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Tu es l’enfant bien aimé de Dieu

Il est tard. Avant de m’endormir, je me surprends à chuchoter dans une dernière prière leurs prénoms, Ils sont nés il y a deux mois ou un an. Leurs parents ont choisi de les présenter à l’Eglise en demandant le baptême. La rencontre de ce soir fut encore belle et surprenante.

Belle parce que la démarche qu’ils posent, comme parents, aujourd’hui est moins facile qu’avant. Parce que le chemin qu’ils souhaitent pour leur enfant est promesse de vie. Parce que l’engagement pris est fort. Parce que le lien que Dieu va créer avec l’enfant est unique, privilégié, lui rappelant sans cesse la Parole d’un Père à son fils1 : “C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour.”

Surprenante parce que leur demande de baptême ne rentre pas dans le schéma qu’on voudrait, qu’on aimerait.

Dérangeante aussi, parce qu’ils se plaisent à nous redire que leur enfant, plus tard, “choisira” et qu’ils mettent parfois un brin de superstition dans la démarche, parce qu’”on se sait jamais s’il lui arrive quelque chose.”

La plupart vient, avec ce qu’il leur reste de leur foi d’enfant, des bribes de souvenirs de messes longues, ternes, d’une Eglise vieille. On ne les voit plus le dimanche, à peine pour la veillée de Noël.

Nous vivons ces rencontres, en couple, comme un service d’Eglise. On n’a rien à vendre, juste à accueillir et autant que possible être témoin, discrètement, mais présent. Au moment du bilan de la rencontre, il n’est pas rare que l’un des deux baisse les bras, découragé du peu d’enthousiasme de leurs regards sur l’Eglise. Pourtant, on repart, remettant notre confiance dans ce qui a été semé.

Hier encore, les mêmes lancinantes réflexions sur le dogme, les mots du Pape, voire même les guerres de religion. Hier encore, les mêmes questions :

Comment dire l’Eglise quand l’image est si floue, si destructrice ? Comment parler d’un Dieu si proche quand ils ne connaissent qu’un Dieu qui punit, qui refuse, qui choisit ?

Comment accueillir les demandes de baptêmes avec humilité et patience, espérant plus que jamais dans la force de l’Esprit ?

Il est tard. Avant de m’endormir, je me surprends à prier pour L’Eglise qui continue de grandir, d’accueillir. Ces enfants. Ses enfants.

Il est tard. Avant de m’endormir, je me surprends à chuchoter dans une dernière prière leurs prénoms, Ils sont nés il y a deux mois ou un an. Leurs parents ont choisi de les présenter à l’Eglise en demandant le baptême. La rencontre de ce soir fut encore belle et surprenante. Belle parce que la démarche qu’ils posent, comme parents, aujourd’hui est moins facile qu’avant. Parce que le chemin qu’ils souhaitent pour leur enfant est promesse de vie. Parce que l’engagement pris est fort. Parce que le lien que Dieu va créer avec l’enfant est unique, privilégié, lui rappelant sans cesse la Parole d’un Père à son fils (Marc 1, 7-11) : “C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour.” Surprenante parce que leur demande de baptême ne rentre pas dans le schéma qu’on voudrait, qu’on aimerait. Dérangeante aussi, parce qu’ils se plaisent à nous redire que leur enfant, plus tard, “choisira” et qu’ils mettent parfois un brin de superstition dans la démarche, parce qu’”on se sait jamais s’il lui arrive quelque chose.” La plupart vient, avec ce qu’il leur reste de leur foi d’enfant, des bribes de souvenirs de messes longues, ternes, d’une Eglise vieille. On ne les voit plus le dimanche, à peine pour la veillée de Noël. Nous vivons ces rencontres, en couple, comme un service d’Eglise. On n’a rien à vendre, juste à accueillir et autant que possible être témoin, discrètement, mais présent. Au moment du bilan de la rencontre, il n’est pas rare que l’un des deux baisse les bras, découragé du peu d’enthousiasme de leurs regards sur l’Eglise. Pourtant, on repart, remettant notre confiance dans ce qui a été semé. Hier encore, les mêmes lancinantes réflexions sur le dogme, les mots du Pape, voire même les guerres de religion. Hier encore, les mêmes questions : Comment dire l’Eglise quand l’image est si floue, si destructrice ? Comment parler d’un Dieu si proche quand ils ne connaissent qu’un Dieu qui punit, qui refuse, qui choisit ? Comment accueillir les demandes de baptêmes avec humilité et patience, espérant plus que jamais dans la force de l’Esprit ? Il est tard. Avant de m’endormir, je me surprends à prier pour L’Eglise qui continue de grandir, d’accueillir. Ces enfants. Ses enfants.


  1. Marc 1, 7-11 []




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60 Commentaires

  1. J’ai longtemps été agacé par les réponses trop automatiques des parents, lors de la présentation de leur enfant à la communauté chrétienne avant un baptême. Visiblement, leurs mots étaient récités à partir d’un livre de préparation, sans grande conviction, sans la moindre recherche d’une petite originalité, d’une idée personnelle… Mais que dire ? Le manque de conviction affiché (car que sait-on de leur for intérieur, d’ailleurs ?) des parents doit-il nous empêcher de nous réjouir pour ces enfants accueillis dans la grâce du baptême ? Qu’importe ce qu’ils en feront, c’est déjà un cadeau qu’ils ont reçu. Un cadeau qu’ils ne perdront pas. Même s’ils venaient à l’oublier…

  2. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est mystérieux, en effet! Et que penser de tous ces gens qui n’ont jamais seulement entendu parler de Jésus, ou pire, qui en entendent parler comme d’un imposteur, à qui on fait croire que l’Eglise est un danger! athées, hindouistes, musulmans, communistes, la liste est longue.

    Alors qu’il pourrait venir dans toute sa Gloire avec tous les anges et les saints… Heureusement qu’il est Dieu, sinon, on serait inquiets. En même temps, on a bien à tenir cette sorte de tension, d’inquiétude confiante, de tourment serein, qui est un peu le fond de notre prière. On ne peut que rester humbles, face à ce mystère abyssal dont nous mêmes n’avons entrevu que des balbutiements. (enfin, je sais pas vous..)

    En même temps, je vois qu’autour de moi, les principaux vecteurs de conversion sont la prière, l’offrande de petits (ou pas) sacrifices, et le témoignage amical, avec des personnes qui sont mises sur notre chemin pour quelques mois, puis enlevées ensuite… Ou alors, dans les milieux consentants, des mouvements, des groupes, qui allient la prière, les enseignements sur ce que dit [réellement] l’Eglise [ce qui empêche que des mensonges ne viennent détruire tout l'édifice à l'adolescence], et une vie fraternelle. Le chant, aussi. On peut commencer très tôt. Le Prêtre qui était aumônier dans mon école-collège-lycée dit-catholique, et qui, lui, avait un réel souci de nos âmes, mais aussi une réelle inadéquation avec ce monde qui changeait, est mort ces jours-ci. Je repense à lui en me disant: qu’aurait-il pu faire? de quoi aurions-nous eu besoin? Je crois que les enfants et les jeunes ont besoin d’une relation personnelle (et à peu près mensuelle) avec un accompagnateur spirituel, prêtre ou pas, jeune ou pas, qu’ils choisissent eux-mêmes, en qui ils ont confiance, et qui pourra répondre à leurs questions ou les susciter, travailler à partir de ce qu’ils sont, pas seulement avec des généralités. Soyons cela pour les personnes, jeunes ou adultes que nous rencontrons. On ne devrait abandonner une personne que dans les mains de quelqu’un d’autre. Le monde des coeurs est irrigué par des personnes, pas par des idées ou des projets. les projets servent à permettre la rencontre, avant tout.

    « Tu es mon fils bien aimé » : ça me fait trop penser à ce chant (extrait qq secondes : http://www.exultet.net/eshop/media/music_samples/M000480-01s.mp3 ) ( référence http://www.exultet-solutions.com/eshop/pages-product_music_info/partner_id-5/category-162_167/product-3753/librairie-emmanuel-chants-de-lemmanuel-a-la-gloire-du-pere.html : j’ai pas d’actions chez eux, mais j’aime beaucoup de CD; puisqu’il y en a qui font de la pub pour des films ou des BD, je me permets de mettre ce lien ;) )

  3. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est mystérieux, en effet! Et que penser de tous ces gens qui n’ont jamais seulement entendu parler de Jésus, ou pire, qui en entendent parler comme d’un imposteur, à qui on fait croire que l’Eglise est un danger! athées, hindouistes, musulmans, communistes, la liste est longue.

    Alors qu’il pourrait venir dans toute sa Gloire avec tous les anges et les saints… Heureusement qu’il est Dieu, sinon, on serait inquiets. En même temps, on a bien à tenir cette sorte de tension, d’inquiétude confiante, de tourment serein, qui est un peu le fond de notre prière. On ne peut que rester humbles, face à ce mystère abyssal dont nous mêmes n’avons entrevu que des balbutiements. (enfin, je sais pas vous..)

    En même temps, je vois qu’autour de moi, les principaux vecteurs de conversion sont la prière, l’offrande de petits (ou pas) sacrifices, et le témoignage amical, avec des personnes qui sont mises sur notre chemin pour quelques mois, puis enlevées ensuite… Ou alors, dans les milieux consentants, des mouvements, des groupes, qui allient la prière, les enseignements sur ce que dit [réellement] l’Eglise [ce qui empêche que des mensonges ne viennent détruire tout l'édifice à l'adolescence], et une vie fraternelle. Le chant, aussi. On peut commencer très tôt. Le Prêtre qui était aumônier dans mon école-collège-lycée dit-catholique, et qui, lui, avait un réel souci de nos âmes, mais aussi une réelle inadéquation avec ce monde qui changeait, est mort ces jours-ci. Je repense à lui en me disant: qu’aurait-il pu faire? de quoi aurions-nous eu besoin? Je crois que les enfants et les jeunes ont besoin d’une relation personnelle (et à peu près mensuelle) avec un accompagnateur spirituel, prêtre ou pas, jeune ou pas, qu’ils choisissent eux-mêmes, en qui ils ont confiance, et qui pourra répondre à leurs questions ou les susciter, travailler à partir de ce qu’ils sont, pas seulement avec des généralités. Soyons cela pour les personnes, jeunes ou adultes que nous rencontrons. On ne devrait abandonner une personne que dans les mains de quelqu’un d’autre. Le monde des coeurs est irrigué par des personnes, pas par des idées ou des projets. les projets servent à permettre la rencontre, avant tout.

    « Tu es mon fils bien aimé » : ça me fait trop penser à ce chant (extrait qq secondes : http://www.exultet.net/eshop/media/music_samples/M000480-01s.mp3 ) ( album a-la-gloire-du-pere : j’ai pas d’actions chez eux, mais j’aime beaucoup de CD; puisqu’il y en a qui font de la pub pour des films ou des BD, je me permets de mettre ce lien ;) )

  4. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est mystérieux, en effet! Et que penser de tous ces gens qui n’ont jamais seulement entendu parler de Jésus, ou pire, qui en entendent parler comme d’un imposteur, à qui on fait croire que l’Eglise est un danger! athées, hindouistes, musulmans, communistes, la liste est longue.

    Alors qu’il pourrait venir dans toute sa Gloire avec tous les anges et les saints… Heureusement qu’il est Dieu, sinon, on serait inquiets. En même temps, on a bien à tenir cette sorte de tension, d’inquiétude confiante, de tourment serein, qui est un peu le fond de notre prière. On ne peut que rester humbles, face à ce mystère abyssal dont nous mêmes n’avons entrevu que des balbutiements. (enfin, je sais pas vous..)

    En même temps, je vois qu’autour de moi, les principaux vecteurs de conversion sont la prière, l’offrande de petits (ou pas) sacrifices, et le témoignage amical, avec des personnes qui sont mises sur notre chemin pour quelques mois, puis enlevées ensuite… Ou alors, dans les milieux consentants, des mouvements, des groupes, qui allient la prière, les enseignements sur ce que dit [réellement] l’Eglise [ce qui empêche que des mensonges ne viennent détruire tout l'édifice à l'adolescence], et une vie fraternelle. Le chant, aussi. On peut commencer très tôt. Le Prêtre qui était aumônier dans mon école-collège-lycée dit-catholique, et qui, lui, avait un réel souci de nos âmes, mais aussi une réelle inadéquation avec ce monde qui changeait, est mort ces jours-ci. Je repense à lui en me disant: qu’aurait-il pu faire? de quoi aurions-nous eu besoin? Je crois que les enfants et les jeunes ont besoin d’une relation personnelle (et à peu près mensuelle) avec un accompagnateur spirituel, prêtre ou pas, jeune ou pas, qu’ils choisissent eux-mêmes, en qui ils ont confiance, et qui pourra répondre à leurs questions ou les susciter, travailler à partir de ce qu’ils sont, pas seulement avec des généralités. Soyons cela pour les personnes, jeunes ou adultes que nous rencontrons. On ne devrait abandonner une personne que dans les mains de quelqu’un d’autre. Le monde des coeurs est irrigué par des personnes, pas par des idées ou des projets. les projets servent à permettre la rencontre, avant tout.

  5. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    La préparation au baptême a souvent été un moment étrange (un peu comme la préparation au mariage en son temps). L’impression parfois d’être pris pour un abruti ; impression qui suscitait un sursaut d’orgueil (merci je connais, je suis catholique moi…). Rien de bien satisfaisant… Pourtant, c’est vital et maintenant que nous préparons un nouveau baptême, nous avons la joie mais aussi la crainte de redécouvrir ce que signifie ce sacrement. Pour la première fois, nous allons en outre faire baptiser notre enfant avec un autre qui n’est pas de notre famille. Une famille qui connaît l’épreuve (et peut avoir besoin de nos prières) mais assez mal l’Eglise qui peut l’aider à la surmonter (mais dont les membres, nous compris, pourraient aussi bien les blesser profondément). C’est la première fois que je ressens la responsabilité qui accompagne la demande de baptême mais finalement moins pour notre enfant (évidemment c’est notre joie de le faire entrer dans la grande famille des enfants du Dieu d’Amour – j’espère que cela ne fait pas trop livret de préparation) que pour son petit camarade…

  6. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Cela me rappelle un article de Sandro Magister sur cette question des parents éloignés de la pratique religieuse qui demanderait le baptême pour leurs enfants. Selon lui, le Cardinal Bergoglio (Argentine) et en son temps le Cardinal Ratzinger seraient pour l’acceptation du baptême dans ces cas. L’article en question: http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1341210?fr=y

  7. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci Cajetan pour ce très bel article où l’on découvre une fois de plus un Benoît XVI auquel on ne s’attend pas.

