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Sacristain

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Le site qui sonne les cloches

Moi qui balance entre deux âges

Grâce aux découvertes que fait l’excellent Marc sur son site, je suis tombé sur une vidéo hallucinante. Aucun doute possible, ça fume à tout va, le noir et blanc est loin d’être propre, on n’a pas peur du langage militant, encore moins des sciences humaines, c’est l’aube des années 70 !

Un reportage trouvé sur le site de l’INA, avec de vrais zooms dedans, et des clopes au coin des lèvres et une longueur qui ne siérait plus aux 20 heures…

Attention, la plongée est violente (et courageux sont ceux qui iront jusqu’au bout!).

A vrai dire, on en a vite assez, on ne supporte qu’à peine ce langage, cette manière de voir, de s’enfouir, de se défendre de la prière ou de la vie en communauté, ou cette recherche pour rejoindre les « gens de la vraie vie ». A peu de choses près, ça semble même tendre vers le grand soir !

A bien regarder, on reconnaît, la jeunesse en moins, le discours de certains de mes pairs, de mes pères quand ils houspillent les homélies qui ne partent pas de la vie des gens, ou rouspètent quand il s’agit de mettre une chasuble. On sent à plein-nez bien plus que la cigarette : l’horripilant discours militant. D’autant plus irritant qu’il est suranné, vieillot, désuet, et source de la faiblesse de notre Eglise d’aujourd’hui. Plutôt que de lever le poing avec eux, on se sentirait presque envie de leur coller sur le nez, histoire qu’ils comprennent que leurs options à la noix, ben, on en est les fruits malheureux. En gros, sous le discours perce la défaite de nos déceptions de foi enfantine à base de coloriâââges et des messes sabrées en costumes gris sales.

retrouver ce média sur www.ina.fr

D’ailleurs, dans ces reportages, ils ne parlent de leurs pères que pour s’en éloigner, sans tenir compte des acquis, sans chercher à se situer dans la continuité. Ils ne parlent de leurs pères que pour les oublier, « car la situation, voyez-vous, est nouvelle ; car leurs options, voyez-vous, nous menaient dans les murs que nous essaierons de casser! »

Face à ce reportage même pas caricaturé mais déjà caricatural, on se dit qu’on a bien raison de penser ce qu’on pense, et de faire ce qu’on fait, d’oublier cet écart fâcheux de notre histoire ecclésiale. En reprenant des catégories que le père Robert Scholtus a utilisées dans un exposé aux prêtres de Valence, on les méprise « grognards de l’église militante », et on se savoure « hussards de la Foi » et d’un Christ décomplexé (en référence à un article du monde) ! des grognards qui avaient voulu faire sortir l’Evangile des chaires où il prenait la poussière, qui avaient voulu travailler le monde à la manière d’un ferment, faire résonner toute la société non pas d’une chrétienté sociétale sans vie, mais d’une foi et d’un élan tout eschatologique, des grognards qui avaient viré leurs pères pour que l’Evangile soit entendu à nouveau, de l’intérieur, sans tambour, soutanes ni trompettes!

Et les hussards se rebellent. Parce que le monde a fini par oublier la foi, voire la méprise. il nous faut donc oser nous affirmer à nouveau sous le regard de la société laïque, en redisant sans peur ce qui nous fait vivre, pour interpeler nos contemporains! Fi de l’effacement, fi d’une action dont on ne comprend plus le sens, revenons à l’essentiel et puisons dans la beauté de notre foi, dans la richesse de notre vie spirituelle, sacramentelle, théologique des forces pour dilater le monde. Foin du misérabilisme, osons dire notre différence. Et le dialogue en sera plus beau, et le monde, dans son entier, fera un pas de plus vers le Christ Sauveur. Les pères s’étaient fourvoyés, revenons à plus de grandeur!

Ce qui m’amuse, en fait, c’est que le mouvement pourrait ressembler à celui d’un balancier, directions opposées, même hauteur de radicalité, fuite sans retour hors de la situation catastrophique précédente, chacun conspuant la génération du dessus pour avoir manqué l’actualité et la force du message évangélique. Qui sait si dans 30 ans, de jeunes chrétiens ne regarderont pas nos pauvres reportages en 2D de nos chaînes hertziennes en souriant, désabusés à leur tour, devant tant d’idées qui se seront (peut être) révélées comme n’étant finalement pas la panacée annoncée.

J’entends par avance les cris de droite et de gauche : mais qui es-tu petit censeur pour te permettre de juger ? Personne, ou plutôt si, un prêtre et à ce titre ressentant existentiellement de chacune des entailles à l’unité de l’Eglise. Je suis un prêtre, jeune ou vieux, situé comme il peut, au creux de sa communauté, qui oscille sans trop vaciller entre ces options, entre ces personnages, entre ces âges… « moi qui balance entre deux âges », qui n’ai envie de crier ni avec les uns, ni avec les autres, je me prends (je l’espère) à aimer ces projets si antinomiques (apparemment), si incapables de s’entendre, pour écouter, derrière le chant des trompettes, les harmoniques d’un désir de dire l’Evangile aujourd’hui, pour que demain mieux qu’hier soit l’aujourd’hui de Dieu.

Mais le prêtre « du milieu » que je suis souffre forcément d’un triste état de fait : ce désir d’avenir d’Evangile se fait souvent sans la reconnaissance du travail de l’autre. A déployer nos idées, à répondre aux appels d’aujourd’hui, on finit par ne pas entendre, et même par ignorer les travaux avancés par nos prédécesseurs, préférant une tabula rasa à leurs égarements. De l’autre côté, à ne pas écouter les recherches d’aujourd’hui, on sclérose ce qui était souffle de l’Esprit et pourrait devenir idéologie. Je ne comprends pas cet acharnement à croire qu’une piste suivie pourrait être le salut de l’Eglise, à l’exception de tout autre.

Certes, à tenir la voie de la complémentarité, de l’appréciation mutuelle, on doit encourir le risque de se voir reprocher son manque d’audace par les uns et les autres, ou, plus exactement être considéré comme l’incarnation, quoque, des déboires et des affres du camp honni opposé. Tant pis. La communion est à ce prix, l’unité de l’Eglise, en Christ, aussi.

