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Sacristain

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Le site qui sonne les cloches

Nous, fidèles, si nous le sommes..

Douloureuse ironie : en cette année sacerdotale et en plein carême, les prêtres, nos prêtres, pourraient dire qu’ils vivent une vraie montée au calvaire. Eux qui se sont engagés dans cette mission par amour du Christ et des hommes se voient collectivement suspectés du crime le plus ignoble qui se puisse concevoir : abuser de l’innocence, souiller l’enfance, ruiner des vies entières, tromper ses frères.

Le père de trois enfants que je suis n’oublie certainement pas que cette mise au pilori répond au martyr silencieux des enfants. Il voit ces scènes que l’on rapporte. Il imagine ses fils, il pense à sa fille.

Mais il voit aussi passer devant ses yeux les visages de tant de prêtres. Et parmi eux, des amis précieux.

Arnaud, Laurent, Sylvain, Hugues, Armel, Pascal, Antoine, David, Yves, Emmanuel, Antoine, Sébastien, Jacques…

Combien sont-ils à parler si abondamment d’eux, sans seulement les connaître ?

Moi, je vois leurs visages, visages souriants, visages priants, visages de frères, visages de pères. Les visages d’hommes qui se sont mis au service entier de leurs frères et sœurs, des hommes qui ont fait le don intégral de leur vie. Ces hommes devraient porter le poids d’un insupportable soupçon, collectivement et individuellement ?

Célibat et pédophilie. On glose à loisir sur un lien prétendu, quand il ne s’appuie guère que sur la rancune d’un vieux théologien écarté, ou l’incompréhension d’une société qui n’image plus que l’épanouissement personnel ne passe pas par l’activité sexuelle.

L’explication paraît si simple : ça ne pourrait venir que de là. S’ils abusent des enfants, ce ne peut-être que par frustration sexuelle. D’ailleurs, nous-mêmes, imaginerions-nous seulement nous en passer ? Non, c’est donc que… Les explications simples sont rarement pertinentes. Et l’empressement avec lequel certains s’en saisissent rend celle-ci d’autant plus suspecte.

Le célibat questionne. Il dérange, probablement. On le remet en cause parce qu’il renvoie à notre propre rapport à la sexualité, parce qu’il semble, à tort, incarner un jugement moral latent, tacite, quand le sexe est devenu un nouveau dogme, un nouveau tabou, le temple du « c’est mon choix« , à supposer que votre c’est-mon-choix relève d’une pratique sexuelle médiatique. Mais pas la chasteté, pas l’abstinence, pas la continence. L’unanimisme de la réaction contre le célibat n’est pas anodin.

Le plus venimeux des soupçons. Et voilà nos prêtres collectivement placés sous le feu du plus venimeux des soupçons. Pour ce qu’ils sont. Car c’est bien une cause structurelle – le célibat – qui est mise en avant.

Ainsi, on ne se contente pas de soupçonner les prêtres pour ce qu’ils seraient à ce jour, on les enferme dans ce soupçon, dans un déterminisme. Comment y échapper ? Leur état de prêtres les amènerait mécaniquement à devenir des pervers en puissance, malgré eux. Leurs efforts n’y changeraient rien. Et tout ce que l’on pourrait penser d’eux aujourd’hui, toute notre confiance présente non plus. Aucun ne serait à l’abri du soupçon. In fine, le célibat serait tout simplement une structure du pêché.

La coïncidence avec l’année sacerdotale est telle… qu’elle ne semble plus en être une. L’année était consacrée aux prêtres : fallait-il que des faits parfois vieux de plus de quarante ans éclatent cette année, précisément ? Fallait-il donc porter le fer jusque-là, pour atteindre l’Église jusque dans sa structure ? Et cette succession de révélations est-elle pleinement naturelle ?

Nous, fidèles, si nous le sommes… devons écarter ce soupçon insidieux, de tout notre cœur et avec tout notre cœur. Rien ne justifie de faire un lien entre le célibat et la pédophilie. Absolument rien n’indique que les actes pédophiles soient spécialement répandus chez les prêtres.

Les chiffres le contestent. Même la fille du pasteur l’écarte avec un sobre panache 1. Et les analyses se succèdent pour écarter cette explication commode et infondée, qu’il s’agisse de celle d’Olivier Florant, sexologue, du Père Stéphane Joulain (prêtre et psychiatre) qui, pour soulever d’autres questions, écarte celle-ci ou encore de Paul Bensussan, psychiatre et sexologue, expert agréé auprès de la Cour de cassation.

Il faut écarter ce débat, pour les autres et pour nous-mêmes, et le soupçon délétère qui va avec. Écarter cette stigmatisation collective insensée, écarter un déterminisme bien peu compatible avec notre foi. Que ce débat soit mené pour d’autres raisons, soit, si certains le souhaitent, mais que l’on ait pas l’indécence d’instrumentaliser cette odieuse question de la pédophilie pour satisfaire un autre agenda.

Cela n’empêche pas d’être lucide. L’ordination, pas plus que le baptême, n’a jamais fait des hommes des saints. Certains professent qu’il faudrait descendre les prêtres de leur piédestal, on ne se souvient pas qu’ils les aient y jamais mis. Et l’on se permettra de douter qu’un abaissement soit indispensable. Nous sommes capables de nous faire une juste représentation de nos prêtres, merci messieurs.

Cela n’empêche pas non plus de reconnaitre que des évêques ont failli, gravement. En mêlant inconscience, souci de la rédemption et peur du scandale. Sans oublier qu’ils étaient des hommes de leur temps, et que leur temps – lorsqu’il n’était pas ouvertement complaisant – n’apportait pas la réponse appropriée à ces cas de pédophilie.

Et pour être lucide, il faut l’être pleinement. Et ne pas oublier non plus que, contrairement à ce que l’on nous ferait croire lorsque l’on nous rabâche que « l’Eglise doit prendre conscience (etc…) », l’Eglise de France a pris conscience des faits il y a déjà dix ans, qu’elle a fait une déclaration publique lors de l’assemblée plénière des Évêques de France en 2000 et mis en place des actions concrètes2. Il ne faut pas oublier non plus, sans que cela n’enlève rien à la gravité des faits commis alors, que tous ces faits remontent à plusieurs dizaines d’années.