  8. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci pour ce beau billet qui me rejoint directement! Oui, nous sommes parfois dérangés par les raisons qui ont poussé ces familles à demander le baptême pour leur enfant. Ces réunions de préparation sont faites pour ouvrir d’autres pistes, mais comme nous nous plaisons à le leur dire et redire à chaque fois, quelle que soit la raison qui les a motivés à faire cette démarche, même si elle n’est pas théologique, c’est une bonne raison puisqu’elle les a amenés à demander le baptême. Après, il ne reste plus qu’à se réjouir pour la grâce que ces enfants ont reçue et à prier pour que les idées échangées, parfois même les mises au point faites, fassent leur chemin, un jour. L’Esprit Saint ne manque pas de travail… en chacun, en moi aussi (et surtout?)…

  9. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je n’avais pas encore remarqué l’avertissement mis en dessous du cadre réservé aux commentaires. Excellent! (je retiens un mot en langage sms)… Les smileys sont-ils de nature à être balayés pour veiller à la propreté de la sacristie?

  10. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Et en sens inverse ? Comment, étant parent, ne pas être blessé quand on demande le baptême pour son enfant, et qu’on essuie des refus de l’Eglise (représentée par l’évêque) ? Comment croire encore au Dieu si proche, celui qu’on ressent – celui qui nous prend aux tripes quand notre enfant nous sourit, fière de ses mains ouvertes « comme les grands » pendant le Notre Père qu’elle ne sait pas encore réciter – quand l’Eglise n’apparaît que blessante ? Comment croire encore à une forme d’oecuménisme, quand l’Eglise nie la forme de vie que nous avons choisie pour notre famille ?

    Nous sommes une famille mixte, catholique et protestante. Le baptême est le seul sacrement sur lequel les clergés se sont accordés : « je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés », dit le symbole de Nicée-Constantinople. Et pourtant… Nous ne pensions pas demander l’impossible : un baptême pendant la messe, un accueil eucharistique pour moi et ma famille, qui si elle est protestante, est fort au courant de la sensibilité des catholiques sur ce sacrement. Quand Vatican II était « à la mode », ce genre d’accueil s’est pratiqué (ce fut le cas pour mon propre baptême) ; manifestement ce n’est plus au goût du jour… L’Eglise catholique a-t-elle si peur de ses frères qu’elle refuse de les accueillir ?

    Loin de moi l’idée de lancer une polémique. Je voulais juste dire ici mon incompréhension, et témoigner de la blessure que l’Eglise peut causer, par ce cheminement toujours très particulier qu’est la préparation au baptême. Il n’y a pas que les équipes de préparation qui « en prennent plein la tête ». Parfois, les parents aussi ont des déconvenues. Même lorsqu’on est « dans » l’Eglise, et que l’image qu’on peut en avoir est (j’espère) un peu moins faussée que celle floue et destructrice dont parle Anne Claire…

  11. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Le baptême pendant la messe est assez souvent refusé même aux catholiques: mon fils a été baptisé un samedi après midi, au milieu d’une dizaine d’autres enfants que nous ne connaissions pas… question aussi de moyens. et mon filleul a été « refusé » pour sa première communion parce qu’il ne venait à la messe qu’une fois par mois, …quand la messe avait lieu dans son village, puisqu’il ne peut pas se déplacer seul, et que sa mère (non croyante) travaille les dimanches et que son père (indifférent) dort le dimanche matin (c’est lui qui avait réclamé d’aller au KT!). J’avais eu l’idée, quelques mois avant d’apprendre ce refus, de faire les 300 km aller-retour chaque dimanche pour l’amener à la messe cette année là: j’ai trouvé que c’était démesuré, mais finalement, c’était peut-être bien une inspiration de l’Esprit Saint… Et il a des copains qui ont fait leur communion sans presque jamais être allés à la messe: prêtres différents. Il a tout laissé tomber, et ses parents n’ont même pas fait baptiser sa soeur. alors oui, l’Eglise peut être blessante. alors je compte sur le Seigneur pour tout réparer au centuple. je n’espère qu’en lui, parce qu’on a tellement de limites -moi la première- qu’on ne pourrait que désespérer si on comptait sur les hommes. Oui, l’Eglise doit être aussi accueillante que possible. exigeante, mais accueillante. mais exigeante. (moi, j’ai tout eu, avec aucune exigence, et à la sortie, c’est pas bien mieux…). c’est difficile. Les parents restent les premiers éducateurs, et leur désir est ce que Dieu regarde: il pallie au reste, j’en suis convaincue.

  12. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Nous aussi, posons des actes dont nous ne tenons pas véritablement les tenants et les aboutissants : nous avons senti que…La plénitude de la raison ne nous appartient pas, elle est à Dieu.

  13. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Le Sacrement agit par lui même (ex opere operato Concile de Trente et Catéchisme de l’Eglise Catholique) cela vaut sans restriction pour les baptême des petits enfants, dès que le sacrement est administré à des personnes raisonnables (à partir de 7 ans traditionnellement), les mêmes textes précisent, toutefois, que les effets de grâce sont liés à l’adhésion de foi et aux dispositions de coeur de ceux qui le reçoivent. C’est pourquoi, il est compréhensible que, dans le cas, d’une première communion, l’Eglise exige un minimum d’adhésion et de pratique. Une dernière remarque : « La plupart vient, avec ce qu’il leur reste de leur foi d’enfant, des bribes de souvenirs de messes longues, ternes, d’une Eglise vieille. » dites-vous. Les parents de jeunes enfants doivent avoir, aujourd’hui entre 20 et 40 ans, c’est dire qu’ils sont nés bien après la réforme de la liturgie … mais ce n’est pas moi qui le dit.

  14. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je partage tout à fait votre indignation, Tigreek, et votre réponse, Do. Je ne sais quelles justifications l’évêque concerné peut invoquer pour légitimer son refus d’accorder à votre enfant le sacrement du baptême, mais pour ma part je trouve dommage, triste et quelque peu scandaleux qu’on puisse refuser ainsi une demande qui, essentiellement, est une oeuvre pour l’unité des Croyants. L’Eglise a beau être soutenue par l’Esprit, elle n’en reste pas moins une institution humaine, avec toutes les limites et les faiblesses qui vont avec…

    Ce n’est pas une raison pour ne plus croire en Dieu… Tout au plus, ne plus croire en l’Eglise catholique, en tant qu’institution, d’accord… Mais Dieu, Lui, ne s’en tient pas à ça !

    Osons une espérance (et une prière) : que l’Eglise catholique en France (et ailleurs) sache se faire attentive aux propos du Pape (cf. article ‘pointé’ par Cajetan au N°4), et surtout qu’elle approfondisse encore son ouverture à ceux qui vivent différemment leur Foi dans le Christ ! Comme on dit parfois, au détour de vieux cantiques pas forcément bien compris : « Laisserons nous à notre table un peu de place à l’étranger… »

  15. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bonjour Tigreek,

    Pour bien comprendre votre témoignage, pouvez-vous nous préciser si l’évêque a refusé que votre enfant soit baptisé ou s’il a refusé que le baptème ait lieu au cours de la messe ?

    S’il s’agit du second point, Do a raison de rappeler qu’aujourd’hui la majorité des baptèmes ont lieu en dehors des célébrations eucharistiques. Pour ce qui est de l’hospitalité eucharistique, c’est un sujet assez sensible et complexe. Vous en savez sans doute plus que moi puisque cela vous concerne de près. J’ai pour ma part trouvé cette présentation du Comité diocésain pour l’œcuménisme de Lyon : http://cdo-lyon.cef.fr/spip.php?article20

    Qu’en pensez-vous ?

  16. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Louve, la question que vous posez à Tigreek est pertinente, car pour ma part j’avais cru comprendre que ce n’est pas tant le baptême qui était refusé par l’Evêque que « l’accueil eucharistique » pendant la ceremonie du baptême. je trouve votre lien sur la problématique de l’intercommunion très instructive. Il faut cependant ajouter qu’il ne fait que developper un paragraphe du Decret de Vatican II sur l’oecumenisme (Unitatis Redintegratio), lequel paragraphe avait pendant été longtemps été ignoré. Il s’agit du dernier paragraphe du point 8 intitulé « Prière en commun  » qui dit ceci:  » [Cependant] il n’est pas permis de considérer la « communicatio in sacris » comme un moyen à employer sans réserve pour rétablir l’unité des Chrétiens. Une telle « communion » dépend surtout de deux principes : unité de l’Église qu’elle doit exprimer, participation aux moyens de grâce. L’expression de l’unité empêche la plupart du temps cette « communion ». La grâce à procurer la recommande quelquefois. Sur la façon pratique d’agir, eu égard aux circonstances de temps, de lieux et de personnes, c’est l’autorité épiscopale locale qui doit prudemment donner des instructions, à moins qu’il n’y ait eu d’autres dispositions de la Conférence épiscopale, selon ses propres statuts, ou du Saint-Siège ».

  17. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Mille excuses pour ma réponse tardive…

    @ Louve : Oui, ma fille est baptisée. Vivant en foyer mixte, nous, parents, souhaitions « simplement » (mais la préparation que nous avons menée était loin d’être simple) faire une cérémonie oecuménique, dans la logique de ce que nous vivons au jour le jour. Les confessions catholiques et protestantes, avec toutes les richesses, les contradictions, les débats, l’amour qu’elles entraînent, se mêlent au coeur de nos vies. Comment imaginer que nos Eglises, confessant le même baptême, la même foi, n’adhèrent pas à notre mode de vie ?

    C’est pour cela que nous aurions souhaité deux choses (qui n’ont pu être satisfaites) : que le baptême soit célébré au cours d’une messe, car dans la tradition protestante c’est un non-sens qu’un baptême soit célébré hors du rassemblement de la communauté ; et que les protestants de ma famille puissent s’unir à l’Eucharistie. D’après le lien que vous citez sur l’hospitalité eucharistique (et je vous en remercie chaudement), nous nous trouvions précisément dans le cas abordé dans la seconde partie de l’article, au point 2.

    Pour le reste, nous nous sommes conformés à la célébration « traditionnelle » du baptême dans l’Eglise catholique ; à ceci près que ma fille a reçu l’eau du baptême, non de la seule main du prêtre, mais également de celle d’un membre du conseil presbytéral de l’Eglise réformée.

    @ Cajetan : je sais bien que l’Eglise catholique marche sur des oeufs et s’en remet à l’appréciation épiscopale locale sur cette question d’accueil eucharistique. Mais, si des familles comme la mienne ne cherchent pas à montrer qu’une unité entre chrétiens est possible, comment cette unité pourrait-elle progresser ? Nous avons bien conscience d’être du « poil à gratter », d’appuyer là où ça fait mal, parfois. Ne cherchez pas pure mesquinerie ou caprice de notre part lorsque nous exprimons nos désirs de communion, il s’agit aussi pour nous d’un besoin et d’une souffrance bien réels.

  18. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Tigreek Merci pour ces précisions ! Je comprends mieux la situation où se sont mêlés de nombreuses choses… Je pense en effet que le cas de votre famille pouvait correspondre à la seconde partie de l’article que j’ai cité, même s’il doit être bien compliqué pour un évêque de discerner chez des personnes protestantes qu’il ne connaît pas du tout le désir d’écclésiologie et la croyance en la présence réelle. C’est d’ailleurs à mon avis (enfin, c’est une simple hypothèse) la raison pour laquelle votre évêque a préféré simplifier les choses puisque, de toute façon, un enfant catho lambda est souvent baptisé hors de la célébration eucharistique.

    Vous dites : « dans la tradition protestante c’est un non-sens qu’un baptême soit célébré hors du rassemblement de la communauté » J’entends bien votre remarque. Lorsque nous avons baptisé notre fille, nous avions le même sentiment. C’est pourquoi nous avons demandé à ce que le baptème se fasse juste après la messe (comme c’est souvent le cas) et nous avons donc pu inviter tous ceux qui le souhaitaient (juste après la cérémonie de l’accueil par la communauté, en fin de messe) à se joindre à nous pour la suite. On a été surpris car il y avait pas mal de monde !

    En même temps, je comprends qu’il est difficile d’imposer à la communauté un baptème tous les dimanches (enfin, je suis ptêtre un peu optimiste là ;) ) ou presque…

  19. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est avec beaucoup de tristesse, que, comme prêtre catholique, je me rends compte des difficultés liées à des demandes de baptême et de première communion. S’il est vrai que l’on cherche toujours davantage à ce que ces sacrements soient vécus dans la foi, il ne nous faut jamais oublier que la grâce de Dieu ne nous appartient pas ! Pour ceux qui ont essuyé des refus, je voudrais vous dire que Dieu ne se laisse heureusement pas enfermer dans nos rites, même les plus sacrés ! Soyez convaincus que Dieu aime vos enfants, qu’il vous aime !

    Pour ma part, je considère que ces difficultés sont essentiellement dues à une manière trop « individualiste » de vivre les sacrements. Ne parlait-on pas, il y a encore quelques années de « communion privée » pour parler de la première communion ? Dans mes paroisses, je milite pour que chaque célébration soit vécu comme un cadeau que Dieu nous fait, à tous (pas seulement au récipiendaire ni à sa seule famille), mais à toute l’Église ! Il faut donc nous mobiliser pour que la communauté soit plus visible, plus vivante, plus engagée, plus joyeuse !

    Certes, nous ne pouvons jamais « refuser » un sacrement, mais nous pouvons le « différer »… La différence est subtile, je le concède, mais le droit de l’Église précise, en ce qui concerne le baptême, par exemple, que s’il n’y a pas d’espoir fondé d’éducation chrétienne, il y a lieu de différer le baptême ! Pour la première communion, je crois en effet que seule une participation régulière à la messe peut permettre de comprendre le sens profond de l’Eucharistie… Mais, je suis souvent choqué de constater que lorsqu’il n’y a pas la messe tous les dimanches dans certaines paroisses, les catholiques ne se donnent pas les moyens de solidarité nécessaires pour voiturer les plus jeunes… et les plus vieux !