Il ne s’agit pas tant de vouloir imiter, ou bâtir sur les ruines maladroites de nos pères, que de vouloir saisir le don qu’ils nous font, en apprécier la richesse pour y apporter ce que l’Esprit nous souffle d’y donner! un grand mystère en Christ, en Eglise et pour le monde de rupture et continuité, sans sauter de génération !





38 Commentaires

  1. Bonjour,

    J’ai tout d’abord lu votre article (grâce à Koz), puis regardé la vidéo en entier, puis relu votre article. Je ne peux faire de commentaire sur l’Église d’aujourd’hui, et à peine sur celle d’hier.

    Sur ce seul reportage, ce qui m’a marqué, c’est la remise en question de ces jeunes futurs prêtres. Pour ma part, je n’ai pas vu de militantisme, à peine de la politique (sur question du journaliste). Dans une société post 68, profondément bouleversée, voir ces prêtres penser leur sacerdoce, leur place dans le monde, leur lien à l’Église m’a semblé être le signe d’une Église vivante et non sclérosée. J’ai trouvé que le ton était plus celui de l’humilité que de la prise de position militante. Et que finalement, on retrouve toujours l’essentiel: porter le message du Christ.

    La fin du reportage est très forte. Il ne faut pas négliger l’effet visuel voulu par le documentariste : le prêtre seul qui s’en va de dos. Il y a deux personnes qui racontent l’histoire: celui qu’on entend (le prêtre) et celui qui filme (l’homme invisible, inconnu qui a aussi des convictions, des apriori et peut-être un message à faire passer). Si on écoute, sans regarder, moi j’y ai entendu l’engagement. Un engagement lucide, presque un peu désabusé sur les difficultés à venir, mais également un engagement porteur d’espérance, pour le prêtre et pour tous ceux qu’il va croiser.

    La façon dont ces prêtres ont porté leur engagement complique-t-elle la votre aujourd’hui?

  2. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Eh beh, la cuvée Sacristains 2010 s’annonce bien…

  3. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    J’ai écrit l’article assez longuement après avoir vu la vidéo… et je dois dire que je réagissais plus au souvenir que j’en gardais qu’à la vidéo elle-même. A vrai dire, on y comprend bien les motivations, le souci de prêtres tels que je les ai rencontrés, un souci d’Evangile que l’on peut découvrir à sa genèse. Ce qui me paraissait le plus fort, c’est qu’alors même qu’on se comprend peu d’un bord à l’autre, un vrai souci de fidélité au Christ est présent. Ce qui me soucie, c’est que le mouvement de balancier amène à renier trop vite l’opportunité de certaines avancées. Bref, si par ma provoc un peu facile on est amené à comprendre ce qui motive des prêtres qu’on ne comprend pas toujours, alors c’est gagné.

    Alors non, elle ne complique pas, mais à en comprendre le sens, la collaboration se fait plus aisée!

  4. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Ce que je trouve intéressant dans cette vidéo, c’est qu’elle nous replonge dans un contexte, un climat de l’époque très particulier, qu’il est très difficile d’imaginer aujourd’hui. Oui effectivement il est fait table rase du passé, avec une grande violence et une grosse pincée d’utopisme.

    Mais je trouve qu’elle explique et permet de comprendre beaucoup de choses de la situation d’aujourd’hui.

    Ah et merci pour l’excellent Marc ;)

  5. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @David

    Pour dire vrai, je ne comprends pas en quoi votre propos provoque, ni de quel « bord à l’autre » vous parlez exactement (même si j’en ai une vague idée). L’Église m’est étrangère et sa cuisine interne encore plus. Les références de votre article seront certainement mieux comprises de lecteurs plus initiés que moi.

    Même de loin, la motivation des prêtres (d’hier ou d’aujourd’hui) ne m’a jamais parue incompréhensible ou irréaliste. Je n’ai jamais pensé non plus que tout engagement fort (prêtrise, vie moniale mais aussi mariage, paternité etc.) n’allait pas sans de multiples doutes et remises en questions à surmonter. Ce qui m’a plu dans ce reportage (surtout pour l’amateur de philosophie que je suis) c’est que la sincérité de l’engagement n’empêche pas le questionnement. Et c’est aussi par ce questionnement que l’on progresse dans un engagement qu’il faut perpétuellement réaffirmer.

    Si j’essaye de mieux comprendre votre propos, certains aujourd’hui voudraient faire table rase des questions et des choix des prêtres des années 70 ? Sans forcément valider les choix qui ont été faits et dont je ne mesure pas la portée, ce serait dommage de se passer, au minimum, de leurs questionnements et tentatives de réponses. Bien sur, cette réflexion est le fruit d’une époque mais la question posée dans le reportage « prêtre, pour quoi faire? » me semble toujours d’actualité. Je ne doute pas de la réflexion des prêtres et de l’Église toute entière sur le sujet. Par contre, l’image et le rôle du prêtre aujourd’hui pour la société en dehors de l’Église n’est pas forcément facile à comprendre, ni à relier avec l’idée générale (l’inconscient collectif) de ce qu’est le catholicisme.

  6. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    c’est drôle, le premier « témoin » s’appelle André Noël. Si il a bien été ordonné, il s’appelle donc « Père Noël ». D’ailleurs il dit : « on peut sortir à minuit et rentrer à 4 heures ». On n’arrête pas le progrès ! Et il a du remplir son église… Oups ! pardon, la salle municipale transformée en église… Excellente trouvaille que ce docu en effet. Vivement dans 30 ans que LE séminariste de France regarde avec émotion et amusement (soyons fous) les séminaires d’aujourd’hui.

  7. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Fred : petit, j’ai connu un prêtre qui s’appelait le P. Noël, je me demande si c’est le même. :) Si oui, il avait changé son fusil d’épaule.

    @Philo : notre but est-il de diffuser « le message du Christ » ou « d’être le Christ pour nos frères » ?

    @David : si tu me permets une hypothèse, je crois que ce mouvement de balancier si fort trouve un peu sa source dans l’exigence que, nous laïcs, avons envers nos prêtres : au lieu de les recevoir simplement comme des hommes faillibles, nous voulons en faire des surhommes.