On voudrait légitimement que l’Église soit irréprochable, immaculée. Elle est faite de pécheurs – fidèles, prêtres, religieux, évêques comme Papes. Et, même sur une robe toute blanche, on n’en verrait que mieux la moindre tâche de boue.

Je voudrais conclure avec Jean-Pierre Denis :

« Maintenant, je veux penser à tous les évêques et à tous les prêtres. Ceux que j’ai eu la chance de rencontrer, ceux que vous connaissez. Je me dis qu’à leur place il faut un sacré courage, un héroïsme de tous les instants, avec cette culture du soupçon qui s’insinue, ces crachats médiatiques. Je pense aussi à tous les jeunes qui entrent au séminaire, et à ceux qui se posent la question de leur vocation. Comment peuvent-ils résister spirituellement à cette entreprise de démolition ? Oui, je pense aussi à eux, je les admire aussi pour cette épreuve, et même je prie pour qu’ils se sentent soutenus par vous et pour qu’ils tiennent bon. Qu’ils tiennent, mon Dieu, tant ce monde à besoin d’eux ! Cela, je crois qu’il faut le dire. Aussi. Sans rien retirer du reste3. »

Redire aux prêtres notre confiance, notre soutien, notre affection, notre prière…



  1. «  »Cela n’a aucun sens même si les premiers cas (sont apparus) dans l’Eglise catholique, de viser un seul groupe. Ce problème s’est répété dans de nombreux secteurs de la société. Evitons les simplifications extrêmes (…), tout ceci est un test pour la société entière«  []
  2. voir par exemple, l’édition à 10.000 exemplaires d’une brochure intitulée « lutter contre la pédophilie » []
  3. même si ce n’est pas exactement le même « reste » []




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51 Commentaires

  1. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Célibat et pédophilie, c’est un lien qu’il n’y a pas lieu de faire. Et même, je dirais que s’il fallait en faire un, ce ne serait certainement pas avec le célibat des prêtres qu’il faudrait le faire, puisque ce célibat là est choisi. Non, s’il y avait un lien à faire, ce serait avec les célibataires « forcés », ceux qui ne trouvent pas de compagne…

    Lors d’un débat sur le thème du célibat, de la rencontre et de la vie en couple, j’ai entendu des personnes témoigner comme le célibat forcé leur était difficile à vivre, comme elles aimeraient trouver quelqu’un avec qui partager leur vie. Cette souffrance-là me paraît nettement plus sujet à dérive potentielle que l’obligation du célibat pour les prêtres.

  2. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Dans le dossier monté par Media et Evangile (http://www.medias-evangile.org/IMG/pdf/Dossier_de_presse_mars_2010.pdf), il y a une réponse intéressante du sexologue Olivier Florant à votre réflexion, Tigreek.

    « Le célibat des prêtres peut-il favoriser le passage à l’acte ?

    Ce qui favorise le passage à l’acte, c’est ce qu’on appelle un « contexte de pauvreté sexuelle ». Cela peut concerner des célibataires comme des hommes mariés. Il s’agit d’une carence affective et relationnelle où le manque de tendresse est compensé par des comportements de dépendance sexuelle comme la pornographie, un comportement masturbatoire récurrent ou diverses déviances. Je reçois chaque jour dans mon cabinet des hommes mariés qui vivent cela. La dépendance sexuelle devient même dans notre société un véritable fléau. Concernant les prêtres, le fait de vivre une sexualité continente ne signifie pas en soi qu’ils vivent dans un « contexte de pauvreté sexuelle ». Mais il y a des prêtres qui vivent cela, j’en reçois aussi. Si le célibat choisi n’est pas soutenu par une richesse spirituelle qui donne de l’énergie et un sens à la sexualité continente, cela peut poser des problèmes. »

  3. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    C’est vrai, soutenons nos prêtres, et nos séminaristes, qui peuvent parfois être atteints par toutes ces polémiques, ces critiques, ces assauts de venin.Qui souffrent tous de cette situation. Et n’oublions pas ces enfants victimes, qui sont détruits, et ne voudront plus jamais entendre parler de la foi. N’oublions pas non plus leurs parents, révoltés dans leur chair et ébranlés eux aussi dans leurs convictions.

    « Comment y échapper ? Leur état de prêtres les amènerait mécaniquement à devenir des pervers en puissance, malgré eux. Leurs efforts n’y changeraient rien. »

    Comme tu l’as dit, ceux qui penchent dans ce sens – sans toutefois le formuler comme cela, mais cela y revient – ne s’appuient sur rien d’autre que le fameux adage « c’est bien connu ».

    Comme quoi, la bêtise peut convaincre.

    Je retiens, pour ma part, la réaction de Merkel, celle de Cohn-bendit. Preuve que l’acharnement n’est pas généralisé, et que la bêtise crasse n’est pas une fatalité.

    Ce qui interroge, une nouvelle fois, c’est aussi l’hallali médiatique. Cette volonté renouvelée d’absolument mettre en cause le pape, alors même que de l’avis de tous (ou du moins, de ceux qui sont qualifiés pour parler, car le pauvre type qui écrit ses dépêches assis derrière son ordinateur au chaud, dans sa rédaction parisienne, on se moque de son avis), il a été celui qui aura le plus lutté contre la pédophilie dans l’Eglise. Qui aura été le plus ferme.

  4. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci.

  5. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Effectivement, Louve, j’ai trouvé ce passage de l’entretien avec Olivier Florant très instructif et notamment parce qu’il n’exclut pas que la situation de célibat puisse amener certains prêtres à des déviances (je n’ai pas voulu entrer dans ce débat mais il semble que la véritable pédophilie ne soit pas si fréquente), mais parce qu’elle participe d’une réalité plus large, qui ne frappe pas seulement les célibataires.

    Tigreek, je ne sais pas qu’en penser. Ce que je pense aussi, c’est que ces interrogations sur la perversité du célibat (pour dire vite) doit résonner étrangement aux oreilles de nombreux célibataires, non prêtres. Et que, même si c’est involontaire, même si c’est « collatéral », ça aussi, c’est assez dégueulasse.