    Bon courage à vous, et dites-vous bien que l’Église, ce n’est pas seulement cette administration qui refuse, c’est avant tout le Corps du Christ qui agit en tous et pour tous !

  20. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je suis surpris, Tigreek, par la réponse de votre évêque. Lors de notre dernière réunion de préparation au baptême, il y avait plusieurs couples mixtes (catholique/protestant mais également catholique / musulman), sans que cela ne pose de difficultés, dès lors qu’effectivement il y a au moins un projet d’éducation chrétienne.

    Il est vrai que l’on entend des choses étonnantes, en réunion, comme cette jeune femme qui disait comme elle était issue d’une famille très catholique, et qu’elle-même « avait été communiée trois fois », la première communion, la deuxième et la troisième. Elle nous expliquait aussi que, pour leur premier enfant, ils avaient absolument tenus à ce que le parrain soit musulman. Ils étaient un peu outrés qu’on le leur ait refusé. Et pourtant, il faut bien tenir l’équilibre entre le fait de garder le contact avec ces personnes, et ne pas soumettre un sacrement à toutes les demandes.

    Après, on nous a aussi présenté une vidéo que j’ai trouvée extrêmement bien faite, qui avait l’avantage de montrer des catholiques heureux, rayonnants. Probablement le meilleur message que l’on puisse faire passer.

    (J’ai bien compris, Tigreek, que votre demande n’était pas fantaisiste comme celle-là).

  21. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Koz : la surprise fut également pour nous ! D’autant qu’il s’agissait d’un refus épistolaire, l’évêque n’a pas souhaité nous recevoir, ne serait-ce que pour jauger des raisons de notre demande, sérieuses ou non… Alors qu’en d’autres temps c’est ce qui avait été fait pour mes parents, concernant mon baptême puis ceux de mes frères et soeurs. J’ai toujours aujourd’hui du mal à comprendre, mais j’espère avoir l’occasion de rencontrer un jour l’évêque et pouvoir à ce moment lui poser les questions que j’ai sur le coeur… Peut-être pour le baptême d’un deuxième enfant ? :)

    Ceci ne doit pas nous faire perdre l’essentiel : notre fille a reçu le baptême, et ce fut une grande joie pour nous ! Elle demande volontiers à aller à l’église ou au temple, et l’année scolaire prochaine, si tout va bien, elle ira à l’éveil biblique proposé dans nos paroisses…

  22. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je ne comprends pas ce qu’il a refusé, au juste. Est-ce le baptême en lui-même, ou l’ »accueil eucharistique » ? En quoi consiste, d’ailleurs, cet accueil ?

  23. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Il a refusé l’accueil eucharistique, aussi appelé « hospitalité eucharistique ». Cela consiste à accepter de donner la communion à des personnes qui n’y ont normalement pas accès (en l’occurrence, des protestants), de façon exceptionnelle, à condition que les personnes concernées aient bien conscience de l’importance du sacrement, de la « présence réelle » (terme généralement utilisé pour le grand public à la place du terme technique de transsubstantiation, je le mets entre guillemets car j’ai déjà vu des prêtres choqués par cette expression).

    Depuis Vatican II, c’est une pratique qui se fait, sous l’accord de l’autorité épiscopale locale, en particulier dans les cas de foyers mixtes comme le nôtre, pour des circonstances particulières (par exemple, un baptême, puisque le sacrement est le même, reconnu entre Eglises chrétiennes). Il faut dire qu’avant Vatican II, les foyers mixtes n’existaient pas : le conjoint catholique, en se mariant à un non-catholique, se mettait de lui-même en dehors de l’Eglise…

  24. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je vais en choquer un grand nombre ici, mais je suis de moins en moins favorable au baptême des petits enfants tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Je trouve que la grâce de Dieu a bon dos. On spiritualise les dons de Dieu un peu trop facilement. Si les parents sont vraiment chrétiens, pas de problème. En revanche, si la foi des parents est top faible et non mise en pratique rituellement et quotidiennement, je suis favorable à ce que l’on diffère le baptême de l’enfant. L’évangélisation des parents doit précéder le baptême de leur enfant. Nous ne sommes plus en chrétienté constantinienne, il serait temps d’en prendre acte et de recommencer l’évangélisation comme aux trois premiers siècles.

  25. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bonjour Joachim, Je comprends bien ce que vous dites et n’en suis pas tant choquée que ça.

    Toutefois avez-vous lu l’article dont Cajetan nous a donné le lien (http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1341210?fr=y) ?

    Qu’en pensez-vous ?

  26. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bonjour Louve,

    J’avais déjà lu cet article sur Zenit et je viens de le relire.

    Mais pour ma part, je crois que l’on fait fausse route.

    Comme le pape et l’évêque argentin, je suis pour un accueil très large et pour un cheminement.

    Mais, justement, dans ce cheminement, je propose que l’on place les sacrements non plus de manière automatique en voulant calquer les pratiques d’un temps révolu de chrétienté, mais en tenant compte de la réalité d’aujourd’hui. Je crois en effet que l’on peut redonner goût à la vie chrétienne sans abaisser le niveau, grâce à une bonne pédagogie de l’Initiation chrétienne. Or la qualité de la vie de foi des chrétiens donne envie à un grand nombre de devenir chrétien. C’est la méthode pastorale pratiquée en Afrique. Elle marche et porte du fruit. Elle me semble plus proche des évangiles et des premiers temps de l’Eglise, car on allie exigence et joie. C’est une véritable nouvelle Evangélisation.

    Tandis qu’avec la méthode papale, argentine et actuellement européenne, on sauvegarde les apparences, mais on n’évangélise plus en profondeur. Ou on pense retrouver la qualité de la vie chrétienne par la quantité de baptisés. Cependant, on a beau vouloir contrer « sévérité » et « élitisme », on n’atteind plus grand monde du peuple au bout du compte. Les chiffres baissent inexorablement. Restent quelques miracles et conversions, heureusement, car l’Esprit Saint continue tout de même à agir. Mais on remplit la barque de l’Eglise avec des filets percés. On s’épuise inutilement.

    Voilà mon diagnostic, qu’en pensez-vous ?

  27. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « redonner goût à la vie chrétienne sans abaisser le niveau, grâce à une bonne pédagogie de l’Initiation chrétienne. « 

    Je pense que tout est là, vous avez raison. Et cela n’est pas incompatible, ce me semble, avec l’idée de baptiser des enfants dont les parents ne vont plus à la messe. Il est évident que le pape ne cherche pas seulement à faire du nombre, c’est très mal le connaître ;)

    Je précise en passant que le nombre de baptisés est en hausse à l’échelle mondiale. Il ne baisse donc pas « inexorablement » comme vous le dites. Nous devons aussi être conscient que le pape s’exprime non pas seulement dans le cadre de la « crise de foi » européenne, mais sur la mission générale donnée aux apôtres par le Christ d’aller et de baptiser tous les peuples.

    Le baptème et la première communion sont, à mes yeux, des sacrements « tremplin » ou « graines » comme on dit souvent. Ils marquent les premiers pas du chrétien dont la foi (je parle surtout des enfants, pas des nouveaux convertis) est en balbutiement, pas encore totalement personnelle. Ces sacrements répondent donc, par nature, à la soif d’une âme qui ne sait pas vraiment encore ce qu’elle cherche et viennent attiser cette petite flamme allumée par le désir d’un absolu (cette âme, cette flamme timide, c’est aussi celle des parents qui, éloignés de l’Eglise, viennent tout de même demander le baptème pour leur enfant).

    Alors, bien entendu, c’est à nous (équipes de préparation aux sacrements) de saisir cette opportunité pour initier, préciser, expliciter la beauté de ces sacrements et en préciser les exigences. Sans oublier toutefois que la foi est un long cheminement et que le baptème et la première communion en sont les première étapes. Comment attendre d’eux qu’ils progressent s’ils n’ont jamais pris le départ ?

  28. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « redonner goût à la vie chrétienne sans abaisser le niveau, grâce à une bonne pédagogie de l’Initiation chrétienne. «

    « Je pense que tout est là, vous avez raison. Et cela n’est pas incompatible, ce me semble, avec l’idée de baptiser des enfants dont les parents ne vont plus à la messe. - Là est notre différence. Car, à mon avis, si on brade l’Eucharistie, si on ne donne plus goût à l’Eucharistie, on brade toute la vie chrétienne. Au fond, notre Eglise occidentale est devenue baptismale, sans se l’avouer, mais elle n’est plus eucharistique ou presque plus (5% seulement de pratique dominicale).

     » Il est évident que le pape ne cherche pas seulement à faire du nombre, c’est très mal le connaître » - Je crois en effet que le pape est de bonne foi. Et l’immense majorité des catholiques en fonction pastorale. C’est là le drame de notre pastorale.

    « Je précise en passant que le nombre de baptisés est en hausse à l’échelle mondiale ». - Le nombre grandit grâce aux pays où l’Eucharistie est prise au sérieux. Sinon, il baisse insensiblement, mais il baisse. Par ailleurs, le pourcentage de catholiques par rapport à la population mondiale baisse, mais personne n’ose se l’avouer.

     » Nous devons aussi être conscient que le pape s’exprime non pas seulement dans le cadre de la « crise de foi » européenne, mais sur la mission générale donnée aux apôtres par le Christ d’aller et de baptiser tous les peuples ». - Si on lit attentivement l’évangile, on remarque que Jésus ne demande pas de baptiser, mais de faire des disciples en baptisant, ce qui est une nuance importante.

     » Le baptème et la première communion sont, à mes yeux, des sacrements « tremplin » ou « graines » comme on dit souvent. Ils marquent les premiers pas du chrétien dont la foi (je parle surtout des enfants, pas des nouveaux convertis) est en balbutiement, pas encore totalement personnelle. Ces sacrements répondent donc, par nature, à la soif d’une âme qui ne sait pas vraiment encore ce qu’elle cherche et viennent attiser cette petite flamme allumée par le désir d’un absolu (cette âme, cette flamme timide, c’est aussi celle des parents qui, éloignés de l’Eglise, viennent tout de même demander le baptème pour leur enfant) ». - Vous décrivez la pastorale d’aujourd’hui que je promeus là où je vis, car telle est la décision de notre Eglise, mais que je n’approuve pas au fond de moi. On confond évangélisation et sacramentalisatioon, ce qui est dommage.

     » Alors, bien entendu, c’est à nous (équipes de préparation aux sacrements) de saisir cette opportunité pour initier, préciser, expliciter la beauté de ces sacrements et en préciser les exigences. Sans oublier toutefois que la foi est un long cheminement et que le baptème et la première communion en sont les première étapes. Comment attendre d’eux qu’ils progressent s’ils n’ont jamais pris le départ ? » - Pourquoi faire du baptême un départ automatique, alors que le Christ a envoyé ses apôtres non d’abord pour baptiser, mais pour évangéliser?

  29. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je cite DICI, article de 2009 :

    « Le Bureau central des statistiques de l’Église au Vatican a publié le 29 avril l’évolution des catholiques dans le monde depuis 1978. L’étude comparative a été réalisée d’après les chiffres de l’Annuarium statisticum Ecclesiæ de l’année 2004 qui seront publiés par la Librairie éditrice vaticane très prochainement. »

    « Les catholiques dans le monde sont passés de 757 millions en 1978 à 1.098 milliard en 2004, parallèlement à l’augmentation de la population mondiale de 4,2 à 6,4 milliards. Le pourcentage total des catholiques baptisés affiche un recul de 18 % à 17 %, avec des évolutions différentes suivants les continents ».

  30. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « « Je pense que tout est là, vous avez raison. Et cela n’est pas incompatible, ce me semble, avec l’idée de baptiser des enfants dont les parents ne vont plus à la messe. – Là est notre différence. Car, à mon avis, si on brade l’Eucharistie, si on ne donne plus goût à l’Eucharistie, on brade toute la vie chrétienne. »

    Nulle volonté de ma part de brader l’eucharistie ! Vous ne m’avez pas bien comprise, je pense. Il reste primordial de préciser aux parents, parrains et marraines l’importance que l’eucharistie et la catéchèse ont dans le déploiement des grâces du baptème. De même, il est explicitement demandé aux parents, parrains et marraines de s’engager, au cours de la célébration, à offrir ces conditions d’éveil à la foi de leur enfant.

    Ce que l’Eglise n’a pas à faire cependant, et c’est le sens à donner, je pense, aux paroles de BXVI, c’est d’estimer que telle ou telle famille n’arrivera pas à répondre à cet appel de conversion. C’est ce que signifie, à mes yeux, la notion de « cheminement ».

    Voici ce que dit le Cat. de l’E. Cat. sur le baptème :

    1254 Chez tous les baptisés, enfants ou adultes, la foi doit croître APRES le Baptême. C’est pour cela que l’Église célèbre chaque année, dans la nuit pascale, le renouvellement des promesses du Baptême. La préparation au Baptême ne mène qu’au seuil de la vie nouvelle. Le Baptême est la source de la vie nouvelle dans le Christ de laquelle jaillit toute la vie chrétienne.

    1255 Pour que la grâce baptismale puisse se déployer, l’aide des parents est importante. C’est là aussi le rôle du parrain ou de la marraine, qui doivent être des croyants solides, capables et prêts à aider le nouveau baptisé, enfant ou adulte, sur son chemin dans la vie chrétienne (cf. ? CIC, can. 872-874). Leur tâche est une véritable fonction ecclésiale ( » officium  » ; cf. SC 67) Toute la communauté ecclésiale porte une part de responsabilité dans le déploiement et la garde de la grâce reçue au Baptême.

    Vous remarquerez que si l’aide des parents apparaît comme importante, il ne leur est pas explicitement demandé d’avoir une foi en bêton armé. Par contre, il est ESSENTIEL, comme vous le voyez, que soit le parrain soit la marraine soient des « croyants solides ». C’est là-dessus que les équipes de péparation au baptème pourraient être un peu plus exigentes. En effet, un enfant ne choisit pas ses parents, il serait injuste que le baptème lui soit refusé à cause de la foi encore vacillante de ses parents. En revanche, les parents ont toute latitude pour choisir un parrain ou une marraine à même de guider leur bambin.