    Pour correspondre à nos espoirs, ils sont donc tentés de plonger dans l’idéologie (quelle qu’elle soit, et de préférence opposée à la génération précédente) et de faire table rase du passé qui -si on le regarde en face- n’est peuplé que d’hommes et pas de demi-dieux.

    Là où c’est vicieux c’est qu’il me semble que cette exigence trouve sa source dans notre volonté de mettre les prêtres sur un piédestal… pour mieux les ignorer. C’est confortable, un prêcheur surhomme quand on n’est qu’un simple humain.. ça permet d’écouter benoîtement les homélies sans jamais en tirer les conséquences.

  8. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Cher David,

    tout à fait d’accord avec ton propos. C’est pas évident d’être « prêtre « du milieu » » (sauf quand on se retrouve entre « prêtre « du milieu » »), on attire les critiques des uns ou des autres (et parfois, heureusement lesencouragements des uns et des autres), mais c’est tellement agréable de pouvoir parler à tous, dessayer d’être un signe de communion pour ceux qui parfois n’arrivent pas, à cause de leurs idéologies, à voir un chrétien en leur frère…

    Merci encore pour ce billet.

  9. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Ben moi, je donnerai ma chemise pour voir un reportage avec les mêmes séminaristes devenus prêtres, maintenant, pour voir comment ils ont évolués, comment l’exercice de leur sacerdoce a pu changé leur visions des choses. Quelqu’un a des infos sur ce qu’ils sont devenus ?

  10. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    J’aime beaucoup votre article (qui me surprend un peu ! mais dans le bon sens ;-) )… mais je suis effarée par la vidéo qui l’accompagne. Enfin, effarée… Je le savais déjà, mais il y a toujours une différence entre le savoir théorique et le constat, de ses propres yeux, des phénomènes que l’on a passé des heures à décrypter ou à extrapoler.

    Ce reportage pourrait s’intituler avec raison « Chronique d’un désastre annoncé »… Tout y est : rébellion contre l’autorité du Pape et des évêques (m’enfin… contre toute autorité en général… c’est peut-être lié à l’époque ^^), rejet du Magistère, absence ou presque de formation théologique et liturgique, désintérêt pour l’oraison (et sans doute pour la direction spirituelle, puisque tout est à réinventer…), incompréhension profonde du sacerdoce, passion pour le monde (celui que nous sommes censés transformer, et non pas épouser)… A vrai dire, ce qui métonne, c’est que la chute ait été si rapide. Il n’y a que quelques années d’écart avec le Concile Vatican II, et pourtant les soutanes ont déjà été brûlées, les séminaires ouverts, la liturgie défigurée (non non, c’est pas le missel de Paul VI, qu’on a vu ! :-D ), la révolution dans tous les esprits…

    On aurait tort, cependant, de jeter la pierre à la génération qui est venue au sacerdoce dans ces années de tumulte. Ces jeunes idéalistes, tous gonflés de leurs espérances et confondant allégrement religion et politique, sont entrés dans un système qui était déjà en train de s’écrouler. En effet, qui a ouvert les séminaires et réduit les cours à une misérable poignée d’heures hebdomadaires ? Certainement pas les jeunes. Qui a fait ôter les habits religieux, célébrer les messes hors des chapelles, transformé la liturgie (contre le missel) en une pâle imitation du culte réformé (le pain qui n’est plus le Christ, la communion que l’on se donne en se passant le plat… typique) ? Pas les jeunes non plus. Quels maîtres ont été suffisamment insouciants ou ignorants de la théologie et de la liturgie (je ne reprends ici que certaines réflexions de plusieurs pères conciliaires) pour ne pas trouver nécessaire ni même utile de les enseigner ? Toujours pas les jeunes. Qui a laissé les séminaristes livrés à eux-mêmes et à leurs idées, abandonnant la direction spirituelle et la formation droite de l’esprit ? Décidément, ce ne sont pas les jeunes.

    Il serait faux de croire que mai 68 ou le Concile Vatican seraient responsable de l’avalanche de bouleversements dans l’Eglise des années 70. Tout cela était en germe depuis longtemps. Les récits du déroulement des séances du Concile témoignent d’une division très nette, déjà à l’époque, entre « progressistes » et « conservateurs »… et les pères conciliaires n’étaient pas tous jeunes : leur propre formation avait eu lieu plusieurs décennies en amont. Les Papes Pie IX, Pie X et Pie XII condamnaient, dès le XIXème siècle, les idées avancées par les nouveaux théologiens du moment qui, quoique interdites, étaient cependant enseignées et prêchées en chaire. Les séminaristes, que l’on abrutissait de maximes toutes faites au lieu de leur former l’esprit, se sont jetés sur ces nouveautés qui leur semblaient un vent de fraîcheur intellectuelle. Les fidèles, à qui on faisait apprendre de même des vérités établies au lieu de se les approprier, ont avalé le même poison avec toute la confiance et l’obéissance dont ils faisaient encore preuve envers les prêtres. Et cela ne se passait pas dans les années 70, mais au début du XXème siècle… Bien avant le Concile, on communiait dans la main dans certains diocèses de France (une tolérance qui ne sera accordée avec réticence par le Pape Jean-Paul II qu’au tout début des années 80).

    Bon, voilà, je m’étale… :-D

    Tout ça pour dire que si balancier il y a, c’est un balancier qui a pris son élan à la fin du XIXème siècle… Bon, rien de surprenant : la Réforme n’est pas apparue en une génération non plus, et la Contre-Réforme a mis un certain temps avant de s’imposer à son tour. L’histoire est un éternel recommencement ! :-D

    Conclusion tout de même : mot pour mot, le dernier paragraphe de ce billet ! Parce qu’effectivement, une fois constaté ce qu’il y a à constater, il faut bien faire avec ce qu’on a entre les mains. On ne peut pas réinventer un passé qui nous plairait mieux : l’héritage est un tout.

