libre et sans absolution ?
Comment choisit-on un(e) accompagnateur(trice) spirituel(e) ? Je pense au chemin pour décider d’avoir un tel accompagnement, et à la personne à qui on le demande. Forcément une personne entrée en religion ? Et c’est vraisemblablement chronophage pour cette personne.
J’ai fait appel à un coach professionnel, il y a quelques années, et j’avais éprouvé le besoin de compléter ma démarche par le livre du Père Descouvremont – Le Guide des difficultés de la vie quotidienne – Le Sarment / Fayard.
Ne répondez à ces questions que si vous en avez le temps, votre témoignage en lui même et éclairant. Peut-être qu’un visiteur aura un éclairage sur mon questionnement ? Merci
Pardon de me répéter Très beau témoignage, sorti de ton coeur, de Vie Vraie, à la recherche permanente du Seigneur. Merci Zabou ,
Zabou, je pense que tu as une grande chance ! J’ai « tenté » plusieurs fois l’aventure de l’accompagnement spirituel, sans jamais trouver (même dans un temps relativement long) cette saveur que tu décris… (même avec des jésuites, pourtant réputés)
Certains de mes accompagnateurs étaient trop dans le « psy », dans l’écoute pure… J’aime le livre Josemaria Escriva de Balaguer (The Way, je ne sais pas s’il est traduit) où l’on voit qu’il n’hésitait pas à mettre ses « accompagnés », en face de leurs contradictions… parfois très vivement (exemple « tu persistes à être superficiel et mondain car tu es lâche : n’est-ce pas de la lâcheté que de refuser de se regarder en face ? » ou « tu es trop calculateur : ne me dis pas que c’est la jeunesse ; la jeunesse se donne sans réserve ») mais toujours avec amour.
Voici ce que le saint disait de la direction spirituelle :
DO92 a écrit:
Mais elle a peut-être moins d’orgueil que nous et donc d’illusion sur la valeur de son temps
(comment pourrait il être mieux passé qu’en guidant une âme vers Dieu ??)
@Zabou : très beau témoignage… c’est vrai que parfois on a du mal à faire comprendre ce qu’est la « direction spirituelle ». Mais cela aide tellement de s’en remettre à quelqu’un d’autre : bien souvent on se fait des noeuds au cerveau, on complique les choses, on a des scrupules qui nous empêchent d’avancer, et le directeur spirituel est là pour simplifier les choses et nous donner des éléments pratiques pour avancer
@Incarnare : The Way ou Camino, a bien été traduit en français sous le nom de « Chemin ». Ce qu’il y a de marrant c’est que ces considérations sont directement issues de l’expérience de St Josémaria en tant que « dirigé » : on peut transformer tous les « Tu » en « Je » dans ce livre. (D’ailleurs sont premier directeur spirituel était justement un jésuite
c’est une belle chose que celle de l’accompagnement, d’un côté ou de l’autre de la parole. Je suis particulièrement sensible à ta finale, parce que c’est sans doute le moins « évident » et ce qui sort du coaching, justement. l’accompagnateur, comme l’accompagné ont une belle responsabilité. En toute confiance, pour l’un et l’autre, accepter la relation dissymétrique, écouter profondément l’autre et parler en conséquence. C’est avant tout l’occasion offerte de relire une existence, des choix, une vie spirituelle à plus ou moins court terme. C’est être soutenu parfois quand le brouillard se fait dense par un autre qui manie bien la boussole, qui a parcouru un chemin qui peut être parallèle, qui a un point de vue différent. C’est être interpelé quand le chemin s’essouffle, ou tend à se réduire à une vie spirituelle amoindrie, grâce à la richesse de la tradition spirituelle, théologique, biblique… C’est écouter à deux une histoire, et avec la sensibilité de l’un et de l’autre mettre à jour, et donner le temps de les « expérimenter » de les laisser résonner dans le temps. Histoire de voir les fruits. C’est prier ensemble. C’est oser mettre de temps en temps le doigt là où ça fait plus mal, pour ne pas rester avec sa souffrance. Ce n’est pas la confession, c’est une amitié spirituelle, d’un accompagnant à un accompagné, avec exigence et mansuétude. cela ne relève ni l’un, ni l’autre de sa responsabilité tant le directeur n’enlèvera la nécessité de la décision personnelle. Un directeur spirituel n’a pas de « trucs », et n’impose ni l’histoire, ni son histoire, il remet en perspective et avec le souci de faire grandir, chemine avec.