  31. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire
    • Vous avez certainement de bonnes intentions quant à vouloir redonner l’importance à l’Eucharistie, mais il faut reconnaître que les parents,^pour la plupart, ne pratiquent pas et je ne vois pas comment ils pourraient changer d’avis pour montre l’exemple à leur enfant avec la pastorale actuelle. Je ne connais nulle part en France, où cette dernière arrive à faire redécouvrir l’importance de l’Eucharistie à la majorité des baptisés. On pourrait en dire autant de la Confirmation.

    • Vous avez bien compris qu’il y a un cheminement, mais je crois que notre pastorale fait brûler des étapes. On arrive aujourd’hui beaucoup trop vite au baptême du petit enfant. En tout cas, le cheminement de préparation au baptême est beaucoup trop court pour des parents non pratiquants qui ont besoin de redécouvrir la vie chrétienne..

    • La foi doit bien sûr croître après le baptême, mais aussi avant. C’est d’ailleurs tout le sens des évangiles du carême de l’année A (Samaritaine, Nicodème, aveugle-né), avant le baptême des adultes à la Nuit pascale. Aujourd’hui, la vie nouvelle des baptisés après leur baptême se perd beaucoup trop vite, faute d’un cheminement assez long.

    • Avec notre pastorale axée sur le nombre mais trop peu sur la qualité de la vie chrétienne, on n’arrive même plus à trouver assez de parrains ou matraines répondant aux critères de l’Eglise. Quant aux communautés, elles sont beaucoup trop faibles et vieillissantes pour porter les nouveaux baptisés de manière très suivie.

    • Bref, on marche sur la tête et on a oublié la raison du baptême des petits enfants tel que rapporté dans le Nouveau Testament, où c’est toute la famille qui est baptisée et pas seulement l’enfant.

  32. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Eh bien, en ce qui me concerne, confiance et espérance sont deux forces qui font vivre ma foi.

    Quand l’Eglise précise « La préparation au Baptême ne mène qu’au seuil de la vie nouvelle. Le Baptême est la source de la vie nouvelle dans le Christ de laquelle jaillit toute la vie chrétienne. »

    Je lui fais confiance.

    Quand le pape dit : « Je dirais donc en substance que les sacrements sont naturellement sacrements de la foi : là où il n’y aurait aucun élément de foi, où la première communion serait seulement une fête avec un grand repas, de beaux habits, de beaux cadeaux, alors ce ne serait plus un sacrement de la foi. Mais, de l’autre côté, si nous pouvons encore voir une petite flamme de désir de la communion dans l’Eglise, un désir également de ces enfants qui veulent entrer en communion avec Jésus, il me semble qu’il est juste d’être plutôt ouverts (…) Dans ce sens, nous devrions naturellement faire notre possible dans le contexte de la préparation aux sacrements, pour toucher également les parents et – disons – réveiller ainsi en eux aussi leur sensibilité pour le chemin que font leurs enfants. Ils devraient aider leurs enfants à suivre leur désir d’entrer en amitié avec Jésus, qui est forme de vie, d’avenir. « 

    Je partage son espérance.

    Quand le Christ a confié son Eglise à Pierre, il connaissait ses faiblesses, sa fragilité (malgré trois longues années passées avec le messie!) Toutefois, après lui avoir donné l’Esprit et tout son enseignement, il a fait le pari de lui faire confiance.

  33. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pour moi aussi, « confiance et espérance sont deux forces qui font vivre ma foi ».

     » Quand l’Eglise précise « La préparation au Baptême ne mène qu’au seuil de la vie nouvelle. Le Baptême est la source de la vie nouvelle dans le Christ de laquelle jaillit toute la vie chrétienne. » »

    Je lui fais moi aussi confiance, pour autant que la préparation au baptême soit à la hauteur de l’enjeu actuel.

    Quand le pape dit : « Je dirais donc en substance que les sacrements sont naturellement sacrements de la foi : là où il n’y aurait aucun élément de foi, où la première communion serait seulement une fête avec un grand repas, de beaux habits, de beaux cadeaux, alors ce ne serait plus un sacrement de la foi. Mais, de l’autre côté, si nous pouvons encore voir une petite flamme de désir de la communion dans l’Eglise, un désir également de ces enfants qui veulent entrer en communion avec Jésus, il me semble qu’il est juste d’être plutôt ouverts (…) Dans ce sens, nous devrions naturellement faire notre possible dans le contexte de la préparation aux sacrements, pour toucher également les parents et – disons – réveiller ainsi en eux aussi leur sensibilité pour le chemin que font leurs enfants. Ils devraient aider leurs enfants à suivre leur désir d’entrer en amitié avec Jésus, qui est forme de vie, d’avenir. «

    Pour ma part, je partage ici moins son espérance, car il ne donne aucune directive pastorale concrète pour toucher ces parents. Autrement dit, la plupart des diocèses vont continuer à distribuer automatiquement le plus grand sacrement de la vie chrétienne. Cela s’appelle du fidéisme.

     » Quand le Christ a confié son Eglise à Pierre, il connaissait ses faiblesses, sa fragilité (malgré trois longues années passées avec le messie!) Toutefois, après lui avoir donné l’Esprit et tout son enseignement, il a fait le pari de lui faire confiance ». - Rassurez-vous, j’aime moi aussi beaucoup Benoît XVI, et je lui fais confiance notamment dans les polémiques et dans le gouvernement de l’Eglise. Mais, tout comme saint Paul a dit franchement les choses à saint Pierre, je dis moi aussi mon désaccord sur ce sujet qui me semble bien plus important que les sujets médiatiques de polémiques.

  34. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je ne partage pas vraiment votre point de vue, Joachim, mais vous ouvrez là quand même de vrais sujets de réflexion sur le sens à donner à la pastorale ecclésiale. J’espère que des évêques liront vos propos et réfléchiront sur ces thèmes, et je vous invite à partager vos inquiétudes avec nos pasteurs, afin d’initier une vraie réflexion en Eglise.

    Je pense en effet que, au delà de votre prise de position personnelle, vous exprimez là une opinion qu’un nombre conséquent de personnes partage, mais sans venir l’écrire sur ce forum (ou d’autres). Et vous pointez des réalités des fonctionnements de l’Eglise en France, sur lesquels il peut être bon de s’interroger.

  35. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    J’essaye peu à peu d’en parler aux pasteurs. Mais je dois avouer que je n’ai trouvé aucun d’entre eux qui soit vraiment d’accord avec moi. Et quand j’ai demandé à mon évêque s’il connaissait un évêque qui s’intéressât de manière sérieuse et approfondie à la pastorale du baptême des petits enfants, il m’a répondu qu’il n’en connaissait aucun ! J’en déduis que j’ai du travail si je veux que les choses évoluent au moins dans le bon sens. Merci en tout cas de prêter attention à ma modeste réflexion.

  36. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pour tout dire, je crois que ce qui manque à ce propos, c’est le courage de changer une pratique qui a plus de 1000 ans, à savoir le baptême « quam primum » (dès que possible). Je suis pour le Quam primum, mais en vérité. Il faut beaucoup de temps pour que les mentalités changent, mais je ne désespère pas.

  37. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « Pour ma part, je partage ici moins son espérance, car il ne donne aucune directive pastorale concrète pour toucher ces parents. »

    Bien sûr qu’il ne donne pas de détails dans cette interview, ça ne serait pas vraiment le lieu. De plus, il faut bien se rappeler que d’un pays à l’autre, les cultures faisant, la manière de « toucher » les parents diffèrent et donc c’est à nos évêques de donner les indications qui leur sembleront le plus indiquées.

    De là à en conclure que « la plupart des diocèses vont continuer à distribuer automatiquement le plus grand sacrement de la vie chrétienne » !! Automatiquement ?? N’y a-t-il aucune préparation, n’y a-t-il aucun engagement demandé de la part des parents, parrains et marraines au cours de la célébration ?

    Finalement, je ne comprends pas très bien où se situe pour vous le problème : est-ce le fait que le baptème soit donné à des enfants dont les parents ne pratiquent plus ou le fait que la préparation au baptème soit, dans certaines paroisses, plutôt légère ? La problématique n’est pas la même. S’il s’agit du second point, alors je vous annonce une bonne nouvelle : c’est à nous laïcs de nous retrousser les manches pour faire en sorte que les parents, parrains et marraines des futurs baptisés prennent mieux la mesure de leur engagement (faire un topo avec les parrains, par ex). En revanche, nous ne pouvons pas nous substituer à eux. Nous sommes dans l’obligation de leur faire confiance, une fois l’engagement donné. Nous faisons alors l’expérience de l’impuissance de Dieu à se « faire » aimer de l’Homme. Frustrant, certes, mais divin…

    Lorsque j’ai parlé du Christ confiant l’Eglise à Pierre, je ne voulais pas spécialement attirer votre attention sur la sagesse de Pierre, mais sur la « folie » du Christ faisant confiance à l’ »Homme » (tous, pas seulement Benoît 16) malgré ses faiblesses. Il me semble que le baptème soit ce don premier, totalement gratuit, cette grâce qui nous donne l’élan premier vers Dieu. Alors, s’il y a bien un sacrement qui ressemble le moins à un « certificat de sainteté », c’est bien celui-là ! C’est une force nouvelle, pas un « bon point » !

    Cher Joachim, je crois vraiment que nous sommes appelés à être « acteur » de notre foi, à ne pas nous conduire en bête mouton mais à user de notre intelligence et de nos charismes particuliers pour comprendre et enrichir la vie de l’Eglise. Nous ne devons pas avoir peur de parler de tel ou tel point avec notre curé ou notre évêque afin d’être force de proposition. Toutefois, il est probable (je dis bien probable) que si un grand nombre ne partage pas votre avis, c’est que vous faites peut-être fausse-route. Et puis, je doute que ces hommes qui ont fait le grand saut de donner leur vie au Christ manquent vraiment de courage…

  38. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « C’est à nos évêques de donner les indications qui leur sembleront le plus indiquées ».

    • Sauf le respect que je dois à nos évêques de France, je ne vois rien venir en ce sens. Cela ne signifie pas que je désespère et je leur obéis le plus possible.

     » Automatiquement ?? N’y a-t-il aucune préparation, n’y a-t-il aucun engagement demandé de la part des parents, parrains et marraines au cours de la célébration ? »

    • Le seul engagement raisonnable que l’on peut aujourd’hui demander aux parents, étant donné la préparation actuelle, c’est de faire catéchiser leurs enfants. Au-delà, étant donné le peu de préparation au baptême des enfants, on risque de les faire mentir. D’ailleurs les chiffres parlent par eux-mêmes, disons que, en étant optimiste, 1/3 des enfants baptisés ne font pas leur première communion et 3/4 n’arrivent pas jusqu’à la Confirmation. Je ne vois donc pas comment on peut nier la trop grande automacité du sacrement. D’ailleurs, on peut dire que les enfants qui font leur première communion, pour une très grande partie d’entre eux, font leur dernière communion et arrêtent toute catéchèse. Je ne vois donc pas comment là encore on peut nier l’automacité du sacrement.

     » Finalement, je ne comprends pas très bien où se situe pour vous le problème : est-ce le fait que le baptème soit donné à des enfants dont les parents ne pratiquent plus ou le fait que la préparation au baptème soit, dans certaines paroisses, plutôt légère ? »

    • Les deux. Je pense qu’une préparation adaptée, de type catéchuménale, des parents au baptême de leur enfant pourrait constituer une solution satisfaisante.

     » La problématique n’est pas la même. S’il s’agit du second point, alors je vous annonce une bonne nouvelle : c’est à nous laïcs de nous retrousser les manches pour faire en sorte que les parents, parrains et marraines des futurs baptisés prennent mieux la mesure de leur engagement (faire un topo avec les parrains, par ex). En revanche, nous ne pouvons pas nous substituer à eux. Nous sommes dans l’obligation de leur faire confiance, une fois l’engagement donné. Nous faisons alors l’expérience de l’impuissance de Dieu à se « faire » aimer de l’Homme. Frustrant, certes, mais divin… »

    • Tenter le Seigneur en lui demandant de faire des miracles, alors que nous avons en effet la possibilité d’améliorer grandement nos préparations au baptême, est pour moi un péché. Aux laïcs unis à leurs pasteurs de se mettre au boulot.

     » Lorsque j’ai parlé du Christ confiant l’Eglise à Pierre, je ne voulais pas spécialement attirer votre attention sur la sagesse de Pierre, mais sur la « folie » du Christ faisant confiance à l’ »Homme » (tous, pas seulement Benoît 16) malgré ses faiblesses. Il me semble que le baptème soit ce don premier, totalement gratuit, cette grâce qui nous donne l’élan premier vers Dieu. Alors, s’il y a bien un sacrement qui ressemble le moins à un « certificat de sainteté », c’est bien celui-là ! C’est une force nouvelle, pas un « bon point » ! »

    • Si Christ a fait confiance en Pierre, il me fait alors peut-être aussi un peu confiance ? Je ne dis pas que des bêtises. Moi aussi j’ai reçu l’Esprit Saint. Par ailleurs, la grâce de Dieu est toujours agissante, on ne peut pas tout attendre de Dieu les bras croisés. Aide-toi et le Ciel t’aidera, disait en résumé le bon monsieur de La Fontaine.

     » Cher Joachim, je crois vraiment que nous sommes appelés à être « acteur » de notre foi, à ne pas nous conduire en bête mouton mais à user de notre intelligence et de nos charismes particuliers pour comprendre et enrichir la vie de l’Eglise. Nous ne devons pas avoir peur de parler de tel ou tel point avec notre curé ou notre évêque afin d’être force de proposition. Toutefois, il est probable (je dis bien probable) que si un grand nombre ne partage pas votre avis, c’est que vous faites peut-être fausse-route. Et puis, je doute que ces hommes qui ont fait le grand saut de donner leur vie au Christ manquent vraiment de courage… »

    • Je trouve qu’ils ont même beaucoup de courage à remplir de poissons des filets percés. Et moi, sauf ma modestie, encore plus en les aidant malgré leur aveuglément à ce sujet. Jésus non plus n’était pas compris par les prêtres et grands docteurs de la Loi. Et il ne faisait pas fausse route, il empruntait il est vrai un chemin de croix. Enfin, le courage ne dispense de faire preuve d’intelligence. Et je crois faire preuve d’humilité en disant ici ce que je pense. Mais toute vérité n’est pas à dire n’importe comment, c’est pourquoi je mesure mes paroles à ce sujet dans la vie quotidienne.
  39. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « Je pense qu’une préparation adaptée, de type catéchuménale, des parents au baptême de leur enfant pourrait constituer une solution satisfaisante. »

    Bien, nous voilà au coeur du problème, je pense. Améliorer et rallonger la préparation au baptème me semblent être en effet une bonne idée, surtout pour les paroisses où celle-ci est trop légère ou réduite à l’aspect administratif.