  11. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Marc: moi aussi j’ai l’impression de reconnaître les racines de certains propos entendus encore aujourd’hui par certains… et des peurs aussi de certains quand ils croient reconnaître dans la situation d’aujourd’hui la recrudescence de la situation dont ils avaient senti les limites. Ce n’est pas juste, mais la peur se comprend

    @philo: tout engagement est lié à des questionnements, ça me paraît évident, mais je suis content que vous le souligniez. ce qui semble aujourd’hui passer par pertes et profits, c’est notamment les fruits de travaux en lien avec les sciences humaines où il y a eu un boulot incroyable. A recentrer exclusivement sur spi/liturgie/théologie, on risque d’en perdre beaucoup

    @Fred: tss! tu fais du mauvais esprit Fred! N’empêche que nos choix d’aujourd’hui seront sans doute jugés avec la même mansuétude que celle qu’ancilla domini a sur ce reportage. ça fait plaisir par anticipation ;)

    @incarnare: j’entends l’hypothèse mais je n’en suis pas sûr. Même si on entend les appels, si on est à l’écoute du peuple qui nous est confié, je ne suis pas sûr que cela soit la « mesure » de notre action comme prêtres. Il me semble que ces prêtres ont plus de recul qu’une simple « réponse » (même si je ne doute pas que vous voyiez ça de manière plus subtile que je le suggère). Voyant une situation (léguée), entendant les appels de l’Evangile qui ont été plus négligés, ils orientent leur pastorale en fonction de ce qu’ils perçoivent comme appels de l’esprit. Sinon, on serait toujours en train de changer de cap… Sans doute parce que le groupe « les laïcs » est TRES loin d’être homogène. D’ailleurs, ces mouvements de balancier ne sont pas nécessairement tant celles des pasteurs que des chrétiens engagés dedans. Les curés, quoiqu’il arrive, ont le devoir de l’unité.

    @Lemessin: on va finir par croire qu’on parle de Mafia, là, non? Je vous rejoins sur la « joie »

    @juhi: il y a donc une chemise à gagner! Mais je suis comme vous, j’aimerais entendre ce prêtre aujourd’hui. Je gage que ce serait passionnant.

    @ancilla domini: vous tentez d’illustrer mon billet, c’est ça? Appliquer au passé le crible de votre tamis théologique d’aujourd’hui me semble d’une violence inattendue, ou au contraire attendue. Bon, vous déplacez l’anathème des pères sur les grands pères… c’est censé me rassurer? On dira que je ne vous comprends ni ne vous rejoins. Et j’espère, finalement, que vos chemins ne se croiseront pas trop souvent, vous seriez capables de vous blesser mutuellement, en Christ.

  12. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ David : je continue le mauvais esprit (tu me connais) : es-tu sûr qu’il est encore prêtre aujourd’hui ? Mais là j’ai conscience de déraper. Je retourne à la rédaction de ce que tu sais..

  13. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Fred : j’ai fait quelques recherches pour savoir si André Noël était prêtre, où quand comment, mais je n’ai pas réussi à avoir de réponse, je ne suis même pas certain qu’il a été ordonné.

  14. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Père Lerouge :

    Hm ? « Violence attendue » ? Euh… où ça ? « Rébellion contre l’autorité du Pape », c’est la scène dans le réfectoire (« On s’en fout on f’ra c’qu’on veut quand même ! ») ; « rejet du Magistère », c’est André Noël qui l’explique ; « absence ou presque de formation théologique et liturgique », ce sont les 6 à 8h hebdomadaires (ou alors la voix off s’est trompée et a dit « semaine » au lieu de « jour ») ; « incompréhension profonde du sacerdoce », c’est André Noël qui refuse tout ce qui est propre à un prêtre et préfère la politique ; passion pour le monde (idem + les réflexions de ses copains de séminaire + les réflexions sur le dépoussiérage et la nécessité d’aller rejoindre le monde)… Qu’ai-je dit d’extraordinaire ? Rien. La vidéo, vous l’avez vue comme moi. Si rien ne vous frappe… c’est vous qui me surprenez.

    En toute honnêteté, mon Père : ai-je écrit une seule ligne qui soit fausse, dans tout cela ? N’auriez-vous pas simplement préféré que j’écrive : « Que c’est enthousiasmant, toute cette jeunesse ! C’est l’Eglise en marche ! Comme ces jeunes nous ressemblent ! » Sauf que, contrairement à vous, j’ai le même âge que les protagonistes de cette vidéo, et que je reconnais le même orgueil et la même immaturité qui m’enflammaient, comme eux, un peu plus jeune (les filles vieillissent plus vite ;-) ). Grandes phrases, grandes ambitions, grandes idées, grandes certitudes… seul le domaine d’application diffère.

    C’est drôle… En fait, vous voudriez que l’on résolve la crise de l’Eglise en France sans en rechercher les causes, n’est-ce pas ? Si vous voyez dans tout constat une accusation, autant ne plus réfléchir. Ne lisons surtout pas les témoignages de ceux qui nous ont précédés, inventons tout nous-mêmes et répétons indéfiniment les mêmes erreurs.

    Le « crible de mon tamis théologique d’aujourd’hui », mon Père, c’est Pascendi Dominici Gregis (1907) et Humani Generis (1950) qui prennent la poussière sur mon étagère. C’est aussi Quanta Cura et le Syllabus (1864) et Rerum novarum (1891) que j’ai lus hier (commencé seulement, pour Rerum novarum). Ils sont drôlement visionnaires, ces Papes, si leurs encycliques sont un « tamis théologique d’aujourd’hui ». ^^

    Toutes les élucubrations les plus « en avance » d’un Golias sont contenues toutes entières dans Pascendi : ces soi-disant nouveautés avaient déjà fait souche il y a plus d’un siècle. Que voulez-vous que fasse d’autre que de constater ce que j’ai sous les yeux ? L’homme qui veut tout inventer ne lit pas ce qu’ont fait ses prédécesseurs et reproduit la même chose en se croyant novateur.

    Bon. Puisque ma « violence » (mince, comme vous y allez ! :-D ) ne vous a pas surpris… permettez-moi de vous surprendre maintenant. Autrement.