ce n’est pas simple. il faut du temps pour que cela soit riche. Parfois, il faut arrêter, parfois au contraire persister. Il y a des moments où cet accompagnement est nécessaire, voire obligatoire. D’autres où il semble inutile. ce n’est pas un accompagnement psychologique. C’est ouvrir une 2e paire d’yeux pour voir l’action de l’Esprit, dans la parole qu’il permet!
j’y repense aussi… la responsabilité de l’accompagnant est sans doute de ne dire que ce qui pourra être entendu, ce qui aidera encore plus à la conversion… et accepter parfois (souvent?) que l’Esprit dépasse ses paroles!
C’est bien expliqué, tout ça. Clairement énoncé. Donc bien conçu !
C’est un peu comme un GPS: il nous dit le chemin le plus court, mais on peut aller par un autre chemin, il continuera à nous accompagner. Et qui trouve que son GPS diminue sa liberté, aujourd’hui? C’est une somme de savoirs embarqués, ça nous évite d’apprendre tout ce que lui il a appris, c’est une économie d’échecs. Et de plus, c’est une relation dans l’amour.
@ DO92: Pour le choisir, il faut juste prier, demander à Jésus de nous en donner un, et s’il le veut, parfois au bout de plusieurs années, il mettra sur notre chemin la personne qu’il veut pour nous et on aura envie de se faire accompagner par lui. Mais on peut aussi choisir nous-mêmes quelqu’un, même un laïc. Je crois qu’avec la foi, on pourrait être guidé par un enfant. Ils ont parfois de tels éclairs d’inspiration! (mais bon, je dis « je crois »; ce n’est pas le chemin classique). Parfois, on suit une personne, puis une autre deux ans plus tard, parce qu’on a passé des étapes qui nécessitent qu’on change. Il est bon de compter sur notre discernement. Mais en vérifiant bien pourquoi on change: parce que ce qu’il me dit ne m’aide plus? ou parce que ça touche à un lieu de moi où je suis blessée et que, justement, il faudrait que je laisse un autre me dénouer? On le sent très bien, parfois. dans tous les cas, même si on choisit nous-mêmes, on ne risque pas tellement de se tromper: c’est comme un médecin: si on va plus mal au bout de trois mois, c’est que ça ne va pas, alors on change. Le critère? La liberté intérieure! si on croît en liberté intérieure, c’est à dire qu’on est moins esclave de nos mécanismes inconscients parce qu’on les a démontés progressivement avec lui ( « tu aides les autres parce que tu crois que comme ça on va t’aimer: tu dois au contraire accepter de te laisser aimer comme tu es, dans ta faiblesse »), parce qu’il a apaisé une culpabilité en la nommant, parce qu’il a dénoncé une peur et qu’on ne lui obéira plus (la sensation d’être de trop, par exemple, qui n’est peut-être qu’une blessure liée aux conditions de notre conception!) , parce qu’il a balisé un chemin qui nous semblait mauvais mais qui est une étape nécessaire pour nous (par exemple, arrêter de vouloir maigrir en jeûnant, se contenter de manger régulièrement pour apaiser une angoisse)…
Oui, il nous aide à enlever les « poutres » de notre œil, car lui, il a enlevé les pailles qui étaient dans le sien, avant. Et parce que Dieu veut passer par nos frères pour qu’on apprenne l’amour les uns des autres, en live. Une idée à lui…
Ce n’est pas trop chronophage si on prépare bien ce qu’on a a dire et si on note bien ce qu’on reçoit. …et si on le met en application: alors, là, non, ce n’est plus chronophage du tout! on en a parfois pour une année pour simplement appliquer une parole qui nous a été dite en 10 minutes. Si on revient plus souvent, c’est pour puiser l’énergie nécessaire. Et là, le sacrement de la confession, qui nous permet de repartir avec des poids en moins et la grâce en plus, nous donne la force pour le chemin. Car le plus dur, dans l’accompagnement, ça reste la conversion personnelle. Maintenant qu’on a le chemin, il faut avancer, et ça monte souvent, pour revenir des vallées de paresse où on s’était dirigés par nous mêmes.