    CEPENDANT, faire de cette préparation au baptème de l’ENFANT un chemin de catéchuménat des PARENTS est à mon sens une erreur. Ce sacrement est celui de l’enfant. Le réveil de la foi de ses parents en est un fruit probable, mais ne doit en aucun cas être une condition. Il faut vraiment bien comprendre la spécificité du sacrement du baptème, signe de l’initiative, toujours première, de Dieu dans son projet d’alliance avec l’Homme.

    « D’ailleurs les chiffres parlent par eux-mêmes, disons que, en étant optimiste, 1/3 des enfants baptisés ne font pas leur première communion et 3/4 n’arrivent pas jusqu’à la Confirmation. » Mais combien, parmi ceux qui sont allés jusqu’à la confirmation, n’y seraient jamais parvenus si la demande de baptème de leurs parents avait été déboutée, faute d’une foi assez vaillante ?

    La parabole du semeur est en cela éclairante. Le bon grain se développe aisément dans une bonne terre, rien de bien étonnant à cela. Et pourtant, le semeur continue de l’éparpiller au gré du vent. Pourquoi donc ? Et bien, il n’a pas à craindre le gâchis, voyez-vous, car son don est gratuit et illimité. Qui sait, le terrain caillouteux dans lequel la graine est tombée sera peut-être labourée par la suite ? L’aridité du climat forcera peut-être cette petite graine à plonger encore plus profondément ses racines afin de survivre ?

  40. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Dans le code de droit canonique, il est dit :

    868

    § 1. Pour qu’un enfant soit baptisé licitement, il faut:

    1. que les parents y consentent, ou au moins l’un d’eux, ou ceux qui tiennent légitimement leur place;

    2. qu’il y ait un espoir fondé que l’enfant sera éduqué dans la religion catholique; si cet espoir fait totalement défaut, le baptême sera différé, selon les dispositions du droit particulier, et les parents informés du motif.

  41. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

     » Bien, nous voilà au coeur du problème, je pense. Améliorer et rallonger la préparation au baptème me semblent être en effet une bonne idée, surtout pour les paroisses où celle-ci est trop légère ou réduite à l’aspect administratif. »

    • Si nous sommes déjà d’accord sur ce point, je m’en réjouis déjà. Encore faudrait-il en préciser les modalités concrètes.

     » CEPENDANT, faire de cette préparation au baptème de l’ENFANT un chemin de catéchuménat des PARENTS est à mon sens une erreur. Ce sacrement est celui de l’enfant. Le réveil de la foi de ses parents en est un fruit probable, mais ne doit en aucun cas être une condition. Il faut vraiment bien comprendre la spécificité du sacrement du baptème, signe de l’initiative, toujours première, de Dieu dans son projet d’alliance avec l’Homme. »

    • Je retrouve dans ce que vous dites l’idée de plus en plus répandue dans notre pastorale française de donner les sacrements sans condition. Cela me semble une erreur. Il y a toujours des conditions pour qu’il y ait sacrement. Par exemple, pour le baptême il faut de l’eau, etc. Deuxième erreur, faire du baptême des bébés le modèle du baptême, alors que c’est le baptême adulte qui est exemplaire. Or, pour les adultes, il y a tout un cheminement qui précède le baptême. Troisième erreur, faire du baptême des bébés un en-soi, alors que lorsqu’un baptême est célébré, c’est toute l’Eglise qui revit sa naissance. Comme nous l’indique les Saintes Ecritures, il n’y a au fond qu’un seul baptême. On ne peut et on ne doit donc pas séparer le baptême d’un enfant de la vie baptismale de ses parents. Ce qui est vrai, c’est que le baptême d’un petit enfant manifeste la prévenance gracieuse de Dieu. Ce n’est pas une raison à isoler ce baptême des conditions qui le rend possible.

    « Mais combien, parmi ceux qui sont allés jusqu’à la confirmation, n’y seraient jamais parvenus si la demande de baptème de leurs parents avait été déboutée, faute d’une foi assez vaillante ? »

    • Vous prenez le problème à l’envers. La question est plutôt : combien plus de baptême, de confirmation et de première communion seraient célébrés si on prenait au sérieux l’Initiation chrétienne avec toutes ses exigences? Peut-être beaucoup moins au début, car tout changement est pénible à vivre. Mais peu à peu les sacrements reprendraient de la valeur et on pourrait arriver à une situation d’Eglise en croissance, tout comme en Afrique. France, pays de mission : il n’est jamais trop tard pour s’en rendre compte.

     » La parabole du semeur est en cela éclairante. Le bon grain se développe aisément dans une bonne terre, rien de bien étonnant à cela. Et pourtant, le semeur continue de l’éparpiller au gré du vent. Pourquoi donc ? Et bien, il n’a pas à craindre le gâchis, voyez-vous, car son don est gratuit et illimité. Qui sait, le terrain caillouteux dans lequel la graine est tombée sera peut-être labourée par la suite ? L’aridité du climat forcera peut-être cette petite graine à plonger encore plus profondément ses racines afin de survivre ? »

    • On confond ici évangélisation et sacramentalisation. La semence, c’est la Parole de Dieu et non d’abord les sacrements. D’ailleurs, au temps de Jésus le mot « sacrement » n’existait pas encore. Encore une fois, Jésus n’a pas demandé de baptiser, mais de faire des disciples en baptisant. Il faut écouter humblement la parole de Jésus et mettre en pratique ses commandements.
  42. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Par rapport au droit canonique, vous voyez bien que l’Eglise prévoit des conditions pour l’accès au baptême. L’espoir fondé d’une éducation chrétienne s’amenuise de plus en plus. Il est temps que nos évêques en prennent conscience.

  43. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « Je retrouve dans ce que vous dites l’idée de plus en plus répandue dans notre pastorale française de donner les sacrements sans condition. « 

    « Par rapport au droit canonique, vous voyez bien que l’Eglise prévoit des conditions pour l’accès au baptême. »

    Bon, écoutez, j’ai vraiment le sentiment que vous réduisez sciemment mes propos à une réflexion simpliste qui dirait « on ne pose aucune condition ». Si ce n’est pas volontaire, alors à ce moment, je vous encourage à relire mes commentaires avec un peu plus d’attention.

    Si j’ai moi-même fait référence au droit canonique, c’est sans doute que je partage ce qui y est dit, non ?

    Donc oui, il y a des conditions (où ai-je dis qu’il n’y en avait pas !), mais non, la pratique assidue des parents n’en est pas une. Ce qui leur ai demandé, c’est de s’engager à offrir à leurs enfants les conditions pour faire grandir leur foi ( les mettre au catéchisme par ex) et de choisir au moins un parrain ou une marraine qui soit un croyant solide. Bien sûr, il est évident qu’un enfant qui a des parents pratiquants qui lui parlent de Jésus au quotidien et qui l’emmènent à la messe tous les dimanches aura plus de chance d’avoir une foi solide, mais on ne peut pas non plus affirmer que la foi en croissance d’un enfant soient totalement (je dis bien totalement) dépendante de celle de ses parents (c’est là que la place du parrain est primordiale, mais aussi celle de la paroisse et puis celle de l’Esprit qui fait grandir aussi cette relation de coeur à coeur entre l’enfant et Dieu).

    De plus, je précise à nouveau que je m’exprime là à propos du sacrement du baptème de l’enfant qui ne peut être comparé aux autres sacrements en ce qui concerne le cheminement de foi. En effet, les sacrements suivants sont donnés lorsque la personne a passé certaines étapes de maturation de sa foi. Pour le baptème du petit enfant, ce n’est pas le cas au regard de la nature même de ce sacrement qui est « source » de foi et don gratuit.

    Vous parlez du sacrement du catéchumène adulte. La préparation, plus longue, a plusieurs raisons. Tout d’abord, chaque sacrement est accompagné d’un enseignement adapté à l’âge et à la maturité de la personne qui le reçoit. La préparation d’un adulte qui n’aurait jamais reçu la première communion par ex, sera évidément plus poussée, plus subtile que celle d’un enfant de 7 ans (cela ne veut pas dire que la préparation de l’enfant est, quant à elle, bâclée ! Elle est adaptée à ce qu’il peut percevoir de ce grand mystère). Ensuite, un catéchumène adulte, en général, ne reçoit pas uniquement le baptème mais aussi la première communion et la confirmation en même temps ou de façon rapprochée. Il fait donc, en 1 ou 2 ans de préparation, tout le cheminement fait en quinze ans par les enfants.

    Maintenant revenons aux sources. Je me trompe peut-être, mais quelque chose me dit que les personnes baptisées par les premiers disciples ne faisaient pas nécessairement des formations de 2 ans avant d’être plongées dans l’eau… Tout simplement parce que les disciples étaient persuadés que le retour du Christ était imminent. Aussi, le désir de conversion était suffisant comme point de départ à leur cheminement de foi.

    Enfin, je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites « lorsqu’un baptême est célébré, c’est toute l’Eglise qui revit sa naissance ». C’est en effet aussi un temps privilégié pour que les parents redécouvrent le sens de leur propre baptème. C’est exactement ce que je disais : « Le réveil de la foi de ses parents en est un fruit probable, mais… ne doit en aucun cas être une condition. »

    Bref, que l’on améliore la qualité de la préparation, j’applaudirai des deux mains. Mais je suis d’accord avec nos prètres et notre pape lorqu’ils refusent d’ajouter des conditions à celles déjà présentes : le désir d’un parent, le soutien d’un parrain pratiquant et l’engagement (qui n’est en rien source de certitude, mais d’ »espoir » pour le célébrant) de l’éduquer dans la foi catholique.

  44. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

     » Bon, écoutez, j’ai vraiment le sentiment que vous réduisez sciemment mes propos à une réflexion simpliste qui dirait « on ne pose aucune condition ». Si ce n’est pas volontaire, alors à ce moment, je vous encourage à relire mes commentaires avec un peu plus d’attention. »

    • Excusez-moi, mais vos commentaires laissaient jusqu’à entendre qu’il fallait distribuer les sacrements comme le bon semeur de l’évangile éparpille le bon grain au gré du vent. Et puis, vous sembliez réprouver toute condition au sacrement. Mais je me réjouis de vous avoir mal compris.

     » Si j’ai moi-même fait référence au droit canonique, c’est sans doute que je partage ce qui y est dit, non ? »

    • Hé bien, tant mieux. Maintenant, ce que dit le droit canon ne résoud pas grand chose puisqu’on peut l’intéterpréter dans les deux sens. Aujourd’hui, nos évêques de France pensent depuis 20 ans que c’est aux chrétiens de fonder l’espoir d’une éducation chrétienne. Malheureusement, l’expérience a montré que cela n’a pas empêché la baisse assez rapide du nombre de baptêmes dans notre pays. On juge un arbre à ses fruits. Il serait temps de s’en rendre compte.

     » Donc oui, il y a des conditions (où ai-je dis qu’il n’y en avait pas !), mais non, la pratique assidue des parents n’en est pas une. Ce qui leur ai demandé, c’est de s’engager à offrir à leurs enfants les conditions pour faire grandir leur foi ( les mettre au catéchisme par ex) et de choisir au moins un parrain ou une marraine qui soit un croyant solide ».

    • Tiens, vous faites maintenant un tri entre les conditions pour vous reposer sur la fonction de parrain. Mais on a de plus en plus de mal à trouver des parrains même non pratiquants. Alors, comment fait-on? Et puis, si vous lisez attentivement le code de droit canon, vous constaterez que les parrain/marraine ne sont pas absolument indispensables.

     » Bien sûr, il est évident qu’un enfant qui a des parents pratiquants qui lui parlent de Jésus au quotidien et qui l’emmènent à la messe tous les dimanches aura plus de chance d’avoir une foi solide, mais on ne peut pas non plus affirmer que la foi en croissance d’un enfant soient totalement (je dis bien totalement) dépendante de celle de ses parents (c’est là que la place du parrain est primordiale, mais aussi celle de la paroisse et puis celle de l’Esprit qui fait grandir aussi cette relation de coeur à coeur entre l’enfant et Dieu). »

    • Il est en effet nécessaire pour l’enfant de bénéficier d’un bon terreau. C’est un droit de l’enfant s’il est baptisé. C’est lui manquer de respect que de ne pas lui offrir le minimum vital qui lui permettra de grandir dans la foi. Sinon, les choses de la foi lui semblent très vite méprisables. En faisant cela, on fait l’inverse de l’évangélisation : on sécularise. C’est pourquoi, il vaut mieux différer le baptême des enfants qui ne bénéficient pas d’un soutien suffisamment fort dans la foi.

     » De plus, je précise à nouveau que je m’exprime là à propos du sacrement du baptème de l’enfant qui ne peut être comparé aux autres sacrements en ce qui concerne le cheminement de foi. En effet, les sacrements suivants sont donnés lorsque la personne a passé certaines étapes de maturation de sa foi. Pour le baptème du petit enfant, ce n’est pas le cas au regard de la nature même de ce sacrement qui est « source » de foi et don gratuit. »

    • Les sacrements sont source et sommet de la vie chrétienne, nous dit Vatican II. Pour un petit bébé baptisé, le catéchuménat a lieu normalement après son baptême. C’est ce qu’on appelle la catéchèse. Mais la vraie catéchèse est liturgique. Cette dernière devrait être considérée comme la condition pour accepter le baptême d’e bébé (sauf maladie grave et danger de mort).