    « Fanfare, théâtre, projection, cinéma, etc., je ne blâme point tout cela. Au début, moi aussi, je les avais crus indispensables ; ce ne sont que des béquilles qui s’emploient faute de mieux. Mais plus je vais, plus mon but et mes moyens se surnaturalisent, car je vois de plus en plus clairement que toute oeuvre bâtie sur l’humain est appelée à périr et que seule l’oeuvre qui vise le rapprochement de Dieu et des hommes par la vie intérieure est bénie par la Providence. Les instruments de musique sont au grenier depuis longtemps, le théâtre m’est devenu inutile, cependant l’oeuvre prospère plus que jamais. Pourquoi ? C’est que mes prêtres et moi voyons, Dieu merci, bien plus juste qu’au début, et que notre foi dans l’action de Jésus et de la grâce s’est centuplée. »

    Petite devinette… une idée de l’auteur ? De l’époque ? Le vieux chanoine Timon-David, cité par le jeune Abbé Chautard dans L’Ame de tout apostolat… première décennie du XXème siècle. Si si. Méthodes d’évangélisation employées à la fin du XIXème siècle : « instruments de musique », « théâtre ». Méthodes du début XXème : « fanfare », « théâtre », « projection », « cinéma ». Ils ont plagié le XXIème siècle, ces affreux ! :-D

  15. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    PS : Je n’ai aucune mansuétude. Je suis un terrible bourreau sanguinaire. D’ailleurs, j’ai encore mangé une côtelette d’infâme soixante-huitard réactionnaire ce midi, frite dans l’huile avec des petits oignons. C’est délicieux, je crois que ce soir je vais me faire un steack de théologien… :-)

  16. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est intéressant, je trouve. Ces jeunes gens, pleins de leurs espérances, de leurs idéaux (voire de leur idéologie, d’accord), représentant un moment de l’Eglise. On aurait tendance à en rire, à les accuser de la crise de l’Eglise, puisqu’ils s’engageaient sur des chemins… un peu étranges (cf. la politique en particulier, et diverses choses sur lesquelles on est revenu)…

    Mais effectivement, il y a des questions qui se posent, non pas celle des responsables mais celle des causes : comme le pointe du doigt AncillaDomini, pourquoi avoir réduit à ce point la formation visiblement limitée à l’exégèse et à la théologie ? Pourquoi avoir renoncé à la chapelle, qualifiée aimablement de « bondieuseries » ? Etc., etc.

    Et puis, c’est sidérant, ce jeune homme, séminariste depuis longtemps (puisqu’il doit être ordonné dans quelques mois), qui semble considérer la messe comme accessoire…

    Et en même temps, il y a la dernière phrase, que je trouve géniale : ce gars-là, finalement, il est au séminaire pour que les autres découvrent le Christ… puisque c’est ainsi que se conclut la vidéo… et ça a un sens quand même, malgré toutes les contradictions !

    Vraiment, ce serait intéressant de retrouver cet André Noël, de savoir ce qu’il est maintenant, et comment il envisage le sacerdoce… Et aussi, de faire le même type de film, posant la même question, dans un séminaire d’aujourd’hui ! (ne serait-ce que pour que dans trente ou quarante ans, on se dise : mais quelles absurdités, en 2010, les séminaires !

  17. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    puisque la discussion grandit ailleurs, je me permets, et avec son aimable autorisation, de publier ici la réaction de François Moog: (pour ne pas mettre le sceau rouge de l’auteur, je me suis permis un chgt provisoire de pseudonyme.) je lui demandais en quoi l’article l’avait intéressé:

    Bien cher père,

    Je sors d’un cours sur le ministère presbytéral (!) et je découvre le désir que vous exprimez d’en savoir un peu plus sur le regard que je peux porter sur votre billet… J’ai peu à en dire (désolé !)

    Ce que vous écrivez me remet en mémoire les réactions entendues chaque fois que je suis appelé à prendre la parole devant le presbyterium d’un diocèse. Je suis alors le seul laïc de la salle et c’est moi qui parle de l’Eglise (assez jouissif quand même). A la pause, les uns et les autres viennent me voir. Les prêtres en pull à motifs colorés viennent se plaindre de ne pas être compris par ces jeunes, là, qui sont en train de défaire ce qu’ils ont mis tant d’énergie à faire. Les prêtres en col romain viennent se plaindre de ne pas être compris par ces anciens, là, qui leur mettent des bâtons dans les roues…. Lihat Selengkapnya

    Au cœur de cette incompréhension réciproque (et pour moi, elle est due à l’absence d’un génération : où sont les prêtres de 55-70 ans ?), je suis souvent obligé de dire que les uns et les autres sont dans l’erreur : les jeunes prêtres ne sont pas en train de défaire ce qu’on fait leurs anciens. Ils sont en train de construire, dans la même fidélité que leurs anciens, l’Eglise dont le monde a besoin. Et les anciens ne sont pas des gauchistes attardés mais des hommes qui ont livré toute leur vie au service de l’Evangile et des hommes de ce temps et qui, plus que d’autres, souffrent de la situation présente. Accuser les uns d’avoir bradé la foi catholique reçue des apôtres et accuser les autres de vouloir revenir à une doctrine pré-conciliaire sont deux erreurs communes qui sont facteurs de divisions : leur auteur est donc connu.

    Le danger : le ressentiment qui naît qu’une absence de communication. Tout cela n’est finalement qu’un bête problème de transmission et de tradition. Une illusion d’optique également, qui fait prendre les jeunes prêtres en col romain pour des « tradis » alors qu’ils ont un rapport très post-moderne à une tradition qu’ils ignorent ! et les « anciens » pour des modernistes alors qu’ils ont aimé l’Eglise pour ce qu’elle est et se sont mis authentiquement à leur service (quel que soit le discours militant « vieillot, désuet » qui est le privilège des anciens, et ce de tout temps, bien que je connaisse certains jeunes…). La situation actuelle n’est ni le fait des uns, ni de la responsabilité des autres. Elle doit cependant nous provoquer à interroger notre « fidélite au Christ présent » et au « désir de dire l’Evangile aujourd’hui », comme vous le dites si bien.

    L’énergie consacrée au ressentiment réciproque est perdue pour la nécessaire reconnaissance mutuelle comme pour l’annonce de l’Evangile. Et pourtant, il me semble juste de devoir honorer la peur des uns, les incompréhensions réciproques et les angoisses des autres. Alors merci pour votre billet pour lequel j’ai volontiers mis un lien sur mon mur. Et bon courage !

