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Main de Dieu, jugement de l’homme (et vice versa ?)

creation-homme-footballIl peut paraître saugrenu qu’un blogueur qui n’aime pas le foot au point de ne pas être capable de regarder plus de dix minutes d’un match, prenne la parole sur un sujet aussi loin de ses préoccupations quotidiennes… Et pourtant, cela fait plusieurs jours que je ne peux pas tourner le tuner de ma radio sans avoir la désagréable sensation d’être envahi par l’affaire de « la main de Thierry Henry »… Mais si je suis loin d’être un amoureux de ce sport, et encore moins un amateur, le prêtre que je suis n’a pu s’empêcher de réfléchir aux questions éthiques soulevées par ce curieux événement et qui, dans une analogie étonnante, lui rappellent peu ou prou les questions qui se posent plus ordinairement à lui.

Retour sur l’action

La scène dramatique prend place dans les prolongations du match France-Irlande mercredi 18 novembre 2009. En interceptant avec sa main le ballon qui partait droit hors du terrain, Thierry Henry permet une passe à Gallas qui égalise le score, qualifiant ainsi la France pour la coupe du monde 2010, au détriment de l’Irlande qui avait pourtant dominé tout le match. L’arbitre accorde le but. Il aurait pu s’agir d’une simple erreur d’arbitrage, seulement voilà : l’enjeu est trop grand et grâce à la technique vidéo la « faute » crève les yeux. D’ailleurs, Bixente Lizarazu, qui commente le match pour TF1, l’affirme haut et fort :

« C’est une main volontaire. (…) Il n’y a que l’arbitre qui ne l’a pas vue. Tous les joueurs l’ont vue sur le terrain. (…) Les joueurs irlandais peuvent être enragés, ils se font voler le match, il faut être honnête. »

Depuis, chacun y va de son avis. Thierry Henry (dans un sursaut de conscience), Christine Lagarde (est-ce à cause des énormes capitaux en jeu que le ministère des Finances s’occupe des matchs de foot ?), et le Premier ministre de l’Irlande (on frise l’incident diplomatique) demandent à rejouer le match. D’autres, plus anonymes, se rangent du côté de la FIFA : le match ne sera pas rejoué… Dans un débat plus large, d’aucuns reposent la question du recours à l’arbitrage vidéo…

Les règles, le jeu et l’arbitre : le trio infernal

Dans tout jeu – et le football en est un jusqu’à preuve du contraire – les règles permettent à l’action de se dérouler, de se vivre en contenant la violence due à nos pulsions primaires (Oui, nous voulons tous gagner et nous n’aimons pas perdre). L’arbitre, quant à lui, est le garant des règles, mais aussi celui de leur interprétation. Et toute la difficulté de son rôle vient de là. Il connaît les règles, il est capable de les énoncer (tout comme les joueurs, a priori) mais il est surtout celui qui les interprète dans un contexte donné. Cette position, pour le moins inconfortable quand vous êtes seul confronté à vingt-deux joueurs et à une foule indénombrable de spectateurs et de téléspectateurs, est accentuée dans le jeu sportif car l’arbitre est le seul à se mouvoir sur le même terrain que les joueurs. Il est plongé au cœur de l’action et ne peut s’en extraire. Et c’est précisément dans cette contextualité qu’il doit donner sa parole.

Or l’arbitre n’est qu’un homme. Il n’est ni omniscient, ni capable d’ubiquité1. Ainsi, s’en prendre à l’arbitre parce qu’il n’a pas « vu » ce qui s’est passé, ne revient-il pas à refuser notre condition humaine ? Bien sûr, on objectera qu’il peut toujours se renseigner, mais dans une telle situation conflictuelle et violente, il doit se sentir bien seul.

La labilité des consciences

Denis Muller2, théologien et passionné de foot, pointe dans ce cas précis la labilité3 des consciences… Dans le feu de l’action, comment les uns et les autres auraient-ils dû réagir ? Le footballeur n’aurait-il pas dû parler avec l’arbitre sur le coup pour lui demander de ne pas tenir compte du but ? L’arbitre aurait-il dû se trouver à un autre endroit ? Aurait-il dû prendre une autre décision ? Mais si toutes ces questions portent en elles un certain intérêt, elles sont malheureusement formulées au conditionnel : on ne refait pas l’histoire, et a priori, le match non plus. Nos consciences sont instables, nous en faisons tous l’expérience. Savoir réagir ou non ne se vérifie que dans l’expérience.