    Le Chafouin, j’ai préféré me contenter de questions. Je ne veux pas virer dans le complotisme. Mais j’avoue que cette coïncidence entre l’année sacerdotale, consacrée aux prêtres, qui ont bien besoin de soutien, et ces révélations, m’a interpellé. Je ne crois pas (en tout cas je n’ai aucun élément qui permettrait de le prétendre) que des cercles spécifiques soient à l’origine de tout ça : cela a (re)commencé en Irlande il y a plusieurs mois. J’aurais encore plus de scrupules à évoquer une origine moins « naturelle » à tout cela. En revanche, je ne serais pas surpris que ces faits, cette crise, ait sonné comme une belle occasion à saisir. Je n’en ai que plus de rancœur (je sais, c’est mal) envers Hans Küng, dont j’ai découvert qu’il était encore prêtre, pour sa participation à cette campagne putride.

    Enfin, le Père Sébastien témoigne bien sur son blog de ce qui arrive à certains, et de la blessure qu’il a ressenti. C’est ignoble. Nous connaissons nos prêtres. Alors, après les coups de bambou et de gourdins que nous avons pris, après l’incrédulité, l’indécision, on doit relever la tête. Ce n’est pas facile, parce qu’il faut lutter contre le sarcasme facile, contre les idées reçues et les solutions simplistes, parce qu’on n’a pas envie de donner le sentiment qu’on se place du côté des abuseurs, parce que, aussi, nous sommes potentiellement du côté des victimes, mais assez douter, encore une fois, on les connaît nos prêtres. Le soupçon général ne repose sur rien de concret. Alors il faut « y aller ».

    @ Marie Courtoy : je vous en prie

  6. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bien vu, mr Koz. Tiens, justement ce soir je participe à une émission sur le célibat dans une librairie dijonnaise… Ca va saigner.

    Je ne suis pas à 100% d’accord avec le sexologue de Médias et Evangile, ni avec Stéphane Joulain : ils continuent à mon sens à entretenir le lien, même si c’est pour le critiquer, entre célibat et pédophilie. La pédophilie, c’est une perversion, un point c’est tout. Rien à voir avec une quelconque frustration, liée ou pas au célibat (que je ne nie évidemment pas, mais les célibataires n’ont pas le monopole des frustrations que je sache, et la sexualité est par excellence le domaine dans lequel nous vivons tous d’énormes frustrations). Pour ce qui est de la culture du silence entretenue par la hiérarchie, à fond d’accord avec toi. Je l’ai vécu dans mon diocèse lors d’une des toutes premières affaires de ce type : beaucoup de monde savait, personne ne disait rien. C’était un peu comme ce que Raymond Aron disait de la Shoah : je l’ai su, mais je n’y ai pas cru. Et aussi : c’est pas bien grave tout ça, les enfants il faut toujours que ça exagère. Mais je peux dire aussi que si la justice n’a pas été alors plus sévère avec l’évêque et ses collaborateurs, c’est parce que la police aussi était au courant, et depuis longtemps, et elle n’avait rien fait non plus. Qui est le plus coupable alors ? Dans les affaires allemande, irlandaise, etc, je ne peux pas croire que la police ne savait rien et que la justice était ignorante.

    Enfin, j’ai envie de citer (de mémoire) un sociologue entendu il y a quelques années : le lieu le plus dangereux du monde, c’est la famille ; car c’est dans le cadre familial que se déroulent la plupart des viols, la totalité des incestes (évidemment) et énormément d’actes de violence, toujours connus, rarement punis. ce n’est pas pour cela qu’on va clouer les parents au pilori. Encore que ?

  7. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Koz Pour expliquer l’avalanche de cas (tous plutôt anciens, voire très anciens), est-ce qu’il n’y a pas également la volonté de Benoît XVI de « faire du ménage » ?

    Voir, par ex, cette dépêche de l’AFP : http://www.la-croix.com/afp.static/pages/100313165507.rgayggri.htm

    En voici un extrait: «  »C’est grâce à la rigueur accrue du pape que diverses conférences épiscopales font la lumière sur les cas d’abus sexuels, collaborant également avec les autorités civiles pour rendre justice aux victimes », dit encore l’évêque d’Alessandria. »

  8. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Emmanuel : oui, le lieu le plus dangereux, c’est la famille…

    S’il y a un acharnement contre l’Eglise en général, contre le Pape et les prêtres en particulier, je pense que c’est aussi : parce que c’est l’Eglise, et que ceux qui font ces critiques imaginent que l’Eglise se doit d’être sans faille, en oubliant qu’elle est constituée d’humains ; parce que c’est la France, où la laïcité de 1905 qui se voulait tolérante est devenue aujourd’hui une laïcité d’exclusion, « laïcarde » comme on dit et anti-cléricale ; parce que, comme l’ont rappelé le Chafouin et Louve, il y a une volonté de « faire le ménage » au sein même de l’Eglise, ce qui rend la visibilité de ces sordides affaires plus grande, et donne l’impression (fausse, on est d’accord là dessus) qu’il y a une explosion des cas de prêtres pédophiles.

    Ce constat ne rend pas la pilule plus amère, mais donne peut-être des éléments de compréhension ?… Et donc des pistes de réponses à donner, je pense. En tout cas merci à tous (Koz, mais aussi le Chafouin, Natalia, Emmanuel …) de donner les bons arguments, pour qu’on entende autre chose que les bêlements des journalistes-moutons ! (avec tout le respect que je dois aux journalistes en général, bien sûr)

  9. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Koz

    En fait, sans y voir un complot, on peut y constater un certain fonctionnement de la presse et je ne pense pas que Le Chafouin vienne me contredire. On apprends dans les écoles de journalisme à ne pas parler des trains qui arrivent à l’heure… autrement dit, QUE des trains qui arrivent en retard. Les controverses sont supposées interesser les gens. Mais l’image globale que l’on constate via les canaux d’informations (et qu’avons nous d’autres pour constater à part un témoignage direct forcemment restreint à nos connaissances et activités) est déformée par ce principe et pas qu’un peu. Imaginons, que les agences de presse internationales, surfant sur une mode quelconque, une soudaine controverse, décident de relayer systématiquement une affaire de pédophilie à chaque fois, et uniquement, lorsqu’elle concerne un instituteur et ce, sur une période de 40 ans en arrière s’il le faut et dans le monde entier. Je pense, et elle aurait raison, que la profession se sentirait sans corporatisme aucun, totalement stigmatisée… Si en plus, on ne relayait que les infos concernant des instits travaillant dans des écoles publiques, on pourrait soupçonner un biais idéologiques sans risque de se tromper beaucoup. Si en plus, des psychologues ou autres experts auto-proclamés mettaient en exergue une relation de cause à effet liée à la condition d’instit (autre que de se trouver en présence d’enfants) on ne pourrait pas s’empêcher de penser ce que je pense.