@ do: Merci pour toutes ces explications, ainsi qu’aux autres commentaires qui m’ont aussi éclairé.
Je serai un petit peu différent ce soir dans la conduite de ma vie, avec une option en plus. Ma prière va s’accroître d’une demande en plus…
Merci pour ce beau témoignage Zabou
Pour une première, Zabou, chapeau bas… Il chatouille ce billet, là où la question se pose, se dépose, de façon régulière et récurrente. Un pas de plus ici, il ne manque pas grand chose…peut-être encore un peu trop de brume bien épaisse
Merci Zabou, ton article tombe à pic ! Les commentaires aussi d’ailleurs. Depuis le temps que j’hésite à franchir le pas…
Bon alors, @ tous, notamment à ceux qui se posent la question de franchir le pas (de la porte de votre futur « père spi », bien sûr
), j’aimerais dire que l’expérimenter, c’est souvent l’adopter donc n’hésitez pas ! Après, cela ne se fait pas forcément de suite mais cela vient avec le temps : il faut d’abord l’avoir décidé sérieusement, au fond du cœur, puis cela se vit et ne peut aller que vers du positif !
@ DO92: Me voilà ! Les autres ont donné déjà pas mal de pistes, me semble-t-il, mais je complète un peu, avec les quelques idées qui me viennent à vous lire. En sachant toutefois qu’il est difficile de généraliser pour pareille question.
Plus qu’un coach, je vois vraiment le « père spi » comme quelqu’un qui marche à nos côtés mais qui a un peu plus d’expérience et qui, connaissant mieux les aspérités du terrain, peut nous aider à découvrir notre propre chemin au quotidien parmi celles-ci. Loin d’une « confession sans absolution » donc, même si, bien sûr, il importe de se dire (et que le sacrement de réconciliation peut être vécu si l’accompagnateur est prêtre)
Le choix ? Difficile à dire… Le premier choix, comme je le disais plus haut, est celui de commencer cette démarche. Le second est celui de l’accompagnateur (qui peut être n’importe qui ayant une vie de foi « solide » ! Consacré ou pas !) et là le conseil donné par do est bon : prier pour trouver. Mais il est bon de réfléchir aussi avant de demander à cette personne à qui l’on pense… Me convient-elle vraiment ? Cela ne veut pas dire qu’on sera d’accord sur tout (je crois que c’est Ste Thérèse (d’Avila, que nous fêtons ce jour ?), qui disait qu’elle préférait quelqu’un de très éloigné d’elle dans sa manière de penser !) Chacun a sa manière de faire pour trouver, pour moi cela a été assez « clair ».
Bien sûr, comme le dit do, le critère principal est la liberté intérieure. Attention, toutefois, à ne pas tomber dans un caractère « girouette » quelques mois avec un, quelques mois avec un autre qui peut être tentant à notre époque de zapping et que l’on pourrait lire dans les propos de do: je suis intimement convaincue que l’accompagnement spirituel se bâtit dans la durée. On s’apercevra vite si le bout d’chemin ensemble n’est pas concluant et il faudra changer vite alors comme, au bout d’un certain temps, cela pourrait s’imposer ( ? je n’ai pas assez d’expérience en la matière) mais ce n’est vraiment pas l’essentiel. Dans tous les cas, ne pas se braquer dès le départ car, oui, il y a des chances que des passages soient un peu difficiles, fassent un peu mal surtout au début mais cela n’est certainement pas le moment de partir de suite !
Justement, marcher dans la durée permet de ne pas être trop chronophage : il ne s’agit pas de se voir tous les jours ! Mais à un rythme fixé posément par les deux, ensemble. Vous voyez, je crois que là réside un point important de l’accompagnement spirituel : mettre doucement au point, ensemble, les choses. L’on n’est plus dans du volontarisme que cela soit d’un côté comme de l’autre et cela permet à ce climat d’écoute et de confiance « collaborante » de se créer. Mais cela reste un engagement, fort, de part et d’autre, que l’acc. spi soit religieux et donc plus proche de cette tâche a priori, ou pas.