     » Vous parlez du sacrement du catéchumène adulte. La préparation, plus longue, a plusieurs raisons. Tout d’abord, chaque sacrement est accompagné d’un enseignement adapté à l’âge et à la maturité de la personne qui le reçoit. La préparation d’un adulte qui n’aurait jamais reçu la première communion par ex, sera évidément plus poussée, plus subtile que celle d’un enfant de 7 ans (cela ne veut pas dire que la préparation de l’enfant est, quant à elle, bâclée ! Elle est adaptée à ce qu’il peut percevoir de ce grand mystère). Ensuite, un catéchumène adulte, en général, ne reçoit pas uniquement le baptème mais aussi la première communion et la confirmation en même temps ou de façon rapprochée. Il fait donc, en 1 ou 2 ans de préparation, tout le cheminement fait en quinze ans par les enfants. »

    • Oui, pour autant que ces pauvres enfants arrivent jusqu’au bout de leur catéchèse. C’est la réalité des chiffres qui pose problème. Jésus avait guéri dix lépreux et s’était étonné qu’un seul soit venu pour rendre grâce. Où sont passés tous ces batisés qui ne rendent pas grâce ? Jésus, en voyant le manque de foi, souvent ne faisait plus de miracle. Jésus mettait souvent des conditions à son action salvatrice, notamment celle de la foi agissante.

     » Maintenant revenons aux sources. Je me trompe peut-être, mais quelque chose me dit que les personnes baptisées par les premiers disciples ne faisaient pas nécessairement des formations de 2 ans avant d’être plongées dans l’eau… Tout simplement parce que les disciples étaient persuadés que le retour du Christ était imminent. Aussi, le désir de conversion était suffisant comme point de départ à leur cheminement de foi. »

    • En effet, l’accès au baptême était beaucoup plus simple. Mais la foi et la ferveur étaient beaucoup plus grandes aussi qu’aujourd’hui. Si les parents ou parrains d’aujourd’hui en France avaient une aussi grande foi, nous ne serions pas sur ce forum pour en parler. Le catéchuménat n’est pas un fin, mais un moyen.

     » Enfin, je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites « lorsqu’un baptême est célébré, c’est toute l’Eglise qui revit sa naissance ». C’est en effet aussi un temps privilégié pour que les parents redécouvrent le sens de leur propre baptème. C’est exactement ce que je disais : « Le réveil de la foi de ses parents en est un fruit probable, mais… ne doit en aucun cas être une condition. »

    • C’est sur votre dernière proposition que je diverge ici. Les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leur enfant. Vatican II a voulmu remettre en valeur ce rôle, notamment leurs devoirs, tout comme pour les parrains (Sacrosanctum Concilium 67). S’ils veulent imposer un baptême à leur bébé sans défense, je considère qu’ils sont moralement tenus à vivre eux-mêmes de leur baptême. Ils n’ont pas le droit d’imposer à leur enfant ce que eux-mêmes ne veulent pas vivre. C’est une question de simple logique.

     » Bref, que l’on améliore la qualité de la préparation, j’applaudirai des deux mains. Mais je suis d’accord avec nos prètres et notre pape lorqu’ils refusent d’ajouter des conditions à celles déjà présentes : le désir d’un parent, le soutien d’un parrain pratiquant et l’engagement (qui n’est en rien source de certitude, mais d’ »espoir » pour le célébrant) de l’éduquer dans la foi catholique. »

    • Les parrains pratiquants sont aussi rares que les parents pratiquants. Un texte du Vatican rappelle ceci :  » Des garanties doivent être assurées pour que ce don puisse se développer par une véritable éducation de la foi et de la vie chrétienne, en sorte que le sacrement atteigne sa totale  » vérité « . Elles sont normalement fournies par les parents ou la famille proche, bien que diverses suppléances soient possibles dans la communauté chrétienne. Mais si ces garanties ne sont pas sérieuses, on pourra être amené à différer le sacrement, et on devra même le refuser si elles sont certainement nulles. »( Congrégation pour la doctrine de la foi, Instruction « Pastoralis Actio » sur le baptême des petits enfants, 1980, n°30). Par ailleurs le concile Vatican II nous a rappelé les exigences de cette véritable éducation chrétienne (Cf. Gravissimum educationis momemtum, n° 2-3). Je suis donc parfaitement en droit d’être en désaccord avec notre pape et nos prêtres français sur ce sujet précis.
  45. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Cher Joachim, vous dites :

    « Excusez-moi, mais vos commentaires laissaient jusqu’à entendre qu’il fallait distribuer les sacrements comme le bon semeur de l’évangile éparpille le bon grain au gré du vent. Et puis, vous sembliez réprouver toute condition au sacrement. Mais je me réjouis de vous avoir mal compris. »

    Essayons SVP de bien nous comprendre et non pas de réduire les propos de l’autre. C’est sans doute plus simple de vous opposer à un argumentaire naïf qui prônerait de baptiser le monde entier sans aucune annonce de l’Evangile et d’appel à la conversion. Toutefois, ce n’est pas ce que je dis, ce n’est pas ce que dit le pape et nos évêques. Tant que vous ne cernerez pas exactement mon point de vue, nous continuerons de tourner en rond, comme nous le faisons depuis plusieurs commentaires.

    Voici, tiré de mes commentaires précédents, ce qui a dû vous échapper :

    « De même, il est explicitement demandé aux parents, parrains et marraines de s’engager, au cours de la célébration, à offrir ces conditions d’éveil à la foi de leur enfant. »

    « Automatiquement ?? N’y a-t-il aucune préparation, n’y a-t-il aucun engagement demandé de la part des parents, parrains et marraines au cours de la célébration ? »

    « c’est à nous laïcs de nous retrousser les manches pour faire en sorte que les parents, parrains et marraines des futurs baptisés prennent mieux la mesure de leur engagement »

    Si j’ai parlé de la parabole du semeur, c’était pour illustrer la volonté de Dieu de ne pas semer uniquement là où la terre permettra, avec certitude, au grain de se développer. De plus, notez bien qu’ »au gré du vent » signifie, dans cette parabole, au gré de l’Esprit.

    Vous dites ensuite: « Les parrains pratiquants sont aussi rares que les parents pratiquants. » Sans doute, mais à la différence des seconds, les premiers peuvent être « choisis ». Sur ce point précis, les couples qui préparent au baptème devraient, à mon sens, beaucoup plus insister.

    Vous rappelez un texte du Vatican » Des garanties doivent être assurées pour que ce don puisse se développer par une véritable éducation de la foi et de la vie chrétienne, en sorte que le sacrement atteigne sa totale » vérité « . Elles sont normalement fournies par les parents ou la famille proche, bien que diverses suppléances soient possibles dans la communauté chrétienne. Mais si ces garanties ne sont pas sérieuses, on pourra être amené à différer le sacrement, et on devra même le refuser si elles sont certainement nulles. »

    Parfaitement d’accord avec ce texte. Je ne vois pas du tout en quoi les propos du pape (ni les miens) sont contraires à cela. Cela précise bien que dans le cas où les parents ne sont pas pratiquants, il existe d’autres moyens pour s’assurer que les grâces du baptème puissent se déployer. Si les parents refusent tous ces moyens, alors, il est tout à fait normal de différer le baptème.

    Depuis le début, je ne fais que dire la même chose : le baptème d’un enfant doit pouvoir lui être donné même si ses parents ne pratiquent plus A CONDITION qu’ils s’engagent à l’élever dans la foi catholique avec l’aide d’un référent solide et de la formation proposée par la communauté. Pour que cet engagement soit bien compris et assumé, il est nécessaire que la préparation prodiguée dans nos paroisses soit riche et approfondie. Toutefois, de votre côté (dites-moi si je me trompe), vous estimez nécessaire que les parents non pratiquants suivent un véritable catéchuménat (donc 1 ou 2 ans ?) qui déboucherait sur leur retour à la pratique, condition indispensable au baptème de leur enfant.

  46. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

     » Essayons SVP de bien nous comprendre et non pas de réduire les propos de l’autre. C’est sans doute plus simple de vous opposer à un argumentaire naïf qui prônerait de baptiser le monde entier sans aucune annonce de l’Evangile et d’appel à la conversion. Toutefois, ce n’est pas ce que je dis, ce n’est pas ce que dit le pape et nos évêques. Tant que vous ne cernerez pas exactement mon point de vue, nous continuerons de tourner en rond, comme nous le faisons depuis plusieurs commentaires ».

    • Je ne demande pas mieux que de bien vous comprendre.

    « De même, il est explicitement demandé aux parents, parrains et marraines de s’engager, au cours de la célébration, à offrir ces conditions d’éveil à la foi de leur enfant. »

    • Ce genre d’engagement est plutôt facile de la part des parents et ne les engage pas beaucoup.

    « Automatiquement ?? N’y a-t-il aucune préparation, n’y a-t-il aucun engagement demandé de la part des parents, parrains et marraines au cours de la célébration ? »

    • Si, les engagements oraux existent. Mais, pour la moitié des parents, il ne faut pas se faire beaucoup d’illusions : les promesses n’engagent souvent que ceux qui les entendent. La plupart viennent par tradition et non tellement par conviction.

    « c’est à nous laïcs de nous retrousser les manches pour faire en sorte que les parents, parrains et marraines des futurs baptisés prennent mieux la mesure de leur engagement »

    • Mission belle mais très difficile, voire impossible dans la réalité, Les parents disent « oui » à peu près à tout avant le baptême. Comme dit saint Jacques, il faudrait leur dire : montre-moi plutôt ta foi agissante, ensuite on verra.

     » Si j’ai parlé de la parabole du semeur, c’était pour illustrer la volonté de Dieu de ne pas semer uniquement là où la terre permettra, avec certitude, au grain de se développer. De plus, notez bien qu’ »au gré du vent » signifie, dans cette parabole, au gré de l’Esprit. »

    • Si c’est cela que vous voulez dire, il n’y a donc aucune divergence sur l’interprétation de cette parabole qui concerne d’abord l’évangélisation avant la sacramentalisation.

     » Vous dites ensuite: « Les parrains pratiquants sont aussi rares que les parents pratiquants. » Sans doute, mais à la différence des seconds, les premiers peuvent être « choisis ». Sur ce point précis, les couples qui préparent au baptème devraient, à mon sens, beaucoup plus insister. »

    • Ce n’est pas aux couples qui préparent le baptême de voir cette question, selon le droit général de l’Eglise, mais au curé de la paroisse qui doit effectuer un entretien pastoral avec les parents au moment de l’inscription. Or, sauf peut-être dans certaines régions de France, il n’y a quasiment plus de parrain qui réponde aux critères de l’Eglise. La plupart des prêtres ferment les yeux sur le choix des parrains. Alors, comment fait-on dans ce cas?

     » Vous rappelez un texte du Vatican » Des garanties doivent être assurées pour que ce don puisse se développer par une véritable éducation de la foi et de la vie chrétienne, en sorte que le sacrement atteigne sa totale » vérité « . Elles sont normalement fournies par les parents ou la famille proche, bien que diverses suppléances soient possibles dans la communauté chrétienne. Mais si ces garanties ne sont pas sérieuses, on pourra être amené à différer le sacrement, et on devra même le refuser si elles sont certainement nulles. » Parfaitement d’accord avec ce texte. Je ne vois pas du tout en quoi les propos du pape (ni les miens) sont contraires à cela. Cela précise bien que dans le cas où les parents ne sont pas pratiquants, il existe d’autres moyens pour s’assurer que les grâces du baptème puissent se déployer. Si les parents refusent tous ces moyens, alors, il est tout à fait normal de différer le baptème. »

    • Mais vous ne vous rendez pas compte que la plupart des parents et parrains en France, aujourd’hui, sont devenus incapables de remplir les conditions énoncées par l’Eglise. Sauf pour une minorité, les garanties d’une véritable éducation chrétienne ne sont pas sérieuses. Ou alors, expliquez-moi ce que vous entendez par « éducation chrétienne ».

     » Depuis le début, je ne fais que dire la même chose : le baptème d’un enfant doit pouvoir lui être donné même si ses parents ne pratiquent plus A CONDITION qu’ils s’engagent à l’élever dans la foi catholique avec l’aide d’un référent solide et de la formation proposée par la communauté. Pour que cet engagement soit bien compris et assumé, il est nécessaire que la préparation prodiguée dans nos paroisses soit riche et approfondie » .

    • Il n’y a plus assez de référents soolides pour les petits baptisés. C’est la réalité actuelle en France. Ou alors, expliquez-moi concrètement ce que vous entendez par « référent solide » pour un petit enfant baptisé.

     » Toutefois, de votre côté (dites-moi si je me trompe), vous estimez nécessaire que les parents non pratiquants suivent un véritable catéchuménat (donc 1 ou 2 ans ?) qui déboucherait sur leur retour à la pratique, condition indispensable au baptème de leur enfant »".

    • Je ne demande pas l’impossible. Pour les parents non pratiquants, un parcours de type catéchuménal de 9 mois devrait, à mon sens, suffire. Et seulement pour leur premier enfant baptisé. Après tout, la plupart des bébés sont baptisés entre 9 mois et 2 ans. Pour les mariages, ces parcours similaires existent. Ce parcours, comme tout itinéraire de type catéchuménal, incluerait bien sûr l’encouragement à participer aux célébrations dominicales. Evidemment, le plus simple, serait de faire comme en Afrique en disant aux parents : « Malheureusement, je ne vous connais pas. Venez d’abord à l’église, et ensuite vous viendrez m’en reparler ».
  47. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    « montre-moi plutôt ta foi agissante, ensuite on verra. »

    J’ai bien peur de devoir encore me répéter… Dire cela, ce n’est pas comprendre ce que constitue le baptème des tout-petits. L’accès à ce sacrement ne peut être conditionné par l’intensité de la foi de ses parents. Il ne l’est (conditionné) que par les moyens offerts pour favoriser son déploiement. L’idéal, c’est que ces moyens consistent en un noyau famillial et pratiquant, mais il existe des « suppléances » possibles (parrain, catéchisme, etc.).

    Là où nous pouvons nous creuser les méninges, c’est sur ce dernier point : quels autres types de suppléances pourraient être développés ? A la fois pour aider les parents à tenir leur engagement et pour faire grandir la foi du bambin, mais aussi, bien sûr, dans l’espérance que cela finisse par impacter la foi de ses parents.

    Vos deux principaux arguments, que je comprends bien, c’est que 1) les parrains/marraines ne répondent pas aux exigences attendues car ceux qui pourraient y répondre sont extrêmement rares et 2) l’engagement oral n’a que peu de valeur.