Mais on peut aussi aborder la question par un autre biais. Les « mains de Dieu », pour reprendre la malheureuse expression de Diego Maradona, sont assez courantes en football4. La difficulté morale est d’arriver à qualifier si le geste est involontaire ou volontaire, autrement dit, s’il s’agit d’un réflexe, d’une erreur ou d’une tricherie. Pour faire simple, on peut distinguer en morale chrétienne trois cas :

  1. Le joueur ne connaît pas les règles, il met la main : c’est une erreur ;
  2. Le joueur connaît les règles, il utilise sa main soit par réflexe, soit par inattention : c’est une faute ;
  3. Le joueur connaît les règles et met la main délibérément pour gagner le point : il a triché, nous pourrions dire qu’il a péché.

Comme l’arbitre, le joueur de foot est un homme lui aussi dont la conscience peut-être faillible elle-aussi. Quant à savoir le degré de culpabilité de Thierry Henry, il n’appartient qu’à lui de savoir en conscience quelle est la réalité morale de son geste. On le voit, ce n’est jamais simple de porter un regard sur une action où nous ne sommes pas partie prenante… Peut-être faut-il mieux attendre un peu avant de tirer sur le pianiste, surtout si on ne connaît pas le solfège (comme dirait Denis Müller).

Et l’assistance vidéo ?

Du coup, beaucoup plaident pour l’introduction d’un arbitrage vidéo comme cela est le cas, dans une certaine mesure au rugby. La question n’est pas simple et comporte de nombreuses questions éthiques5. D’abord par ce que le rapport au temps et à l’action n’est pas le même quand on évolue sur le terrain et lorsqu’on regarde l’écran de la télévision. Ensuite, parce qu’il est illusoire de croire que la vidéo résoudrait tous les problèmes : il y aura toujours un angle mort ou quelque chose qui obstruera la vision ; que fera-t-on alors ? L’hyper-technologisation de nos pratiques ne palliera jamais totalement les faiblesses de nos actes et de nos jugements ou alors il nous faudra renoncer à être des hommes. Quoi qu’il en soit, il faudra toujours garder le rôle humain de tous les intervenants, et leur permettre de prendre leurs responsabilités pendant le déroulement de l’action : c’est la condition sine qua non à la pratique d’une activité humaine, quelle qu’elle soit.

Et après ?

Au delà des aspects déjà soulevés, se pose bien évidemment la question de la confiance que nous pouvons porter à ceux qui sont nos partenaires. Le jeu n’est possible que s’il y a cette confiance qui régule l’action et qui nous permet de vivre bon gré mal gré les uns avec les autres. Le difficile art de l’arbitrage ne se soustrait pas à cette conviction. Il faut faire confiance à l’arbitre. Mais comme tout homme à qui un pouvoir est confié, il doit mériter cette confiance. Oser s’en remettre au jugement faillible et imparfait d’un homme fait parti du défi que nous relevons en voulant vivre ensemble : n’est-ce pas là le principe de toute démocratie. La vie, elle aussi, peut-être considérée comme un jeu, avec ses règles, ses joueurs, et ses fautes. Il y a un véritable enjeu éthique – y compris dans nos vies – auquel nous ne pouvons nous soustraire : celui de l’interprétation de nos actions et de nos rapports réciproques… Vous l’aurez compris, cet événement – que nous aurons bien vite oublié – est aussi l’occasion de nous resituer devant notre propre humanité et de vérifier si nous-mêmes somme bien des « joueurs » honnêtes et fair-play.



  1. Capacité d’être présent en plusieurs lieux à la fois… Si Padre Pio avait été arbitre de foot, il aurait eu une véritable carrière internationale ! []
  2. Théologien et moraliste protestant. Voir en particulier dans notre cas : Denis Müller, Le football, ses dieu et ses démons. Menaces et atouts d’un jeu déréglé, Labor et Fides, Genève, 2008. []
  3. En psychologie, la labilité est utilisée pour caractériser l’instabilité de certaines composantes de la personnalité, en particulier l’attention et l’affectivité. []
  4. Deux cas exemplaire : la « faute originelle » de Maradona lors du Match Angleterre-Argentine au Mondial en 1986, Vata en 1990 lors du match de coupe d’Europe Lisbonne-Marseille, etc. []
  5. Cf. Denis Müller, « Chap. 5 : L’arbitrage, figure de l’éthique, la main de Dieu et l’illusion de l’arbitrage vidéo », dans Le football, ses dieux et ses démons, p. 111-126. []




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15 Commentaires

  1. je t’aurais bien attendu aussi sur un peu de morale kantienne: « agis toujours de telle façon que la morale de ton action puisse être érigée en maxime universelle »… mais c’est mettre un enjeu un peu trop haut… Je retiens particulièrement la question de la labilité. Dans le feu de l’action, qui peut préjuger jusque des intentions.