@ Incarnare: Je crois que j’en avais surtout besoin… mais c’est une grâce que l’accompagnement spirituel, ça oui, je valide
!
Sinon, tu sais, j’ai plein de bons copains jésuites (pas en accompagnateurs, hein) mais la « réputation », ça ne fait pas le bon accompagnateur ! Il faut que cela fonctionne entre les deux personnes et ça, c’est indépendant de la congrégation religieuse à 300 %. Enfin, si tu le désires profondément, tu trouveras bien une personne qui te convient sur ton chemin, j’en suis sûre.
@ David: je te le redis, mais j’aime vraiment bien ce que tu as écrit… merci !
Merci Zabou et les autres… C’est vrai que c’est une belle aventure et qu’elle vaut la peine d’être tentée.
Merci Zabou ! Et j’apprécie d’autant plus que j’ai vu l’heure de la réponse. Je dormais. Quelle abnégation dans cet engagement.
Merci de cet article très juste.
L’abbé G+ (accompagnateur accompagné, directeur dirigé…)
Intéressant ! J’avoue ne pas avoir tenté l’expérience, alors pourtant que je le souhaiterais vraiment. J’ai de nombreuses questions que j’aimerais aborder avec quelqu’un qui ait la sagesse, la profondeur et la connaissance théologique nécessaires. Mais j’ai toujours eu le sentiment que les prêtres étaient suffisamment occupés par ailleurs, qu’ils n’auraient pas le temps nécessaire. Je ne sais pas non plus comme trouver la personne. Mais bon, apparemment, la chose est possible.
Oui, la chose est effectivement possible. En ce qui me concerne, il a fallu un soir où ça craquait de tout côté pour que je range et ma fierté et ma peur de déranger pour appeler un prêtre. Il s’est libéré dès le lendemain. Ce qui m’a spécialement touché, c’est qu’il y a des points sur lesquels je lui ai explicitement demandé de me bousculer ; mais il les a abordés avec beaucoup de délicatesse, alors qu’il a d’emblée commencé à me bousculer sur d’autres sujets où j’aurais préféré dans un premier temps être laissé tranquille. Je suis convaincu que la démarche a été mille fois plus efficace. Et finalement, alors que j’avais de vraies attentes intellectuelles et spirituelles dans la démarche, je crois que ce qui me touche et m’aide le plus, ce sont ces petites questions a priori très anodines, du type : « Tu dors bien ? » Au début, ça surprend ; ensuite, on comprend et on apprend…
Zabou, je te l’ai dit par mail avant sa publication, mais je le répète ici : c’est vraiment un chouette billet !
j’en reviens de ce pas! non, vraiment, c’est plus qu’un coach; même si c’est un coach aussi. C’est une aide qui vient vraiment de Dieu, qui nous aide à toucher un peu de la frange de son manteau, à l’apercevoir dans nos frères; à reprendre pied, aussi, si on avait perdu confiance.
et désolée si j’ai donné l’impression qu’on pouvait zapper: je suis très loin de le penser, mais c’était plutôt pour dire qu’on doit rester très libre, même de changer, si on se sent « gêné aux commissures », comme dirait Mgr Barbarin sur un sujet proche. Mais oui, quand on peut durer, c’est vraiment mieux.
Et comme Edmond, je trouve que c’est un très beau billet. Merci Zabou.
@ Koz:
Je sais, ça parait pas, mais moi aussi, j’en ai un, lol…
Merci Zabou pour ce très beau billet.
@ Koz : n’hésitez à franchir le pas, comme Edmond. Ce type de demande nous sort de l’organisationnel qui nous occupe beaucoup, et nous force à être prêtre plus qu’à faire le prêtre, et donc nous grandit. Cela dit, comme le faisait remarquer David, il faut aussi rester pragmatique, parce que « Un directeur spirituel n’a pas de « trucs », et n’impose ni l’histoire, ni son histoire, il remet en perspective et avec le souci de faire grandir, chemine avec », et du coup, il est possible que ce ne soit pas la bonne 2e paire d’yeux.