    1) Lorsque j’ai dit que le couple préparateur était bien placé pour travailler le sujet du parrain, je ne mettais pas du tout le rôle du prêtre entre parenthèses. Ce que je voulais dire par là, c’est que le couple peut plus facilement témoigner de sa propre expérience pour leur montrer combien il est préférable pour leur enfant de choisir parmi leurs connaissances qq’un de pratiquant (Même mes amis les moins croyants ont tous dans leur famille éloignée ou dans leurs connaissances au moins un catho. 4,5 % c’est 1 peu plus que 1 pour 25, ça n’est pas rien !) plutôt qu’un ami intime qui ne croit ou ne pratique plus. C’est un point délicat, car souvent les parents ont déjà choisi les parrain/marraine avant même d’avoir commencé les démarches de baptème et c’est pourquoi je pense qu’il est essentiel de creuser cela avec les couples accompagnateurs.

    Maintenant, comme je le disais un peu plus haut, la communauté paroissiale a aussi une grande importance. Il me semblerait bon, par ex, que le prêtre, les couples accompagnateurs ou d’autres de la paroisse recontactent les familles, si ce n’est régulièrement pour des propositions de retraite, du moins lorsque l’enfant arrive en âge d’être catéchisé.

    2) Si vous ne donnez aucune valeur à l’engagement oral, alors on est plutôt mal barré, parce que c’est ce que nous faisons tout au long de notre vie de chrétien, à l’occasion de chaque sacrement, lorsque nous nous confessons, etc. Notre réponse à la générosité de Dieu s’apparente à un petit pas timide en sa direction. Notre « oui » est toujours un peu faible, même s’il doit être prononcé dans la confiance que l’Esprit nous sera envoyé pour nous aider à le vivre pleinement.

    La préparation au baptème doit aider les parents à prendre conscience de cela, de la gravité de cet engagement malgré la faiblesse, toujours présente, de leur foi. C’est pourquoi, nous sommes d’accord vous et moi pour dire que cette préparation ne doit pas et ne peut pas se limiter à l’administratif (une autre piste consisterait d’ailleurs à encourager les parents qui le souhaitent à prolonger cette préparation au-delà d’un nombre minimum de réunions. Par « minimum », j’entends le nombre de rencontres permettant la prise de conscience de leur engagement) .

    MAIS le point où nos avis divergent se situe dans le glissement, induit par une préparation de type catéchuménale, du sacrement de l’enfant à celui des parents; l »idée que l’enfant ne peut pas recevoir les grâces d’une vie plongée dans celle du Christ tant que ses parents n’auront pas paraphé le CREDO. Oui, la préparation doit être approfondie, oui tout doit être fait pour qu’elle redonne le désir aux parents de cheminer et de retourner à la messe, mais non, la solidité de leur foi ne peut être la condition d’entrée de leur enfant dans l’Eglise.

    Comme je le disais au début de mon commentaire, je n’ajoute pas grand chose à ce que j’ai déjà dit. Nos positions s’appuient sur deux définitions différentes de ce qu’est le baptème des tout-petits, je doute donc que nous réussissions à nous convaincre l’un l’autre.

    En revanche, cela m’intéresserait beaucoup que d’autres participent afin d’enrichir cette discussion !

  48. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    J’ai essayé de vous répondre de façon un peu précise, argumentée, et tout. En fait, ça aurait prit plusieurs pages, et comme je n’ai pas plusieurs demi-journées devant moi pour vous exposer mon point de vue sur la question, ma vie, mon oeuvre, mes réactions face à la fois aux pratiques ecclésiales actuelles (en France) et aux critiques qu’elles suscitent, eh bien je vais faire court. Enfin, je vais essayer…

    Je partage tout à fait les inquiétudes de Joachim concernant une certaine forme d’automatisation de l’accès aux sacrements, voire même une banalisation des sacrements. Des petits détails, comme par exemple le fait que le prêtre n’insiste généralement plus pour que l’enfant soit baptisé avec un prénom chrétien, celui de son Saint Patron (qui n’était pas toujours son prénom d’usage d’ailleurs). Je m’interroge sur l’abandon d’une telle pratique, et je m’en inquiète. Bien sûr, il faut éviter une crispation sur le Droit Canon, général ou particulier. Bien sûr, il faut privilégier l’ouverture. Mais poser des conditions, penser aux détails, c’est aussi important, parce que ça donne du Sens. Ouvrir l’Eglise c’est bien, mais quand on a pété les murs pour faire rentrer tout le monde, il devient difficile de savoir si ce n’est pas plutôt nous qui sommes dehors, en fin de compte. Heureusement, on est encore bien loin de ça ! Et nous sommes tous d’accord sur le fait que verrouiller toutes les portes, ce n’est pas non plus la bonne solution.

    Je ne vais pas prendre position pour l’un ou pour l’autre, ça ne servirait à rien je crois. Par contre, je vais prendre parti pour le positif, contre le négatif. Vous proposez tous les deux diverses solutions… N’y aurait-il pas moyen de dégager les éléments communs à ces solutions ? Vous dialoguez comme sur le registre de l’opposition. Mais pourtant, vous êtes, nous sommes, embarqués sur le même navire (qui, je pense, n’est pas une galère, mais plutôt un voilier poussé par le souffle de l’Esprit, allez, une chébèque, mettons, pour la référence), et vous êtes tous les deux ouvriers sur le même chantier ! (Et nous aussi, oui, oui.) Alors, bien sûr, il faut constater de quoi l’on part, la situation telle qu’elle est actuellement, mais plutôt que d’en pointer tous les aspects négatifs, je propose : 1) de nous réjouir de tous les aspects positifs (ouhlàlà, même sur un forum catholique comme ici, c’est pas ce qu’on voit le plus !), 2) proposer des solutions pour le reste et 3) prier le Seigneur de nous donner les forces nécessaires pour 4) les mettre en oeuvres (les solutions, pas les forces). J’ai même envie d’ajouter un 3) bis : prier le Seigneur de nous donner une grosse dose d’Esprit-Saint pour savoir discerner ce qui ne relève pas de notre ressort, et là où ce n’est pas à nous de proposer ou de mettre en oeuvre quoi que ce soit. Et vous savez quoi ? C’est ce point-là le plus difficile !

    Excusez-moi pour le style un peu ‘léger’ de tout ceci, mais la semaine a été difficile, et quand on passe ses journées à faire de la philo sérieuse, on apprécie d’en faire de la un peu moins sérieuse (quant à la forme, par quant au fond) avant de partir en week-end. (Ou en week-beginning, pour nous autres chrétiens !).

  49. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci à CS Hindal pour sa réflexion mais aussi à Louve pour son opposition. Il est sûr que ma position est assez radicale et ne peut souvent que provoquer une opposition. Ce que je recherche, c’est en tout cas une solution meilleure et plus adaptée aux réalités d’aujourd’hui. Je suis heureux de faire réfléchir sur ce problème fondamental qui n’intéresse bizarrement pas grand monde. Mais vous permettrez de continuer la discussion avec Louve, car je suis prêt à entendre les arguments que l’on veut bien m’opposer. Pour l’instant ils ne me convainquent pas.

     » « montre-moi plutôt ta foi agissante, ensuite on verra. » J’ai bien peur de devoir encore me répéter… Dire cela, ce n’est pas comprendre ce que constitue le baptème des tout-petits. L’accès à ce sacrement ne peut être conditionné par l’intensité de la foi de ses parents. Il ne l’est (conditionné) que par les moyens offerts pour favoriser son déploiement. L’idéal, c’est que ces moyens consistent en un noyau famillial et pratiquant, mais il existe des « suppléances » possibles (parrain, catéchisme, etc.). »

    • Je crois qu’il faut resituer le baptême des petits enfants (BPE) dans l’Histoire de l’Eglise pour comprendre que nous sommes en train de dévier sur la raison de cette forme de baptême. Le BPE n’existe à l’origine (NT) que dans les familles où tous se convertissent profondément au Christ Jésus. Le BPE ne s’est généralisé qu’au XIIIe siècle, pour des questions de mortalité infantile, mais dans une société chrétienne où les soutiens spirituels ou suppléances étaient nombreux. Aujourd’hui ces derniers diminuent à grande vitesse et nous sommes donc appelés à revivre peu à peu, qu’on le veuille ou non, la situation chrétienne des trois premiers siècles. Le BPE, si beau soit-il, ne peut donc se justifier par lui-même.

     » Là où nous pouvons nous creuser les méninges, c’est sur ce dernier point : quels autres types de suppléances pourraient être développés ? A la fois pour aider les parents à tenir leur engagement et pour faire grandir la foi du bambin, mais aussi, bien sûr, dans l’espérance que cela finisse par impacter la foi de ses parents ».

    • Il faut acepter la réalité. Avec la sécularisation, nous sommes comme dans un cecle vicieux, où les « suppléances » deviennent de plus en plus rares.

     » Vos deux principaux arguments, que je comprends bien, c’est que 1) les parrains/marraines ne répondent pas aux exigences attendues car ceux qui pourraient y répondre sont extrêmement rares et 2) l’engagement oral n’a que peu de valeur. »

    • En effet, ce sont deux arguments sérieux.

     » 1) Lorsque j’ai dit que le couple préparateur était bien placé pour travailler le sujet du parrain, je ne mettais pas du tout le rôle du prêtre entre parenthèses. Ce que je voulais dire par là, c’est que le couple peut plus facilement témoigner de sa propre expérience pour leur montrer combien il est préférable pour leur enfant de choisir parmi leurs connaissances qq’un de pratiquant (Même mes amis les moins croyants ont tous dans leur famille éloignée ou dans leurs connaissances au moins un catho. 4,5 % c’est 1 peu plus que 1 pour 25, ça n’est pas rien !) plutôt qu’un ami intime qui ne croit ou ne pratique plus. C’est un point délicat, car souvent les parents ont déjà choisi les parrain/marraine avant même d’avoir commencé les démarches de baptème et c’est pourquoi je pense qu’il est essentiel de creuser cela avec les couples accompagnateurs ».

    • On a déjà tenté votre solution de trouver de vrais parrains solides dans leur foi dans la famille ou dans la paroisse. Mais les parents refusent pour la raison que cela les gênent d’avoir à faire avec une personne inconnue et qui – dans leur mentalité – est nécessairement tenue à faire des cadeaux. De plus, les parents choisissent les parraiins avant même d’en parler au prêtre et c’est un drame si on remet en cause leur choix. Je remarque d’ailleurs que les parrains habitent loin de leur filleul, ce qui n’est pas normal.

     » Maintenant, comme je le disais un peu plus haut, la communauté paroissiale a aussi une grande importance. Il me semblerait bon, par ex, que le prêtre, les couples accompagnateurs ou d’autres de la paroisse recontactent les familles, si ce n’est régulièrement pour des propositions de retraite, du moins lorsque l’enfant arrive en âge d’être catéchisé ».

    • Les parents non pratiquants refuseront en majorité de faire une retraite si ce n’est pas obligatoire. Les équipes baptême ont bien du mal à recontacter les nombreux parents de manière systématique, et les fêtes des baptisés n’arrivent même pas à rassembler la majorité des baptisés de l’année passée.

     » 2) Si vous ne donnez aucune valeur à l’engagement oral, alors on est plutôt mal barré, parce que c’est ce que nous faisons tout au long de notre vie de chrétien, à l’occasion de chaque sacrement, lorsque nous nous confessons, etc. Notre réponse à la générosité de Dieu s’apparente à un petit pas timide en sa direction. Notre « oui » est toujours un peu faible, même s’il doit être prononcé dans la confiance que l’Esprit nous sera envoyé pour nous aider à le vivre pleinement. »

    • Je ne dis pas que je ne donne aucune valeur à l’engagement oral, mais je trouve cet engagement oral bien léger. Il en est d’ailleurs de même pour les mariages de non pratiquants. Le fait de se marier à l’église, selon les derniers sondages, ne change rien au taux de divorces. Ne parlons pas des engagements des ados à leur profession de foi. A chaque fois que je participe à une célébration de ce style, ma joie de les voir réunis à l’église se mélange avec beaucoup de souffrance silencieuse. L’Esprit Saint a beau souffler, si les voiles ne sont pas hissées, cela ne sert pas à grand chose.

     » La préparation au baptème doit aider les parents à prendre conscience de cela, de la gravité de cet engagement malgré la faiblesse, toujours présente, de leur foi. C’est pourquoi, nous sommes d’accord vous et moi pour dire que cette préparation ne doit pas et ne peut pas se limiter à l’administratif (une autre piste consisterait d’ailleurs à encourager les parents qui le souhaitent à prolonger cette préparation au-delà d’un nombre minimum de réunions. Par « minimum », j’entends le nombre de rencontres permettant la prise de conscience de leur engagement) « .

    • Les parents sont en général tous très sympathiques et pleins de bonne volonté. Mais ils ne sont pas motivés pour en faire plus que l’obligatoire. Les parents ont besoin d’être soutenus par de l’obligatoire, dans un premier temps, pour leur redonner de bonnes habitudes. Ce ne sont pas des anges !

     » MAIS le point où nos avis divergent se situe dans le glissement, induit par une préparation de type catéchuménale, du sacrement de l’enfant à celui des parents; l »idée que l’enfant ne peut pas recevoir les grâces d’une vie plongée dans celle du Christ tant que ses parents n’auront pas paraphé le CREDO. Oui, la préparation doit être approfondie, oui tout doit être fait pour qu’elle redonne le désir aux parents de cheminer et de retourner à la messe, mais non, la solidité de leur foi ne peut être la condition d’entrée de leur enfant dans l’Eglise ».

    • Attention, je précise que le bébé reçoit toute la grâce sacramentelle au jour de son baptême. Rassurez-vous, avec saint Thomas d’Aquin, je crois bien sûr à l’ »ex opere operato ». Le problème, c’est que l’enfant, bien trop souvent, n’a pas la chance de devenir ce qu’il est pendant au moins sa minorité, s’il n’est pas soutenu par un environnement favorable. Je précise aussi que l’enfant n’est pas baptisé dans la faible foi de ses parents, mais bien dans la forte foi de l’Eglise. Il n’empêche que l’Eglise demande bien aux parents et parrains de proclamer avec fierté (voir le rituel) la foi de l’Eglise.

     » Comme je le disais au début de mon commentaire, je n’ajoute pas grand chose à ce que j’ai déjà dit. Nos positions s’appuient sur deux définitions différentes de ce qu’est le baptème des tout-petits, je doute donc que nous réussissions à nous convaincre l’un l’autre ».

    • Je ne sais pas si on diverge sur la défintion du baptême des petits enfants, mais en tout cas sur les condtions de sa réception, oui, certainement.