  18. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Père, Vous désirez concilier l’identité de votre génération et celle de vos pères, qui ont été confrontés à une remise en cause globale de leur identité. A votre tour, vous ne voulez pas être entraîné dans une politique de table rase, c’est à dire, en gros de ne pas tomber dans le travers des pères, confrontés, et parfois tentés par des moyens révolutionnaires. Et votre désir de rester humble s’accommode mal des réflexions historiques d’Ancilla, qui ne répondent pas à votre interrogation du qui suis-je ici et maintenant. Pourtant les prêtres ont beaucoup changé, les sirènes du marxisme ne vous tourmentent plus, le militantisme, l’envie d’épouser l’époque et la société au point de s’y fondre ont été remplacés par la soif de la Présence divine, comme seul vecteur de réel changement. Dans votre vie de prêtre, balancez-vous entre charité et tradition, comme si le débat était intellectuel, ou y répondez vous simplement par des actes qui vous semblent correspondre, non à une image sociale du prêtre idéal, mais à la liberté que donne l’Esprit?

  19. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Fred: on aura peut être un jour l’info. Je ne lui souhaite pas. Ces départs sont une violence grande tant pour l’Eglise que pour ceux qui sont concernés. Pour ce qui est de ta rédaction, j’attends, je lirai!

    @Marc: si même toi tu ne sais pas…

    @Ancilla: ce qui me met mal à l’aise, vous le savez bien, ce ne sont pas les catégories invoquées pour tenter d’analyser, ou le désir d’analyse, c’est justement que vous prenez exactement le contre pied de ce que j’ai essayé d’écrire. J’ai peut être mal lu mais j’ai compris votre intervention comme : « oui, vive la sortie des discours militants, de l’orgueil des positions idéologiques, des violences… dans la mesure où tout le monde reconnaît que ma grille de lecture est la bonne et que vous étiez dans l’erreur ». Je ne doute pas de l’opportunité du recentrage sur la richesse de la vie spirituelle, sacramentelle, ecclésiale, théologique au sens strict. Il est toujours bon de revenir au Christ. Mais de là à envisager le travail de nos pères comme la source de toute la décadence de l’Eglise, je suis franchement plus circonspect. Un dialogue qui commence par « c’est la faute de … si c’est comme ça ». Ne croyez vous pas qu’on souffrira des mêmes propos plus tard? Ne faudrait il pas juxtaposer (dans la communion) la pertinence de vos pistes et celles des leurs plutôt que de vouloir remplacer les « erreurs » des autres par nos vérités? Je ne connais pas beaucoup l’argumentaire qu’il y a derrière mais j’ai l’impression d’avoir un peu déjà lu ce que vous écrivez. alors voilà, si je réagis, c’est que votre propos amène justement la situation de tension qui n’est pas si productive. En outre, je suggérais que la vidéo était un peu caricaturale… Elle est signe en tout cas des « errements » liturgiques des années 70 (grosso modo) où dans l’enthousiasme d’un sentiment de libération, on est allé sans aucun doute beaucoup trop loin. Mais cette situation n’a pas duré. On trouverait dans les combats de l’autre sens des tensions tout aussi caricaturales (qu’on se batte pour un rite à la sortie d’une messe restera sans doute à jamais comme un contre signe que « celui qui divise » ne rejetterait pas, au contraire). Bref, je crois que nous nous apprécions trop par ailleurs pour nous laisser aller à l’argumentation par l’invective, ou par les listes censées impressionner. Il y a peut être quelque chose de plus profond à chercher. PS: ne mangez pas trop de soixante huitard, il risque, avec le temps, d’être faisandé (et puis méfiez vous, mon nom Lerouge, je le tiens de mon père… Daniel ;) )

    @Edel: suis bien d’accord avec vous, merci d’ajuster les propos.

    @fx: suis tout autant perdu que vous, bien souvent. J’essaie de faire juste, sans succès souvent. Je ne saurais répondre correctement à vos questions. il est probable que mon caractère passablement court m’entraîne dans des péchés contre la communion de temps en temps, ou que mon désir de rejoindre ceux qui restent à la porte m’entraînent à des signes que je ne saurais donner comme « modèles »… Par ailleurs, sur d’autres blogs, on suggère que mon attitude est loin d’être humble. C’est évident que se poser en censeur comme je semble le faire pourrait me positionner en donneur de leçons hors du débat. C’est beaucoup plus compliqué. Que notre communauté soit rassemblée par son désir du Christ, par sa verticalité, tout en étant capable de vivre la communion à l’horizontal (s’appuyant sur un geste de paix explicitement relié dans la messe au pain eucharistique) me semble un désir permanent. Qu’en outre, on soit fier, heureux et libre de vivre dans cette belle Eglise, c’est nécessaire.

  20. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Père Lerouge :

    Je crois bien que j’ai lu votre billet de travers. Du début à « revenons à plus de grandeur », c’était du second degré, n’est-ce pas ?

    Paradoxalement, il n’y avait pas vraiment d’accusation particulière dernière ces lignes… Il me semblait même prendre le contre-pied d’un certain discours qui fait tout commencer (l’élan novateur ou la chute, c’est selon) avec le Concile Vatican II et les années 60-70. Trouver la source d’un courant de pensée pour la distinguer de l’étincelle qui a enflammé une génération. Sachant comment ces « innovations » m’horrifient en règle générale, je trouvais que c’était déjà un bel effort ! :-D

    Ce qui me permet, à moi, de ne pas m’énerver et rechercher ce qu’il pourrait y avoir de bon et que je n’aurais pas vu, c’est justement de me dire qu’il y avait peut-être quelque chose de délibéré dans les grandes « réformes » d’après-Concile… mais pas tellement. Que finalement, ce n’était pas si volontaire que cela, mais plutôt l’aboutissement d’une suite de facteurs et de conjonctions historiques, l’éclatement en pleine lumière de quelque chose qui était déjà sous-terrain. Ca n’ôte rien à l’intention des auteurs, mais ça la replace dans un contexte.