  10. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci Koz d’aborder le sujet.

    Pour répondre à ton point sur le « complot » terrestre et/ou … d’ailleurs (écrire « complot infernal » fait un peu trop film américain testostéronné…), c’est justement la question que je me pose, certes régulièrement,mais en particulier depuis que je croise dans le métro des affiches du film « Legion ». La phrase « Quand Dieu condamne l’humanité, seul un ange peur la sauver »… Les bras m’en tombent… Ils font exprès ou quoi? Le type (ou la femme) qui a pondu ça, l’a-t-il fait par pur hasard? Ou savait que pour les cathos Dieu sauve l’humanité et que le seul ange à ne pas s’être plié à Sa volonté, c’est Lucifer….

    NB : synopsis d’allociné.fr « Que se passe-t-il quand Dieu perd foi en l’humanité et envoie une légion d’anges pour exterminer la race humaine ? Un groupe de résistance se constitue en plein désert autour de l’archange Michael… » D’abord c’est pas Michael, c’est Michel (faudra dire au scénariste et au traducteur de revoir leurs copies! Ensuite, l’archange Michel représenté en tueur bodybuildé avec de grandes ailes noires?!!! Je préfère sa statue toute dorée sur le Mont-Saint-Michel!

    Tout cela n’a certes rien à voir avec la question de la pédophilie et du célibat. Mais sur la question du complot, plus le temps passe, plus les polémiques se succèdent, plus je m’interroge. Spontanément, j’ai du mal à croire aux complots divers et variés dont les journaux nous rebattent les oreilles. Cela dit, les Dan Brown et cie en dénoncent tellement… à force ça leur donne peut-être des idées? Et puis, une volonté diabolique (au sens premier) s’exprimerait-elle autrement? Quelle meilleure stratégie que de détourner les fidèles de l’Eglise en imputant aux prêtres les pires atrocités, pour les détourner les uns et les autres de leur Foi? Pour un non-croyant, cela sera absurde. Mais pour un croyant?

  11. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Je ne crois pas au complot des médias, « ça » fonctionne tout seul. Mais il n’est pas interdit d’y voir une ruse du Malin, qui n’a probablement pas vraiment apprécié l’idée même d’une Année Sacerdotale. Il est écrit « Ces esprits-là, seuls le jeûne et la prière peuvent en venir à bout ». Et nous sommes en Carême…

  12. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Oui, je n’aurais probablement pas du revenir là-dessus, d’autant que c’est loin d’être central, et que je suis assez allergique à ce genre de théories (notamment dans l’affaire Williamson). La coïncidence m’interpellait, continue de m’interpeller. Mais pour le reste, il est probable que cela s’entretienne effectivement tout seul, et que la machine n’ait besoin que d’un bien léger coup de pouce pour se mettre en branle.

    @ Parisienne Coquette: il y a effectivement des choix qui interpellent. Est-ce involontaire ? Est-ce mal intentionné ? La mauvaise intention va-t-elle au-delà de l’espoir de susciter une réaction des catholiques pour donner de la publicité au film ?…

    Louve a écrit:

    @ Koz Pour expliquer l’avalanche de cas (tous plutôt anciens, voire très anciens), est-ce qu’il n’y a pas également la volonté de Benoît XVI de « faire du ménage » ?

    Ce n’est pas impossible, en effet.

    Emmanuel PIc a écrit:

    Je ne suis pas à 100% d’accord avec le sexologue de Médias et Evangile, ni avec Stéphane Joulain : ils continuent à mon sens à entretenir le lien, même si c’est pour le critiquer, entre célibat et pédophilie.

    Pour ce qui est d’Olivier Florant, l’échange, tout de même, est le suivant :

    Le célibat des prêtres peut-il favoriser le passage à l’acte ?

    Ce qui favorise le passage à l’acte, c’est ce qu’on appelle un « contexte de pauvreté sexuelle ». Cela peut concerner des célibataires comme des hommes mariés.

    Si je te comprends bien, tu voudrais dire qu’il n’y a de lien à faire ni avec le célibat ni avec le mariage ni avec une quelconque « pauvreté sexuelle » ? C’est une possibilité. Mais est-ce que je te comprends bien ?

  13. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci de nous parler aussi bien de la peine que peuvent ressentir nos prêtres dans pareille circonstance. Ce sont des héros discrets, ceux qui tiennent le coup face à soupçon collectif aussi terrible. Il est important qu’ils sachent que notre prière ne les oublie pas.

    À propos de la réaction médiatique, non seulement je ne crois pas au complot, mais je pense que l’idée même est contre-productive et déplacée. Remettons les choses en ordre: si la presse parle de nombreux scandales, c’est, d’abord, parce que de nombreux actes scandaleux se sont produits. Si certaines affaires sont révélées quarante ans après les faits, c’est parce que certaines victimes ne parlent que quarante ans après les faits. On peut se demander pourquoi, mais cela exige de se mettre à leur place, ce qui est pour le moins difficile. On sait, par contre, que le réflexe initial des responsables a souvent été d’étouffer les affaires. Je rejoins alors l’explication de Louve: quand on décide, comme l’a fait Benoît XVI, de faire la lumière, on trouve beaucoup de choses accumulées dans l’ombre au fil des ans. Après quoi, les médias en parlent, il serait quand même surprenant que cela ne les intéresse pas. Et les adversaires traditionnels de l’Église en font leur choux gras: là aussi, c’est le contraire qui serait étonnant.