  2. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ David: oui mais je trouve la morale kantienne trop exigeante. Elle pourrait se traduire aussi « tu dois donc tu peux ».. quel beau programme ! Mais ce ne sont que des esquisses de réflexion.

  3. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je suis intéressé par la distinction que vous posez entre erreur, faute et péché dans la Morale chrétienne… Est-ce que vous pourriez me donner quelques références précises, dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique peut-être ?

  4. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    en même temps, l’assemblée nationale discutait sur une légalisation de l’euthanasie, et la Russie supprimait la peine de mort. c’est drôle comme on peut dépenser la même énergie pour des choses d’importance aussi inégale.

  5. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ do: vous savez qu’on pense trop fort dans les sujets bruyants. J’aime bien pour ma part que Sylvain nous indique même dans les petits sujets anecdotiques quelque chose qui pourrait aller dans le sens de l’interpellation évangélique. Si on réussit dans les petites, les plus grandes seront peut être plus accessibles.

    @ C.S. Indhal: il est fort bien, ce CEC… mais je gage que Sylvain a su boire aussi à d’autres sources. pour le CEC, son plan est suffisamment clair pour que vous puissiez vous y retrouver. Bonne lecture!

    Sylvain Brison a écrit:

    @ David: oui mais je trouve la morale kantienne trop exigeante. Elle pourrait se traduire aussi « tu dois donc tu peux ».. quel beau programme ! Mais ce ne sont que des esquisses de réflexion.

    je le confesse! néanmoins, l’argument de l’exemplarité pourrait peut être prendre part dans cette idée du sport spectacle. A ce niveau de jeu, l’édificiation des plus petits aurait pu être un souci plus noble que les centaines de milliers d’euros promis aux joueurs et entraineur qualifiés. (mais peut être ne pouvaient ils pas s’en passer, le coût de la vie, mon bon monsieur) ;)

  6. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ C.S. Indhal: Effectivement, comme le souligne David, je n’ai pas consulté le CEC mais son organisation est suffisamment logique pour vous permettre de vous y retrouver. Pour répondre plus précisément à votre question, je ne sais pas où exactement vous trouverez cette distinctions… Elle me paraît tellement naturelle, et je l’emploi depuis tant d’année qu’elle participe à la fois de mes cours, de mes lectures et de ma réflexion personnelle. Toutefois, vous trouverez certainement des éléments de réflexions dans: Bernhard Häring, La théololie morale. Idées maîtresses, Cerf, Paris, 1992 et dans Servais-Théodore Pinckaers, La vie selon l’Esprit, coll. « Amateca », Cerf – Saint-Paul, Paris – Luxembourg, 1997.

  7. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Il suffit!

    Thierry fait une main et la presse ainsi que les médias font le reste. A savoir juger et condamner. Sus à ce manant ce gueux, ce vilain !!!! Et pourtant, ce joueur est l’un des plus droits, l’un des plus intègres. Il l’a prouvé maintes et maintes fois depuis qu’il joue en Equipe de France. Alors on est ou là ? En plein dans le « plaidé coupable » ou quelque autre absurdité… Si seulement c’était la première fois qu’une erreur d’arbitrage faisait basculer un match, un classement … Le plus extraordinaire que j’ai entendu c’est la référence à la fameuse main de Maradona dans une grande finale… je sais plus laquelle mais peux importe. Que Maradona ait fait une main c’était NORMAL vu qu’il avait un mode de vie SULFUREUX !!!

    Fermez le ban

  8. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Une très bonne analyse d’un évènement qui ne m’intéresse pas non plus de prime abord. Il est tout de même impressionnant de constater à quel point la culture (l’a-culture?) football influence le sens morale de notre jeunesse. Le coup de tête de Zidane, en son temps, avait déjà considérablement heurter les consciences. en cette occasion comme aujourd’hui, il est consternant de voir à quel point les messages officielles ressemblent à des justifications de cours de récré. A l’époque, si je résume l’opinion public française massivement prozizou nous avions « oui c’est mal mais l’autre avait traité sa mère ». comme justification de la violence comme réponses au problèmes, ça se posait un peu là. aujourd’hui on a « c’est mal mais bon, pas vu pas pris ». je ne connais rien en foot mais je me rappelle qu’on a évoquer devant moi d’un arbitrage malheureux dans un France-Allemagne qui doit dater de 1986. Quand vient le moment d’évoquer cette trahison arbitrale, nous, français, avons beau jeu de regretter le manque de fair-play des équipes adverses. C’est pourquoi je nous trouve dans une position éthique discutable. Où sont elles donc dans tout ce fatras ces valeurs du sport dont on nous rebats les oreilles à longueur d’année? Je comprends l’importance des enjeux économiques, même si je du mal à les accepter; mais alors, le terme de valeurs du sport ne prend-il pas alors un sens dramatiquement ironique?