    M’enfin bon… je comprends que ce ne soit pas exactement votre façon de voir les choses. Disons que c’est une tentative de conciliation en provenance du bord opposé… loin là-bas, du côté des franges. ;-)

    PS : en fait, il faut faire macérer dans du vin rouge. Ca attendrit la viande, et ça se marie très bien avec le goût faisandé. Les jeunes rouges, on les cuisine comment, à votre avis ? Là comme ça, je dirais rôtis à la broche… ou non, mieux : sur le grill. En plus, ça doit leur rappeler des souvenirs… genre quand ils écrivaient des billets. :-D

  21. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ancilla domini: un jour j’écrirai de manière à ce qu’on se comprenne de manière plus simple. nous nous sommes donc mutuellement mal lus, si j’ai bien compris! faut que je fasse gaffe, un de ces jours, on va me forcer à utiliser les méthodes de reformulation des sessions « écoute » du CLER… ça sera beaucoup moins drôle

    PS: le jeune rouge n’ayant pas grand chose entre la peau et les os, on veillera à le laisser engraisser avant de songer à le passer à la marmite. sinon, c’est gâcher.

  22. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Père Lerouge :

    En fait, en y repensant… je me suis dit qu’on recherchait peut-être tous les deux un « milieu », mais pas entre les mêmes « extrêmes ». Quelque chose me dit que votre « extrême-gauche » de la foi est nettement plus à gauche que la mienne (genre… messes clown), et mon « extrême-droite » nettement plus à droite que la vôtre (genre… sedevac’). Du coup, votre « milieu » doit tomber quelque part dans la forme ordinaire décontractée, et le mien quelque part dans le biformalisme ad orientem. On n’était pas près de se comprendre ! :-D

    PS : zut.

  23. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Il se trouve qu’un de mes formateurs a bossé sur les séminaires de cette période, et qu’il a évidemment vu cette vidéo, et recherché, historien qu’il est, les circonstances de son tournage. Le fait est qu’elle est en grande partie un montage idéologique : les séminaristes ont joué un certain nombre de scènes dont le scénario avait été écrit par le producteur du reportage. Si. Le plus étonnant pour moi est donc sans doute ceci : comment, Seigneur, ont-ils pu se laisser embobiner au point d’accepter de jouer cela ? Le reportage est donc bien de son époque, les séminaristes peut-être un peu moins, ce qui n’invalide pourtant en rien les différentes réactions que j’ai survolées ci-dessus, ou l’article qui les a provoquées. Il était néanmoins bon de préciser ce fait, peu connu.

  24. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    merci de la précision cher Viannney (triple N?). le fait n’était en effet pas connu. vous avez des nouvelles du Père Noël, alors?

  25. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Vianney :

    Intéressant, en effet ! Cependant… si les scènes sont fausses, les propos tenus sont-ils vrais (tant pour les informations données par la voix off que pour ceux des séminaristes) ?

    Autre question : personne parmi les formateurs du séminaires n’a-t-il jugé bon de surveiller ce qui se passait ? Il sont certainement dû donner leur accord pour que soient tournées ces scènes. Ignoraient-ils ce qui était dit et joué, ou partageaient-ils au contraire les idées avancées ? Car en admettant que cela leur ait été proposé comme le tournage d’un docu-fiction (en avance pour son époque ^^) et non d’un reportage… donner son accord implique forcément une certaine approbation des idées véhiculées par la fiction en question.

    Dans tous les cas, on aboutit à la même chose : les idées évoquées ne semblent pas du tout avoir choqué l’encadrement (ni les séminaristes). Ce qui correspond à d’autres évènements de l’époque.

    L’absence d’habit religieux (Jean-Paul II a déclaré au moins dix fois que la soutane ou au moins le clergyman étaient obligatoires), la « décontraction » des horaires et le déplacement de la messe dans une salle de classe sont des éléments non négligeables… :-/

  26. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Le Père Alain Noël est prêtre dans le diocèse de l’Isère ; je n’ai pas eu le courage de voir la vidéo, je sais trop bien à quel degré de tension elle me fera monter ! C’est que ces années là, je les ai vécu en live… Il existe des diocèses où les choses n’ont pas beaucoup bougé depuis 68. Les paroissiens sont soixante huitards mais ils sont toujours là et ils ont tenu bon pendant une période de désert où l’Emmanuel, St Martin, Le chemin neuf… et autres communauté nouvelles n’existaient pas…Le Père Noël ou plutôt Alain est toujours prêtre et pour cela il mérite notre profonde admiration parce qu’en effet il a donné sa vie une fois pour toutes et qu’il la donne encore … mais il est toujours musicien ! il anime un groupe de rock et il dit la messe, dans l’ordre… C’est compliqué, c’est frustrant à vivre mais les prêtres qui sont encore prêtres avec le peu de formation reçue sont des vrais fidèles !!! Quand vous êtes allés au séminaire de la communauté St martin, de l’Emmanuel ou de Toulon, que vous avez reçu une formation béton, que vous êtes soutenus par une communauté, que vous vivez en prieuré avec d’autres prêtres ou que vous pouvez vous ressourcer avec des messes dont le public est de 2OOO jeunes ou que vous confessez pendant des heures vous n’avez pas la même vie que celui qui jour après jour reste fidèle avec pour tout public quelques senior(e)s aux cheveux blancs dans le désert chrétien qu’est devenu la France… Dans l’Esprit il faut essayer d’écouter, de comprendre, de toujours avoir un préjugé favorable…de surtout ne pas transmettre ces tensions aux générations futures pour qui nous ne sommes crédibles que si nous vivons ce que nous disons ! mais comme c’est dur… Récemment j’ai entendu un jeune dire que l’époque qu’il vivait était spirituellement passionnante parce qu’il y avait plein de « prêtres de feu » (il venait de voir la vidéo « prêtres de choc » sur KTO que je vous recommande quand vous n’avez pas le moral !) Une passante des sacristains (qui fait sans doute monter la moyenne d’âge mais qui a du coup une vision un peu différente !)