    Il n’en reste pas moins que Benoît XVI a raison de vouloir faire le ménage, que certains évêques ont des choses à se reprocher qui peuvent justifier des démissions, et que la grande masse des prêtres qui n’en peuvent mais méritent tout notre soutien.

  14. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Mais puisque j’ai admis que je n’aurais pas du revenir dessus dans mon commentaire, euh…

    Sinon, sur les medias, un article à souligner. Ceux qui me suivent connaissent mon amour immodéré pour L’Express et son rédacteur en chef web. Eh bien, voilà une bonne surprise. Dans l’article l’enfer des scandales de l’Eglise, Claire Chartier écrit :

    «  »On veut atteindre l’intégrité morale du pape et, à travers lui, en finir avec l’Eglise catholique », entend-on ces jours-ci à Rome. La situation est d’autant plus douloureuse pour Benoît XVI que c’est lui, comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui, par sa lettre du 18 mai 2001, intitulée De delictis gravioribus (Des délits les plus graves), a rompu avec la très longue tradition du secret sur ces questions. « Ratzinger est irréprochable, insiste le vaticaniste Giancarlo Zizola (L’Eglise, le pouvoir et les religions dans la mondialisation, éd. Desclée de Brouwer). Il a prôné la tolérance zéro, engagé les évêques à dénoncer les prêtres fautifs et permis une assistance matérielle aux victimes. »

    J’en profite pour soumettre aussi cette perle, avec quelques références sur ce sujet :

     pédophilie 

  15. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Et si ttes ses attaques ne s’enracinaient pas dans le déni de ce qui entretient, favirise et encourage tts sortes de déviances, au premier rang desquelles la pornograhie. Il est en effet révélateur de voir ce « monde » qui se drape dans la révulsion ne pas manifester, même le début d’une même révulsion envers tout ce qui contribue à la perversion sexuelle, et par là, à la tristesse et au malheur, notamment des jeunes. Ce serait là pourtant une utile contribution au bien commun et à la réflexion. Mais cela équivaudrait à mettre en porte à faux nombre « d’institutions », « d’élites » et « d’idéologies politiquement correctes » et à se tirer une balle dans le pied. Encore une fois, c’est donc patiemment et résolument qu’il nous faut travailler à l’avénement de cette culture de vie : en ce temps de carême, ces remous nous donnent une occasion de plus de méditer sur  » l’église et les mystères de la croix ».

  16. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci Koz !

  17. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Koz: « Mais puisque j’ai admis que je n’aurais pas du revenir dessus dans mon commentaire, euh…« . Nos commentaires se sont croisés (parfois je mets du temps à écrire, moi). J’aurais dû indiquer que ma remarque ne s’adressait pas spécialement à toi, cela dit.

    @ cité & culture: je crois qu’en tant que membres de l’Église, nous aurions tort de chercher à changer de sujet pour dévier sur les fautes présumées de la société qui nous entoure.

  18. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    De la part d’un séminariste parmi tant d’autres : merci ! :)

  19. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Dur Carême l’année dernière ! Difficile cette année…A quoi s’attendre l’année prochaine ? Au désert, c’est à la fin de son jeûne que Jésus a été tenté. Il faut tenir bon ! Merci Kotz !

  20. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Koz :

    « Si je te comprends bien, tu voudrais dire qu’il n’y a de lien à faire ni avec le célibat ni avec le mariage ni avec une quelconque « pauvreté sexuelle » ? C’est une possibilité. Mais est-ce que je te comprends bien ? »

    C’est exactement ce que je veux dire, mais je ne suis pas un spécialiste de la pédophilie ! Mais oui, je pense qu’une perversion, ce n’est pas lié à une frustration, ni à une « pauvreté sexuelle », ni à je ne sais quoi d’autre. C’était exactement le problème dans mon diocèse lorsque nous avons été affrontés à un tel cas : le prêtre en question avait déjà été dénoncé, depuis très longtemps ; l’autorité ecclésiastique d’alors lui avait demandé de se soigner et de prendre les mesures adéquates pour que cela ne se reproduise pas. Exactement comme à Munich. Parce qu’on pensait que les actes commis par ce prêtre étaient liés au fait qu’il vivait mal la situation de célibataire dans laquelle il se trouvait.

  21. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bah, vu la désaffection des séminaires comme des églises, le problème de la pédophilie des prêtres se règlera tout seul

  22. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Beau billet Koz. D’abord soutenir ceux qui souffrent, voila bien l’acte d’un chrétien.

    Sur le lien entre pédophilie et célibat ou frustration sexuelle, je rejoins là encore le camp des sceptiques. Ce lien ne me semble pas du tout avéré. Les pédophiles criminels les plus célèbres (Dutroux, Louis, Fritzl…) étaient tous mariés.

    Par ailleurs, je rebondis sur le premier commentaire de Tigreek. Si un célibat doit poser problème, c’est surtout celui qui est subi alors que celui des prêtres est librement consenti. Or, qu’est ce qui a plus engendré de solitude, divorce ou frustration sinon la libération sexuelle? C’est un peu Houellebecquien, mais la vrais misère sexuelle et sentimentale, je ne crois pas que ce soit chez les prêtres qu’on la trouve.

  23. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Bonsoir Koz,

    pour être honnête, je ne sais pas s’il y a un lien entre les frustrations sexuelles (qui peuvent exister chez les prêtres célibataires mais aussi dans les couples) et les actes de pédophilie. Cela demanderait une étude scientifique sérieuse, et pas seulement des plaidoiries pour pouvoir le décider. Il serait intéressant par exemple d’étudier la population des hommes mariés japonais (qui a priori n’a pas en moyenne une vie de couple très épanouie après la naissance du premier enfant), et voir si ce genre d’actes est plus fréquent que chez nous.