     » En revanche, cela m’intéresserait beaucoup que d’autres participent afin d’enrichir cette discussion ! »

    • Pas facile, semble-t-il, de se prononcer. Essayons d’être franc sinon vrai dans ces questions qui me semblent si importantes pour l’avenir de notre Eglise en France.
  50. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Ma position, je la résume ainsi : Caritas in veritate.

  51. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Ah tiens, moi aussi ! ;)

    Je souhaiterais préciser que je partage avec vous deux l’inquiétude dont vous faites part, mais je pense qu’il est essentiel de ne pas non plus sortir des clous (à tous les niveaux)… Vous assurez, cher Joachim, que ces clous ne sont circonstanciés qu’à l’époque. Je ne suis pas vraiment convaincue. L’évolution des pratiques dans l’Eglise n’est pas uniquement due à celle des sociétés, mais aussi à une volonté de se rapprocher toujours plus de la volonté de Dieu. Il suffit de voir par ex l’évolution de la confession, du dialogue interreligieux, etc.

    ça serait chouette qu’un prêtre participe à notre réflexion…

  52. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bien d’accord pour l’intervention d’un prêtre. C’est bizarre, hein, mais moi aussi, « Caritas in varitate »… Comme quoi ! Je suis d’accord avec l’idée de ‘ne pas sortir des clous’, encore faudrait-il préciser un peu ce que vous entendez par là…

  53. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Un prêtre a l’expérience de la préparation et de la célébration des baptêmes. Je pense que les prêtres se reconnaîtront à peu près dans ce que je décris de cette expérience en pastorale française. Mais ce qui me semble primordial, c’est de se rappeler la grande Tradition de l’Eglise (biblique et ecclésiale) par rapport au baptême des petits enfants, que l’on soit prêtre ou non. Il y a heureusement des laïcs qui ont fait suffisamment de théologie. Avec les arguments traditionnels que j’ai avancés, je ne crois donc pas du tout sortir des clous. En revanche, en forçant la grâce du baptême de manière pélagienne, on sort certainement des clous. Ce n’est pas en s’acharnant à baptiser les bébés sans garantie d’une suite, que la grâce de Dieu va pouvoir agir. La grâce de Dieu ne peut s’épanouir que dans la rencontre de libertés responsables.

  54. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Dans un discours de janvier 1977 au Mouvement néo-catéchuménal (Mouvement que je connais assez mal), le pape Paul VI a redit des vérités essentielles sur cette grande Tradition de l’Eglise concernant notamment le catéchuménat. Voici son propos dans lequel je me retrouve très bien :  » Voici pourquoi nous pouvons comprendre le témoignage que nous apportent nos visiteurs de ce jour: il se développe autour de l’axe de la vie chrétienne qui est le baptême. – Le mot « catéchuménat» se réfère au baptême. Le catéchuménat était la période de préparation au baptême. Maintenant le baptême ne comporte plus, pris dans son ensemble et d’un point de vue didactique, un tel développement. Eh bien! ces néo-catéchumènes disent puisque c’est comme çà, nous le ferons après le baptême! La grâce sanctifiante n’a pas été suffisante. Elle n’a fait qu’allumer un feu qui, ensuite, devait être illuminant et se propager à toute la vie. Saint Augustin fait allusion à ceci: « Le catéchuménat, nous ne pouvons le faire avant le baptême? Alors, faisons-le après». Le catéchuménat, cela veut dire l’instruction, le complément, la formation: toute cette partie éducative de l’Eglise, après le baptême. Le sacrement de la régénération chrétienne doit redevenir ce qu’il était dans la conscience et la pratique des premières générations du christianisme. La coutume et la norme de l’Eglise ont introduit la sainte habitude de conférer le baptême aux nouveaux nés. Quelle instruction ont-ils? Voilà dès lors qu’il on besoin du parrain qui remplace, qui parle en son nom… Mais le baptisé ne reçoit aucun profit de cette attestation que le parrain apporte au prêtre. Laissons de côté le fait que le rite baptismal aujourd’hui concentre liturgiquement (parce que la liturgie garde encore les traces de cette initiation préparatoire) la préparation qui, dans les Premiers Temps, quand la société était profondément païenne, précédait le baptême, préparation qu’on appelait catéchuménat. Plus tard, l’Eglise a raccourci et concentré cette période. Pourquoi? Mais parce que les familles étaient toutes catholiques, étaient toutes bonnes, étaient toutes chrétiennes. Au fond, la société était orientée chrétiennement: « Ils apprendront tout au long de leur vie». »

    « Mais maintenant notre société n’est plus homogène. Elle est pluraliste; plus encore, elle est toute remplie de contradictions et d’obstacles à l’Evangile. Dans le milieu social d’aujourd’hui, cette pratique a besoin d’être intégrée à une formation, à une initiation postérieure, configurée au style de vie propre du chrétien : ceci doit faire suite au baptême ».

    « Voilà le secret de votre formule: elle fournit une assistance religieuse, elle offre un entraînement pratique à la fidélité chrétienne, et elle réalise une insertion effective dans l’Eglise, après qu’on est déjà effectivement, surnaturellement entré dans l’Eglise, mais à la façon d’une semence qui n’a pas encore eu la chance de se développer ».

    « Voilà ce qui explique la renaissance du mot, «Catéchuménat», qui certainement n’entend pas annuler ni diminuer l’importance de la discipline baptismale en vigueur, mais qui au moyen d’une évangélisation progressive et intensive, rappelle et renouvelle, d’une certaine manière, le catéchuménat d’autrefois. Celui qui a été baptisé a besoin de comprendre, de repenser, d’apprécier, de soutenir l’inestimable richesse du sacrement reçu ».

  55. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est pourquoi le parcours « néo-catéchuménal » que je propose aux parents, il faudrait également le proposer à tout naptisé adulte qui a besoin de retrouver la vie de foi, notamment aux étapes de sa vie. Ce que je dis là ne fait que reprendre une des grandes orientations de la catéchèse voulue par nos évêques français eux-mêmes.

  56. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    On peut aussi se rappeler le succès des évangélistes à travers le monde qui ne reconnaissent pas (à tort) le baptêlme des petits enfants, mais qui baptisent ou re-baptisent (à tort) les adultes.

  57. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci Joachim pour ce beau texte de paul VI.

    Vous remarquerez que nulle part, il n’y introduit l’idée que le baptème d’un enfant devrait être conditionné par une démarche catéchuménale des parents.

    C’est cela que j’appelle sortir des clous. De même, le fait de ne mettre aucune condition constitue également une sortie des clous (c’est pour ça que je précisais « à tous les niveaux »).

    Paul VI parle d’une préparation, d’une formation primordiale au déploiement des grâces du baptème. Il explique historiquement l’antériorité et la postériorité des formations par rapport au baptème. Mais il ne s’agit, à chaque fois, que d’une préparation concernant le BAPTISE et non sa famille. Cela ne veut pas dire que former les parents ne sert à rien, sûrement pas, mais en tout cas que cela ne conditionne pas l’accès au baptème de leur enfant. Ce qui le conditionne, c’est que le baptisé ait pu suivre un catéchumnat par avance ou qu’il puisse en suivre un après (d’où l’importance de l’engagement des parents et celui d’une formation minimale et obligatoire pour, au moins, comprendre qu’ils doivent cela à leur enfant).

    Vous noterez également que si Paul VI est extrêmement conscient de l’évolution de notre société déchristianisée, il n’en conclut par autant qu’il faut revenir à un baptème réservé aux adultes. Non, par contre, il encourage toutes les initiatives écclésiales permettant un accès facilisé au catéchuménat post-baptème (comme le fait le mouvement néo-catéchuménal ou toutes les initiatives paroissiales qui aident les parents à tenir leur engagement)

  58. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Relisons Paul VI :  » La grâce sanctifiante n’a pas été suffisante. Elle n’a fait qu’allumer un feu qui, ensuite, devait être illuminant et se propager à toute la vie. Saint Augustin fait allusion à ceci: « Le catéchuménat, nous ne pouvons le faire avant le baptême? Alors, faisons-le après». Le catéchuménat, cela veut dire l’instruction, le complément, la formation: toute cette partie éducative de l’Eglise, après le baptême. Le sacrement de la régénération chrétienne doit redevenir ce qu’il était dans la conscience et la pratique des premières générations du christianisme. La coutume et la norme de l’Eglise ont introduit la sainte habitude de conférer le baptême aux nouveaux nés. Quelle instruction ont-ils? « 

    • La grande Tradition de l’Eglise nous dit que catéchuménat et baptême vont ensemble. Le Nouveau Testament permet de fonder le baptême des enfants par le fait que ce sont des familles entières que l’on baptisait, pas l’enfant sans les parents. Je ne vois donc pas pourquoi baptême d’un petit enfant et catéchuménat (ou assimilé) de ses parents n’iraient pas ensemble, puisque c’était le cas dès le Nouveau Testament. N’oublions pas qu’un petit enfant dépend presque totalement de ses parents. Et puis, si faire une proposition nouvelle, c’est forcément « sortir des clous », alors je ne fais que suivre Jésus qui est souvent sorti des clous par rapport à ses frères juifs. D’ailleurs, cette expression « sortir des clous » n’est ni biblique ni traditionnelle. Donc vous sortez vous-même des clous. CQFD. Encore une fois, le catéchuménat n’est qu’un moyen pour mieux vivre de son baptême. Il est une condition traditionnelle du baptême. Ou alors, que pensez-vous des manières de faire en Afrique qui imposent aux parents de pratiquer le dimanche avant d’accepter le baptême de leur bébé? Pratiques qui permettent de faire grandir l’Eglise, tandis que chez nous, avec le laxisme sacramentel que vous soutenez plus ou moins consciemment, on va finir par voir disparaître le baptême des petits enfants (1% de moins chaque année en France). D’ailleurs, si les chiffres du catéchuménat des adultes et des enfants en âge de scolarité augmentent en France, c’est en grande partie parce qu’il y a moins de baptêmes de petits enfants. Je ne vise qu’à défendre les enfants afin qu’ils puissent recevoir une véritable éducation chrétienne. Condition sine qua non, selon les textes de l’Eglise, pour accéder au baptême. Si vous avez une meilleure solution, il ne faut surtout pas vous gêner pour nous la présenter. Mais le statu quo d’aujourd’hui devient de plus en plus intenable. Et il vaut toujours mieux prévenir que guérir.
  59. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je ne pense pas que Louve défende le « laxisme sacramentel ». Ce n’est pas ce qui ressort de ses propos. Je lui donne raison sur un point : le fait qu’il n’est nulle part question, ni dans le Droit Canon, ni dans le discours de Paul VI que vous citez, ni même dans le NT, de conditionner le baptême d’une personne, pas même un petit enfant n’ayant pas l’âge de raison, par une pratique religieuse assidue ou un certain niveau de formation catéchuménale de ses parents. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas envisager de telles conditions, et y réfléchir à partir de pratiques particulières locales qui intègrent de telles conditions, comme l’exemple africain que vous citez, et qui me semble intéressant à exploiter, en gardant toutefois à l’esprit les différences fondamentales d’état d’esprit et de modes de vie (y compris de vie de Foi !) entre ce milieu et le notre.

    Je suis d’accord avec vous sur le fait que la situation actuelle requiert de ajustements, importants pour certains. Toutefois, êtes-vous bien certain qu’en durcissant les conditions d’accès au baptême, l’Eglise va multiplier le nombre des baptisés ? Ne craignez-vous pas que nombre de parents assez peu proches de l’Eglise, devant un refus du prêtre de baptiser leur enfant, ne rejettent finalement totalement l’Eglise et son Enseignement ? Je connais personnellement une petite fille dont les parents ne sont pas pratiquants, et ne partagent pas toutes les positions de l’Eglise, par manque d’informations surtout. Ils ont tenus à ce que leur fille soit baptisé à 4 ans, et la marraine qu’il lui ont choisi, qui fait partie de la famille, est certes croyante également, mais pas vraiment pratiquante, et pas la mieux placée pour donner une éducation de Foi à cette enfant. Pourtant elle s’y est engagée, et elle le fait, à sa façon, pas très bien sans doute, avec des erreurs… La grand-mère par contre veille à transmettre sa Foi à sa petite-fille. Là encore, c’est loin d’être parfait… Mais que se serait-il passé si le curé avait refuser de lui donner le baptême ? Sa famille aurait rompue avec l’Eglise. Et qui lui aurait après cela transmis la Foi ? Personne. Vous dites : il vaut mieux prévenir que guérir. Prévenons, certes… Mais n’oublions pas que le Seigneur nous envoie sa Grâce pour nous guérir ! Cela ouvre des perspectives qui dépassent la seule application de conditions. Et doit tout particulièrement nous encourager, comme vous l’avez dit, à prendre en main une formation réelle des jeunes chrétiens baptisés.

  60. Panne internet. Je reprends le dialogue. @Hindhal Je recopie un texte ecclésial déjà cité plus haut : « Un texte du Vatican rappelle ceci : » Des garanties doivent être assurées pour que ce don puisse se développer par une véritable éducation de la foi et de la vie chrétienne, en sorte que le sacrement atteigne sa totale » vérité « . Elles sont normalement fournies par les parents ou la famille proche, bien que diverses suppléances soient possibles dans la communauté chrétienne. Mais si ces garanties ne sont pas sérieuses, on pourra être amené à différer le sacrement, et on devra même le refuser si elles sont certainement nulles. »( Congrégation pour la doctrine de la foi, Instruction « Pastoralis Actio » sur le baptême des petits enfants, 1980, n°30). Par ailleurs le concile Vatican II nous a rappelé les exigences de cette véritable éducation chrétienne (Cf. Gravissimum educationis momemtum, n° 2-3). » Les mentalités entre Français et Africains ne sont si éloignées l’une de l’autre. Je propose de refonder ces garanties selon notre contexte actuel. Le monde bouge vite. Proposer des exigences n’est pas anti-évangéliques. Les chrétiens en ont d’ailleurs plus que jamais besoin, notamment les plus jeunes. On risque en effet de perdre des brebis dans un premier temps. Mais quand la vie chrétienne reprendra consistance chez quelques uns, l’évangélisation redeviendra efficace. Pas de résurrection sans passer par le mystère de la croix. Il faut de toute manière reculer pour mieux sauter. Bien cordialement

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