  9. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je me hasarderais bien à une autre interprétation, plus perverse peut-être mais bon…

    Il s’agit de peser cyniquement le pour et le contre, en considérant qu’il n’y a pas de bon et de mauvais choix, mais simplement des arguments d’utilité immédiate commandés par la règle du jeu : avec une main, on a le but. Ou bien l’arbitre ne voit rien, et c’est tout bon. Ou bien l’arbitre siffle, mais de toute façon la sanction infligée va être sans proportion avec le résultat positif obtenu par le but, même si le but est annulé : car dans ce dernier cas, c’est comme si on n’avait rien fait, et de toute façon le match arrive à sa fin. Donc, mieux vaut tenter le coup.

    Il reste, tout de même, la honte infligée (et pas forcément ressentie) par le tricheur, qu’il tente habilement d’effacer en proposant de rejouer le match alors qu’il sait très bien que ce n’est pas possible. Cette honte montre quand même que, pour l’opinion qui juge, la main de Thierry Henry est considérée comme un acte absolument mauvais (au Vatican, on dirait : « intrinsèquement mauvais »).

    Je pose donc une question à Sylvain : d’après toi, y a-t-il des actes intrinsèquement mauvais ?

  10. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Emmanuel Pic: C’est une casuistique bien singulière que tu nous présente-là Emmanuel ! Quelques remarques avant de répondre à la question que tu me poses. Le point de vu du raisonnement utilitariste, why not ? Mais bon je ne sais pas si l’intentionnalité de T.H. peut se déduire de la situation… après-tout, aux vues de sa réputation et de son comportement habituel on peut lui faire crédit d’une bonne intention… enfin il me semble. Même si c’est un raisonnement possible, mon article avait surtout pour but de porter un regard sur la portée morale des actes et de s’interroger sur la manière dont nous pouvons nous comporter… Ce serait malheureux, et surtout pas chrétien, de raisonner ainsi… Dieu nous en garde ;)

    Sinon pour répondre à la question:

    Emmanuel Pic a écrit:

    Je pose donc une question à Sylvain : d’après toi, y a-t-il des actes intrinsèquement mauvais ?

    Je pense qu’il y a des actes intrinsèquement mauvais: le meurtre par exemple… mais de là à l’appliquer à la circonstance présente, il y a un pas que je me refuse à faire… après tout la matière n’est pas si grave non plus… Bon ok, je botte en touche mais est-ce si important que ça ?

  11. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Père Pic :

    Si Thierry Henry a triché (« si »… parce que je n’en ai aucune idée), c’est effectivement un raisonnement qu’il a pu tenir… ou qu’il a pu adopter sans même sans rendre compte, comme c’est souvent le cas « dans la vie ».

  12. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Sylvain Brison: Casuistique ? euh… Non, je pensais plutôt à des trucs du genre de ce qui se passe sur les marchés boursiers par exemple : on perd de vue la visée de la règle, pour ne s’intéresser qu’à évaluer ce qu’on peut perdre ou gagner. Comme la règle encourage plutôt à prendre des risques, prenons-les, de toute façon le risque que fait peser l’éventuelle sanction n’est rien par rapport aux chances qu’on a de gagner beaucoup beaucoup d’argent. Ce qui m’a fait penser à ça, c’est l’histoire du convoyeur de fonds qui avait volé quelques millions d’euros : j’avais lu un article qui disait qu’il avait intérêt à se constituer prisonnier, car alors il écoperait peut-être de trois ans de prison, ce qui veut dire 18 mois, après lesquels il pourrait jouir paisiblement de la petite partie du butin qu’il aura réussi à mettre à l’abri. Je pense que ce genre de raisonnement n’est jamais étranger à un sportif habitué aux compétitions où la victoire se joue parfois à très peu de chose. Mais c’est vrai qu’il faut aussi présumer de la bonne foi de celui qui joue.

  13. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Emmanuel Pic: En effet on marche parfois sur la tête

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