  27. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    S’agit-il bien du même prêtre ? Il dit s’appeler André, dans la vidéo… J’ai cherché un « Père André Noël » et un « Abbé André Noël » sur googueule… sans résultat. :-(

  28. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Ancilla

    J’ai cherché un « Père André Noël » et un « Abbé André Noël » sur googueule… sans résultat.

    C’est peut être parce que le Père Noël n’existe pas ?

  29. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Eponymus: je vous trouve dur, Eponymus. il y a des choses qui ne se disent pas si brutalement.

  30. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Carmel: je vous admire (et vous rejoins quand je peux) dans votre désir d’admirer chacun pour ce qu’il donne à l’Evangile, en deça des éléments qui nous énervent au plus haut point. Et même si je ne doute pas de la fécondité spirituelle des communautés « nouvelles’ de notre église, je suis aussi admiratif de ce qui nait dans les lieux tout traditionnels, dans une rencontre, une réflexion, une prière toute simple mais qui transforment des hommes et des femmes. si si! ;)

  31. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ David

    Certes David mais reconnaissez que je n’ai fait qu’émettre l’hypothèse.

  32. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Comme David, Carmel, j’admire votre message, et je pense qu’il se situe en assez droite ligne du billet de David. Je vais parfois en « villégiature » dans le Jura et, effectivement, je peux penser à ces prêtres qui n’ont pas une communauté forte autour d’eux, et qui sont des témoins fidèles, quand bien même on ne partage pas toutes leurs options.

  33. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bienvenue chez les chtis! Je ne pense pas me tromper en écrivant que le film a été tourné au séminaire de Lille. Par ailleurs, on parle d’Arras, l’accent chti s »entend un peu…Si c’est vrai ,cela m’amuse assez car native de Lille et ayant épousé un Marseillais il y a 20 ans, ma belle famille et mon époux m’envoient de temps en temps comme boutade, que Mai 68 n’est pas monté jusqu’au Nord-Pas-de-Calais!!

  34. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Eponymus & Père Lerouge :

    Noooooooooon ! :’-(

    Au s’cours ! Ma vie s’effondre. J’ai besoin d’une aide psychologique d’urgence. Pitié, aaargh…

    Comment ça, vous êtes morts de rire ? Sans coeur ! Bourreaux ! M’enfin ? Qu’est-ce que je vais devenir sans le Papa Noël ? :’-(

  35. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est dommage je passe un peu après la bataille…

    Merci pour votre message Carmel, c’est vraiment très intéressant.

    Néanmoins, concernant le Père André/Alain Noël je pense qu’il ne s’agit pas du même. A mon avis, il s’agit dans votre cas du Père Alain-Noël Gentil, qui fait effectivement de la musique mais ce n’est pas possible que cela soit le même, les dates ne collent pas.

    A l’époque de mon billet sur cette vidéo, j’ai fait des recherches via le Séminaire et la réponse de leur part, que je pense tout à fait sincère, c’est qu’il n’y a aucune mention de son ordination.

  36. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je reviens longtemps après, et trouve des questions à moi adressées. J’y réponds donc ; peut-être serais-je lu ?

    @David : cher Père, le triple ‘n’ m’a échappé, Dieu sait comment (mais il est bien le seul !). Quant au Père Noël, je ne me rappelle que celui qui m’a préparé à la première communion et me l’a donnée, à l’âge de 5 ans (pas lui, moi !). Un saint homme. Le seul truc, c’est que Noël, c’est son prénom ^^

    @AncillaDomini : je me pose la même question que vous. Comment est-il possible de se faire embobiner à ce point-là, qu’on soit séminariste ou a fortiori formateur et supérieur de séminaire ? J’avoue ne pas trop avoir envie de chercher : ce que cela montre à coup sûr, c’est qu’on revient de loin. Ceci dit, je pense à un séminariste (aujourd’hui prêtre) qui soutenait qu’il n’aurait pas peur de répondre présent si, par hasard, on lui proposait de participer à une émission de télé-réalité. Il affirmait cela alors même que mon supérieur venait de refuser la proposition faite au service des séminaristes de mon diocèse par une de ces fameuses émissions… c’est donc tout à fait possible. Ca pose sacrément question ! A ma connaissance, cela n’a pas encore eu lieu. Tant mieux, ça prouve que nous avons peut-être un peu pris nos distances ? Ceci dit, j’ai bien peur de m’avancer trop vite en écrivant cela. Quant à l’habit religieux, le droit canon de 1983 mentionne simplement (à un endroit qu’il suffit de chercher dans le Code) que le prêtre diocésain doit être habillé décemment, en conformité aux règles énoncées par la conférence épiscopale de son pays, une fois celles-ci approuvées par le Saint Siège. La seule proposition de la Conférence des Evêques de France a été refusée. C’est donc la seule décence qui est obligatoire en France, pas l’habit religieux, la soutane, le clergyman ou tout autre col romain n’étant pas habits religieux mais ecclésiastiques.

  37. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je reconnais qu’en regardant ce reportage je me crispe… mais je rejoins la réaction de Carmel. Je me souviendrais toujours du témoignage d’un prêtre âgé de mon diocèse qui se préparait à fêter un jubilé (40 ans de sacerdoce sans doute), racontant ses années de séminaire, la tornade qui passe et révolutionne (quand elle ne détruit pas) les cours, l’emploi du temps, le règlement… les directeurs spirituels qui quittent le ministère, les jeunes ordonnés qui font de même… et au coeur de cette tornade, ces jeunes hommes qui demeurent là, fidèles à leur vocation, fidèles au Christ, fidèles à l’Eglise, alors même qu’ils sont évidemment confrontés à la question « pourquoi ? pourquoi moi? qu’ai-je de plus ou de moins que les autres pour rester? pour désirer être prêtre, pour être prêtre toujours ? » Ce prêtre racontait la difficulté d’organiser des retrouvailles de « promo » alors que beaucoup avaient quitté le ministère… (les 2/3 de sa « promo d’ordination » !) Alors depuis, quand je m’agace de tel ou tel « manquement » à la liturgie, de tel ou tel courant idéologiques post soixante-huitards qui m’horripile… je pense à sa génération malmenée et je rends grâce que ce prêtre soit prêtre.

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  1. un sacristain, forcément, ça se balance | CatInfor.com

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