    Pour le reste, il est toujours injuste d’accuser en bloc toute une catégorie, par exemple les prêtres. C’est forcément terrible pour un grand nombre d’individus qui font de leur mieux dans les circonstances dans lesquelles ils se trouvent. Mais c’est hélas très courant, et les billets de Koz ne sont pas forcément exempts de ce genre de parallèles: les journalistes, les homosexuels, les partisans de la laïcité ou de l’euthanasie, les divorcés, les musulmans, les concubins, parfois même le français moyen de ce début de vingt-et-unième siècle en prennent parfois violemment pour leur grade. Il serait à mon avis possible de traiter de ces sujets de façon plus mesurée sachant qu’il existe à mon avis, dans toutes les catégories citées ci-dessous, une proportion importante de gens de bonne volonté qui font de leur mieux.

    Je pense, enfin, que c’est une bonne chose que l’église soit modeste, et que sa place dans la société soit fréquemment remise en cause. La pire des choses qui puisse arriver à un groupe religieux, c’est à mon avis l’arrogance et les abus de pouvoir. L’église catholique en est largement préservée en France, et c’est à mon avis une bonne chose pour elle.

  24. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Ushimizu

    Moi je vous trouve très sévère et expéditif dans le soupçon vis à vis de la catégorie « homme mariés japonais » parce que je pense que « l’homme marié japonais après le premier enfant » fait de son mieux dans les circonstances dans lesquelles il se trouve. Malgré tout il en prend violemment pour son grade dans votre commentaire qui gagnerait à être beaucoup plus mesuré à mon sens.

  25. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci, Koz !!! Et à ces mots de Jean-Pierre Denis.

  26. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Le monde cherche toujours à détruire ce qui lui échappe… L’amour de Dieu, la beauté de la chasteté et sa liberté lui sont si étrangers !

  27. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    j’écrirai comme les autres prêtres. Merci.

  28. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Pourquoi ces attaques, sont-elles orchestrées ?

    Non, je les vois comme une réaction des médias, un renvoi de balle aux propos et attitudes prêtés à BVI. BXVI apparait, à tort ou à raison aux yeux du public comme un « père la rigueur ».

    Il a condamné l’usage du préservatif et « flatté » l’aile droite de l’église qui défend avec force une stricte morale catholique. Mais l’église, pour se permettre de donner des leçons et être légitime dans cette posture, doit être irréprochable.

    La moindre faille ou faiblesse est mise en lumière par les observateurs, alors quand il s’agit d’un gouffre …(ou d’un présupposé tel)

  29. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Uchimizu a écrit:

    Cela demanderait une étude scientifique sérieuse, et pas seulement des plaidoiries pour pouvoir le décider.

    Ah, le coup de la « plaidoirie »… Vous avez aussi trois analyses, dans ce billet par trois personnes, sexologues et psychiatres. Cela n’est pas aussi rassurant que des mathématiques, mais cela reste sérieux.

    Pour les hommes japonais, je me range à l’avis d’Eponymus.

    Uchimizu a écrit:

    Mais c’est hélas très courant, et les billets de Koz ne sont pas forcément exempts de ce genre de parallèles: les journalistes, les homosexuels, les partisans de la laïcité ou de l’euthanasie, les divorcés, les musulmans, les concubins, parfois même le français moyen de ce début de vingt-et-unième siècle en prennent parfois violemment pour leur grade.

    Je veux bien être ouvert mais il ne faut pas dépasser certaines limites. Les partisans des idées que je ne partage pas se sentent peut-être mis en cause par mes billets, c’est possible, mais je doute fort de les avoir mis en cause personnellement et encore moins pour ce qu’ils sont.

    Pour ce qui est des divorcés, des concubins, des musulmans, des homosexuels, et du « français moyen », vous pouvez étayer votre développement en allant chercher les billets correspondants dans la liste intégrale des billets de Koztoujours. A défaut, j’accepterai volontiers vos excuses, que vous n’hésiterez évidemment pas à présenter.

    Emmanuel PIc a écrit:

    Parce qu’on pensait que les actes commis par ce prêtre étaient liés au fait qu’il vivait mal la situation de célibataire dans laquelle il se trouvait.

    Effectivement, s’il n’y a guère de thérapie efficace, parler de « pauvreté sexuelle », c’est peut-être courir le risque de perpétrer la situation. Au demeurant, je ne vois pas trop ce que l’on peut faire pour un prêtre qui commet des actes pédophiles à cet égard. Comment remédier à cette « pauvreté sexuelle » ? Je doute qu’on embauche des travailleuses occasionnelles. L’idée serait davantage de travailler sur le contexte spirituel mais n’est-ce pas se leurrer sur la réalité de ce comportement ? Il faudrait que je lise un peu plus la brochure de 2003 pour voir ce qu’elle en dit.

    @ Hervé: c’est certain et, ceci dit, comme l’a relevé L’Express lui-même, pourtant pas vraiment pro-catho, Benoît XVI a pris des mesures rapidement, et avant même d’être élu pape.

  30. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci Koz et de vous, fidèles,…

  31. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Merci, Koz. ça va faire plaisir aux prêtres, de lire ce billet…

    Tu cites des prénoms de pasteurs, j’en ajoute silencieusement.

  32. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    les gens qui aiment sont souvent discrets sur leurs soutiens et aides. qu’ils soient religieux ou non.

  33. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Même un célibat choisi peut être difficile à vivre ! Les mariages aussi sont choisis et malheureusement terminent pour la 1/2 ou pour le 1/3 en divorce. Je pense que le problème est plus global. Si les textes de l’Eglise sont souvent les plus beaux sur la réalité de l’amour humain, il faut bien admettre que la réalité ne suit pas toujours. Ce qui est plus embêtant, c’est qu’on s’accuse les uns les autres au lieu de travailler à sortir du bourbier dans lequel toute la société est noyée.

    Le problème ici n’est pas uniquement un problème de sexualité, mais plutôt de rapport Eglise/monde. Pourquoi l’Eglise a t elle protégé ses pervers de la justice du monde ? C’est la même chose que le fait de cacher des criminels nazis, des Touvier et autres colonels cachés en Amérique du sud ! Une miséricorde à courte vue ! C’est une tentation qui revient toujours dans l’Eglise : « laver le linge sale en famille », éviter les remous et tout cela pour préserver l’honneur de l’Eglise. On voit le résultat ! « Seigneur préservez nous de nos amis ! » s’exclamait il y a peu le nouvel Archevêque de Bruxelles.

    Ce n’est pas un sujet simple, d’autant qu’il touche un problème cuisant, source de dissensions depuis le Concile Vatican II ou une véritable autonomie a été reconnue au domaine temporel avec la liberté religieuse.

  34. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    (message à caractère de test uniquement, pour savoir si on peut de nouveau pourrir les articles de Koz (et des autres) ;) )

    Edit : et ça marche ! Migration réussie :)

  35. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    quand même pas pendant la semaine Sainte! Fallait faire cela hier… ou alors vendredi, mais juste pour son bien!

  36. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    En effet, cela refonctionne. Toutes nos excuses pour ceux qui auront été incommodés. Pour avoir des infos en cas de problème, vous pouvez aussi suivre notre compte twitter : http://www.twitter.com/sacristains sur lequel nous publions diverses infos.

    A bientôt, pour une chaude actualité.

  37. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    ça me fait penser , un peu, à ce que devait ressentir Jésus, quand il a paru devant son Père en portant tous les péchés du monde, dont il n’avait pas commis la moindre parcelle. Il a dit que ça avait été la partie la plus dure de sa passion. (c’était à Ghetsémani, il l’a dit à Saint Faustine). Je crois que nos prêtres ont vraiment été configurés à lui, durant ce carême, en cette année sacerdotale. Je crois surtout que ça portera un fruit immense. Je crois aussi qu’il sera bien nécessaire, si on pense à tout ce qui se joue en matière de sexualité, d’enfance, de respect de la vie, depuis une trentaine d’années en occident. C’est une vraie croix, d’un type particulier pour les responsables de ces actes, et d’un type très particulier pour tous les prêtres qui tremblent chaque jour en exerçant la charité, en acceptant de se faire proche d’une personne fragile, de s’occuper de jeunes, en refusant de se refermer pour se protéger, alors qu’ils savent que la moindre accusation, même infondée, aura un retentissement exagéré. Et pourtant, je ne peux que les inviter, certes, à la plus grande clarté, mais aussi à persévérer dans la voie de la charité, surtout envers les jeunes, qui bien souvent n’ont pas connu leur père, qui bien souvent vont avoir des tendances « homosensibles », mais qui ont un immense besoin de cet amour inconditionnel que seuls des consacrés pourront leur apporter.

    Pour cela, je crois que les prêtres doivent eux aussi faire un chemin de guérison sur leur propre affectivité -il existe de nombreuses propositions de retraites de guérison intérieure- d’une part afin de ne pas risquer d’être piégés par des comportements inconscients qui pourraient être mal interprétés, et d’autre part afin de mieux comprendre ce qui se passe dans le cœur des personnes qu’ils ont à guider, afin de leur apporter une aide compétente qui sera plus utile qu’une simple affection, plus ou moins bien ajustée. Car si l’on a besoin de la médiation de l’amour humain, seul Jésus peut vraiment guérir les cœurs blessés; « le cœur de l’homme est compliqué et malade »,( le cœur de la femme, la Bible n’en parle même pas); Je prie aussi pour les prêtres qui sont accusés et condamnés injustement, parce que ça semble plausible, et qui clament leur innocence au fond de certaines prisons. Ils sont d’autres Christs, ils sauvent des âmes de l’enfer, j’en suis certaine, et ils jubileront pour l’éternité quand ils les verront.

  38. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    Désolé de briser cette belle unanimité mais il me semble que la question n’est pas de condamner ou non les prêtres dans son ensemble. Nous connaissons tous le dévouement et le courage de nombre d’entre-deux.

    La question est de savoir comment et pourquoi l’institution religieuse à décider de couvrir les agissements de certaines ”brebis galeuses” vis a vis d’enfants qui leurs étaient confiés mais aussi et on le mentionne trop peu souvent de religieuses qui ont a souffrir de comportements indignes. Sans même parler de police ou de justice, j’aurais au moins espérer que des mesures interne a l’église soient prises pour protéger les plus faible…

    Si la défense de l’église est “Nous ne sommes pas pire que les autres”, je trouve cela triste car justement la religion catholique et ses représentants doivent être source d’espoir. Une question me hante: Comment ont-ils pu accepter l’inacceptable?

    Pour moi, la plus grande faillite de l’église ne trouve pas sa source dans le célibat mais dans le devoir d’obéissance et la peur de la hiérarchie qui a contraint tant de prêtres et de religieuses au silence et a la honte.

  39. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    En effet, il est curieux de savoir que le droit canon condamne d’excommunication l’avortée quelles que soient les circonstances (viol par exemple) alors que la pédophilie d’un clerc était considérée avec discrétion et une clémence plus grande. Pourquoi ?

  40. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Hervé Ce sujet est particulièrement délicat et je ne suis pas une experte en droit canonique. Toutefois, il est important de préciser que l’excommunication lié à un avortement peut être levé par la confession. Qu’un pédophile soit laïc ou clerc, il ne peut pas non plus communier s’il a pêché contre le 6ème commandement.

    Dans les deux cas, un repentir est nécessaire pour revenir à la pleine communion dans l’Eglise (ce qui ne retire en rien la nécessité de poursuites judiciaires en ce qui concerne le pédophile). Or, dans votre remarque, il me semble que vous comparez une femme ayant avorté et qui ne souhaite pas se repentir à un pédophile ayant fait acte de contrition.

    Attention, toutefois, dans les deux cas, à ne pas confondre absolution et amnistie.

  41. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Louve, j’évoque le cas d’un avortement consécutif à un viol et suivi d’excommunication tel qu’il s’est passé au Brésil et longuement relaté dans la presse.

    Votre remarque signifie-t-elle que selon le droit canon une enfant violée qui ne veut pas en subir toutes les conséquences doit se repentir pour éviter l’excommunication ?

  42. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Hervé L’enfant brésilienne n’a pas été excommuniée car elle était beaucoup trop jeune pour prendre cette décision. Sa mère n’a pas été excommuniée non plus car elle a subi de fortes pressions. Il y a toujours la grande question de savoir si, en attendant quelques semaines de plus, les jumeaux n’auraient pas pu être sauvés. Il est important de rappeler que si la vie de la mère est en danger, l’Eglise n’interdit pas l »‘avortement », dans le cas où les soins prodigués à la mère entraînent par voie de conséquence la mort de l’enfant (ex de la grossesse extra-utérine)

    Toutefois, cette affaire est suffisemment complexe pour ne pas l’utiliser comme exemple général.

    Je vous rappelle que « ne pas vouloir en subir toutes les conséquences » revient à mettre fin à la vie d’un être humain. Que vous ne partagiez pas la conviction de l’Eglise sur ce point, je peux le comprendre, mais c’est bien sûr essentiel à prendre en compte pour comprendre la sanction qui en découle.

  43. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Louve, Je m’étonne que le droit canon considère aussi sévèrement la victime d’un viol qui a recours à l’avortement et un criminel coupable de pédophilie.

    L’église si j’ai bien compris les derniers développements incite maintenant les clercs coupables de pédophilie à se dénoncer auprès de la justice.

    C’est bien mais pas suffisant.

    Un clerc pédophile entache toute l’église et lui porte un grand tort. Il serait préférable que systématiquement dans ces cas là, l’église se porte « partie civile ». C’est-à-dire en clair qu’elle affiche vis à vis de la société civile qu’elle-même est une des victimes de ce crime.

  44. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @ Hervé Vous dites : « Je m’étonne que le droit canon considère aussi sévèrement la victime d’un viol qui a recours à l’avortement et un criminel coupable de pédophilie. »

    La différence entre les deux tient, entre autres, à la conscience ou non du délit. De même, pour nous, il est difficile de comprendre une sanction de l’Eglise portée sur un acte aujourd’hui cautionné par l’Etat. Mais finalement, un pédophile, il n’y a pas si longtemps, n’avait pas grand chose à craindre de la justice. Cela changeait-il d’une quelconque manière la souffrance de la victime et les dégâts causés à son encontre ? Bien sûr que non.

    Qu’un avortement soit pratiqué pour telle ou telle raison, la conséquence reste la même : la mort d’un être humain. C’est pourquoi, en toute logique, l’Eglise se doit de condamner fermement un tel acte.

    Cependant, il est faux de dire que l’Eglise traite de la même manière une femme violée qui se fait avorter et un pédophile. Elle est tout à fait consciente de la situation de détresse qui peut pousser ces femmes à faire un tel choix, sans compter la pression exercée par la société. Prenez par exemple cette lettre de JPII aux femmes ayant subi un avortement. :

    « Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l’avortement. L’Eglise sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n’est pas encore refermée. En réalité, ce qui s’est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s’est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l’avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant. Avec l’aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l’accueil et l’attention envers ceux qui ont le plus besoin d’une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l’homme. »

    Pensez-vous un seul instant possible que le pape écrive une telle lettre à un pédophile ? Comment le pape s’adresse-t-il aux prètres et religieux pédophiles ?

    « Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l’estime des personnes en Irlande et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. Ceux d’entre vous qui sont prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l’Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l’Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse. Je vous exhorte à examiner votre conscience, à assumer la responsabilité des péchés que vous avez commis et à exprimer avec humilité votre regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à faire personnellement amende pour vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux. Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. »

    Si les deux lettres se rejoignent dans l’espérance en la miséricorde de Dieu et l’importance de faire acte de repentance, vous voyez bien que les tons sont extrêmement différents !

    Vous dites: « Un clerc pédophile entache toute l’église et lui porte un grand tort. Il serait préférable que systématiquement dans ces cas là, l’église se porte « partie civile ». C’est-à-dire en clair qu’elle affiche vis à vis de la société civile qu’elle-même est une des victimes de ce crime. »

    Cela est parfois nécessaire, lorsque le clerc refuse de se dénoncer et que la victime n’ose pas porter plainte. Toutefois, je ne suis pas certaine que cela soit systématiquement la meilleure option. En effet, je crois que le fait de se dénoncer et/ou celui de porter plainte constitue un premier pas dans le travail de reconstruction de la victime et dans la reconnaissance par le pédophile de son crime.

  45. <<  |  <  |  >  |  >>  |  Lui répondre  |  Citer ce commentaire

    @Louve, De nombreux médias laissent entendre que l’église catholique a pu être une complice passive des clercs pédophiles. La meilleure manière de protéger à l’avenir l’église de cette vilaine accusation est d’afficher très clairement qu’elle est elle-même une victime secondaire de ces crimes. Qu’à ce titre elle portera plainte systématiquement contre les coupables. (Que la victime principale ait elle-même jugé utile de porter plainte ou pas). Cela n’exclue pas d’essayer d’accompagner humainement les coupables.

    Evidemment, j’approuve et respecte les lettres du pape que vous citez.

    Mais il se trouve que l’église catholique est dotée d’un droit canon pour y inscrire des règles pérennes, claires, transparentes concernant entre autres les fautes et peines associées. Autant y prévoir tout ce qui concerne la pédophilie.

    Un homme averti en vaut deux !

  46. @ hervé

    Pour votre premier paragraphe :

    Dans le cas où la victime porte plainte ou que le prêtre se dénonce, si l’Eglise porte plainte dans le seul but de protéger son image, je trouverais cela plutôt déplacé. En revanche, qu’elle s’engage dans un travail de dialogue avec la victime (si elle le souhaite) et de totale transparence avec la justice me paraît nécessaire.

    Pour ce qui est du droit canon, la pédophilie par un clerc y est clairement condamnée et prévoit des peines pouvant aller jusqu’au renvoi de l’état clérical (ce qui est la plus forte de toutes les sanctions). Rajoutez à cela le rappel de la procédure qui doit être suivie par les évêchés puis par la CDF, publié sur le site du Vatican le 12 avril dernier, ainsi que les mots sans aucune complaisance de Benoît 16 à leur encontre.

    Votre homme est donc bel et bien averti…

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